N° 575 : La Haute Loire est-elle devenue une terre fasciste et xénophobe ?

Les augmentations en 4 ans du score électoral du RN et de celui de l’AFD sont si fortes, qu’aucun observateur politique sérieux ne peut encore penser qu’il ne s’agit que d’une saute d’humeur des électeurs, passagère.

 

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En Allemagne comme en France, les dirigeants en place prétendent absolument tout faire pour empêcher le « retour » au pouvoir de l’extrême droite. Depuis plus de 40 ans les Français votent « de plus en plus mal ». Lepénisation des esprits ? En Allemagne depuis 12 ans les électeurs se sont mis à leur tour à imiter les Français.

On note, que c’est à la suite des multiples agressions sexuelles qui se sont produites à Cologne lors du nouvel an 2016, et après le début de la guerre en Ukraine, que les votes pour l’AFD ont deux fois de suite doublé lors des élections fédérales : 4,7 %, en 2013, 12,6 % en 2017, 10,4 % en 2021, et 20,8 % en 2025.

Le FN, créé en 1972, n’est-il passé de 0,17 % en 1981 à 9,65% en 1986, que grâce à François MITTERRAND ?

L’AFD, créé en 2013, est-il passé de 4,7 % en 2013 à 12,6% en 2017, à cause des choix d’Angela MERKEL ?

Ces deux questions, bien que posées de façon provocatrice et polémique, n’en sont pas moins pertinentes. On note en effet que le FN est passé de l’ombre à la lumière à la suite immédiate de l’arrivée au pouvoir de François MITTERRAND. De même l’AFD a multiplié ses scores électoraux par deux fois et demie à la suite du choix qu’a fait Angela MERKEL, d’ouvrir les frontières de l’Allemagne de façon inconditionnelle aux réfugiés syriens, musulmans pour la plupart d’entre eux.

Jusqu’en 2017, avec le mode de scrutin majoritaire à deux tours, il suffisait aux socialistes de poursuivre l’instrumentalisation de l’antiracisme et de l’antifascisme mis au point par François MITTERRAND en 1984, pour garder l’assurance de ne jamais rester trop longtemps éloignés du pouvoir. À l’exception de 1986, où grâce à la proportionnelle il réussit à avoir 35 élus, le FN ne réussit à avoir 2 députés qu’en 2012, et 8 députés en 2017. Le FN a changé de nom en 2018. Ce n’est pas ce seul changement qui a permis au FN devenu RN de franchir le plafond de verre, mais heureuse coïncidence, dès 2022 le RN réussit à faire élire 89 candidats. En 2024, le soir du premier tour, les sondages annonçaient un raz de marée de la droite de la droite. Pour certains instituts, le RN associé à l’UDR, pouvait même espérer obtenir la majorité à l’Assemblée nationale. Une fois encore le barrage républicain a réussi à réduire à 122 le groupe RN.

Les augmentations en 4 ans du score électoral du RN et de celui de l’AFD sont si fortes, qu’aucun observateur politique sérieux ne peut encore penser qu’il ne s’agit que d’une saute d’humeur des électeurs, passagère.

Dès le lendemain soir du premier tour des élections législatives, le 1er juillet 2024, le Sénat a mis en ligne sur son site les résultats du sondage qu’il avait commandé la veille, afin de cerner le profil des électeurs qui venaient de voter.

Le 9 juin, aux européennes, les partis du Nouveau Front Populaire ont recueilli 31,69 % des voix,

alors que le RN et Reconquête ont obtenu une somme de 36,84 % des voix, Ensemble 14,60 %, et LR 7,25 %

À Paris, Lyon et Marseille, les partis du NFP ont recueilli respectivement 43,29 %, 48,53 %, et 40,78 %

alors que le RN, l’UDR et Reconquête ont obtenu en tout moins de 25 %, moins de 20 %, et moins de 38 %

Depuis 1945, à chaque montée électorale de l’extrême droite en Allemagne, de nombreux observateurs alarment sur la re-nazification du pays, un dangereux retour aux années 30, et enfin une nouvelle arrivée des nazis au pouvoir par les urnes.

Nombre total de sièges 647 – majorité 324

Contrairement à ce qui est répétée en boucle sur la plupart des médias, Adolf HITLER n’est pas arrivé au pouvoir par les urnes. Son parti, le NSDAP, n’a jamais dépassé 43,9 % des voix, ni 44,5 % des sièges aux élections législatives [288/647]. Dans un contexte de crises parlementaires à répétition, et de paniques morales orchestrées par une presse aux ordres d’un magnat d’extrême droite, ce fut le résultat d’intrigues menées par des industriels et des banquiers. Tous entendaient casser l’élan électoral de la gauche, et abattre l’État social.

Si la progression du vote NSDAP et celle du vote AFD se ressemblent arithmétiquement, elles sont très différentes politiquement et socialement.

Début 1932, le parti NSDAP comptait déjà 1,5 million d’adhérents, dont 350 000 SA et SS. En 2025, l’AFD n’annonce toujours que 48 000 adhérents, deux fois moins que le RN en France, qui en revendique juste 100 000.

Les jeunes, engagés en 2026 dans les groupuscules « antifas », ne semblent pas connaître ces chiffres, qui relativisent considérablement le danger d’arrivée de néonazis au pouvoir. Ils semblent malheureusement aussi, ignorer le rôle de la crise économique de 1929 dans la montée du nazisme en Allemagne.

De toutes les conditions qui ont favorisé l’arrivée du nazisme ou du fascisme, la plupart ne sont réunies aujourd’hui ni en France ni en Allemagne.

La crise économique de 1929 n’est pas seule à l’origine du succès des nazis, mais en raison du désordre économique, social, et politique, qui régnait en Allemagne, juste 10 ans après l’humiliante signature du traité de Versailles, imposée à l’Allemagne par les alliés, elle a rendu le succès presque impossible à empêcher, alors qu’il était jusqu’alors des plus improbables.

