N° 111 Ours bruns dans l’Union européenne : le cœur a ses raisons que la raison ignore.

Combien y-a-t-il d’ours bruns en liberté en France aujourd’hui ? Et dans les 28 pays de l’Union européenne ?

« Êtes-vous favorable ou opposé au maintien d’une population d’ours dans les Pyrénées ? ».

En mars 2018, l’institut Ifop a publié une étude sur la réintroduction d’ours bruns dans les Pyrénées. L’institut de sondage a interrogé un échantillon de 1 000 adultes représentatif de l’ensemble de la population française. À la question : « Êtes-vous favorable ou opposé au maintien d’une population d’ours dans les Pyrénées ? », 84 % des personnes sondées ont répondu qu’elles y étaient favorables. Rappelons qu’en 2008 elles étaient 78 %.

L’Ifop a également interrogé un échantillon de 600 personnes représentatives de la population des départements des Pyrénées-Atlantiques et des Hautes-Pyrénées. Les  interviews ont été menées dans des communes classées en zone massif et dans des communes classées en zone hors massif ». 76 % de l’ensemble des Pyrénéens interrogés ont répondu oui, et 24 % non (voir le schéma ci-dessous).

On notera, sans surprise, que ce sont les populations qui sont les plus susceptibles de pâtir de la présence des ours qui sont les moins favorables à leur réintroduction [64 % contre 84 %].

En octobre 2013, selon un sondage Ifop  effectué pour les associations “One Voice” et “Pour la protection des animaux sauvages“. 75 % des Français interrogés “considéraient que le loup avait toute sa place dans la nature en France“, sous réserve toutefois que “les troupeaux soient bien gardés”. France 3 Provence Côte d’Azur  pouvait ainsi titrer : Les Français aiment les loups“.

Il faut bien sûr accueillir les résultats de ces sondages avec circonspection, comme tous les sondages. On sait en effet que selon la formulation de la question posée, selon l’échantillon interrogé, et selon la date à laquelle l’enquête a été faite, les résultats peuvent notablement varier.

L’exemple de l’évolution du soutien de la population française aux gilets jaunes est à cet égard assez emblématique.  Selon Odoxa,  le 28 novembre 2018, 84% des Français trouvaient le mouvement «justifié», tandis que le lendemain l’Ifop ne comptait plus que  71% de regards positifs chez les personnes interrogées. Soit 13 points d’écarts. Le journal Libération ne manqua pas de s’interroger : Pourquoi le soutien aux gilets jaunes varie-t-il d’un sondage à l’autre ?

OpinionWay a mesuré l’évolution de l’opinion publique de novembre 2018 à juillet 2019. Selon l’institut de sondage, le soutien aux gilets jaunes a décru  en 9 mois de 65 % à 44 % tandis que les opposants sont passés de 31 % à 52 %. Les violences qui ont accompagné tous les samedis les manifestations  expliquent évidemment la notable diminution de l’empathie des Français pour les gilets jaunes.

Actuellement les nuisances occasionnées par les ours et les loups n’affectent encore que très peu de monde. Cette situation ne devrait pas changer considérablement dans les toutes prochaines années. L’affection des Français pour les ours et les loups n’a donc aucune raison de décroitre notablement et rapidement.

Si on parcourt les livres de nos jeunes enfants, on y trouve de nombreux animaux : ours, loups, lapins, éléphants, cochons… Ceux de ces livres où l’animal est traité comme un animal sont eux peu nombreux.  En effet, les animaux sont très présents dans les albums et les dessins animés de nos enfants (50 % selon une étude de 2002 sur 100 albums jeunesse), mais ils sont assez rarement représentés à leur état naturel (2 % selon la même étude).

Bien sûr ce n’est pas dans la littérature jeunesse que l’anthropomorphisme est né. On le retrouve dans les fables, qu’elles soient de La Fontaine ou beaucoup plus anciennes, ainsi que dans les contes, ni l’un ni l’autre n’étant au départ destinés aux enfants. Mais en donnant aux animaux la parole, les dessins animés ont profondément altéré la relation des hommes à l’animal, surtout chez les citadins.

