N° 220 Ne jamais être complice de la propagation de fausses informations

Durant 30 ans, l’institut de coopération avec l’Europe Orientale (ICEO) a pris soin de vérifier les informations qu’il relayait, et a tenu à dénoncer celles dont il pouvait  prouver l’intention frauduleuse ou malveillante.   

Comme avec les mauvaises herbes, le travail n’est jamais fini !  

Les bobards, les “hoax”, les mensonges, les montages, reviennent cycliquement, même ceux qui  ont été maintes fois démasqués et dénoncés. Croyant faire avancer la cause, ou la personne, à laquelle ils sont farouchement attachés, les idéologues et les partisans n’hésitent pas à tordre la vérité pour défendre leurs idées, et/ou leur champion.

En avril 2019, Libération a confirmé que la secrétaire d’État porte-parole du gouvernement, Sibeth NDIAYE avait bien déclaré en juillet 2017 à l’une de ses journalistes : «J’assume de mentir pour protéger le Président ».

Le professeur Pierre PELLERIN, a été accusé d’avoir minimisé les risques des retombées radioactives sur la France en avril 1986, et d’avoir de cette manière mis en danger des personnes qui auraient contracté des maladies radio induites, comme des cancers de la thyroïde. Il a été diffamé et caricaturé continûment, pendant 25 ans, en se voyant attribuer la paternité d’une phrase qu’il n’a jamais prononcée, « le nuage de Tchernobyl s’est arrêté à la frontière.

Il a dû patienter jusqu’en novembre 2012, pour qu’enfin la Cour de cassation prononce un non-lieu, le mettant définitivement  hors de cause : « en l’état des connaissances scientifiques actuelles, il est impossible d’établir un lien de causalité certain entre les pathologies constatées et les retombées du panache radioactif de Tchernobyl ». Lire : la cour de cassation prononce un non-lieu mettant hors de cause le professeur Pierre PELLERIN.

Les calomnies particulièrement ignominieuses restent indélébiles.

Malgré les attendus de la Cour de cassation, la diffamation quasi institutionnalisée contre le professeur PELLERIN a continué jusqu’à sa mort en mars 2013, et la falsification de ses déclarations d’avril 1986 se poursuit  encore aujourd’hui sans vergogne.  Pourtant, non seulement Pierre PELLERIN a toujours soutenu qu’il y avait eu une élévation générale de la radioactivité en France, mais il a été parmi les premiers, sinon le premier, a publier les résultats de ses très nombreuses mesures, qui en apportaient la preuve chiffrée.

Malheureusement, pour les opposants les plus déterminés à l’énergie nucléaire, ce spécialiste considéré par tous ses pairs comme un des experts les plus reconnus au monde dans son domaine, a commis le crime d’ajouter en commentaire de ses mesures que, le niveau de radiation restait acceptable par rapport aux conditions sanitaires requises pour la population, et ceci avec une très large marge de sécurité.

Il y a bien eu mensonge pendant des années, mais ce n’est pas le mensonge d’État que certains se plaisent à dénoncer. Voir aussi : les réponses de Henri LEHN à Laurent JOFFRIN. Henri LEHN a posé dès 2004 la question : Pourra-t-on sauver l’honneur médiatique du professeur Pierre PELLERIN ?  Il y a tout à craindre que non. La citation d’Albert CAMUS « C’est déjà beaucoup de savoir qu’à énergie égale, la vérité l’emporte sur le mensonge » est malheureusement trop souvent démentie dans les faits.

Une contre vérité simple longuement répétée, qui ne peut être démentie que par une explication précise et complexe, a toutes les chances de s’imposer pour l’éternité, si ceux qui connaissent la vérité, préfèrent garder le silence, par paresse et/ou par lâcheté.

Témoigner  et dénoncer, est donc un devoir absolu pour tous ceux qui prétendent informer. C’est un service que l’on rend à la vérité, mais c’est avant tout un service que l’on rend à soi-même.

La diffusion de contre vérités est un jeu indigne, et dangereux.

Le mensonge est un poison dont la première victime est le menteur lui-même. Ceux qui colportent avec application des affabulations , parce qu’elles confortent leurs présupposés idéologiques , deviennent vite incapables de voir la vérité en face, et ce qui est pathétique, finissent par croire à leurs propres mensonges.

Les régimes politiques et les individus qui ont cru pouvoir imposer “leur vérité”  en maquillant la vérité ont tous très mal fini. Les intellectuels qui ont préféré avoir tort avec SARTRE, que raison avec ARON, ont perdu l’honneur, perdu la face, et finalement perdu la partie, Si tous ceux qui connaissaient la vérité avaient eu le courage de la dire, l’histoire soviétique aurait certainement été moins tragique.

