N° 557 L’Union européenne et la Russie ne peuvent pas espérer faire continent à part. 

Les Français et les Allemands ont mis 75 ans pour comprendre que la meilleure façon d’assurer leur sécurité n’était pas de se sur-armer. Ils pourraient aviser Alla POEDIE, qui a l’Ukraine dans les veines.

Au moment de l’effondrement de l’URSS, Alla POEDIE, née en 1968 à Kiev, a décidé de venir en France. Arrivée en 1990, elle a poursuivi ses études supérieures en s’inscrivant en droit à l’Université catholique de Lyon.

En 2012, devenue lyonnaise de tout cœur, elle a publié le premier guide de la capitale des Gaules en langue russe, destiné aux visiteurs russophones et destiné à mettre en valeur les richesses gastronomiques, architecturales et culturelles de la ville.

Dès l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe en février 2022, elle s’est engagée dans les médias pour faire connaître son pays natal, et pour devenir une porte-parole enflammée du gouvernement ukrainien.

Non seulement elle a largement relayé tous les discours et tous les arguments du président Volodymyr ZELENSKY, mais elle a aussi développé sur la chaîne LCI, dont elle est vite devenue une consultante régulière, ses analyses personnelles et ses prévisions hasardeuses sur l’évolution de la situation militaire.

Il y a plusieurs mois, elle a créé sur youtube son propre site : ALLA POEDIE « Sans FILTRES ».

On peut ainsi retrouver la plupart des vidéos qu’elle a mis en ligne.

Malheureusement pour les Ukrainiens, le visionnage des plus anciens enregistrements d’Alla POEDIE montre que rien de ce qu’elle annonçait comme imminent ne s’est produit comme elle l’espérait.

La vidéo mise en ligne le 24 octobre 2024 était intitulée : les réserves russes s’épuisent, la fin est pour 2025.

En Ukraine, pas paix, ni même un simple cessez-le-feu en 2025.

Depuis bientôt 4 ans Alla POEDIE croit à l’effondrement brusque de l’armée et de l’économie russe.

Sans être aussi optimistes, de nombreux chroniqueurs européens, refusent toujours d’admettre que l’espoir d’une prochaine défaite de la Russie devient de plus en plus illusoire.

Paradoxalement, c’est aux États-Unis qu’on trouve aujourd’hui le plus de personnalités qui invitent les Ukrainiens à accepter rapidement de faire des concessions à la Russie sous peine de n’avoir plus rien à concéder.

Ce paradoxe n’est en fait qu’apparent. Si les Américains, contrairement aux Européens, souhaitent désormais mettre un terme au plus vite à leur engagement en Ukraine, c’est simplement pour pouvoir réaliser leurs gains à temps, et non pas, parce Donald TRUMP serait tenu par les Russes, comme se plaisent à le répéter en boucle les « experts bien informés »,

Il aura fallu que Donald TRUMP parle crûment aux Européens, qu’il leur mette les points sur les i, pour qu’ils comprennent enfin que les États-Unis, comme tous les suzerains, n’ont ni amis ni alliés, qu’ils n’ont que des intérêts, et que des vassaux.

Depuis plus de 20 ans, la plupart des journalistes français semblent avoir oublié que leur profession a pour seule mission d’éclairer les lecteurs, de leur livrer les faits tels qu’ils sont, et non de leur décrire un monde tel qu’ils voudraient qu’il soit.

Depuis l’élection de Barack OBAMA, et plus encore après la première élection de Donald TRUMP, les journalistes se sont crus investis d’une haute mission, faire élire les candidats représentant le camp du bien, par tous les moyens.

Après une élection dont les résultats ont été longuement contestés, Joe BIDEN a occupé la Maison Blanche du 20 janvier 2021 au 20 janvier 2025. Durant 4 ans, le 46e président des États-Unis a donné tant de signes de l’aggravation de ses troubles mentaux que les démocrates, contraints et forcés, ont été obligés de l’empêcher de se représenter pour un second mandat.

Depuis le 29 février 2020, le jour où Donald TRUMP a affublé son concurrent du surnom de « sleepy Joe » pour la première fois, tous les journalistes du monde entier pouvaient comprendre, en consultant internet, que Joe BIDEN avait de très sérieux moments d’absences.