En ce qui concerne plus spécifiquement l’ours, il faut se souvenir de la place que la famille et l’école lui ont donné depuis près d’un siècle. Les ours en peluche, nounours, sont apparus en France le lendemain de la Première Guerre mondiale pour le Noël des enfants. Après la Seconde Guerre mondiale, des milliers de petits Français ont appris la lecture en lisant le récit de la vie triste et mouvementée de Bouzou, petit ourson brun de Pyrénées.

Nul doute que l’imaginaire irénique, qui a longuement et continument bercé l’imaginaire des petits Français durant toute leur enfance, a façonné leur vision biaisée du monde animal.

En 2019, les Français aiment les loups, les Français aiment les ours, et réclament leur protection. Mais en fait, que savent-ils de ces animaux ?

Depuis le sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992, la préservation de la biodiversité est considérée comme un des enjeux essentiels du développement durable.

En une vingtaine d’année,  au nom de la défense de la biodiversité, des associations, tel FERUS, ont réussi à faire  de la sauvegarde des grands prédateurs une cause très populaire.

Dans le cas de l’ours des Pyrénées, parler de sauvegarde est un abus de langage. En effet on ne peut sauvegarder que ce qui existe encore. Or depuis 2004, depuis la mort tragique de l’ourse Cannelle, dernière femelle de souche pyrénéenne abattue par un chasseur en vallée d’Aspe, Il n’y plus dans les Pyrénées que des ursidés, descendants d’ours d’origine slovène transplantés.

En 1995, on ne comptait plus dans les Pyrénées que cinq ours dont une seule femelle. Ce décompte acta de fait la fin de l’ours pyrénéen 100 % d’origine.  Face à ce constat, sous la pression des associations et des tous nouveaux élus  écologistes, les pouvoirs publics ont décidé de procéder au renforcement de la population d’ours bruns des Pyrénées, en important des ours de Slovénie.Deux en 1997, cinq en 2006, et deux en 2018. Une fois encore, parler de renforcement est un abus de langage.

En 2019, on évalue le nombre d’ours à 43, dont la plupart sont des immigrés de première ou de seconde génération. L’installation d’ours slovènes dans les Pyrénées à toute les chances d’être pérenne. En effet, en raison du réchauffement climatique, comme pour le loup les populations croissent visiblement rapidement.

En 1930, il n’y avait plus en France un seul loup gris en liberté. C’est en 1992, dans les Alpes Maritimes qu’il a fait sa première réapparition. En 2009,on comptait déjà près de 200 loups en France.  En 2019, la population a atteint les 530 individus, ce qui constitue un gain de 23,26 % par rapport à l’année 2018. Selon l’ONCFS, par ce chiffre, la population a dépassé le seuil de viabilité de la race.

En réintroduisant, ou en laissant se développer, sans limites, des espèces animales qui avaient disparu, ou qui étaient en voie de disparition, les responsables de l’environnement prennent des risques écologiques et politiques inconsidérés. En effet en raison des nombreux déserts ruraux que compte aujourd’hui la France, et en raison de la diminution du nombre de chasseurs, voire de l’interdiction de la chasse, en cas d’explosion démographique d’une espèce, il devient quasiment impossible de l’endiguer.

L’exemple de l’explosion de la population de sangliers en Europe depuis 30 ans, devraient inviter les autorités responsables à la plus grande des prudences.

Qui pouvait imaginer qu’il suffirait de 30 ans au loup pour se réinstaller sur plus d’un tiers des départements français, notamment ceux qu’ils affectionnaient particulièrement au cours des derniers siècles.

Si d’aventure l’ours s’invite dans l’Histoire et la Géographie de  la France, il est probable que, comme le loup, il reviendra dans ses anciens territoires de prédilection. Avis aux habitants, des Alpes,  des Vosges, du Jura et du Massif Central qui ne manqueront pas d’être invités à se montrer accueillants et tolérants avec les grands prédateurs de passage.

