N° 172 Le virus covid-19 n’aime pas le savon, malheureusement les Français non plus.

– L’hygiène des Français prise en défaut par la crise du coronavirus.
– All the French people have got their life in their hands.

Il y a quatre jours, on pouvait lire dans le journal Le Monde : 

Dimanche 8 mars après-midi le nombre de cas avait presque triplé : 1 126

Les mesures de confinement, que certains trouvaient hier encore excessives, apparaissent désormais raisonnables. Par contre, face à l’augmentation considérable des cas de contamination déclarés, la panique gagne peu à peu les esprits les plus fragiles. On assiste ainsi à une inflation d’exigences en matière de sécurité sanitaire.

Parmi les nombreuses mesures nouvelles et coûteuses, qui sont plébiscitées par l’opinion publique, personne n’est capable aujourd’hui de dire celles qui feront à terme la preuve de leur pertinence sanitaire, ne parlons pas de leur pertinence économique.

En revanche, ce dont on est certains depuis plus d’un siècle, c’est que pour enrayer une épidémie il faut commencer par observer scrupuleusement et continûment  les règles élémentaires d’hygiène et de propreté.

Depuis que l’épidémie s’est déclarée en France, les pouvoirs publics, par médias interposés, ne cessent de diffuser la même recommandation élémentaire ( rappelée dans Le Monde) :

En 2020, cette recommandation est malheureusement redevenue indispensable. Toutes les enquêtes prouvent que les Français, surtout les hommes, désertent massivement les salles de bains  et négligent encore plus les lavabos (voir Les Français et l’hygiène : c’est toujours un peu limite). On peut facilement prendre conscience de cet état de fait lorsque l’on reçoit des invités. Rares sont ceux en effet qui demandent à aller se laver les mains avant de passer à table.

Plus rares encore sont ceux qui savent le faire efficacement.

Depuis plus de dix jours, la chasse aux solutions hydro-alcooliques est ouverte.  Les pharmacies sont souvent dévalisées. Lorsque les Français écoutent le message du gouvernement, ils entendent que la solution à leur problème de santé personnelle est précisément la solution hydro-alcoolique. Point de salut pour celui qui n’aura pas pris avec lui sa topette de solution hydro-alcoolique.

Pas étonnant donc, que les commerçants soient si vite arrivés à être en rupture de stock.

Il faut souligner la méconnaissance des réalités de terrain, et la maladresse, dont font preuve nos gouvernants avec leur message.  Se laver les mains régulièrement est évidemment indispensable, mais le faire mal et surtout sans savon c’est le plus souvent inefficace.

Or, il n’est pas évident, sauf pour les chirurgiens, de bien se laver les mains.

Alors que les chaines d’information en continu cherchent à faire de l’audience en mobilisant massivement une grande partie du temps de leurs émissions pour parler du coronavirus, nos gouvernants seraient bien avisés de leur imposer, à l’intérieur de toutes leurs plages publicitaires un message-vidéo sanitaire simple :

Pensez à vous laver les mains en les savonnant abondamment, avec application, pendant au moins 30 secondes, très régulièrement. Pensez à le faire chaque fois que vous portez quelque chose à votre bouche. (message accompagné d’une démonstration).

Enfin, nos gouvernants devraient surtout penser à conclure leur message sanitaire par une phrase en anglais, non traduite bien sûr, pour faire comme le font désormais tous les publicistes “tendance”. Telle que :

 

You all have got your life in your hands.

SEMMELWEIS , l’apôtre du lavage des mains – 

Le Figaro , daté du 5 août 2012, a consacré une pleine page à Philippe-Ignace SEMMELWEIS, médecin hongrois, l’apôtre du lavage des mains. C’est le moment de lire et faire lire l’article de Sébastien LAPAQUE.
Ce médecin hongrois a été le premier à remarquer que les femmes ne mouraient plus en couches quand l’accoucheur se lavait les mains. Il a fini dans un asile, ses théories ayant été considérées comme insensées. Il est difficile de croire aujourd’hui qu’au milieu du XIXe siècle en Europe, un médecin ait été ostracisé par ses confrères, banni des hôpitaux et des maternités, considéré comme demi-fou, parce qu’il prônait au personnel de se laver les mains avant toute intervention et de nettoyer soigneusement les instruments utilisés.