De même qu’il n’y a nulle excuse pour se faire complice d’un crime par son silence, il n’y a aucune bonne raison pour se faire complice d’une manipulation en la laissant circuler.

À l’heure où la Chine est mise en accusation, halte aux canulars douteux !

Le 18 septembre 2010, apparaît pour la première fois sur Youtube une vidéo intitulée :  Le vénérable professeur Mehlang Chang et le syndrome du larbin.

Dès le 23 septembre 2010, Frédéric DELORCA dénonce sur son blog : Toutes mes excuses auprès de mes lecteurs. Cet après-midi je vous ai balancé une vidéo chinoise d’un certain professeur Mehlang Chang (Mélenchon) sans voir que c’était un “hoax”, comme ils disent outre-atlantique. Ce que c’est que d’aller trop vite. Mais bon, moi au moins je présente mes excuses quand je me plante, pas comme d’autres sites et blogs que je ne citerai pas (pour ne rien dire des journalistes des grands médias).

En décembre 2017, on peut lire sur le site web french.china un article dénonçant longuement ce qui est à leurs yeux un très mauvais canular : De faux sous-titres ternissent l’image d’un ancien ambassadeur chinois.

En mai 2020, certains internautes font de nouveau circuler la vidéo. On ne sait, si c’est par malveillance à l’égard de la France et de la Chine, ou si c’est par ignorance du canular.

L’homme qui s’exprime dans la vidéo, celui qui est présenté comme un professeur, économiste chinois, est en fait un ancien diplomate décédé en 2016 , WU Jianmin, ambassadeur de Chine en France de 1998 à 2003.

Pour les incrédules, la preuve en images

Budapest, le 28 novembre 2007, fin du “World political forum”

Le secrétaire général d’ICEO, à sa droite Andreï GRATCHEV, ancien porte parole du président GORBATCHEV,  à sa gauche Mikhaïl GORBATCHEV, Philippe HERZOG, député européen et Mohamed CHARFI, ancien ministre  tunisien de l’Éducation.

Budapest, le 28 novembre 2007, déjeuner final du “World political forum”

Déjeuner à la table du président du Conseil scientifique du World Political forum, Andreï GRATCHEV, avec, entre autres, l’ancien ambassadeur de la Chine à Paris, WU Jianmin,  et son épouse.

Budapest, le 28 novembre 2007, “World political forum”,  à la fin du déjeuner

L’ancien ambassadeur de la République populaire de Chine à Paris, de 1998 à 2003, WU Jianmin,  et son épouse.

Budapest, le 28 novembre 2007, “World political forum”,  à la fin du déjeuner

Le secrétaire général d’ICEO, entre l’ancien ambassadeur de la République populaire de Chine à Paris,  et son épouse.

La vidéo originale avait été diffusée sur la Télévision centrale de Chine (CCTV) en janvier 2010 sous le titre : « WU Jianmin : la Chine arrive sur les devants de la scène internationale ». Dans celle-ci, WU Jianmin discute de sujets tels que la façon dont la Chine devrait poursuivre son développement et apporter une contribution plus grande au monde dans un contexte international.

On peut maintenant vérifier sur la vidéo

Malheureusement, dans la vidéo circulant sur YouTube, les sous-titres sont complètement faux et n’ont rien à voir avec les paroles de WU Jianmin, donnant l’impression que lui et le présentateur méprisent la France.

En-dehors de cette vidéo spécifique sur YouTube, il existe de nombreuses autres versions de cette même vidéo portant différents titres trompeurs. WU Jianmin y est présenté sous des noms différents,

 comme « Mehlang Chang » (Mélenchon) ou encore « Kuing Yamang » (Kouing-amann), et des sous-titres y sont à chaque fois insérés, dénigrant des pays francophones africains ou encore l’Europe.

Ces sous-titres mensongers ont eu de graves conséquences,  certains médias irresponsables ayant relayé et utilisé ces vidéos sans vérifier les faits.

[Le 22 mai 2020, 10 H00, J. M., Vialas] :  Diffuser une saloperie, même si c’est pour faire du mal à un salaud, reste une saloperie!
[Le 21 mai 2020, 16 H10, P. C., Mandagout] :  Merci de cette information. Dommage que les journalistes accrédités ne fassent pas tous aussi bien ce travail de vérification et de validation des informations, qu’ils relaient abondamment, en s’abritant derrière les agences de presse officielles.