Jusqu’en juillet 2024, bien que les propos insensés du président BIDEN se soient multipliés durant les 4 ans de sa présidence, les correspondants français aux États-Unis ne les relevaient pratiquement pas, du moins sans jamais oublier de les minimiser, voire de les excuser.

Le 23 septembre 2025, lors de la 80e Assemblée générale des Nations unies, le président Donald J. TRUMP a affirmé au cours de son intervention : « Cette guerre n’aurait jamais commencé si j’avais été président. C’était une guerre qui n’aurait jamais dû avoir lieu. Cela illustre ce qu’est le leadership, ce qu’un mauvais leadership peut faire à un pays. »

Contrairement aux Européens, Donald TRUMP connaît parfaitement les dessous troubles du conflit ukrainien. Il sait comment l’administration démocrate d’OBAMA et celle de BIDEN ont manœuvré pour pousser la Russie à la faute.

En décembre 2025, il est dommage que les Européens ne veuillent toujours pas comprendre pourquoi les Américains souhaitent abandonner totalement et si rapidement la politique de Joe BIDEN. Il est surtout triste qu’ils reprochent à Donald TRUMP de vouloir faire la paix à tout prix, sur le dos des Ukrainiens, tandis que, eux, se montrent si déterminés à faire la guerre à la Russie quoi qu’il en coûte, aux Ukrainiens.

En France, depuis 20 ans, les médias ont accumulé les déboires en matière de prévisions et d’analyses, que ce soit au niveau national ou international.

En mai 2005, le référendum sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe, fut rejeté par près de 55 % des électeurs alors que l’immense majorité des chroniqueurs politiques, et certains sondages annonçaient encore son adoption quelques jours avant le vote.

En juin 2016, lors du référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne, les électeurs votèrent à près de 52 % pour le « brexit » à la stupéfaction de presque tous les observateurs français.

En novembre 2016, l’élection de Donald TRUMP n’avait pas du tout été prévue par les sondages. La surprise de l’arrivée du magnat de l’immobilier à la tête des États-Unis fit l’effet d’une bombe.

Deux mois et demi avant les 47e élections présidentielles, le 19 août 2024 sur France inter, trois « experts » français expliquaient « doctement » pourquoi Donald TRUMP ne serait probablement pas élu une seconde fois :

Kamala HARRIS « a des chances » d’être élue à la Maison blanche, estime Ludivine GILLI, directrice de l’Observatoire de l’Amérique du Nord à la Fondation Jean JAURÉS. « Il reste encore du temps avant l’élection. La dynamique enclenchée est du côté démocrate », ajoute la chercheuse. Il y a un mois à peine, le parti s’attendait à investir sans passion le président octogénaire, embourbé dans les sondages. Mais voilà qu’après le retrait de Joe BIDEN le 21 juillet, les démocrates se prennent à rêver à nouveau d’une victoire avec leur candidate de 59 ans face à Donald TRUMP.

« Aujourd’hui, il y a une bascule dans l’opinion américaine, au profit de la candidate Kamala HARRIS et des démocrates », poursuit Thomas SNÉGAROFF, historien et spécialiste des États-Unis. « Il y a de l’enthousiasme »pour la candidate Kamala HARRIS « que l’on n’a pas vu depuis OBAMA », constate de son côté Fred HOFFMAN, porte-parole des« Democrats abroad France ». « Elle est dynamique, elle attire les jeunes, et les femmes. »

Une fois de plus, dans la crise ukrainienne, les Européens se sont laissés entrainer par les Américains dans une guerre qui les dépassait, avant même qu’elle commence, une guerre stupide et ruineuse dont ils ne savent plus aujourd’hui comment sortir.

Le pire est que Friedrich MERZ, non seulement ne se montre pas très pressé de trouver une paix rapide avec la Russie, comme le passé de l’Allemagne devrait l’inciter à le faire, mais en entendant ses déclarations d’intention, on peut redouter qu’il devienne, en toute inconscience, un nouveau chancelier qui mène l’Europe à la guerre.

Les Allemands n’ont pas été associés aux accords qui ont mis fin à la guerre froide, mais ils ont été les premiers avertis de leur contenu, car les premiers à pouvoir toucher les dividendes de la paix.

