J° 001 3 Campagne du CERM pour un trilinguisme souple dans les pratiques de l’Union Européenne.

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La campagne d’ICEO en faveur d’un trilinguisme souple au sein de l’Union européenne, conduite sous l’étiquette du COMITE EUROPEEN DE RESISTANCE AU MONOLINGUISME ou CERM, est l’aboutissement d’un travail de longue haleine. Avant d’aboutir à sa configuration actuelle, il a été soumis à de nombreux partenaires. On peut lire sur ce site, après lecture du manifeste en trois langues, la première liste internationale de soutiens.

Cette campagne se voulait une réaction contre l’imposition progressive, au sein de l’Union européenne, d’une langue unique “uniformisatrice”, l’anglo-américain international, conduisant de facto à la négation de la diversité des langues et donc des cultures qu’elles véhiculent depuis des siècles. C’est à dire une réaction à la négation de la richesse culturelle qui fait l’identité particulière de l’Europe, avec son histoire singulière, qui la distingue du reste du monde.

Montpellier, avril 2004, deux personnalités au lancement d’une idée qui a fait son chemin

Or chacun peut constater qu’au sein de l’Union Européenne des courants divers tendent à nous imposer obstinément une langue unique, sous une forme elle-même appauvrie pour des besoins utilitaires, administratifs ou mercantiles. Cela se combine, par acceptation du fait accompli, à la soumission à une culture dominante, dont l’hégémonie médiatisée nous plie à ses normes et ses standards dans tous les domaines, politiques, culturels, scientifiques .… Et ceci en dépit de la devise officielle de l’Union : « In diversitate concordia » la concorde dans la diversité.

Notre campagne a trouvé, en 2018, une nouvelle justification dans les évolutions récentes du contexte politique européen : le Royaume-Uni a voté le Brexit et donc sa sortie prochaine de l’Union Européenne. L’Irlande ayant adopté le gaélique pour langue officielle et Malte le maltais, aucun pays de l’U.E. n’a l’anglais pour langue officielle. Il y aurait donc un paradoxe à vouloir garder pour l’U.E. une langue unique qui n’appartient plus à aucun de ses membres.

Par ailleurs, en France, le président MACRON a récemment affirmé vouloir relancer la francophonie, même s’il ne perd aucune occasion de s’exprimer en anglais à l’étranger, ce qui peut se justifier diplomatiquement dans les pays anglo-saxons. Il a fait de la restauration du château de Villers-Cotterêts, où le roi François 1er avait signé en 1539 l’Ordonnance Guilelmine qui faisait du français la langue officielle du royaume, le symbole de cette relance. Un premier accord en faveur de la francophonie a été signé en janvier avec le Monténégro : en prélude à d’autres accords avec d’autres pays ?…

Cependant, ce que nous proposons, à ICEO, ce n’est pas de remplacer une langue hégémonique par une autre, même si nous sommes très attachés à la langue française et à son rayonnement international. Les autres peuples d’Europe, dont certains sont aussi porteurs d’autres grandes langues, ne le comprendraient pas et ne l’accepteraient pas. Ils auraient raison : chaque langue est égale en dignité et porte une culture qui enrichit la culture commune. Ce que nous proposons, c’est un retour au plurilinguisme officiel de l’U. E., qui est aussi la marque naturelle de l’Europe, tout en lui apportant une modulation souple et flexible pour des considérations pratiques, sans écarter aucune langue officielle.

Ce que nous affirmons c’est que l’on exprime le mieux sa pensée dans sa propre langue. C’est elle qui doit servir de référence et de recours pour toute divergence éventuelle d’interprétation. En outre, l’Europe doit rester attentive à la diversité de ses composantes, et, partant, respecter la langue de chacun de ses pays membres. Chacun doit garder la fierté de sa culture, donc de la langue qui la porte et n’avoir ni peur ni honte de l’utiliser.

Cela n’interdit pas pour autant de simplifier et de rationaliser son fonctionnement. C’est pourquoi nous proposons un plurilinguisme maîtrisé, adapté et réaliste, combinant la promotion de chaque langue officielle de l’Union avec le souci de l’économie des moyens. Cela par le retour aux trois langues de travail adoptées par l’Union européenne à ses débuts, dans une formule permettant de les combiner avec la langue nationale du locuteur qui doit être celle de référence pour les textes communautaires adoptés sur proposition de son pays.

C’est ce qui est exposé ci-après, avec le complément des autres documents publiés sous la rubrique « Trilinguisme » de notre site internet : une formule dont nous espérons qu’elle recueillera toute votre attention et recevra ensuite votre adhésion et votre soutien, ou tout au moins vos commentaires.

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[Le 14 juin 2019, 11 H30, F. Z., Cracovie] : Bon courage !

[Le 12 juin 2019]