N° 573 C’est une chose étrange à la fin que le monde

Poème de Louis ARAGON, extrait de Les yeux et la mémoire (1954);                 chant II : Que la vie en vaut la peine.       Chacun des deux premiers vers de ce poème ont été donnés par Jean d’ORMESSON à deux de ses livres.  

Jean BARCIET est né le lundi 11 mai 1936, jour de la Saint Pancrace, à LALANNE, département du Gers. La population est passé par un maximum de 343 habitants en 1821, à 105 habitants en 1936, 62 habitants en 1990, et 134 habitants en 2023.

LALANNE, comme toutes les petites communes de France, vote de plus en plus mal. Voir les résultats des élections présidentielles 2002, et des élections présidentielles de 2022, et les résultats des élections européennes 2004, et des élections européennes en 2024.

Les résultats de 2002 sont cocasses : au premier tour, Jean-Marie Le PEN a eu 20 voix et Jacques CHIRAC 9 voix, mais au second tour Jacques CHIRAC a eu 49 voix (+40) et Jean-Marie LE PEN 19 voix (-1).

 

Je dirai malgré tout que cette vie fut belle

Le dimanche 31 mai, dans une grande propriété, nichée au cœur d’un quartier de Montpellier resté boisé, Jean BARCIET a invité une quarantaine d’amis pour fêter  avec lui ses 90 ans.  Pour leur dire merci, Jean emprunta à Louis ARAGON les vers d’un de ses plus beaux poèmes.  

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C’est une chose étrange à la fin que le monde

Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit

Ces moments de bonheur ces midis d’incendie

La nuit immense et noire aux déchirures blondes

 

Rien n’est si précieux peut-être qu’on le croit

D’autres viennent ils ont le cœur que j’ai moi-même

Ils savent toucher l’herbe et dire je vous aime

Et rêver dans le soir où s’éteignent les voix

 

Il y aura toujours un couple frémissant

Pour qui ce matin-là sera l’aube première

Il y aura toujours l’eau le vent la lumière

Rien ne passe après tout si ce n’est le passant

 

C’est une chose au fond que je ne puis comprendre

Cette peur de mourir que les gens ont chez eux

Comme si ce n’était pas assez merveilleux

Que le ciel un moment nous ait paru si tendre…

 

Malgré tout je vous dis que cette vie fut telle

Qu’à qui voudra m’entendre à qui je parle ici

N’ayant plus sur la lèvre un seul mot que merci

Je dirai malgré tout que cette vie fut belle

Je dirai malgré tout que cette vie fut belle

Je dirai malgré tout que cette vie fut belle

Le mercredi 3 juin, à la fin du déjeuner rituel que tous les adhérents d’ICEO peuvent partager chaque semaine à La Faluche,  Jean BARCIET, a accepté de redire le poème d’ARAGON, pour tous ceux qui n’avaient pas eu le plaisir de l’entendre le déclamer le dimanche en fin d’après-midi.   Objectivement il l’a dit le mercredi aussi bien que le dimanche.

 

C’est une chose étrange à la fin que le monde

Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit

Ces moments de bonheur ces midis d’incendie

La nuit immense et noire aux déchirures blondes

 

 

 

Rien n’est si précieux peut-être qu’on le croit

D’autres viennent ils ont le cœur que j’ai moi-même

Ils savent toucher l’herbe et dire je vous aime

Et rêver dans le soir où s’éteignent les voix

 

 

 

 

Il y aura toujours un couple frémissant

Pour qui ce matin-là sera l’aube première

Il y aura toujours l’eau le vent la lumière

Rien ne passe après tout si ce n’est le passant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est une chose au fond que je ne puis comprendre

Cette peur de mourir que les gens ont chez eux

Comme si ce n’était pas assez merveilleux

Que le ciel un moment nous ait paru si tendre…

 

 

 

 

Malgré tout je vous dis que cette vie fut telle

Qu’à qui voudra m’entendre à qui je parle ici

N’ayant plus sur la lèvre un seul mot que merci

Je dirai malgré tout que cette vie fut belle

 

Comme François BAYROU l’a rappelé en février 2002, « si on pense tous la même chose c’est qu’on ne pense plus rien ». D’où l’importance des débats et de la disputatio.

[Le 24 janvier 2025, 18 H00, P. C., Notre-Dame de la Rouvière] : Quelle belle histoire !