Les bergers pyrénéens ne pensaient probablement pas que, au nom de la biodiversité, plus de 84 % des Français leur imposeraient une cohabitation problématique et difficile avec des ours slovènes. Les habitants de la Loire Atlantique ont appris à leurs dépends que, tout est possible au nom de la biodiversité.

Au nom de la biodiversité tout est possible, le meilleur comme le pire.

Conforme aux engagements internationaux qu’elle a pris dans le cadre de la convention des Nations unies sur la diversité biologique (CDB), l’Union européenne (UE) a adopté en 2011 une stratégie pour protéger et améliorer l’état de la biodiversité en Europe.

Élaborée par la Commission européenne pour préserver la biodiversité, cette stratégie poursuit trois principaux objectifs :

  • faire reculer d’ici à 2020 le taux très élevé d’extinction des espèces ;
  • rétablir autant que possible les écosystèmes naturels dans l’Union européenne (UE) ;
  • et contribuer davantage à la lutte contre la perte de biodiversité au niveau mondial.

Dans le second objectif, les termes : rétablir, possible, naturels et Union européenne, sont interprétables très différemment selon le sens qu’on veut bien leur donner. La défense de la biodiversité peut ainsi être aisément instrumentalisée.

“Dans l’Union européenne”, est bien sûr ce qui prête le plus à discussion. On peut l’entendre par ,[1°] partout dans l’Union européenne, comme tendent à le faire les militants écologistes les plus intégristes, ou [2°] dans le nombre optimal de régions de l’Union européennes, garantissant la préservation de la biodiversité sur le continent européen.

Une défense sans limite et sans fin de la  biodiversité pourrait conduire facilement à des actions aberrantes tels que la réintroduction des loups en forêt de Fontainebleau, et pourquoi pas dans le bois de Vincennes.

Aujourd’hui, les Français savent parfaitement  que, non seulement le loup gris n’est pas menacé en France, mais qu’il est en passe de devenir une espèce invasive. C’est pourquoi, il n’y a aucun risque actuellement qu’ils ne se laissent abuser par un discours alarmiste.

Par contre, qu’en est-il des ours bruns ? Les Français qui, d’après les sondages les aiment tant, savent-ils combien il y en a précisément en liberté en France aujourd’hui ? Et combien dans les 28 pays de l’Union européenne ?

Être libre, c’est être informé”.  On  attribue cette citation au sociologue Alfred SAUVY. Lorsque les Français ont été interrogés pour répondre aux différents sondages, ont-ils été informés avant de donner leur réponse ?  En d’autre termes ont-ils pu décider “librement”, après avoir été éclairés sur la situation, ou ont-ils répondus affectivement, sous le coup de l’émotion, convaincus que l’ours était en voie de disparition, en France et en Europe ?

Quand on espère une réponse, rien de tel que de poser la question. C’est ce que nous avons fait au près de cent amis d’ICEO.  Ce modeste échantillon n’est bien sûr pas représentatif de la population française,  statistiquement, mais étant donné l’histoire, le vécu , et le haut niveau de culture générale des personnes questionnées, il permet de se faire une idée assez éclairante du savoir réel minimum de l’ensemble de nos concitoyens, en matière d’ours bruns.

France : 43 ours bruns comptés en 2017

C’est le nombre le plus élevé et le plus récent dont on dispose aujourd’hui, publié en mai 2018 dans la Dépêche du Midi.

Union européenne [28] : 18 000 ours, estimation en [2012-2016]

C’est l’estimation la plus récente et complète dont on dispose aujourd’hui, à partir des données de la commission de l’agriculture et du développement rural du Parlement européen, publiée en janvier 2019 dans European Data Journalism Network.

En avril 2015, on pouvait lire sur le site web de radio France : Les ours bruns d’Europe : une population en hausse.

En juin 2018, Le Point titrait : Roumanie : baby-boom chez les ours, et sous-titrait :  En raison du réchauffement climatique, les ours se reproduisent de plus en plus dans les Carpates roumaines. Ils seraient actuellement 9 500.