En novembre 1931, espérant une guerre civile dont ils ne doutaient pas sortir vainqueurs, les dirigeants du Parti communiste d’Allemagne le KPD, ont publié dans le journal officiel du parti un texte « fascisant », de façon totalement irréfléchie, le SPD : « le fascisme de BRÜNING n’est pas meilleur que celui de HITLER… C’est contre la social-démocratie que nous menons le combat principal. »

Le crime qui a été commis le jeudi 12 février à Lyon par les antifas, montre malheureusement que leur première motivation n’est pas de s’opposer à la prise du pouvoir par l’extrême droite par tous les moyens, mais de chasser violemment de l’espace public et médiatique tous ceux qu’ils accusent d’être fachos. Lorsqu’ils crient ou écrivent sur les murs, « à mort les fachos », ils sont très sérieux.

Le profil type des antifas est désormais bien connu, notamment des services de police. Jeunes étudiants issus des milieux souvent les plus aisés, les antifas font avant tout de leur engagement militant une activité sportive, un sport de combat où tous les coups sont permis. Ils croient leur engagement politique révolutionnaire, alors qu’il est surtout irréfléchi.

Les militants qui ont respecté aveuglément les instructions des dirigeants du parti communiste d’Allemagne, pensaient certainement suivre le chemin le plus court pour porter leurs idées au pouvoir. Les membres des services action du KPD, ne doutaient pas de la nécessité qu’il y avait de faire appel à la violence pour combattre le nazisme, et renverser le système capitaliste, de conserve.

Les historiens communistes ne manquent jamais de rappeler que, sans les importants soutiens financiers, médiatiques, et diplomatiques, qu’il a reçus, Adolf HITLER n’aurait absolument pas pu devenir chancelier. Par contre ils ne cherchent absolument pas à comprendre pour quelles raisons les nazis ont bénéficié de tant d’appuis.

C’est pourtant assez facile à expliquer. Au moment où les communistes se battaient dans les rues et dans les urnes contre les nazis, ils luttaient aussi contre les intérêts du capital, et contre les croyances religieuses.

Ceux qui reprochent en 2026, aux patrons et aux autorités religieuses d’Allemagne, d’avoir favorisé l’arrivée du nazisme au pouvoir en 1933, oublient que les pires horreurs hitlériennes n’avaient pas encore été commises alors, tandis que celles des bolcheviques étaient déjà largement documentées. Les communistes qui accusent aujourd’hui le Vatican de n’avoir pas assez clairement dénoncé l’hitlérisme, reprochent en fait au Pape de n’avoir pas soutenu le camp de STALINE, le camp de celui qui voulait, rien moins que, fermer les églises et enfermer les popes, les prêtres et tous les religieux.

Actuellement, non seulement les gros industriels et les banquiers français ne font preuve d’aucune complaisance idéologique pour le RN, mais jusqu’à présent, ils font tout pour qu’il ne puisse pas trouver de financements pour faire ses campagnes électorales.

Ceci pourrait brusquement changer, si l’existence même des industries et des banques en venait à être trop gravement menacée, par la persistance et l’extension du chaos prérévolutionnaire ambiant actuel.

Comme la plupart des étudiants français, les jeunes militants antifas ont été si mal scolarisés qu’ils ne savent souvent pratiquement rien des conditions réelles dans lesquelles le fascisme et le nazisme sont arrivés au pouvoir. Ils ne mesurent ainsi absolument pas les conséquences de leurs agissements violents, qui risquent à terme de provoquer un brusque changement d’appréciation de la situation politique et économique dans les milieux d’affaires.

Si les jeunes militants antifas, qui font le coup de poing dans la rue, dans les facs, dans les lycées et dans les campagnes électorales, sont inconscients de ce sur quoi peut déboucher ce qu’ils font, les vieux dirigeants, qui les emploient pour faire ces basses œuvres à leur place, le savent, eux parfaitement, et le souhaitent ardemment.

Aujourd’hui il ne peut plus y avoir aucun doute, la violence qui a tué Quentin DERANQUE le 12 février à Lyon n’est pas accidentelle. Elle est permanente, voulue, soutenue par Jean-Luc MÉLENCHON et son clan pour conduire le pays au chaos.

Des propos apaisants, pensés, sincères, ou obligés ?  

La stratégie de la tension et de la terreur appliquée par LFI, n’est pas originale, c’est celle de MARX, ENGELS, LÉNINE, TROTSKY, et ROBESPIERRE, qui tous, ont longuement théorisé et légitimé la violence révolutionnaire au nom du principe « la fin justifie les moyens ».

Les dirigeants de LFI n’ont pas non plus un comportement original, comme tous ceux qui avant eux ont mené des révolutions, ils font passer leurs intérêts politiques immédiats avant la défense des intérêts économiques vitaux des classes populaires les plus démunies.

En conflictualisant à l’extrême la vie à la ville et à la campagne, les insoumis conduisent inéluctablement l’économie et la société françaises au désastre.

Les chroniqueurs politiques qui déclarent ne découvrir qu’aujourd’hui, la face sombre et cachée de Jean-Luc MÉLENCHON sont de bien piètres chroniqueurs. Ce sont sans doute les mêmes, que ceux qui sont restés pendant 40 ans incapables de comprendre les raisons objectives et subjectives pour lesquelles les électeurs se sont de plus en plus détournés des partis de gauche, qui avaient jusqu’alors leurs faveurs, parfois depuis des générations. Ils se montrent malheureusement aujourd’hui tout autant incapables de comprendre pourquoi les électeurs ruraux viennent de se mettre à leur tour à voter pour des candidats RN.

Cette incapacité à comprendre pourquoi les électeurs boudent désormais les partis les plus anciennement installés est tout à fait paradoxale.

