N° 173 Le virus covid-19 : évolution de la pandémie en Europe.

– Jusqu’à présent, le système de santé français fait face. Quand on le regarde on se désole mais quand on le compare on se console.

– ATTENTION : trop de Français persistent à se montrer inconséquents.

Ce faisant, la propagation du virus ne peut que ralentir.

[ Le 12 mars 2020] – Avec 2500 cas d’infection au coronavirus identifiés en France et 48 morts, il peut paraître surprenant de prime abord de voir tant de spécialistes s’alarmer d’une épidémie «inéluctable», «inarrêtable», dont on promet déjà qu’elle étranglera le système hospitalier et pourrait représenter une catastrophe sanitaire de très grande ampleur. Ce serait méconnaître la science épidémiologique. «Lorsqu’on est au stade où nous sommes en France, une épidémie devient très prédictible», rappelle en effet Samuel ALIZON, chercheur CNRS au laboratoire Maladies infectieuses et vecteurs: écologie, génétique, évolution et contrôle de Montpellier. (lire la suite Article publié dans Le Figaro le 12 mars 2020).

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Les Français se sont persuadés au cours des années, qu’ils avaient le meilleur système de santé au monde. Beaucoup trop d’entre eux en ont déduit, qu’en matière d’hygiène individuelle ils pouvaient se soustraire aux règles élémentaires.  Mais, de même que le meilleur système de nettoyage au monde ne peut faire face aux incivilités des citadins quand elles sont trop nombreuses et trop massives, le “meilleur système” de santé au monde, s’il existe, ne peut pas enrayer efficacement et rapidement une épidémie au coronavirus, si …

 

si trop de Français persistent à se montrer irresponsables et inconséquents.

La pandémie de maladie à coronavirus de 2019-2020 a commencé au début du mois de  dans la ville de Wuhan, en Chine centrale, avant de se propager à travers le monde. Il aura fallu plus de 3 mois pour que les Européens prennent vraiment conscience de la gravité de cette crise sanitaire.

Bien que les différents personnels médicaux aient presque tous tiré le signal d’alarme, les Français persistent à faire confiance à leur système de santé. Certains sont même toujours convaincus qu’il reste l’un des plus performants au monde. Lorsque la pandémie actuelle se sera dissipée  les différents systèmes de santé pourrons être comparés aisément et précisément.

Le 4 février, au début de la Pandémie de maladie à coronavirus de 2019-2020, les 3 711 membres d’équipage et passagers du  Diamond Princess, navire de croisière, ont été placés en quarantaine par le ministre japonais. La contamination du paquebot par le coronavirus a apporté aux épidémiologistes une mine d’informations.

Le , le nombre total des contaminés du Diamond Princess était de 696 (dont 7 décès et 325 personnes guéries) et celui du monde entier atteignait plus de 145 000 (dont plus de 5 500 décès).

Le , le nombre total des contaminés du Diamond Princess est passé à 697 (dont 7 décès et 456 personnes guéries), tandis que celui du monde entier atteint 177 720 (dont 8 916 décès et 77 867 personnes guéries). Soit un taux de létalité à bord du paquebot de [7 / 697]  = 1,0%, et un taux de mortalité de [7 / 3 711] = 0,2%. Le taux de létalité mondial est actuellement de 3,9%, de l’ordre de celui observé en Chine.

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Lorsque la Chine a mis en œuvre toutes les mesures drastiques de confinement obligatoire, de nombreux Européens n’ont pu s’empêcher de critiquer la méthode chinoise. Il semble bien aujourd’hui que la façon de faire du gouvernement chinois ait donné des résultats positifs. Pendant plusieurs semaines les Chinois ont été accusés de masquer la réalité de leur situation sanitaire nationale.

On a de bonnes raisons de penser aujourd’hui que les chiffres officiels publiés en Chine ont toujours été conformes à la réalité. On peut même dire que le gouvernement chinois a fait preuve pour une fois d’un grand esprit de responsabilité, et qu’il a joué à fond  la carte de la solidarité internationale.

C’est ainsi qu’avec les données épidémiologiques déclarées chaque jour jours par tous les États touchés par la pandémie, on peut dès à présent mettre en évidence des différences notables selon les pays.

Lorsque la Chine a mis en œuvre toutes les mesures drastiques de confinement obligatoire, de nombreux Européens n’ont pu s’empêcher de critiquer sa façon de faire. Il apparait désormais que, contrairement à ce que de nombreux “experts” ont déclaré sur les divers plateaux de télévision, les Chinois n’en n’ont pas trop fait. Il semble même qu’il n’aient fait que ce qu’il fallait faire.

Les chiffres du 12 mars, indiquent que l’épidémie est vraisemblablement en voie de s’enrayer en Chine, le pays qui a enregistré le plus grand nombre de personnes contaminées et le plus de morts. En espérant que l’épidémie ne sera pas plus mortelle qu’en Chine, on peut donc prendre les données chinoises comme référence.

