N° 177 L’école en temps de guerre, l’exemple de la Pologne héroïque et martyre.

Le professeur Sylwester POROWSKi, tient à rassurer ses amis français. On peut faire de très bonnes études, même quand on on a été privé d’école pendant de nombreux mois.

Confinement oblige, de nombreux parents angoissent à l’idée que leurs enfants pourraient ne plus être à même de faire une bonne année scolaire, qu’ils pourraient “prendre du retard”. Comme si, quelques semaines sans cours allaient handicaper à vie leur progéniture. À l’heure où des milliers de leur compatriotes sont en soins intensifs, victimes du covid-19, ces préoccupations, qui sont bien sûr légitimes, deviennent indécentes, surtout lorsqu’elles sont  formulées sur un mode dramatique.

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Le confinement a cette faculté de resituer la famille dans son intégrité….sous le même toit 24h/24 pour le meilleur et pour le pire !!!! Et puisque les enfants ne sont plus scolarisés…les parents « s’y collent » !! Découverte pour certains, prise de conscience que la pédagogie enseignante nécessite un savoir faire qui ne s’improvise pas, amusement pour d’autres…On a entendu, ces derniers temps bien des réactions inédites sur le sujet….J’ajouterais aussi que les cours en réseaux ont parfois du mal à fonctionner…saturation, mise en place difficile, logiciels, problèmes techniques…. Et le bac me direz vous ???

Il faut reconnaître que la propagation de ce corona provoque des réactions de panique et de peur qui font suite à celles des vagues terroristes; le volet anxiogène est ouvert et le stress circule hardiment !!!

Si nous acceptions de travailler « nos peurs », sans doute pourrions nous tutoyer la confiance, le bon sens et ce que certains ont déjà pratiqué avec leurs enfants : l’école de la vie par la parole, la réflexion, l’échange, la lecture qui peuvent se pratiquer dans le confinement ! Cette guerre là est certainement la mieux adaptée d’autant que nos enfants seront certainement confrontés à ces mêmes épreuves plus tard.

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Après la défaite polonaise à l’invasion de 1939 et l’occupation du pays par les Allemands et les Soviétiques, la Pologne s’est retrouvée divisée en trois parties: les zones occupées par l’Allemagne et directement annexées par Reich, les zones annexées par l’Union soviétique et Gouvernement Général sous contrôle allemand. D’après les théories racistes du nazisme, les Slaves n’avaient pas besoin d’enseignement supérieur et la nation polonaise entière devait n’avoir que des serfs au service de la race aryenne1. Les seules institutions qui restèrent ouvertes étaient les écoles de commerce et les cours pour les ouvriers des usines1Himmler prescrivit ceci2 :

« Pour la population non germanique de l’Est il ne peut y avoir aucun type d’école qui dépasse le niveau quatre de l’école élémentaire. Le travail de ces écoles devrait se limiter à l’enseignement du calcul (jusqu’à pas plus de 500), l’écriture de son propre nom, et l’enseignement que le commandement de Dieu signifie l’obéissance aux Allemands, l’honnêteté, le zèle au travail et la politesse. La lecture, je ne la considère pas comme essentielle. »

En 1941, le nombre d’enfants qui allaient à l’école élémentaire dans le Gouvernement Général comptait la moitié du chiffre d’avant la guerre.

Dans les territoires incorporés au Reich, l’enseignement en polonais était interdit et puni de mort. À travers le territoire polonais, les Allemands abolirent tout enseignement universitaire pour les non-Allemands. Toutes les institutions d’éducation supérieure furent fermées. Leurs équipements la plupart de leurs laboratoires furent déménagés en Allemagne tandis que les bâtiments étaient transformés en bureaux et en casernes militaires.

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Si l’on prend, comme référence, l’histoire de la Pologne, sa reconstruction éducative en 1945 s’est faite quasiment en circuit familial et clandestin ; les enfants ont appris à lire et écrire à la maison. C’était un interdit donc le réveil de la motivation ne se fait pas attendre…et qui plus est, avec des outils sommaires !!! Les fondamentaux sont acquis et le niveau scolaire est meilleur que la normale…et encore aujourd’hui !!!

Il y a donc dans cette histoire une capacité de résilience qui permet de montrer cette faculté éducative universelle parce que dégagée de toute peur et animée d’une solide assurance!! Transmettre fait partie inhérente de l’être humain à l’égard de ses enfants, d’autant qu’aujourd’hui, nous disposons d’outils merveilleux.

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Aux sceptiques……………malgré tout !!

Y aurait il un véritable besoin de panique collective pour donner au gouvernement une sorte de légitimité  et jouer l’état providence ?

A court terme…. les peurs sociales alimentent certainement l’état des lieux !!….

Cependant on peut se demander si l’état souhaite vraiment que le capital succombe à la panique….. certainement pas !!!!Les démocraties devront surement réfléchir aux méfaits de la mondialisation sans tomber pour autant dans un nationalisme effréné et passionné!!!C’est certainement une mission très délicate !!!

La réalité fait qu’on réduit les libertés et parallèlement se créent de nouvelles solidarités locales ou globales.

Plus on avance et plus la majorité des citoyens va demander à l’état « d’assurer et de relever le défi » Là intervient la culture contre le pouvoir ! Autant la Chine y a mis les aspects retords de la dictature communiste…autant les démocraties peinent à trouver des solutions concrètes acceptables par tous !!!!

Tout le monde souhaite secrètement passer le pic et revenir vite à la normale…mais la vie quotidienne devra évoluer et il faudra mener à bien de nouvelles transformations sociales: une existence plus fragile et plus menacée…

Nos petits enfants en feront certainement l’apprentissage….

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Pour conclure, on pourrait dire qu’il est possible, à la lumière de ce confinement forcé, de dégager d’autres élans que….gâchis, frein et perte !! Nous détenons là une formidable occasion de découverte et de partage qu’il serait dommage de laisser filer.

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[Le 21 mars 2020, 19 H00, J. L., Piriac] : J’ai aidé !