En effet, le nombre d’étudiants français inscrits en licence de psychologie ne cesse d’augmenter, et reste de loin le plus élevé en valeur absolue et en valeur relative. L’analyse publiée par le réseau des psychologues de l’Union européenne en 2005, indiquait que la France comptait alors 24 % des étudiants, pour une population ne représentant que 13 % du nombre d’habitants des 31 pays étudiés. La France comptait alors 64 800 étudiants. Parcours Sup indique que le nombre de demande d’inscriptions en licence de psychologie qui était 140 441 en 2024, est encore monté à 153 853 en 2025.

L’incompréhension entre les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien ne date pas de l’arrivée d’Emmanuel MACRON à la présidence. Les élites intellectuelles françaises ont malheureusement hérité d’une longue tradition de mépris de classe, qui les empêche depuis des siècles de bien mesurer les réalités les plus simples, par suffisance et par paresse de l’esprit. Le mépris de classe comme le racisme conduit à la haine, ce qui altère gravement le jugement et la capacité de réflexion de tous ceux qui en sont envahis.

Malgré tout ce qu’on sait désormais de VOLTAIRE, son mépris, sa haine, et son fanatisme, il reste un philosophe des plus encensés.  Quel dommage qu’il soit mort en 1778, avant la Révolution française, on ne saura jamais comment il l’aurait vécue. Quand on sait ce qu’il disait de ses paysans et de ses gens de maisons, on aimerait savoir comment il aurait accueilli le 26 août 1789 la déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen.

Article 1er : Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

Le principe du suffrage universel fut institué pour la première fois en France le 11 août 1792, supprimé sous le Directoire, avant 1799, pour n’être rétabli que lors de la Révolution de 1848.

On voit donc que le mépris et la méfiance envers les classes populaires, n’est pas nouveau.

Le 14 novembre 2025 le chanteur Alain SOUCHON a déclaré sur RTL, en toute immodestie : « Je ne crois pas que les Français soient assez cons pour élire quelqu’un du Front national ».

Pendant plus 40 ans le racisme et la xénophobie ont été considérés comme étant les deux principaux, voire les seuls ressorts, du vote FN-RN. Pour Alain SOUCHON, il faudrait aussi maintenant ajouter la bêtise.

Depuis 2005, les dirigeants européens, dépités par les mauvais résultats obtenus aux référendums, sont convaincus que les peuples sont si bornés, qu’ils ne comprennent même pas leurs intérêts.

Charles de MONTESQUIEU, en total désaccord avec VOLTAIRE, a écrit au XVIIIe siècle : « J’aime les paysansils ne sont pas assez savants pour raisonner de travers ».

Aux XXIe siècle, les catégories socio-professionnelles supérieures, pour l’INSEE les CSP+, sont plus que jamais persuadées de détenir la vérité, convaincues que les CSP– n’ont rien à leur apprendre. Quel dommage qu’elles ne reconnaissent plus aucune sagesse au monde paysan et qu’elle le méprise tant, sauf quand elles ne peuvent absolument pas faire sans, comme durant la Seconde Guerre mondiale, ou durant la crise de la covid.

Les paysans sont aujourd’hui en France de moins en moins nombreux, malheureusement le mépris dont ils font l’objet, lui, ne diminue absolument pas. Non seulement ils ne sont pas reconnus pour le travail qu’ils font, pour le rôle économique et environnemental essentiel qu’ils jouent, mais tout est fait pour les pousser au désespoir, pour certains jusqu’au suicide.

Les faibles revenus des agriculteurs et le sentiment de dénigrement, sont les principales causes pour expliquer ce phénomène.

Les paysans ont été les tout derniers à voter pour le RN, mais ce fait n’a curieusement pas intéressé beaucoup les chroniqueurs politiques, comme si cette donnée ne méritait pas de retenir leur attention.

Pourtant, que ce soit les Français des plus vieilles souches, de la France profonde, qui aient le plus longtemps refusé leurs suffrages au FN et au RN, mérite qu’on se penche sérieusement sur le sujet.

Pendant plus de 40 ans, l’instrumentalisation et le dévoiement de l’antiracisme par François MITTERRAND, et de l’antifascisme par Lionel JOSPIN et Jacques CHIRAC, ont permis aux classes dirigeantes de gouverner la France en ne tenant aucun compte des doléances des classes populaires, et moins encore des aspirations des populations vivant en milieu rural.

Lionel JOSPIN, premier secrétaire du PS de 1995 à 1997, et Premier ministre de 1997 à 2002, a reconnu, en octobre 2007 sur France Culture, que la « menace fasciste » brandie au cours des années MITTERRAND n’était « que du théâtre ».

Cet aveu cynique ne fut une surprise, ni pour les anciens électeurs du FN, ni pour les nouveaux électeurs du RN, car ils savent, mieux que personne, que le motif de leur vote n’est pas une appétence mystérieuse et cachée pour les régimes fascistes.

Être accusé à tort de crimes qu’ils n’ont pas commis ne fut pas non plus pour eux une nouveauté, surtout pour ceux qui continuent à vivre au cœur de la campagne pour nourrir les gens des villes. Ceux qui ont été bien scolarisés ont aussi appris que dans l’histoire France, du moins depuis Jeanne d’ARC, il y a toujours eu beaucoup moins de traitres aux intérêts du pays parmi les Français des champs que parmi les Français de cour.

Sous la IIIe République, et plus encore après la Libération, l’histoire de la Révolution française a été enseignée aux petits Français de façon on ne peut plus partisane et simpliste. Il a fallu attendre les travaux de François FURET et surtout ceux de Reynald SECHER, publiés en 1986, pour que les crimes commis sous la Terreur soit enfin dénoncés comme crimes contre l’humanité, et que la justice et l’honneur soient rendus aux victimes, notamment à celles de la Vendée militaire, et à celles de toutes les petites Vendée, des monts du Lyonnais et du Forez, de Franche-Comté, du Pas-de-Calais, entre autres.