Attention, il ne faut pas confondre le taux de létalité+++ et le taux de létalité réel. Le taux de létalité réel est celui que l’on pourrait calculer si l’on connaissait le nombre réel total de toutes les personnes contaminées. Comme les personnes contaminées, mais qui n’ont aucun symptôme de leur contamination, ne sont bien sûr pas connues, on ne peut mesurer qu’un taux de létalité apparent, que nous qualifions de taux de létalité+++, parce qu’il est très supérieur au taux réel.

La plupart des épidémiologistes estiment que le taux réel pourrait en fait être dix fois inférieur au taux+++  

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Dans le tableau ci-dessus on voit que le taux de létalité de l’épidémie (nombre de morts su le nombre de personnes contaminées) a augmenté en quatre jours (du 8 au 12 mars) dans tous les pays à l’exception de l’Espagne et des États-Unis. Le taux chinois semble se stabiliser autour de 4%. Le taux pour l’Italie, qui était équivalent à celui de la Chine il y a 4 jours, a notablement augmenté, passant à 6,6% (1,7 fois celui de la Chine).

Le 12 mars, le taux pour la France est de 2,1%, soit environ la moitié du taux chinois, le taux pour la Corée du Sud, reste inférieur à 0,8%, soit environ le quart du taux chinois, enfin le taux de l’Allemagne reste extrêmement faible.

Il est probable, que l’ordre et la discipline qui règnent en Corée du Sud et en Allemagne ne sont pas étrangers aux faibles taux de létalités qu’ils ont réussi à maintenir chacun de son coté.

 

Face à la crise  sanitaire, les Français seraient bien avisés de s’inspirer des Allemands et des Coréens pour leur sens de la discipline et de l’hygiène.  

Munich, ici on ne plaisante ni avec l’ordre ni avec les mesures d’hygiène.

[Le 16 mars 2020, 20 H45, P. C., Notre-Dame-des-Landes : L’article publié le 11 mars dans la presse roumaine n’était pas dénué de fondements. Coronavirus : L’Otan va réduire l’ampleur des manœuvres Defender Europe 2020

[Le 12 mars 2020, 20 H45, N. D., Bucuresti] : Nous vous signalons un article paru dans la presse roumaine :

Alors qu’en Italie, les journaux, les émissions de télévision et les réseaux sociaux sont envahis par le fameux “coronavirus”, 20 000 soldats américains débarquent dans 7 aéroports européens et seront rejoints par 10 000 soldats américains déjà présents en Europe et 7 000 soldats européens de différents pays européens.

Un total de 37 000 soldats armés dans quel but? Pour aider les États à stopper ce virus exalté ou pour aider ceux qui l’ont contracté?
Absolument pas !!!

Coronavirusul european, o perdea de ceaţă pentru ce se pregăteşte prin aşa-zisul exerciţiu de apărare “Europe Defender 20”?

[Le 12 mars 2020, 22 H45, J-M. R., Alet-les-Bains] :  “dans tous les pays à l’exception de l’Espagne et des États-Unis”.

Pour les États-Unis, vu la cherté de la moindre péripétie médicale et hospitalière, il est possible que beaucoup de gens ne se soient pas rendus dans les hôpitaux et déclarés atteints, si ce n’a été que bénignement.

[Le 10 mars 2020, 14 H05, J. C., Le Mans] :  On peut lire aujourd’hui les résultats d’une enquête réalisée après l’arrivée de l’épidémie de coronavirus.

Les Français sont 72 % à se laver systématiquement les mains après être allés aux toilettes, soit seulement 1 point de plus que lors d’une précédente enquête, publiée fin janvier et réalisée avant l’éclatement de la crise ; 54 % avant de passer à table (+ 5 points) et 47 % après avoir pris les transports en commun (+ 2 points). « Les mauvaises habitudes des Français en matière d’hygiène corporelle restent très similaires à celles que l’Ifop avait pu observer fin janvier avant l’éclatement de la crise », souligne l’institut.

Sur trente ans, une bien MAUVAISE évolution des gestes d’hygiène

Un quart seulement des Français se lave les mains systématiquement après s’être mouché et 42 % se couvrent avec un bras ou un mouchoir lorsqu’ils toussent ou éternuent, « signe de l’impact encore limité des messages de prévention diffusés depuis des semaines sur le sujet », continue l’Ifop.

Plus globalement, sur ces trente dernières années, l’évolution est faible en matière d’adoption des bons gestes d’hygiène. La mise en perspective historique de ces données, montre que 69 % des Français se lavaient systématiquement les mains après être allés aux toilettes en 1994. En 1994, 59 % des sondés se lavaient les mains avant de passer à table contre 54 % en mars 2020, soit une baisse de 5 points en 26 ans. « Il est très difficile d’éliminer du jour au lendemain les mauvaises habitudes en la matière. »