N° 205 Un premier de la classe, que les Européens voudraient oublier.

Il est aujourd’hui facile de comprendre pourquoi.

La gestion de l’arrivée de la pandémie en France et en Italie [ Lire : Quand l’antiracisme devient criminel !], a été pénalisée par des présupposés idéologiques.

On peut affirmer aujourd’hui que c’est dans les pays de l’Europe Occidentale, qui ont le plus tardé à contrôler et à fermer leurs frontières, pour des raisons autant mercantiles qu’idéologiques, que le covid-19 a fait le plus de morts par million d’habitants.

Le classement quotidien des données chiffrées concernant les 187 pays où l’on comptabilise des cas de covid-19, confirme chaque jour un peu plus l’importance qu’a eut la surveillance des frontières. Tous ceux qui refusent  encore d’admettre, ce qui est presque une évidence, sont invités à regarder les tableaux ci-dessous avec attention.

Dans le tableau ci-dessus, classant les pays par  nombre de décès enregistrés, on voit que les 7 premiers du classement, à eux seuls, comptabilisent près de 80 % des décès, alors qu’ils regroupent moins de 9 % de la population mondiale.

Les pays, les plus anciens adhérents de l’Union européenne et les plus peuplés, font partie des 7 premiers. On retrouve les 7 mêmes pays en tête du classement ci-dessous, établi pour le nombre de décès par million d’habitants. Seul l’ordre est modifié pour les États-Unis qui passent de la première à la sixième place.

Dans les deux classements l’Allemagne reste à la septième place. Pourquoi l’Allemagne, qui enregistre plus de cas confirmés (159 999) que la France (122 577), enregistre-t-elle un nombre de décès près de 5  fois inférieur ( 69 contre 332) à celui de la France ? C’est la question rituelle et lancinante que posent les journalistes à tous les épidémiologistes qu’ils croisent sur les plateaux de télévision. La réponse est sensiblement toujours la même, cette différence vient des moyens dont les Allemands disposent, et peuvent rapidement disposer, grâce à leur incomparable puissance technique et industrielle.

Se pose alors une nouvelle question : comment se fait-il que dans l’Union européenne ce soient les pays les plus pauvres qui comptent nettement moins de décès par million d’habitants, notamment la Grèce (11), la Pologne (10), la Bulgarie (6) et la Slovaquie (2) ?  Pandémie au covid-19 la situation dans l’Union européenne et au Royaume-Uni le 20 avril 2020

La réponse à cette question se trouve très probablement au Vietnam, tant les chiffres sont édifiants.

Le 24 avril 2020, 122e sur 187, dans le classement par nombre de cas confirmés (270), le Vietnam  à la chance de faire partie des 30 pays qui ne comptent aucun mort à ce jour. Dans le classement par nombre de décès il se trouve tout à la fin pour de simples raisons alphabétiques, mais dans le classement par nombre de décès par million d’habitants le V de la première lettre de son nom ne fausse plus le classement apparent. De tous les pays comptant zéro décès le Vietnam est le plus peuplé.
Le 1er février, le Vietnam a fermé sa frontière avec la Chine, dès la confirmation du premier cas de covid-19.
La France a beaucoup hésité à prendre les mêmes  mesures que le Vietnam.  On peut voir que la différence de réaction, qui peut être estimée à une quarantaine de jours, peut expliquer, à elle seule, la cause du drame que vit la France, au côté de tous les pays qui ont trop tardé à cesser leurs échanges avec la Chine.

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L’article publié dans La Dépêche explique tout cela. (lire ci-dessous)  

Pas un seul décès lié au Covid-19 dans un pays de 98 millions d’habitants, qui plus est frontalier avec la Chine : le cas du Vietnam détonne. Le pays a mis en place des mesures particulières pour contenir la propagation du virus.

Plus de 98 millions d’habitants, quelque 268 cas déclarés, 222 guérisons, et surtout aucun décès. Voilà en quelques chiffres comment se résume la crise sanitaire du Covid-19 au Vietnam. D’autant plus exceptionnel que le pays est frontalier… de la Chine, sur plus de 1 300 kilomètres. Comment le Vietnam est-il parvenu à gérer à ce point la crise sanitaire liée au Covid-19 ?

La première réponse, c’est l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui la donne : “Le pays a répondu très tôt et de manière proactive à l’épidémie, explique Kidong PARK, représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Vietnam, dans les colonnes du quotidien Ouest-France. Dès janvier, un comité de gestion de crise a été mis en place pour coordonner un plan d’action sur l’ensemble du territoire.”