La loi des suspects votée le 17 septembre 1793, et la loi de Prairial du 10 juin 1794, furent enfin présentées dans toute leur horreur, comme d’ignobles lois d’exception, permettant d’envoyer à la guillotine tous ceux qui étaient accusés, de façon totalement arbitraire, d’être des ennemis du peuple.

La loi des suspects a été abolie dès octobre 1795, mais elle a continué a être appliquée dans le monde entier par tous les révolutionnaires, tant son usage est simple et efficace, car comme chacun sait : qui veut noyer son chien l’accuse d’avoir la rage.

Pendant la Terreur ce sont les paysans qui se sont les premiers soulevés, un peu partout en France, contre les mesures imposées par la Convention nationale. Pour les historiens républicains sous la IIIe République et les historiens communistes sous la IVe et la VIe Républiques, cela viendrait de l’influence néfaste des nobles et du clergé qui les auraient poussés à se révolter, comme s’ils étaient trop arriérés pour penser à le faire tout seuls.

Il est triste et cocasse que les enseignants marxistes, restés admirateurs de ROBESPIERRE, entre autres « bienfaiteurs de l’humanité », continuent de croire que pour n’avoir pas su reconnaître spontanément tous les « bienfaits de la Révolution française » il faut avoir été manipulé.

La révolution française, fut une révolution, politique, économique, sociale et culturelle, mais aussi une ultra violente révolution anthropologique, très mal ressentie, surtout à la campagne.

Le calendrier républicain, le calendrier révolutionnaire, entré en vigueur le 6 octobre 1793, et définitivement abandonné le 1er janvier 1806, fut certainement la plus grande folie contre-anthropologique commise pendant la Révolution française, par des mâles blancs très sûrs d’eux-mêmes et dominateurs.

Le calendrier républicain montre bien que la révolution a été faite par des idéologues vivant dans des salons feutrés, plus impatients de hâter la déchristianisation de la France, que soucieux d’améliorer les conditions de vie et de travail des paysans, des artisans, et des manufacturiers.

En effet, le changement de calendrier, la semaine de 10 jours, et la suppression des fêtes religieuses, a représenté pour tous les travailleurs une diminution considérable de leur nombre de jours de repos, supérieure à 40 %.

Depuis la Révolution française, ceux dont le temps de travail a le moins diminué, sont les paysans, ceux dont les congés longue durée n’ont jamais existé, sont les paysans.

Les paysans, qui ont fait la France, appartiennent depuis des siècles à la classe sociale oubliée. Alors qu’ils sont de moins en moins nombreux, leur survie intéresse moins que celle des loups. Leur travail vital pour le pays est souvent méprisé, quand il n’est pas saboté et saccagé par des rave parties sauvages.

Part des agriculteurs, 27 % en 1950, 7 % en 1982 et 1,5 % en 2019

Si les paysans sont les grands oubliés, c’est tout simplement parce qu’on ne les voit pas. En France, comme presque tout se passe à Paris, on pense qu’il n’y a rien autour. Et on finit par croire que les supermarchés, ça se remplit tout seul la nuit, sous l’effet du saint esprit.

Qu’ils votent à droite ou à gauche, les paysans sont des conservateurs nés, non pas parce qu’ils sont réactionnaires ou rétrogrades, mais parce que leur fierté et leur honneur est de se montrer dignes de ce que leur ont transmis leurs ancêtres, de conserver ce qu’ils ont reçu en héritage. Ils sont modérés, parce que la nature leur a appris à la respecter, et à surtout ne pas la brutaliser. Après un demi-siècle, les anciens qui sont toujours en vie peuvent témoigner à quelles catastrophes écologiques ont conduit les excès des remembrements.

La stabilité du corps électoral a longtemps été telle en France, qu’elle a permis de faire élire dans des circonscriptions des candidats parachutés parfaitement inconnus, sous réserve qu’ils se présentaient sous la bonne étiquette.

Pour que, les électeurs qui gardent les valeurs du monde rural dans lequel ils ont toujours vécu, modifient leur vote il faut qu’ils aient perdu l’estime qu’ils avaient pour ceux à qui ils faisaient traditionnellement confiance.

Ariège, le département qui avait le plus voté à gauche en 1974 et en 1995

Les archives des résultats électoraux de toutes les communes de France, de 2002 à 2024, sont en ligne. On peut donc étudier l’évolution du vote des électeurs avec beaucoup de précision.

L’étude de l’évolution des votes dans 4 départements très éloignés les uns des autres par leur histoire et leur géographie, suffit à noter, et souvent à comprendre, le sens politique et économique des changements constatés.

Aux élections présidentielles de 2002, l’Ariège était encore un des départements votant majoritairement pour des candidats de gauche dès le premier tour, à 52,77 %, soit 23 % de plus que la moyenne nationale, tandis que le FN obtenait 10 % de moins que la moyenne nationale.

On peut écrire encore, parce qu’au second tour des élections présidentielles de 1974, c’est en Ariège que François MITTERRAND avait obtenu son record national avec 63,65 % des suffrages exprimés, par rapport à 49,34 % en France, soit 29 % de plus que la moyenne nationale, et qu’en 1995 encore, Lionel JOSPIN y avait remporté, au second tour des présidentielles, 60 % des suffrages, contre une moyenne nationale de 47 %, soit 28 % de plus que la moyenne nationale. L’Ariège a donc été longtemps ce que les chroniqueurs politiques appellent un très solide bastion de gauche.

Aux élections présidentielles de 2022, l’Ariège était encore un département penchant à gauche, mais au premier tour le RN a obtenu 3 % de plus que la moyenne nationale.

Aux élections européennes de 2024, l’Ariège a encore voté plus à gauche que la moyenne nationale, plus 12 %, mais le département a aussi voté plus RN que la moyenne nationale, plus 3 %.

