N° 138 “Black Friday” : encore un jour noir pour la langue française !

Les sages de l’Académie française demandent aux pouvoirs publics de mieux respecter la loi Toubon sur la défense du français.

“Traditionnellement, le Black Friday a lieu le vendredi suivant la fête de Thanksgiving aux États-Unis, là où la tradition du Black Friday a été lancée. Et le Black Friday 2019 tombe le vendredi 29 novembre 2019.”

La France se veut multiculturelle mais ne rêve que d’Amérique !

Par AFP agence et Le Figaro   Publié 22 novembre 2019

L’Académie française est «gravement préoccupée» par le développement du «franglais» et a demandé jeudi aux pouvoirs publics de mieux respecter la loi Toubon sur la défense du français. Cette loi, qui prévoit que tout document destiné au public doit être rédigé dans la langue de Molière, fêtait cet été ses vingt-cinq ans. À cette occasion, Paul de SINETY, délégué général de la langue française et aux Langues de France, affirmait au Figaro qu’elle était «plus que jamais utile. Les crises récentes ont montré que les fractures sociales pouvaient aussi être des fractures linguistiques: comment parle-t-on à nos concitoyens, quelle est la langue des élites, à qui sont destinés les messages en anglais?».

» LIRE AUSSI – Pub, entreprise, politique: le triomphe du franglais

«L’Académie française n’a jamais été hostile à l’introduction et à l’usage de termes étrangers. Mais aujourd’hui elle se montre gravement préoccupée par le développement du franglais», a indiqué l’institution dans un communiqué adressé à l’AFP. «Les violations répétées de la loi Toubon, qui a posé les règles de l’emploi du français dans la sphère publique, dénaturent notre langue, autant par l’invasion des termes anglo-saxons que par la détérioration qu’ils entraînent de sa syntaxe», déplore l’Académie.

«Fidèle à la mission qui lui a été confiée de veiller sur la langue française et de la défendre, l’Académie alerte solennellement les pouvoirs publics et les invite en premier lieu à respecter eux-mêmes la loi», a souligné l’Académie. «Si ceux-ci ne réagissent pas vigoureusement, si l’opinion ne prend pas la mesure du danger qui le menace, le français cessera d’être la langue vivante et populaire que nous aimons», a-t-elle mis en garde.

Dernière femme accueillie à l’Académie française, la philologue Barbara CASSIN avait profité de son discours inaugural sous la Coupole pour fustiger en octobre pour fustiger le «global English» et plaider pour le plurilinguisme.

«Nous voulons contribuer à fabriquer une Europe résistante, qui refuse de s’en tenir à cette non-langue de pure communication qu’est le global English», avait déclaré l’académicienne. «Nous refusons que nos langues, celles que nous parlons, le français, l’anglais lui-même (celui de Shakespeare, d’Emily Dickinson ou de Churchill), deviennent de simples dialectes, à parler chez soi», avait-elle ajouté.

» À voir aussi – Orthographe: la lente agonie de l’expression écrite?

[Le 26 novembre 2019, 11 H25, A. C., Castelnault le Lez] : ll faut peut-être proposer autre chose au lieu de se lamenter…

[Le 22 novembre 2019, 22 H55, F. P., Villers-Cotterêt] : Emmanuel MACRON souhaite implanter dans le château une «Cité de la Francophonie», dont les salles consacrées à la langue française ouvriront opportunément à l’horizon 2022. C’est dans ce lieu que furent signées, en 1539, les fameuses ordonnances de Villers-Cotterêts, rendant le français obligatoire dans les actes officiels. Une date majeure de la construction nationale, que certains font tout pour l’oublier.