Les engagements pris par Mikhaïl GORBATCHEV, au nom de l’Union soviétique, ont tous été tenus par la Russie présidée par Boris ELSTINE. L’évacuation de tout ce qui restait de l’Armée rouge dans l’Est de l’Allemagne fut même terminée avant la fin de l’été 1994, moins de 3 ans après la fin de l’Union soviétique, le 25 décembre 1991.

Depuis février 2022, on peut entendre et on peut lire en Europe que les Occidentaux n’avaient pris de leur côté aucun engagement auprès de Mikhaïl GORBATCHEV, notamment celui de ne pas étendre l’OTAN à l’Est après la réunification de l’Allemagne.

Ceci signifierait, si tel était le cas, que le président de l’Union soviétique avait accepté la réunification expresse de l’Allemagne, SANS AUCUNE CONTREPARTIE.

Bien évidemment il n’en fut rien. Et tous les va-t-en-guerre en Allemagne qui prétendent aujourd’hui le contraire, sont non seulement malhonnêtes, mais surtout indignes. Ils salissent par leurs propos et leurs écrits la mémoire d’un homme, qu’ils font passer pour un imbécile, alors qu’ils lui doivent tant, rien moins que la paix et la réunification expresse de leur pays.

Mikhaïl GORBATCHEV, restera dans l’histoire, celui qui le premier montra l’exemple, et trouva un chemin inédit vers la paix. Quelle plus belle preuve de son intelligence !

Depuis 4 ans, par facilité et/ou par ignorance, la plupart des chroniqueurs tiennent à attribuer aux chefs d’États des pays impliqués dans le conflit ukrainien une responsabilité unipersonnelle. Ceci leur permet de filer des explications simples, souvent simplistes, du déroulement des évènements. Ceci leur permet surtout d’éviter de s’interroger sur les raisons pour lesquelles ils se sont si souvent trompés.

Le pire est que Friedrich MERZ, non seulement ne se montre pas très pressé de trouver une paix rapide avec la Russie, comme le passé de l’Allemagne devrait l’inciter à le faire, mais en entendant ses déclarations d’intention, on peut redouter qu’il devienne, en toute inconscience, un nouveau chancelier qui mène l’Europe à la guerre.

Les Allemands n’ont pas été associés aux accords qui ont mis fin à la guerre froide, mais ils ont été les premiers avertis de leur contenu, car les premiers à pouvoir toucher les dividendes de la paix.

Les engagements pris par Mikhaïl GORBATCHEV, au nom de l’Union soviétique, ont tous été tenus par la Russie présidée par Boris ELSTINE. L’évacuation de tout ce qui restait de l’Armée rouge dans l’Est de l’Allemagne fut même terminée avant la fin de l’été 1994, moins de 3 ans après la fin de l’Union soviétique, le 25 décembre 1991.

Depuis février 2022, on peut entendre et on peut lire en Europe que les Occidentaux n’avaient pris de leur côté aucun engagement auprès de Mikhaïl GORBATCHEV, notamment celui de ne pas étendre l’OTAN à l’Est après la réunification de l’Allemagne.

Ceci signifierait, si tel était le cas, que le président de l’Union soviétique avait accepté la réunification expresse de l’Allemagne, SANS AUCUNE CONTREPARTIE.

Bien évidemment il n’en fut rien. Et tous les va-t-en-guerre en Allemagne qui prétendent aujourd’hui le contraire, sont non seulement malhonnêtes, mais surtout indignes. Ils salissent par leurs propos et leurs écrits la mémoire d’un homme, qu’ils font passer pour un imbécile, alors qu’ils lui doivent tant, rien moins que la paix et la réunification expresse de leur pays ?

Mikhaïl GORBATCHEV, restera dans l’histoire, celui qui le premier montra l’exemple, et trouva un chemin inédit vers la paix. Quelle plus belle preuve de son intelligence !

Depuis 4 ans, par facilité et/ou par ignorance, la plupart des chroniqueurs tiennent à attribuer aux chefs d’États des pays impliqués dans le conflit ukrainien une responsabilité unipersonnelle. Ceci leur permet de filer des explications simples, souvent simplistes, du déroulement des évènements. Ceci leur permet surtout d’éviter de s’interroger sur les raisons pour lesquelles ils se sont si souvent trompés.

Les bons historiens savent que la reductio ad Hitlerum est un raccourci indigent, insuffisant, même pour expliquer l’arrivée du nazisme en Allemagne.