Aux élections législatives de juillet 2024, consécutives à la dissolution de l’Assemblée nationale, dans les deux circonscriptions, les deux candidats RN ont été battus, mais tout indique que cela sera probablement la dernière fois.

Lorsqu’on compare l’Ariège, bastion de gauche, à l’Aveyron, le Finistère et la Vendée, longtemps bastions de la droite et de la démocratie chrétienne, on constate que c’est dans le département de gauche que le RN a le plus progressé ses 20 dernières années.

La controverse autour d’un soutien de François MITTERRAND au Front national en 1984, permet, à ceux qui ont cautionné les manipulations antiracistes cyniques du président socialiste, de se dédouaner à bon compte de leurs responsabilités et de leur aveuglement.

Alors que dès 1984, n’importe quel observateur attentif pouvait vérifier, que nombre des nouveaux électeurs du FN, étaient d’anciens électeurs du PCF, la majorité des responsables des partis de gauche, les dirigeants du Parti communiste les tous premiers, continuent à vouloir nier les évidences.

Présidentielles : en 50 ans, diminution par 10 du vote PC et multiplication par plus de 30 du vote FN-RN

Installation en 50 ans du vote FN-RN aux élections européennes (EURO) et présidentielles (PR)

En 2022, au second tour des élections présidentielles Marine LE PEN a obtenu plus de 13 millions de voies  

En quarante ans, deux seuls nets reculs du vote FN, en 2007 (-6,5 %) et en 2009 (-3,5 %).

Aveuglés par la rage qu’ils ont d’avoir été abandonnés par leurs électeurs traditionnels, ils refusent toujours de comprendre que ce ne sont pas leurs électeurs qui les ont lâchement quittés, mais eux qui les ont poussés à le faire, à force de rester sourds à leurs demandes et de trahir leurs attentes.

Deux siècles après la Terreur, alors que toutes les horreurs commises sur ordre de la Convention sont aujourd’hui parfaitement documentées, les électeurs qui votent LFI en 2026 restent de fervents admirateurs de ROBESPIERRE, et excusent sans réserve ses crimes au nom de la raison d’État et de la défense de la République en danger de mort.

En janvier 2023, France Culture a mis en ligne une vidéo intitulée : « Génocide vendéen » : histoire d’un concept polémique. Ignorant délibérément toutes les dernières preuves écrites de la volonté génocidaire des dirigeants de la Convention, l’historien Jean-Clément MARTIN, persiste à affirmer qu’on ne peut pas qualifier les massacres de Vendée de génocide, parce que les bleus auraient reçu pour consigne de ne tuer parmi les Vendéens que les brigands. Le professeur MARTIN s’honorerait, à la fin de sa carrière très médiatisée par les républicains, à admettre que cela ne fut honteusement pas le cas, à moins d’imaginer que tous les nouveau-nés tués à la baïonnette, étaient des brigands prodigieusement précoces.

Après l’attaque du Hamas contre Israël en octobre 2023, les dirigeants de LFI ont été les premiers à accuser les Juifs du monde entier d’être complice d’un génocide commis à Gaza par Tsahal, l’armée israélienne.

Il est cocasse de voir les responsables de LFI capables d’instruire en quelques jours le procès en génocide des avions d’Israël, alors qu’après plus de deux siècles ils refusent toujours de condamner ceux qui ont tués des nourrissons, qui n’avaient commis pour crime que celui d’être née d’une mère et d’un père vendéens.

Pour expliquer les révoltes paysannes qui éclatèrent en 1793 dans diverses provinces de France, incapables de comprendre pourquoi la plupart des décrets qu’ils avaient pris pendant plus de 3 ans étaient si mal accueillis dans les campagnes, les élus qui étaient à la tête de la Convention ont accusé les nobles et les prêtres de les avoir fomentées, avec l’aide de puissances étrangères. Ils avaient un tel mépris pour le petit peuple des milieux ruraux qu’ils étaient incapables d’imaginer qu’il puisse avoir eu, seul, l’idée de se rebeller, sans y avoir été incité par des forces contre-révolutionnaires, par les ennemis du peuple.

En 2026, le mépris pour le peuple des dirigeants politiques installés n’a souvent rien à envier à celui des membres de la Convention. Pour expliquer la tardive révolte dans les urnes des électeurs des milieux ruraux, qui votent désormais de plus en plus RN, ils dénoncent les « idées nauséabondes » portées par les partis d’extrême droite depuis la création du FN en 1972.

Parmi les idées condamnées par la gauche et tous les bien-pensants depuis la création de SOS-racisme en 1984, la préférence nationale est celle qui les offusque le plus, alors que c’est précisément celle qui pousse en premier les électeurs à voter RN.

Moins de deux semaines après la dissolution surprise de l’Assemblée nationale, 8 jours avant le premier tour des élections législatives du 30 juin 2024, alors que tous les sondages annonçaient un probable raz de marée des votes RN, la publication dans Le Monde d’un article titré la préférence nationale prônée par le RN, une posture anticonstitutionnelle, venait rappeler aux électeurs combien il était immoral de voter pour des candidats présentés par le parti de Marine LE PEN.

Une fois de plus, le quotidien du soir « de référence » a prétendu écrire une vérité, alors qu’il l’a surtout banalement honteusement tronquée. Car, contrairement à ce que l’intitulé de l’article tend à affirmer, le principe de préférence nationale n’est pas anticonstitutionnel par nature, il a simplement été continûment rejeté par le Conseil constitutionnel tel qu’il est composé depuis 1981.

En 1932, un an avant que HITLER ne devienne Chancelier, quatre ans avant l’arrivée du Front populaire au pouvoir, à la demande de plus en plus pressante des syndicats, la Gauche française a vote des lois de préférence nationale, sans que cela soit condamné pour des raisons morales, ou considéré comme des mesures racistes et/ou xénophobe.