Contrairement aux solutions hydro-alcooliques, le savon ne risque pas de venir à manquer aujourd’hui en France.  Malgré cela, les lieux où il n’y a pas de savon disponible eux ne manquent pas.

Combien de restaurants dont la cuisine est réputée, et dans les toilettes desquelles on ne peut utiliser ni savon solide, ni savon liquide !

Combien d’écoles dans lesquelles il est difficile, voire impossible, de se laver les mains, avec ou sans savon !

La façon la plus simple de palier ce problème permanent, est d’avoir sur soi une savonnette disponible dans un mini porte savon, d’où l’illustration ci-dessus.

Les Français se sont persuadés au cours des années, qu’ils avaient le meilleur système de santé au monde. Beaucoup trop d’entre eux en ont déduit, qu’en matière d’hygiène individuelle ils pouvaient se soustraire aux règles élémentaires.  Mais, de même que le meilleur système de nettoyage au monde ne peut faire face aux incivilités des citadins quand elles sont trop nombreuses et trop massives, le “meilleur système” de santé au monde, s’il existe, ne peut pas enrayer efficacement et rapidement une épidémie au coronavirus, si …

trop de Français persistent à se montrer irresponsables et inconséquents.

À toute chose malheur est bon ?

Après la crise des subprimes en 2008, de nombreux économistes ont cru pouvoir annoncer que cette catastrophe financière servirait de leçons aux banques, et au premier rang, aux banques centrales. On sait aujourd’hui que non seulement cela n’a pas servi de leçon, mais que plus encore l’économie spéculative ne s’est jamais aussi bien portée. Au point que de nombreux analystes financiers sont convaincus qu’un krach boursier est imminent.

Le krach boursier se fait encore attendre, mais depuis que la Chine, l’usine du monde, est à l’arrêt, la crise économique,avance à grands pas.

Paradoxalement, c’est un tout petit virus, c’est la crise sanitaire mondiale qui se profile à l’horizon, qui va probablement ramener les aventuriers de l’économie mondialisée à la raison, à la sagesse et à la prudence.

En Europe en général, et en France en particulier, au niveau de la santé public, il y a déjà des conclusions que l’on peut tirer de l’épidémie au coronavirus. Comme pour l’économie générale, la mondialisation du marché des médicaments, rend particulièrement fragile les systèmes de santé des pays qui ont eu le plus recours aux délocalisations de leurs usines de production des principes actifs.

Les Européens, particulièrement affectés et dépendants, semblent avoir enfin ouvert les yeux. “Pourvou qu’ça doure !”

La crise des gilets jaunes a fait mesurer aux Français combien il était important pour un village  d’avoir eu la chance de pouvoir garder une boulangerie, et plus encore un café. Alors que sans grande surprise la crise sanitaire actuelle met en lumière le rôle essentiel du personnel médical dans son ensemble, de l’aide soignante, au plus talentueux des professeurs de Médecine, elle fait étonnement ressortir l’importance des pharmacies de proximité.

De plus en plus de Français vivent dans des déserts médicaux, à la campagne et parfois même en ville dans ce qu’on appelle pudiquement les quartiers sensibles. Un désert médical c’est un espace où il n’y a plus aucun médecin généraliste, mais c’est aussi de plus en plus souvent une zone où il n’y plus non plus de pharmacie.

Les pharmacies disparaissent de nos campagnes : depuis dix ans, chaque année, sur l’ensemble du territoire, près de 200 officines ne trouvent pas de repreneur. Des pharmacies qui ne sont pas assez rentables, mais qui sont absolument indispensables pour la santé de tout le pays, en hiver et encore plus en été.

