N° 574 La coopération avec le Mali initiée en 1984 par le professeur Jean CASTEL continue.

Responsable du service des Relations internationales de la Faculté de Pharmacie, puis de celui de l’Université de Montpellier 1 pendant de nombreuses années, le Professeur Jean CASTEL a très très bien œuvré.

Jusqu’à la veille de sa mort en février 2013, Jean CASTEL a initié, géré et suivi un nombre considérable de programmes de coopération scientifique entre les facultés de Pharmacie, de Médecine et de Droit de Montpellier, et leurs homologues dans de nombreux pays, sur presque tous les continents.

Malheureusement, non seulement l’intérêt de son activité internationale fut longtemps contesté avec mépris, mais nombre de ses collègues à la Fac, envieux et jaloux, sont allé jusqu’à l’accuser de s’investir dans la coopération internationale, pour pouvoir faire du tourisme au frais de la République.

Fort heureusement, pour lui et les siens, Jean CASTEL n’eut jamais besoin d’avoir recours à l’argent de la République pour voyager.

Jusqu’à la fin de sa vie, il a apporté une attention toute particulière à la coopération des Universités de Montpellier avec les universités de Bamako, dont la première fut créée en 1966, et fut la seule jusqu’en 2011.

Son attachement à la coopération avec la première université du Mali, tient à ses préoccupations humanistes et à l’amour d’une France généreuse, qu’il avait reçu en héritage de ses parents.

Jean CASTEL avait l’intelligence du cœur, une soif de partage, mais avant tout un grand souci de perspicacité, de cohérence, d’opportunité et d’efficacité.

Né en 1935, il avait connu la folie de la guerre, au côté de son père, grand résistant. Ceci explique pourquoi il était si attaché à la qualité des relations humaines, et la force des liens d’amitié entre les peuples, expression qu’il reprochait aux soviétiques et aux communistes français d’avoir cyniquement dévoyée.

On peut mesurer et saluer aujourd’hui la perspicacité, la clairvoyance, et le sens du discernement, dont il a su toujours faire preuve pour sélectionner les partenaires avec lesquels son laboratoire, ou ceux de ses collègues à Montpellier, ont été amenés à coopérer.

Ainsi, 95 % des doctorants, invités par lui à faire leur thèse à Montpellier, l’ont passée à la grande satisfaction des jurys, et 95 % sont rentrés dans leur pays d’origine pour y occuper des postes importants, et y faire de brillantes carrières.

Si Jean CASTEL était si attaché au fait que les étudiants ne restent pas en France, ce n’était pas parce qu’il était xénophobe et encore moins raciste, c’était pour des raisons de cohérence, et de morale.

Lorsque le numérus clausus fut institué en France en 1971, pour les études en Médecine et en Pharmacie, il fut ainsi un des premiers à en dénoncer la stupidité et l’immoralité. Car pour lui, faire venir des médecins d’Afrique, qui en manque cruellement, pour pallier leur nombre qu’on a délibérément limité, était bien sûr stupide, mais surtout totalement immoral.

Lorsque le doctorant Ousmane DOUMBIA, boursier du gouvernement français, a débarqué au laboratoire de Chimie thérapeutique de la faculté de Pharmacie en octobre 1984, le professeur Henri ORZALESI était doyen de la faculté de Pharmacie depuis 1977. Et il avait de fait confié la responsabilité de son laboratoire à Jean CASTEL, reçu à l’agrégation de Pharmacie en décembre 1979.

Ousmane DOUMBIA passa sa thèse le 17 octobre 1988. Alors qu’il était en France depuis 4 ans, ce jour fut pour lui l’une des rares occasions qu’il eut de discuter avec le doyen ORZALESI. S’il celui qui fut le président du jury de sa thèse, alors encore doyen, n’eut pas beaucoup le temps d’échanger longuement avec lui, Jean CASTEL, son directeur de thèse ne cessa de lui prodiguer des conseils et des encouragements, pour le pousser à passer dès qu’il le pourrait l’agrégation du CAMES.

Malgré tous les drames qu’a traversé le Mali depuis 1988, et toutes les tensions qui existent entre la France et le Mali aujourd’hui, les liens entre anciens doctorants maliens qui ont préparé leur thèse à Montpellier, et leur laboratoire d’accueil n’ont jamais été coupés.

Le dimanche 21 juin 2026, le docteur, désormais agrégé du CAMES, Dominique Patomo ARAMA, devrait arriver à l’aéroport de Fréjorgues, pour venir fêter avec ses amis français, son brillant succès à l’agrégation, et pour discuter avec le doyen de la faculté de Pharmacie, le professeur, Vincent LISOWSKI, et ses collègues, comment faire pour que plus de quarante ans de coopération, puissent se poursuivre.