Avant la Seconde Guerre mondiale, aucun responsable politique, qu’il fut de droite ou de gauche, n’aurait eu l’idée, immédiatement jugée incongrue, voire saugrenue, de contester le fait que certains avantages puissent être réservés aux citoyens français, notamment à ceux auxquels la République avait offert le « privilège » d’aller au front.

Après la Seconde Guerre mondiale, jusqu’en 1981, bien qu’il soit resté internationaliste, non seulement le Parti communiste français ne remit jamais en question l’esprit des lois votées en 1932, mais le 24 décembre 1980, la municipalité PCF de Vitry-sur-Seine (94) n’hésita pas à faire détruire au bulldozer l’entrée d’un foyer de travailleurs immigrés, les maliens devenant trop nombreux selon les élus.

En 2026, mêmes les chroniqueurs politiques chevronnés semblent avoir totalement oublié, qu’avant d’arriver à piéger progressivement la droite à partir de 1984, en instrumentalisant cyniquement la morale en politique, François MITTERRAND avait réussi le même exploit avec la gauche communiste, en usant du même stratagème.

Aux élections présidentielles de 1981, le PCF a obtenu pour l’avant dernière fois un résultat à deux chiffres, plus de 15 %. Aux élections présidentielles de 1988 le PCF n’a obtenu pour la première fois qu’un résultat à un chiffre, moins de 7 %, soit une division par plus de deux de son électorat.

Participations en 1981 (1er tour 81 % – 2d 86 %) – en 1984 (57 %) – en 1988 (1er tour 81 % – 2d 84 %)

Les dirigeants du Parti communiste français ne veulent toujours pas admettre qu’ils sont les premiers et presque les seuls responsables de l’effondrement électoral de leur parti, qui est passé de 21,27 % des voix aux élections présidentielles de 1969, à 1,93 % aux élections de 2007, et 2,28 % en 2022. Tandis que le FNRN est passé de 0,74 % des voix en 1974, à 23,15 %.

Le Parti communiste italien, premier parti communiste occidental et deuxième parti politique italien pendant des décennies, a décidé de se dissoudre le 3 février 1991 avant même la fin de l’URSS, le 25 décembre, alors qu’à cette date il comptait toujours 177 députés, 101 sénateurs, 22 députés européens, et qu’il revendiquait encore plus d’un million de militants. Après la chute du Mur de Berlin, dans le contexte politique italien, après le départ d’Enrico BERLINGUER, cette dissolution était devenue inéluctable.

Jusqu’à sa disparition, le PCI a réussi à contenir, en première ligne, les idées fascistes portées par le MSI, le Mouvement social italien, parti explicitement néo-fasciste, créé dès 1946,

Il est cocasse de noter que, jusqu’à sa disparition en 1995, le MSI n’a jamais dépassé 8,7 % des voix, et que ce record fut obtenu en 1972, l’année de la création du FN en France.

Comment le PCI a-t-il réussi à combattre efficacement pendant 50 ans le néofascisme essayant de renaître en Italie, dans le pays d’origine du fascisme, alors que la gauche en général, et le PCF en particulier, échouent à le faire depuis 40 ans en France, dans un pays où il n’a jamais réussi à s’installer ?

En 2026 à leur tour, les dirigeants du Parti socialiste français restent incapables de comprendre qu’ils sont les premiers responsables de l’effondrement électoral de leur parti, les ayant fait passer de 34,10 % au premier tour des élections présidentielles de 1988 à 1,75 % en 2022.

Le PS a perdu ses électeurs les plus fidèles pour les mêmes raisons que le PCF a perdu les siens. Cela ne s’est produit longtemps après pour le PS, que parce ces 2 partis ont eu historiquement, et ont en partie toujours, des électorats socialement et culturellement assez différents.

Jusqu’en 2002, les problèmes d’insécurité et d’immigration chaotique n’affectaient que les couches sociales les plus défavorisées, celles qui avaient voté de 1945 à 1981 massivement pour le PC. Non seulement les dirigeants socialistes se montrèrent incapables de comprendre leur souffrance, de comprendre le sens de leur désaffection pour le vote PC, mais ils commirent l’erreur fatale de leur prêter des mauvaises pensées, qu’ils n’avaient jamais eues.

Ceux qui ont créé en 1984 SOS-racisme, avec la complicité de François MITTERRAND, pensaient avoir trouvé un chemin de facilité imparable pour empêcher la droite la plus bête du monde, d’arriver ou revenir au pouvoir, en la divisant. Jusqu’en 2022, ils pouvaient avoir la faiblesse de croire que leur tour de passe passe perdurerait.

Mais à force d’accuser tous les électeurs du FN-RN de faire le lit du fascisme, voire d’être eux-mêmes fascistes, non seulement ils n’ont pas réussi à les faire changer de vote, mais ils ont fini par montrer à de plus en plus de Français, que ce procès incessant en fascisme, n’était qu’une manœuvre politicienne minable, grossièrement mensongère.

Les accusations collectives, comme les punitions collectives, sont injustes mais surtout contreproductives.

Comment se fait-il qu’en France, le pays qui forme le plus d’experts en psychologie dans le monde, les responsables politiques de la gauche et du centre, qui sont si fiers d’être en première ligne dans la lutte contre les « fachos », ne l’aient toujours pas tous compris ?

Inespéré miracle de lucidité, dans une interview accordée à Libération, le 12 juin 2024, trois jours après les élections européennes, la célèbre metteuse en scène, Ariane MNOUCHKINE, fut une des rares personnalités à rendre la gauche de la culture responsable de la progression continue du vote RN.

Dans l’article intitulé «À quel moment doit-on cesser de faire du théâtre sous un gouvernement RN ?» elle confesse avec humilité sa honte d’avoir été si longtemps méprisante pour les électeurs qui « votaient mal » :

Nous, gens de gauche, nous, gens de culture. On a lâché le peuple, on n’a pas voulu écouter les peurs, les angoisses. . QUAND LES GENS DISAIENT CE QU’ILS VOYAIENT, ON LEUR DISAIT QU’ILS SE TROMPAIENT, QU’ILS NE VOYAIENT PAS CE QU’ILS VOYAIENT. Ce n’était qu’un sentiment trompeur, leur disait-on. Puis, comme ils insistaient, on leur a dit qu’ils étaient des imbéciles, puis, comme ils insistaient de plus belle, on les a traités de salauds. On a insulté un gros tiers de la France par manque d’imagination.