Comment croire que la disparition du « dictateur » POUTINE permettrait, à elle seule, de mettre un terme rapidement à la guerre en Ukraine ?

Comment croire que, sans le « voyou » TRUMP, l’attitude des États-Unis vis à vis de l’Europe deviendrait différente de ce qu’elle est avec lui ?

La réduction, de la politique de la Russie à la volonté de Vladimir POUTINE, et celle des États-Unis au bon vouloir de Donald TRUMP, constitue probablement le principal obstacle à la compréhension et à la résolution de la crise ukrainienne.

En mai 2025, on a appris que le chancelier MERZ voulait faire de l’armée allemande « la plus puissante d’Europe ». 

En novembre, on apprenait sur LCI, que les Allemands redoutaient une guerre Russie-OTAN « dès 2028 ».

Enfin, le 18 décembre, LCI rapportait que le chancelier allemand venait de déclarer l’Europe prête à « riposter » face à Moscou.

Le 20 décembre, le professeur Jeffrey SACHS a adressé une lettre ouverte au chancelier Friedrich MERZ : « La sécurité est indivisible — et l’histoire compte ».

Le professeur Jeffrey SACHS présente sa lettre au professeur Glenn DIESEN

On peut, ci-dessus, écouter la lecture de la lettre, ou la lire soi-même ci-dessous,

Si Jeffrey SACHS ne vous a pas convaincu, quelques rappels utiles

1° Des milliers de vies et trois ans de perdus

Le 16 novembre 2022, à l’heure où aucun des « experts » occidentaux ne doutait encore qu’avec l’aide de l’OTAN, Kiev pourrait arriver à reprendre tout ou partie du Donbass, les propos du général Mark MILLEY, chef d’État-Major des armées des États-Unis de 2019 à 2023 firent forte sensation. Il déclara en effet que l’Ukraine devait profiter de sa bonne position [relative] pour entamer des discussions avec la Russie, en précisant que, bien que les lignes de front se soient stabilisées, la probabilité de chasser les Russes de toute l’Ukraine était peu élevée.

Le 21 novembre 2024, deux semaines après la seconde élection de Donald TRUMP, dans The American conservative, on pouvait lire un article intitulé : Ukraine Should Have Heeded MILLEY’s Warning[L’Ukraine aurait dû tenir compte de l’avertissement de MILLEY] et sous-titré : Kiev should have seized the opportunity at the end of 2022 – [Kiev aurait dû saisir l’opportunité fin 2022]

Le jour où les premiers missiles anti-navires américains lancés depuis l’Ukraine ont atterri en Russie, un autre événement, discret mais d’une importance capitale, s’est produit. Un sondage Gallup a révélé que, pour la première fois depuis le début du conflit, une majorité d’Ukrainiens souhaitent négocier avec la Russie pour y mettre fin.

Parmi eux, une part importante est favorable à la cession de territoire à la Russie. « Une part non négligeable des Ukrainiens favorables à une négociation pour une fin rapide de la guerre estiment que l’Ukraine devrait être disposée à céder du territoire en échange de la paix. Plus de la moitié de ce groupe (52 %) est d’accord pour que l’Ukraine fasse des concessions territoriales dans le cadre d’un accord de paix, tandis que 38 % sont en désaccord et 10 % ne se prononcent pas », indique Gallup. À titre de comparaison, en 2022, 73 % des Ukrainiens privilégiaient la poursuite des combats jusqu’à la victoire, sans pour autant définir ce qu’est la victoire. Cela a manifestement changé.

Quelle tristesse que les Ukrainiens n’aient pas pu reprendre les négociations dès novembre 2022 !

Quelle tristesse de penser que si les Ukrainiens avaient entendu les conseils du général MILLEY, des milliers de vie d’Ukrainiens et de Russes auraient été préservées, et l’Ukraine aurait alors pu probablement garder les territoires que les Russes n’avaient pas encore conquis, et ceux qu’ils avaient alors dû abandonner.

2° Ukraine : une guerre surprise ?  

Comme François BAYROU l’a rappelé en février 2002, « si on pense tous la même chose c’est qu’on ne pense plus rien ». D’où l’importance des débats et de la disputatio.

[Le 24 janvier 2025, 18 H00, P. C., Notre-Dame de la Rouvière] : Quelle belle histoire !