N° 329 Climat : l’Europe des « mâles blancs », un modèle pour le monde entier ?

Du petit livre rouge de Mao au petit livre vert de l’Europe

 

Mercredi 14 juillet

La Commission Européenne a présenté son “green deal” pour verdir l’économie du continent et réduire les gaz à effet de serre de 55% en 2030 par rapport à 1990. Fin des voitures à essence et taxation du kérosène pour le trafic aérien des passagers sont notamment au programme.
 

Lutter contre le changement climatique, modérer la hausse des températures et devenir un modèle pour le monde entier en la matière: le Vieux continent a pris une décision historique avec ce projet qui durcit le ton contre les énergies fossiles. Lire : L’Europe présente un plan très ambitieux pour sauver le climat.

Jeudi 15 juillet

La série, conçue et présentée par le philosophe et écrivain, Régis DEBRAY, vise à présenter en 15 émissions, diffusées sur France culture du 7 au 23 juillet de 11 heures à midi, les 13 livres qui ont changé le monde au cours du siècle dernier. 

Le neuvième épisode de l’émission diffusé jeudi 15, s’intitule 1964 : Mao Zedong, le “Petit Livre rouge”.

Coïncidence heureuse et salutaire

Coïncidence heureuse et salutaire que le rapprochement en 24 heures de ces deux informations, car elles méritent assurément d’être rapprochées. En effet, s’il n’existe plus de maoïstes affichés, les «ex-maoïstes» restent omniprésents en France. On les retrouve dans toutes les arcanes du pouvoir, médiatique, scientifique et politique.

Voir la liste publiée dans l’hebdomadaire L’Express le 25 mars 1993 : Ce qu’ils sont devenus, et l’article publié dans le même journal le 9 février 2006. :  Où sont passés les maos français?

BibliObs a publié le 5 mars 2021, un article intitulé : Jean-Luc Godard, Jean-Paul Sartre, Philippe Sollers : mais qu’avaient fumé les Maoïstes ?

On doit en effet s’interroger aujourd’hui pour essayer de comprendre comment tant de beaux esprits et tant de si belles intelligences ont pu se fourvoyer aussi lourdement et grossièrement sur la Révolution culturelle en Chine.

En 1955 déjà, dans l’Opium des intellectuels, Raymond ARON tenta de répondre à cette question. Il remarqua que, incapables de remettre en cause leurs idéologies, fascinés par les pouvoirs autoritaires, les intellectuels de la gauche extrême avaient acquis une surprenante propension à nier le réel, à nier les faits.

En 1971, dans «Les habits neufs du président Mao» le sinologue compétent, intelligent, honnête, et surtout bien renseigné, Simon LEYS eut l’impudence de dénoncer la dérive sanguinaire de la Révolution culturelle en Chine. Il rapporta dans son livre des faits qui ont tous été confirmés par l’histoire.

Au lieu de s’interroger sur leur aveuglement «éventuel», les maîtres à penser de Saint Germain des Prés accusèrent immédiatement Simon LEYS d’incompétence et de malhonnêteté intellectuelle pour faire taire celui qui osait porter atteinte à leur idole, ce géant de l’histoire.

La droite française ne fut pas en reste. Le jour de la mort du dirigeant (dictateur) chinois en 1976, le président GISCARD d’ESTAING alla jusqu’à déclarer : « Avec Mao TSÉ TOUNG s’éteint un phare de la pensée mondiale».

Non seulement malheureusement, la plupart des maoïstes n’ont jamais fait repentance pour avoir soutenu et cautionné un régime criminel, mais plus encore, nombreux sont ceux qui excipent de leur passé révolutionnaire pour asseoir le nouveau magistère moral qu’ils veulent acquérir, en matière d’Écologie.

Il faut prendre garde à la «vieille garde» des ex-maoïstes qui, après avoir pris pour modèle la révolution culturelle chinoise, veut aujourd’hui faire de sa façon de lutter contre le changement climatique, un modèle pour le monde entier.