Dominique Arama vit et travaille à Bamako. Il serait certainement intéressant pour des journalistes français de s’entretenir avec lui durant son séjour à Montpellier, avant son départ le 28 juin.

Jacque MOLÉNAT, consulté, pense qu’une rencontre est possible, et souhaitable.

Ancien secrétaire général de l’Institut de Coopération avec l’Europe Orientale (ICEO), je me tiens à la disposition des journalistes qui souhaiteraient recueillir des informations toutes récentes du Mali, et découvrir l’histoire de la coopération Montpellier-Bamako.

Ci-dessous quelques photos souvenirs permettant de donner un visage à toutes les personnes citées.

Pierre CHEVALLET    Ancien secrétaire général d’ICEO de 1989 à 2019

Site : www.association-iceo.fr.          Courriel : info-iceo@association-iceo.fr

Institut Coopération Europe Orientale.  BP 6063 – Malbosc.  34086 MONTPELLIER Cedex 4 (France)

Tél :  33.467.928.533 et  33.606.678.162

Avril 1986, Ousmane DOUMBIA doctorant malien est en France depuis octobre 1984

Le 17 octobre 1988 Ousmane DOUMBIA devient docteur d’État es sciences pharmaceutiques

En avril 1993, le docteur DOUMBIA poursuit sa découverte de la France profonde

Le 16 janvier 1997, Jean et Solange CASTEL, et Pierre CHEVALLET dînent à Bamako avec Ousmane DOUMBIA

Le 17 janvier 1997, les trois Français sont reçus chez Ousmane et Hawa DOUMBIA

Janvier 1997, le professeur CASTEL pose au bord du Niger à 10 kilomètres de Tomboctou

Janvier 1997, halte à Mopti avant de partir dormir en pays Dogon

Mai 2000, Jean CASTEL et Pierre CHEVALLET de nouveau en mission au Mali

Mai 2000, Pierre CHEVALLET, en compagnie d’Annette de, nouveau en mission au Mali 

Février 2001, le professeur CISSÉ et Ousmane, de retour dans la faculté où ils ont passé leur thèse

En janvier 2002, Ousmane et Hawa DOUMBIA de nouveau de passage en France, dans les Cévennes

En octobre 2003, le professeur DOUMBIA de retour en France, à Palavas avec Solange et Dominique CASTEL

En mars 2008, Ousmane DOUMBIA une nouvelle fois de retour à la Faculté de Pharmacie de Montpellier

En février 2011, l’étudiant chargé de préparer la relève du professeur DOUMBIA, est arrivé depuis 4 mois

En avril 2012, un an avant l’opération Serval, Dominique Patomo ARAMA est serein 

Il n’imagine pas que dans moins d’un an il n’aura plus de bourse pour finir sa thèse

En septembre 2012, Ousmane DOUMBIA vient voir son fils Sory qui a commencé des études à Montpellier

Jean CASTEL est mort le 25 février 2013, le 30 mars son élève, venu de Bamako, était devant sa tombe

Revenu du cimetière, Ousmane court offrir des fleurs à sa « mère en France », la veuve de son maître

Le 20 novembre 2015, Dominique Patomo ARAMMA passe brillamment sa thèse. Contrat rempli !

Le 20 avril 2018, Gwenaël, en mission, invité à dîner au bord du Niger par Dominique et sa femme

En décembre 2023, Le professeur émérite Ousmane DOUMBIA est venu revoir « sa chère » faculté. 

Comme François BAYROU l’a rappelé en février 2002, « si on pense tous la même chose c’est qu’on ne pense plus rien ». D’où l’importance des débats et de la disputatio.

[Le 18 juin 2026, 12 H45, O. D., Bamako] : Chers amis d’ICEO, Comme souhaité, j’accuse bonne réception de l’article N° 574 de la rédaction de ICEO: article écrit avec justesse et fidèle à la réalité des faits. Quelle émotion teintée d’une petite dose de tristesse et de nostalgie! Que peut-on dire de plus du Pr Jean CASTEL ? Un homme d’exception, un visionnaire et un humaniste sincère. Impossible n’existait pas pour Jean car il arrivait à toujours trouver la meilleure solution possible. (Note d’ICEO : Opportunité et efficacité, qualités de Jean CASTEL). Félicitations et bravo à ICEO

Merci à la communauté universitaire et scientifique française en général et montpelliéraine en particulier. Bon courage à nos cadets afin qu’ils puissent porter le flambeau (de la coopération) au plus haut. 

[Le 17 juin 2026, 18 H00, P. C., Notre-Dame de la Rouvière] : Quelle belle histoire !