Des mesures particulièrement réactives

Tout a démarré le 1er février dernier : à cette date, soit une semaine après la découverte du premier cas de Covid-19 dans le pays [note ICEO : en France premier décès le 15 février et fermeture partielle des frontières après le 15 mars], le Vietnam ferme sa frontière terrestre avec la Chine, et suspend tous ses vols à destination du pays voisin. Les écoles ont immédiatement fermé, et la population a été tenue de porter un masque dans les espaces publiques. Au début du mois d’avril, les autorités promulguent finalement le confinement, le tout dans une réactivité certaine? “tirée de l’expérience du SRAS” qu’avait subi le pays en 2003. Seules 63 personnes avaient été contaminées.

Le Vietnam s’appuie aussi sur  un traçage tout à fait particulier de la population, et réalise des entretiens auprès des personnes qui présentent des symptômes. La machine se met alors en route : chaque personne détectée comme étant positive au Covid-19 est placée en isolement. Il en va de même pour les personnes ayant été en contact avec le premier malade. Au total, 75 000 personnes ont été placées dans cette “quarantaine préventive” dans des hôtels ou des camps militaires, pour endiguer, au mieux, la circulation du virus.

Pour autant, se pose la question de la véracité de chiffres dans un pays où règne la politique du Parti unique : “Il est possible que quelques cas soient passés sous les radars mais ça reste très marginal“, indique un médecin français qui consulte à Hanoï, cité par Ouest-France. Ce dernier explique pour autant que le pays n’est en rien à l’abri “d’une flambée des cas dans les semaines à venir“.

Robin SERRADEIL

[Le 28 avril 2020, 19 H30, J. B., Paris XIe] : Quel travail magnifique ! M’autorisez-vous à le signaler à nos abonnés ?  Cordialement

[ICEO : Oui, bien sûr, vous pouvez le signaler à vos abonnés. Nous souhaitons évidemment qu’un maximum de gens viennent visiter notre site et, à partir d’un article, en fassent ensuite une exploration plus détaillée. Si vous signalez l’article, dites bien qu’il y en a d’autres à lire aussi ! Et en particulier celui concernant notre campagne pour un trilinguisme souple en Europe.

[Le 28 avril 2020, 9 H00, A. C., Castelnau-le-Lez] : Analyses intéressantes avec maintenant trois mois de recul. La rapidité d’intervention est la clé. Pour ma part je soulignerais deux faits:

– les pays (asiatiques) qui se méfient habituellement de la politique de la Chine étaient sur leurs gardes et ont immédiatement mis œuvre des mesures de protection et de mise en quarantaine;

les pays occidentaux qui sont le plus touchés sont les pays qui accueillent le plus de touristes étrangers (Chinois de plus en plus) à cette époque, avec l’Égypte; les pays de l’Europe du Nord, du centre et de l’Est sont moins concernés; tout le monde aurait dû réagir comme le Vietnam, et c’est moins par manque de moyens (tests, masques…) que par crainte de porter atteinte au tourisme et/ou d’affoler la population; seule la Grèce a eu le courage de le faire, sans doute car elle se sentait très fragile et qu’elle avait déjà mis en place des quartiers d’isolement pour faire face au flux énorme des immigrants.

Ceci dit, le manque de moyens se fait sentir dans un deuxième temps. Espérons que les études médicales sérieuses apporteront des solutions.

[Le 26 avril 2020, 21 H00, P. C., Saint-Julien-de-Concelles] : Une chose qui ne cesse de troubler, comment se fait-il que ce soient le plus souvent d’anciens maoïstes, d’anciens staliniens, des castristes ou des chavistes, qui se montrent les plus fervents promoteurs d’un monde sans frontière ? Le Mur de Berlin, ce n’était pas une frontière pour faire semblant. Les passeports intérieurs cela n’était pas, et ce n’est toujours pas pour favoriser la libre circulation des personnes. Enfin le passeport ethnique attribué aux Juifs en Union soviétique, il était bien établi sur des bases racistes, et/ou raciales, on ne sait plus quoi dire.  Que les anciens bolchéviques veuillent se refaire une vertu est bien compréhensible, on pourrait leur pardonner leur aveuglement, si en changeant  d’idées, ils ne continuaient pas à garder une aussi mauvaise vue de la réalité.

Que tous ceux qui plaident inlassablement pour un monde sans frontière, fassent preuve de cohérence, qu’ils commencent par supprimer le verrou de la porte d’entrée, dans leur maison. À l’heure du coronavirus, tous les écorchés des droits de l’homme devraient arriver facilement à comprendre à quoi servent les gestes barrières.