L’imagination, c’est ce qui permet de se mettre à la place de l’Autre. Sans imagination, pas de compassion. Il n’y avait autrefois aucun professeur qui votait FN. Comment se fait-il qu’il y en ait aujourd’hui ?

Son interview clairvoyante aurait pu s’intituler : À quel moment va-t-on arrêter notre cirque antifasciste ?

En 2026, le cirque antifasciste continue malheureusement de plus belle, avec en plus la mort du jeune catholique Quentin DERANQUE, lynché le 12 février 2026 à Lyon, et nazifié après sa mort par toute la gauche inculte, Ségolène ROYAL en tête.

Toujours incapables de comprendre qu’après tant d’efforts de leur part, les votes pour Jean-Marie LE PEN, puis pour Marine LE PEN, n’aient pratiquement jamais cessé d’augmenter, les antifas professionnels à plein temps tiennent à dénoncer aujourd’hui la machine de guerre médiatique et culturelle de Vincent BOLLORÉ, comme principale responsable de la lepénisation des esprits, une haine raciste et xénophobe.

Quand elles viennent de responsables LFI qui n’arrivent plus à cacher leur antisémitisme sous leur antisionisme, ces déclarations apparaissent particulièrement cocasses.

Faire du vote FN-RN et faire de toute alliance avec le RN une honte, a permis à la gauche de faire barrage aux LE PEN, père et fille.

Mais comme pour tous les tours de magie, quand la ficelle devient trop grosse, ils ne fonctionnent plus.

La Haute Loire est-elle devenue une terre fasciste et xénophobe ?

Pendant l’Occupation, les habitants du Chambon-sur-Lignon et des villages avoisinants ont sauvés plus d’un millier de Juifs dont 30 % d’enfants. Un exemple unique à cette échelle, qui a valu à la commune et à sa région la remise d’un diplôme d’honneur par Yad Vashem en 1990.

Pour s’opposer aux mensonges et aux pensées les plus folles proférés par les révolutionnaires, il faut pouvoir faire preuve de beaucoup de clairvoyance, et aussi de beaucoup de courage physique et intellectuel, car depuis 1793, les Français savent que, tenir des propos contrerévolutionnaires, peut mener rapidement à la mort sociale, voire à la mort tout court.

La clairvoyance et le courage ne sont pas innés, ils se cultivent. On constate malheureusement qu’il y a en France de moins en moins de personnes cultivées, capables de résister à la paresse et à la facilité.

Depuis 1968, les chroniqueurs politiques et les journalistes, qui sont censés avertir leurs lecteurs, font de moins en moins d’efforts pour les éclairer sérieusement.

Avant d’arriver au pouvoir en mai 1981, la plupart des futurs ministres socialistes avaient tout bêtement oublié que, pour pouvoir partager les richesses, il fallait d’abord les produire, preuve en est l’existence d’un ministère du Temps libre, dans les trois gouvernements MAUROY I, II, III.

Le jeudi 15 septembre 2022 à l’Assemblée nationale, la députée Sandrine ROUSSEAU a fait sensation en faisant valoir un « droit à la paresse » contre le « parti du travail » supposé représenté par le communiste Fabien ROUSSEL. Les propos tenus dans l’hémicycle par Sandrine ROUSSEAU constituent certainement l’exemple le plus emblématique de l’inconscience caractérisée, qui affecte de plus en plus de responsables politiques en France.

Contrairement à ce que pensent les « experts » qui n’ont pas encore mesuré les conséquences que va avoir l’arrivée massive de l’intelligence artificielle dans leur existence, non seulement l’IA ne va pas leur ouvrir plus grand un droit à la paresse, mais elle va les obliger à travailler plus que jamais leurs dossiers, s’ils ne veulent pas être rapidement complétement dépassés.

Les médecins dilettantes se croient capables de faire un diagnostic et prescrire un traitement adapté, sans avoir examiné avec soin leurs patients, et sans avoir pris le temps de discuter sérieusement avec eux, se fiant juste aux apparences, et au remède qui soigne tout.

Être un chroniqueur politique compétent et clairvoyant nécessite beaucoup de travail et de courage. Courage de dire ce que l’on voit ; et surtout toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit.

Pour expliquer les spectaculaires progrès récents des votes RN, les partis de gauche, LFI en tête, incriminent la « fachosphère » médiatique crée par Vincent BOLLORÉ. Problème, Cnews n’est apparu dans le paysage médiatique français, qu’en 2017, la nouvelle formule d’Europe 1, qu’en 2021, et la nouvelle rédaction du JDD, qu’en 2023. À cette date le vote FN-RN était déjà installé depuis plus de 10 ans, dans toute la France, même et y compris dans la commune du  Chambon sur Lignon, dont les électeurs ne peuvent en aucun cas être accusés d’être soudain devenus fascistes et xénophobes en regardant trop Cnews.

Résultats des élections présidentielles et européennes de Le Chambon sur Lignon (Haute Loire),

entre 2002 et 2024. Pourcentages calculés à partir du nombre d’électeurs inscrits

Évolution des résultats des élections présidentielles en France, en Ardèche et  en Haute Loire,

entre 2002 et 2022. Pourcentages calculés à partir du nombre de suffrages exprimés

Dans le département de la Haute-Loire, on comptait en 1990 plus de 80 attributaires de la médaille de « Justes parmi les nations », décernée par l’État d’Israël, dont 40 dans la seule commune du Chambon-sur-Lignon, 6 à Fay-sur-Lignon, 7 à Mazet-Saint-Voy, et 6 à Tence. On note ainsi que les trois quarts des médailles ont été accordées dans un cercle d’un rayon d’environ 10 kilomètres. On voit dans la liste des Justes de la Haute-Loire, que les habitants de ce village de moins de 3 000 habitants, et des villages voisins les plus proches, ont eu un comportement on ne peut plus exemplaire, face à la barbarie nazie.