En cause bien sûr, la baisse des prix du médicament imposée par le gouvernement pour le bon équilibre des comptes de la sécurité sociale. Mais aussi en cause, les supermarchés du médicament qui ont peu à peu envahi les métropoles et les villes, faisant fermer aujourd’hui les petites pharmacies de campagne et de quartier, dans les mêmes conditions que celles qui ont contraint  les épiceries à tirer leur rideau hier.

Par chance, Michel-Édouard LECLERC n’a pas encore pu mener à bien sa politique en matière de délivrance des médicaments. En effet, si tel avait été le cas, la concentration commerciale n’aurait pu que compliquer la lutte contre l’épidémie actuelle, car étant en complète contradiction avec les recommandations des épidémiologistes, qui conseillent d’éviter les lieux à forte concentration de population.

Paradoxalement, l’épidémie au coronavirus qui a une forte morbidité, mais apparemment  une faible mortalité et létalité,  pourrait finalement s’avérer tout à fait salutaire, si elle permettait aux Européens de repenser totalement leurs politiques de santé publique.

 

Malheureusement on sait déjà que le coronavirus est instrumentalisé par les spéculateurs les plus cyniques, qui pensent pouvoir profiter de la crise sanitaire pour masquer leurs mauvaises manières financières.

[Le 10 mars 2020, 14 H05, J. C., Le Mans] :  On peut lire aujourd’hui les résultats d’une enquête réalisée après l’arrivée de l’épidémie de coronavirus.

Les Français sont 72 % à se laver systématiquement les mains après être allés aux toilettes, soit seulement 1 point de plus que lors d’une précédente enquête, publiée fin janvier et réalisée avant l’éclatement de la crise ; 54 % avant de passer à table (+ 5 points) et 47 % après avoir pris les transports en commun (+ 2 points). « Les mauvaises habitudes des Français en matière d’hygiène corporelle restent très similaires à celles que l’Ifop avait pu observer fin janvier avant l’éclatement de la crise », souligne l’institut.

Sur trente ans, une bien MAUVAISE évolution des gestes d’hygiène

Un quart seulement des Français se lave les mains systématiquement après s’être mouché et 42 % se couvrent avec un bras ou un mouchoir lorsqu’ils toussent ou éternuent, « signe de l’impact encore limité des messages de prévention diffusés depuis des semaines sur le sujet », continue l’Ifop.

Plus globalement, sur ces trente dernières années, l’évolution est faible en matière d’adoption des bons gestes d’hygiène. La mise en perspective historique de ces données, montre que 69 % des Français se lavaient systématiquement les mains après être allés aux toilettes en 1994. En 1994, 59 % des sondés se lavaient les mains avant de passer à table contre 54 % en mars 2020, soit une baisse de 5 points en 26 ans. « Il est très difficile d’éliminer du jour au lendemain les mauvaises habitudes en la matière. »

[Le 10 mars 2020, 11 H45, P. C., Caussade] : Il est urgent de

confiner les Français dans leur salle de bain !

[Le 10 mars 2020, 11 H30, P. M., Izmir] : Paradoxalement, l’épidémie au coronavirus qui a une forte morbidité, mais apparemment  une faible mortalité et létalité,  pourrait finalement s’avérer tout à fait salutaire, si elle permettait aux Européens de repenser totalement leurs politiques de santé publique.

 BIEN VU !

[Le 9 mars 2020, 19 H45, J-M. R., Alet-les-Bains] : “Quant aux quartiers dits sensibles, privés par le comportement de trop de leurs habitants, de médecins et de pharmacies (comme de pompiers et de SAMU), la crise actuelle les amènera peut-être à s’ouvrir un peu plus à la diversité que l’on prône dans les quartiers non sensibles mais dont eux-mêmes se croient dispensés par leur souci d’épuration culturelle.”

[Le 9 mars 2020, 15 H30, M. A., Montpellier] : On pouvait lire  à la fin de la semaine dernière dans le quotidien gratuit 20 minutes, que les hôtels ne savaient quoi faire des savonnettes à peine utilisées par leur clients. Ils ont actuellement une excellente occasion de venir en aide au ministère de la santé.

[Le 9 mars 2020, 22 H20, M. N., Arles] : Juste un peu de propreté svp !