N° 043 Démocratie représentative, État de droit : massacre à la disqueuse !

Après les zadistes de Notre-Dame-des-Landes, ce sont des “gilets jaunes“, “ultra jaunes“, qui entendent faire la loi.

Après 24 semaines (vingt-quatre) de troubles et de violences, dans presque toutes les grandes villes de France, comment pourrions nous ne pas nous rappeler les articles que nous avons mis en ligne sur le site web d’ICEO, de septembre 2013 à janvier 2018, concernant Notre-Dame-des-Landes.

À la relecture de ces articles, notamment du dernier mis en ligne, on est obligé de saluer la perspicacité des rédacteurs. Sans relire l’intégralité de leurs écrits, on peut juger de leur vision prémonitoire, sur un extrait choisi de l’article mis en ligne le 17 janvier 2018, une heure avant l’annonce de l’abandon du projet par le Premier ministre, Édouard PHILIPPE, titré  : Notre-Dame-des-Landes, défaite de la démocratie et négation de l’État de droit ?

Le chapitre suivant est d’une particulière clairvoyance :

[ – La victoire des zadistes marquera rien moins que la défaite de la démocratie et la négation de l’État de droit.

En renonçant, sous le chantage à la violence, à la réalisation d’un projet qui a reçu continument, durant des années, l’onction du suffrage universel et de la justice, le gouvernement fait de l’État de droit un tigre de papier. En faisant la preuve manifeste de son impuissance, il justifie par avance tous les comportements délictueux, voire criminels, qui ont fait reculer le pouvoir régalien, et qui ne sont jamais sanctionnés.

Tous les terroristes, tous les activistes révolutionnaires, tous les trafiquants, tous les passeurs, tous les voyous auront parfaitement reçu le message.

Dans les démocraties de l’Union européenne, et en France en particulier, la sacralisation de la vie des délinquants ouvre grande la porte à tous les désordres.

Chaque année, au cours de leurs missions, des milliers de policiers sont blessés et plusieurs dizaines le sont gravement, des centaines de pompiers également. Les violences faites aux forces de l’ordre se sont banalisées, elles trouvent toujours et encore des avocats pour les excuser, et même pour les justifier.

L’interdiction qui est faite aux gendarmes et aux CRS de riposter effectivement à hauteur des violences qu’ils subissent, donne aux manifestants professionnels une nette supériorité de moyens et un incomparable avantage psychologique.

Tant que les lanceurs de cocktails Molotow pourront bénéficier de la coupable mansuétude de l’opinion publique, tant que leur vie sera considérée comme plus précieuse que celle des représentants de la loi, faire respecter la loi restera mission presque impossible. Tant que les gouvernements oublieront qu’en démocratie « force doit rester à la loi », l’affichage de leur intransigeance et de leur fermeté, qui fait aujourd’hui sourire, fera malheureusement surement bientôt pleurer. -]

Le 17 janvier 2018, en entendant le premier ministre, Édouard PHILIPPE, justifier l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, au nom de la préservation de la paix civile, comment ne pas penser à Wiston CHURCHILL, s’adressant à Neuville CHAMBERLAIN, de retour de Munich. Alors que le Premier ministre était unanimement félicité par tous le Britanniques, qui croyaient naïvement qu’il venait de sauver la paix, le Premier Lord de l’Amirauté, Wiston CHURCHIL lui déclara avec beaucoup de lucidité : « L’Angleterre a eu le choix entre la guerre et la honte. Elle a choisi la honte, et elle aura la guerre »

Je fais ce que j’ai dit” assurait encore Emmanuel MACRON fin décembre 2017 sur France 2. Et d’ajouter, sans doute à l’attention de ses prédécesseurs, qu’un président de la République qui respecte ses engagements “Ça fait peut-être longtemps que ce n’était pas arrivé“. Une affirmation qui, après l’annonce par Édouard PHILIPPE  le mercredi 17 janvier, de l’abandon du projet d’aéroport Notre-Dame-des-Landes, a eu justement de quoi faire sourire ses prédécesseurs.

Pendant sa campagne présidentielle, le candidat d’ En Marche! s’était en effet engagé à lancer la construction de cette plateforme aéroportuaire près de Nantes. D’abord sur le plateau de Médiapart en novembre 2016 où il soulignait la primauté de la consultation locale qui a vu le “oui” à l’aéroport l’emporter avec 55,17% des suffrages, fin juin 2016. Et de compléter son argumentaire dans l'”Émission politique” sur France 2, début avril 2017 où Emmanuel MACRON avait tenu des propos sans ambiguïté : “Il y a eu un vote. Mon souhait, très clairement, c’est de le respecter ! Donc de le faire” promettait-il alors,

Le Premier ministre a fait valoir qu’il acceptait de porter la honte du reniement des promesses du Président de la République au nom de la sagesse, de la raison et de l’esprit de paix. Comme Neuville CHAMBERLAIN, en son temps, Édouard PHILIPPE a reçu le soutien massif de ses concitoyens (80 % de la population française).

Ce que les Français n’avaient pas vu, ou plus exactement n’ont pas voulu voir, c’est que le lâche abandon du gouvernement ne s’était pas d’abord fait pour les motifs invoqués, mais pour des raisons trivialement politiciennes. L’abandon de Notre-Dame-des-Landes était le prix qu’il fallait payer pour que Nicolas HULOT, qui avait tant hésité à rejoindre Emmanuel MACRON, reste au gouvernement.