Au Chambon-sur-Lignon on compte un nombre record de médaillés par habitant, 100 fois plus que dans toute la France. Ceci explique sans aucun doute pourquoi le village a toujours voté beaucoup moins pour Jean-Marie LE PEN que la moyenne nationale et départementale, et continue à voter moins aujourd’hui pour Marine LE PEN.

Si les habitants du Chambon-sur-Lignon votent très différemment des autres habitants du département, ce n’est pas parce qu’ils ne partagent pas du tout leurs opinions politiques, mais parce qu’ils veulent être les derniers à l’avoir fait, par respect pour leurs ancêtres qui ont fait si bien connaitre le nom de leur village.

En comparant les résultats du Chambon-sur-Lignon avec ceux des communes alentour les plus proches, on note qu’à Mazet-Saint-Voy, à 5,7 kilomètres, les électeurs votent comme au Chambon-sur-Lignon, mais qu’à Fay-sur-Lignon, 14,7 kilomètres, et à Tence, à. 9 Kilomètres, ils votent exactement comme la moyenne du département.

Dans liste des 55 Justes de l’Ardèche le village de Saint-Sauveur-de-Montagut est celui qui compte plus de médaillés, 9 pour 1 000 habitants. En 2022 ils ont voté, eux aussi, comme la moyenne du département.

Il faut souligner que les habitants du Chambon-sur-Lignon n’ont pu effectuer leur exploit humanitaire qu’avec la bienveillance, voire la complicité active de tous les habitants des villages voisins. Il est en effet impossible que les centaines de juifs réfugiés avec des enfants aient pu passer totalement inaperçus.

Accuser les Français d’être des racistes ataviques est donc une infamie.

Les nombreux chroniqueurs politiques qui ont laissé depuis 1984 se répandre l’idée, que le ressort central du vote FN-RN était le racisme, la xénophobie et l’appétence cachée du peuple français pour le fascisme, portent une très lourde responsabilité dans la dégradation actuelle continue et accélérée de la situation économique, sociale, et culturelle de la France.

Les socialistes qui ont instrumentalisé l’antiracisme et l’antifascisme depuis 40 ans, ne savent plus comment arrêter la machine infernale qu’ils ont mise en route, effrayés à l’idée de devoir rendre des comptes à tous ceux qu’ils ont si longtemps abusés. Le jeu stupide auquel ils espéraient toujours gagner, les a conduits là où ils sont électoralement aujourd’hui, et malheureusement a conduit la société française là où elle est.

C’est à dire une société en tension, divisée, désarmée, devenue incapable de faire face au défi du temps.

L’antiracisme et l’antifascisme activé par Jean-Luc MÉLENCHON a tourné au grand guignol et au drame.

Grand guignol de LFI qui a inventé l’antiracisme, racisé, et antisémite. Drame à Lyon où est apparue une nouvelle engeance, un catholique pratiquant national-socialiste.

La campagne antiraciste, lancée par la presse de gauche non communiste contre les communistes, après l’affaire du bulldozer de Vitry-sur-Seine en 1980, et le procès en racisme instruit insidieusement par les socialistes contre le PCF et ses électeurs, ont beaucoup plus affecté le PCF que ce que ses dirigeants eurent la légèreté de le croire longtemps.

Le 9 janvier 1981, alors que l’affaire de Vitry faisait encore scandale, lors d’un meeting organisé avant les élections présidentielles, Georges MARCHAIS, connaissant bien les attentes de son électorat traditionnel, se déclara explicitement favorable à la préférence nationale, et ajouta « il faut stopper l’immigration officielle et clandestine ».

Le 26 avril 1981, le candidat du PCF, Georges MARCHAIS, a obtenu 4 450 000 voix, soit 15,35 % des suffrages exprimés.

Le 26 avril 1988, le candidat du PCF, André LAJOINIE, n’a obtenu que 2 056 000 voix, soit 6,76 %, tandis que le candidat du FN, Jean-Marie LE PEN, obtenait 4 376 000 voix, soit 14,39 %, soit deux fois plus qu’aux élections européennes de 1984.

En 1988, la moitié des électeurs qui avaient voté pour Georges MARCHAIS en 1981 avait compris, en voyant pendant 4 ans les communistes cautionner les leçons de morale de SOS-racisme, que désormais le candidat du PCF ne pouvait plus être leur premier choix.

Lorsque les communistes ont enfin pris pleinement conscience du piège que les socialistes leur avaient tendu, il était déjà trop tard pour essayer de revenir en arrière.

Les ouvriers français n’ont jamais été xénophobes, sous réserve que les étrangers ne veuillent pas leur enseigner et leur imposer la façon dont ils doivent vivre en France, et surtout sous réserve que ceux qui sont à la tête du pays ne leur répètent pas de façon perfide et provocante que les immigrés sont ici chez eux.

Lorsque les communistes l’ont oublié les électeurs le leur ont immédiatement rappelé dans les urnes.

PCF max 28,26 % en 1946 – 2,29 % en 2022 – PCI législatives 18,90 % en 1946 et max 34,40 % en 1976

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Au second tour, François MITTERRAND a ainsi recueilli 45 % des voies et Charles de GAULLE 55 %

 

Comme François BAYROU l’a rappelé en février 2002, « si on pense tous la même chose c’est qu’on ne pense plus rien ». D’où l’importance des débats et de la disputatio.

[Le 20 février 2026, 18 H00, P. C., Notre-Dame de la Rouvière] : Quelle belle histoire !