Le nombre d’ours dans l’ensemble des Carpates était évalué en 2016 à 7 630 individus. En 2018, dans les seules Carpates roumaines ils seraient déjà 9 500. Du fait du baby-boom roumain, il est probable que la population ursine de l’Union européenne en 2019 soit de l’ordre de 19 000, voire plus.

Une lecture rapide des résultats de notre micro-sondage pourrait laisser croire que, si ceux qui ont été interrogés méconnaissaient  le nombre d’ours bruns dans les 28 pays de l’Union européenne [ 19 000 / 2 027], ils étaient capables en revanche de donner des nombres proches de ceux publiés par les organismes officiels pour la France [43 / 59].  Il n’en est malheureusement rien. La valeur moyenne concernant la France est proche de la valeur publiée la plus élevée, pour de banales raisons statistiques, les réponses variant de 2 à 500.

Après avoir classé les résultats par ordre croissant, pour les réponses concernant la France et pour  celles concernant l’Union européenne, on distingue 6 groupes de réponses :

1° France : réponses N°1 à N° 52, valeurs de 2 à 20, très inférieures à la valeur attendue [43]

2° France : réponses N°53 à N° 81, valeurs de 28 et 90, encadrant la valeur attendue [43]

3° France :  réponses N°82 à N° 100, valeurs de 100 à 500, très supérieures à la valeur attendue [43]  

4° Union européenne : réponses N°1 à N° 75, valeurs de 30 à 2 000, les plus éloignées de la valeur attendue [19 000]  

5° Union européenne : réponses N°76 à N° 98, valeurs de 2 500 à 10 000,  les moins éloignées de la valeur attendue [19 000]  

6° Union européenne : réponses N° 98 et 99, seules réponses proches des deux valeurs attendues [43] et [19 000]

Il y a 440 fois plus d’ours bruns dans l’Union européenne qu’en France

À la lecture du tableau ci-dessus, sans prendre le moindre risque d’être démenti, on peut affirmer que les différentes cohortes de mille Français qui ont répondu aux divers sondages concernant la présence des ours dans le Pyrénées, l’ont fait en toute méconnaissance des choses.

En effet, si cent membres d’une association, tel que l’ ICEO (Institut de Coopération avec l’Europe Orientale), sont incapables d’évaluer  justement la proportion [440] entre les ours en France et dans les 28 pays de l’Union européenne, il est évident que l’ensemble des Français ne le sera pas mieux.

Il faut ici donner l’origine de notre mini-sondage. L’auteur de cet article a longuement (50 ans) parcouru les Pyrénées Orientales et les Hautes Pyrénées. Depuis 1969, il a suivi avec attention l’évolution de la population ursine dans ces départements, et au-delà dans l’ensemble des Pyrénées.

C’est pourquoi, en août 2019, roulant sur l’autoroute toute neuve qui part de Kastoria, dans le nord de la Grèce, son attention fut  attirée par les multiples panneaux de signalisation routière, informant de la présence d’ours. Qu’il y ait des ours dans le Nord de la Grèce n’était pas une découverte pour quelqu’un qui parcourt les Balkans depuis plus d’un demi-siècle. Mais de là à imaginer qu’ils étaient nombreux au point de devoir le signaler tous les 5 kilomètres, il y avait de quoi s’interroger.

Rentré en France, quelle ne fut pas sa surprise de découvrir qu’en 2009, dans la Grèce septentrionale, dans le massif du Pinde, il y avait plusieurs centaines d’ours en danger de mort.

En poussant ses recherches, il découvrit avec stupéfaction, que le nombre global d’ours dans les 28 pays de l’Union européenne ne cessait d’augmenter, pour atteindre le nombre de 19 000. Celui qui se pensait expert en matière d’ours prit alors conscience,  à sa grande honte, de son ignorance personnelle, et de l’ignorance plus que probable de ses coreligionnaires .

Une ignorance largement confirmée par notre sondage

On voit dans le tableau ci-dessus, que 75 des cent personnes interrogées sous-estiment 30 fois (en moyenne) le nombre d’ours dans l’Union européenne [685 / 19 000] et sous-estiment plus de 20 fois (en moyenne) la proportion relative Union européenne/France [35 / 685].

