N° 115 Jacques CHIRAC : nous Peuple Dogon du Mali, avons fait de lui notre Hogon

Président de la République de 1995 à 2007,  Jacques CHIRAC est décédé hier à Paris. Dès l’annonce de sa mort, les témoignages de sympathie venant du monde entier se sont multipliés.

Depuis 24 heures tous les journalistes et toutes les personnalités  qui ont connu Jacques CHIRAC, lui tressent des louanges. Ils insistent surtout sur ses exceptionnelles qualités  relationnelles. Tous de raconter une anecdote pour mettre en avant ses qualités de cœur et son souci des autres. Il est un point que les Français n’ont pas pu percevoir par eux-mêmes, c’est son aisance et son charisme en matière de relations internationales.

C’est indéniablement en Afrique que le président français a le plus touché les populations qu’il a rencontrées.  Pour ceux qui pourraient en douter,nous rendons public le message que l’ICEO et ses amis ont reçu ce matin de l’université de Bamako (Mali).

Dominique, le signataire du courriel ci-dessous, est un ancien doctorant dogon (Patomo ARAMA)) qui a présenté sa thèse à la faculté de Pharmacie de Montpellier, en novembre 2015.

Ce message est bien sûr touchant pour les premiers destinataires, enseignants-chercheurs, auxquels ils s’adressent, mais il est surtout émouvant pour ce qu’il rappelle des liens de fraternité que Jacques CHIRAC, au nom de la France, avait su créer avec le peuple dogon.

“Pour nous Peuple Dogon qui avons fait de lui notre Hogon”.

Ceux qui ont eu le bonheur de voir le soleil se lever sur les falaises de Sangha, lieu mythique du Pays Dogon, comprendront aisément la force de ce message.

Pour tous ceux qui n’ont pas eu cette chance, ci-dessous les explications qui s’imposent :

Dogon (peuple)                                     Hogon                                       Toguna

Hommage au président

Le 25 octobre 2003, le président Jacques CHIRAC était en visite officielle au Mali. Au programme le célèbre et original “Pays Dogon“. Mais la route ou plutôt les pistes sont trop longues pour un déplacement en voiture. Aussi le président et sa suite arrivèrent-ils en hélicoptère au pied de la falaise de Bandiagara.

On avait fait édifier pour l’occasion, dans la plaine sableuse, une toguna, c’est à dire une case à palabres.

Jacques CHIRAC avait été promu “Hogon d’honneur” : le Hogon est le chef du village dogon, personnage respecté.

Bien sûr, promu “Hogon d’honneur”, Jacques CHIRAC n’est pas un Hogon comme les autres. Il n’a pas été astreint aux obligations ordinaires. Après son élection le Hogon doit suivre six mois de réclusion, pendant lesquels il ne lui est permis ni de se raser ni de se laver. Il porte des vêtements blancs et personne n’est autorisé à le toucher. Hogon d’honneur donc, mais Hogon néanmoins.

[Le 28 septembre 2019, 9 H40, P. C., Montpellier] :  On lit sur l’article Wikipedia :  “Le Toguna (ou case à palabres) est une construction ouverte érigée en général au centre des villages dogons se trouvant le long de la falaise de Bandiagara. Elles sont d’une hauteur insuffisante pour se tenir en position debout de façon à obliger les participants à s’asseoir.

Deux observations : On devrait écrire probablement La Toguna (puisque c’est une case). D’autre part ce paragraphe mériterait d’être complété. La hauteur est insuffisante, non pas pour qu’on ne puisse pas se tenir debout, mais pour qu’on ne puisse pas se relever brusquement sous le coup de la colère.

[Le 28 septembre 2019, 8 H25, B. R., Caussade] :  Très émouvant message de sympathie et de reconnaissance.

[Le 27 septembre 2019, 23 H40, J-M. R., Alet-les-Bains] :  Tout le flot de paroles “orales” ou écrites des hommages actuellement fait à J. CHIRAC sont, certes, de circonstance à l’occasion de tout décès d’un personnage officiel, mais ils sont quelque peu excessifs. On peut l’aimer pour ses capacités d’empathie relationnelle avec tous en tous pays, sa discrétion sur sa culture et quelques décisions politiques qu’il a su prendre, comme son refus de la guerre en Irak derrière cet imbécile de Bush, dont on voit maintenant les sinistres conséquences, son discours sur la terre qui brûle pendant que l’on détourne les yeux, sa décision de reprendre les essais nucléaires contre l’avis de tous et la réprobation mondiale, et quelques autres, mais en contrepartie, lui et GISCARD ont décidé du regroupement familial sans en anticiper les conséquences à long terme et l’on en voit maintenant tout le passif des conséquences dans la société française, le refus de donner à l’Europe des racines ; le passage du septennat au quinquennat, etc… Donc, hommage, oui, pour l’homme, qui avait un certain panache et un contact simple et chaleureux, mais pas d’excès dans la dithyrambe sur le politique, dont le bilan est mitigé. Les mêmes qui jouent de l’encensoir aujourd’hui le dénigreront à fond dans quelques jours.