Au vu des faits maintenant avérés, les anciens admirateurs de Mao, les anciens lecteurs du petit livre rouge, devraient prendre conscience, qu’ils ont longtemps, par choix idéologique et refus de voir, fait preuve d’incompétence et d’inconséquence politique. Ceux qui ont voulu faire taire celui qui savait en 1971, les ex-maoïstes, militent aujourd’hui surtout chez les Verts, où ils ont importé, nul ne peut en douter, leurs mauvaises manières pour faire taire ceux qui n’ont pas l’heur de leur plaire : idéologue un jour, idéologue toujours.  

En matière de lutte contre le changement climatique, Jean-Marc JANCOVICI, est probablement, l’un des experts français les plus compétents et les plus conséquents, c’est pourquoi il faut connaître, et faire connaître, ses analyses et ses propositions, avant que les gardes verts ne cherchent à le faire taire, ou à le discréditer.

Octobre 2020 [34 mn]  – à écouter ABSOLUMENT

…. Tant que les gens penseront qu’ils peuvent troquer leur droit d’ainesse nucléaire contre un plat de lentilles électoral on n’ira jamais nulle part .

Novembre 2020 [30 mn]

[Le 19 juillet 2021, 06 H20, N. C., Fessenheim] :

À quoi bon se préoccuper de l’avenir des déchets nucléaires, si l’humanité n’a plus d’avenir?

Il est extrêmement troublant que, dans les pays où les écologistes sont installés puissamment dans le paysage politique depuis le plus longtemps, telle que l’Allemagne, toutes les mesures pour lutter contre les émissions de GES n’aient pas été envisagées à la seule aune de leur efficacité potentielle, par rapport aux objectifs à atteindre.

Warum ? C’est en allemand, en effet, que l’on doit d’abord poser la question.

Pour Jean-Marc JANCOVICI , la crise climatique nous impose de baisser de 4% par an nos émissions de CO2, ce qui, d’après lui, n’est pas possible avec les seules énergies dites renouvelables. Prétendre le contraire est pour ce scientifique, spécialiste du climat, une imposture. Il a développé longuement ses arguments dans un article publié dans l’hebdomadaire  Marianne, le 3 mars 2020  Fermer une centrale nucléaire au nom du climat : l’imposture du gouvernement.

[Le 18 juillet 2021, 06 H45, J-Y. P., Cahors] : Ah, le double discours de l’écologie politicienne! – “On peut à la fois régresser et progresser simultanément , mais pas éternellement!“.

Entendre Bruno LATOUR, philosophe et anthropologue :”tout n’est pas foutu, au contraire“. Après qui suis-je, la question est où suis-je?

[Le 18 juillet 2021, 00 H20, J-M. R., Alet-les-Bains] : Sur l’ensemble, je suis plutôt d’accord bien que personnellement (mais je ne suis pas un scientifique) je doute un peu :

– que le réchauffement climatique soit principalement dû à des causes humaines plus qu’à des cycles planétaires sur le très long terme ;

– que, s’il faut limiter les causes humaines qui s’y ajoutent certainement,  les décisions “fortes” prises par l’Europe sous-peuplée et en régression démographique (sauf immigration de masse qui nous menace) – et notamment pour la France déjà bien désindustrialisée – puissent avoir un fort impact sur le reste du monde en explosion démographique et en forte situation de pollution industrielle générale. On peut toujours faire pression sur les pays fournisseurs des biens que nous ne produisons plus, mais si c’est pour continuer à leur acheter des éoliennes et tout le reste que nous ne produisons plus et cela sans réduire le trafic maritime et aérien entre l’Asie et l’Europe, je vois là pas mal de contradictions.

Les mâles blancs peuvent bien donner l’exemple, pas sûr que leur exemple soit suivi par les autres qui préfèreront nous aplatir d’abord avant de nous envahir.
Si la seule solution de l’UE pour supprimer les véhicules thermiques à énergie fossile c’est de les remplacer par des véhicules électriques, j’aimerai bien que l’on m’explique en quoi la prolifération des éoliennes et de l’impact de leur production et de leur mise en oeuvre sera bénéfique pour l’environnement naturel. L’hydrogène peut-être , mais la recherche nucléaire pour la rendre plus performante, plus sûre et moins productrice de déchets finals aurait peut-être bien été une solution raisonnable dont nos écolos idéologues de ne veulent pas.