Non seulement les associations favorables à la réimplantations des ours dans les Pyrénées, se gardent bien de faire état du nombre d’individus croissant rapidement  dans l’Union européenne et passent allègrement sous silence les problèmes récurrents que crée dans de nombreux espaces touristiques européens la cohabitation avec les habitants et les randonneurs, mais en prenant pour référence l’exemple roumain,  elles mettent rituellement en accusation les bergers pyrénéens, principaux, voire seuls responsables à leurs yeux,des difficultés qu’ils rencontrent de plus en plus.

Leur argumentation semble imparable : En 2019, la Roumanie compte 440 fois plus d’ours que la France. Considérant les superficies des deux pays [France superficie : 550 000 km2, nombre d’habitants par km2 : 98,8 – Roumanie superficie : 238 000 km2, nombre d’habitants par km2 : 91,6], les grands prédateurs sont bien plus présents sur le territoire roumain que sur le territoire français, bien que les populations soient très localisées dans les deux pays.

La publication titrée : Une cohabitation avec les prédateurs sauvages est-elle possible ? tente d’essayer d’expliquer pourquoi les grands prédateurs semblent mieux acceptés en Roumanie qu’en France.

La conclusion est évidente : dans les régions de montagne boisées faiblement peuplées, que les Roumains ont traditionnellement abandonnées aux ours, la cohabitation va de soi depuis des siècles. Les bergers roumains se sont fait une raison et ont développé des stratégies de survie. Ils pensent que :  “les ours, ils ont leur place dans la forêt, ils mènent leur vie et, nous, on mène la nôtre“.

Pour régler le problème des ours dans les Pyrénées, il suffit de faire venir des bergers roumains détachés.

Notons que : de 1990 à 2018, la population roumaine est passée de 23 210 000 d’habitants à 19 524 000 d’habitants, soit une diminution de 16 %. Cette diminution a plus particulièrement touché les campagnes. L’exode rural a libéré de nombreux espaces agricoles. Certainement pour le plus grand bonheur des ours !

[Le 19 septembre 2019, 06 H45, J-M. R., Alet-Les-Bains] : ” Les sondages, d’où qu’ils viennent lorsqu’ils visent à mesurer une tendance dite “d’opinion publique”, ne font en fait que traduire le succès de la propagande multiforme et insidieuse, du pilonnage des esprits si prompts à s’émouvoir et à gober toutes les idées nouvelles qu’on leur fait ingurgiter.

Chacun croit ainsi avoir une opinion personnelle, sans voir les ficelles de l’unanimisme propulsé par tous les médias dominants sur tous les sujets de société ou sociétaux dans l’air du temps, notamment en matière d’immigration, qu’elle soit animale ou humaine. Les sondages d’opinion ne servent ainsi qu’à mieux enfoncer le clou de l’évolution ainsi créée dans les mentalités par la manipulation des foules.

On remarque d’ailleurs que les paysans, plus près de la nature, sont moins enthousiastes que les ingénus citadins sur les charmes de la multiplication des ours et des loups qui ravagent leurs troupeaux. Les citadins concèdent, certes, qu’il faudrait que ces troupeaux soient bien gardés. Mais aux frais de qui ?

Que ne vont-ils pas, pendant leurs vacances ou leurs fins de semaine en montagne ou à la campagne, au lieu de partir en randonnées sur les sentiers que les paysans ont nettoyés, donner un coup de main aux bergers pour la garde de leurs troupeaux ? Ils feraient ainsi mieux preuve de solidarité avec ce monde rural et paysan un peu trop soumis à toutes les critiques.

Et que se passera-t-il lorsque des randonneurs se feront agresser par des loups ou des ours sur ces sentiers forestiers ? Peut-être qu’alors nos citadins folâtres, retrouvant le sens des réalités, trouveront moins de charme à ce retour un peu violent de la nature sauvage dans leurs espaces de loisirs”.