Au cours du débat organisé à l’Élysée lundi 18 mars 2019 au soir, avec 64 intellectuels, Emmanuel MACRON a fermement condamné les “Gilets jaunes les plus radicaux” et déclaré ferme et martial : « On ne peut pas s’arrêter à la tyrannie d’une irréductible minorité ».

Il aurait dû très honnêtement dire : « On ne peut plus s’arrêter à la tyrannie d’une irréductible minorité ».

Car cela fait des décennies que les gouvernements successifs ont pris la mauvaise habitude de céder aux exigences de groupes ultra-minoritaires, lorsque ceux-ci sont suffisamment déterminés et violents.

Le 21 mars, pour commenter les résultats du sondage qu’il a commandé avec Franceinfo à Odoxa Dentsu Consulting, Le Figaro écrit : « L’acte XVIII de la crise des «gilets jaunes» et les réactions de l’exécutif aux débordements de samedi dernier marquent un tournant important pour l’opinion publique, qui, pour 76 %, ne fait pas confiance au ministre de l’Intérieur pour restaurer l’ordre public et éviter pareils débordements à l’avenir.

Et le journal de poursuivre : « Christophe CASTANER, reçoit donc la facture des violences de samedi [16 mars], sur les Champs-Élysées, à Paris ».

Bien sûr, le Ministre de l’Intérieur est comptable en premier chef de l’immense et ininterrompu foutoir qui a régné sur les Champs Élysées durant toute une demi-journée. Mais, au risque de ne rien comprendre à la gravité de la situation, on ne doit pas attribuer la responsabilité de cet incroyable désordre à ce seul ministre, ou/et à ses collaborateurs.

Sur Europe 1, le dimanche 24 mars, après que l’acte XIX se fut passé de façon beaucoup beaucoup moins chaotique que celui du samedi d’avant, le secrétaire d ‘État auprès du ministre de l’Éducation nationale, en charge de la jeunesse, Gabriel ATTAL, a cru pouvoir déclarer, sans faire pouffer de rire les journalistes : “Hier, c’était une démonstration claire qu’avec des consignes claires sur toute la ligne de hiérarchie, on arrive à concilier dans notre pays le droit à manifester et la sécurité“.

En prononçant ces mots, il croyait naïvement pouvoir duper les auditeurs, en accréditant la version officielle préparée par la cellule de communication du gouvernement, version qui veut que le chaos du samedi 16 mars, ne soit imputable qu’à la faillite de la chaine de commandement du ministère de l’Intérieur.

Face à un  un 1er –Mai à hauts risques, à Paris, le député LREM, Jean-Michel FAUVERGE par ailleurs ancien patron du RAID, a déclaré la veille de la fête du travail, sur le plateau de C à Vous, sur France 5 : « La République doit pouvoir se défendre» et « Il faut oublier l’affaire Malik OUSSEKINE ! ».

Ces propos ont fait immédiatement bondir Alexis CORBIÈRE, député de la France insoumise : « Rien ne justifie qu’un être humain meure sous des coups de matraques. L’oublier c’est trahir la dure mission qui vous est confiée ».

Rien ne justifie qu’un être humain meurt (sic) sous des coups de matraques.

Vous avez raison monsieur le professeur CORBIÈRES : Rien ne justifie qu’un être humain meure sous des coups de matraques.

Mêmes mots du côté de Dominique SOPO, le président de SOS Racisme, qui a fait part de son « envie de vomir ». « Cette phrase du nouveau monde se traduit ainsi dans l’ancien : On ne va quand même pas s’emmerder à prendre des précautions en matière de maintien de l’ordre à cause d’un Arabe battu à mort par 2 policiers. », a-t-il cinglé.

Depuis 1986, les policiers sont devenus des êtres humains à part, dont la mort en vient à être explicitement souhaitée : « suicidez-vous ! ».

Rappelons avec force que :Tant que les lanceurs de cocktails Molotow, de pavés, de boules de pétanque, pourront bénéficier de la mansuétude d’une partie importante de l’opinion publique, tant que leur vie sera considérée comme plus précieuse que celle des représentants de la loi, que celle des pompiers, des infirmières et des médecins de quartier, faire respecter la loi et la démocratie restera mission impossible.

Le chirurgien qui retarde trop l’amputation d’un malade, le condamne à mourir de gangrène, le gouvernement qui hésite longuement à réprimer un peu, se condamne à devoir réprimer beaucoup.

Les fous incendiaires qui conduisent délibérément à une grande misère, des gens qui sont souvent plus pauvres qu’eux, sont de faux révolutionnaires mais de vrais salauds.

N° 041 Champs Élysées acte 18 : vite un carton rouge pour ces “gilets jaunes” là.

Ne rien dire ce serait cautionner !

[Le 1er mai 2019, 13 H010, M. L., Avignon] :

Si la violence révolutionnaire doit être bannie, sommes-nous condamnés à la passivité et à une lâche acceptation de l’ordre établi ? En partant du constat que tout pouvoir repose en grande partie sur le consentement des sujets, ne peut-on pas élaborer une stratégie révolutionnaire non-violente, fondée sur le refus de collaborer avec les institutions génératrices d’injustice ?

Cinquante ans après Mai 68, la résurgence et l’itinéraire de la violence révolutionnaire d’extrême gauche interroge.