N° 569 La mort de Lionel JOSPIN affecte de nombreux adhérents d’ICEO

On compte parmi les militants, qui font vivre ICEO depuis plus de 35 ans, nombre d’anciens militants socialistes, évidemment très touchés à l’annonce de la mort de Lionel JOSPIN à l’âge de 88 ans.

Figure centrale de la gauche, Lionel JOSPIN a été Premier ministre de cohabitation entre 1997 et 2002 sous Jacques CHIRAC. Premier secrétaire du Parti socialiste de 1981 à 1988, puis de 1995 à 1997, ministre de l’Éducation nationale de François MITTERRAND entre 1988 et 1992, il a également été candidat à deux reprises à l’élection présidentielle (1995 et 2002).

L’institut de Coopération avec l’Europe Orientale fut créé, à la Faculté de Pharmacie de Montpellier dans le bureau du Professeur Jean CASTEL, le jeudi 14 décembre 1989. À cette date, fort heureusement pour l’avenir d’ICEO, l’ancien responsable des relations internationales de la Faculté de Pharmacie était devenu depuis trois mois responsable du service des relations internationales de l’Université Montpellier I.

Plusieurs des membres fondateurs et des tous premiers adhérents de l’Association, étaient des militants socialistes du courant CERES, en délicatesse avec la direction du parti auquel ils avaient tant et tant donné, pour beaucoup, pendant près de 15 ans.

Militants politiques d’exception, de plus en plus déçus par la politique menée par les socialistes au pouvoir, nombre d’adhérents du PS de l’Hérault en général, et de Montpellier en particulier, trouvèrent en ICEO une association particulièrement adaptée à leur soif de bâtir, pour poursuivre effectivement le combat humaniste, politique, et social de leur vie, par d’autres moyens.

Président fondateur d’ICEO, Jean CASTEL ne fut jamais adhérent ou même simple sympathisant du PS. Mais, démocrate et républicain fervent, digne héritier de son père, le Professeur Pierre CASTEL, ancien grand résistant, il refusait tout sectarisme, et faisait preuve d’une extraordinaire ouverture d’esprit, de clairvoyance, et de réalisme.

Il savait bien sûr que les anciens socialistes, militants du CERES en demi-soldes, étaient nombreux à ICEO, mais il savait aussi que sans eux, dans l’environnement politique de la ville et du département, il était difficile, voire impossible, de lancer, et encore moins de mener, des programmes de coopérations internationales répondant aux ambitions qui avaient été celles de l’Association lors de sa création.

En rupture de ban de plus en plus affichée avec leur parti, non seulement les anciens militants du CERES ne constituèrent pas un handicap pour ICEO, mais grâce aux liens d’estime et parfois d’amitié, qu’ils avaient conservé avec nombre de leurs anciens camarades élus, ils permirent rapidement à l’Association d’être reconnue et subventionnée pour ses seuls mérites.

En 1989 et jusqu’en 2004, le Conseil Régional du Languedoc-Roussillon, qui était alors la seule instance politique à échapper aux socialistes, était dirigée par Jacques BLANC, député UDF.

Sous la présidence de Jean CASTEL, ICEO su faire aussi reconnaître ses mérites par le président de la région, qui accepta de subventionner, la création d’une antenne d’ICEO à Cracovie, Bureau d’échange industriel et commercial ente la région Małopolska et la région Languedoc-Roussillon, et la création de l’Académie du Vin de Cracovie.

Le lendemain des obsèques de Lionel JOSPIN, il est impossible de lui faire des reproches, sous peine d’avoir oublié les us et coutumes qui fondent l’essentiel du savoir-vivre français.

En revanche, tous ceux qui lui doivent énormément peuvent dès aujourd’hui le remercier.

ICEO, doit énormément au Premier secrétaire du PS, car s’il n’avait pas dirigé le Parti socialiste comme il l’a dirigé de 1981 à 1988, il est probable que les militants du CERES, dont beaucoup n’avaient besoin du PS, ni pour vivre ni pour exister, notamment tous les CSP+++ qui ont mis tous leurs talents et leur énergie à son service, seraient restés pour « garder la vieille maison », et ne l’aurait pas presque tous quitté avec Jean-Pierre CHEVÈNEMENT avant 1993.

Livre publié le 1er janvier 1979

En 2026, les anciens militants du CERES de l’Hérault, encore en vie, sont restés très liés, et gardent un merveilleux souvenir de l’époque où ils espéraient participer à la construction d’un grand parti de masse, intelligent et honnête, aux services des Français les plus humbles, pour changer la vie.

Après l’affaire Urba, la probité des dirigeants du PS a été gravement écornée.

Longtemps avant que ce scandale n’éclate au grand jour, les militants du CERES qui étaient membres de la commission fédérale du parti socialiste, et qui voyaient les dirigeants de la fédération opérer de très près, avaient pu comprendre facilement que la fraude électorale, au moins à l’intérieur du parti, était chez eux une seconde nature.

Avec la direction d’Olivier FAURE, on sait qu’après l’honnêteté, l’intelligence a, elle aussi, quitté la vieille maison.

Pour tous ceux qui pourraient douter du niveau d’engagement effectif des militants CERES de l’Hérault, nous rappelons ci-dessous quelques-unes des actions dans lesquelles ils furent tout particulièrement impliqués.

18 mois avant les élections présidentielles de mai 1981,

 le PS utilisait tous prétextes pour faire des meetings.

Octobre 1979,  Narbonne, 50e anniversaire de l’ élection de Léon BLUM [14 avril 1929]

Octobre 1979,  Narbonne, 50e anniversaire de l’ élection de Léon BLUM [14 avril 1929]

4 élus socialistes « délinquants », souriants et confiants 

Octobre 1979, Toulouse, 4 élus devant le tribunal,  Georges SUTRA de GERMA, Raoul BAYROU,

Jean-Pierre VIGNAU, et Gilbert SÉNÈS, accompagnés par Daniel BEDOS  (CERES)

Affaire de la radio libre : Pomarède

« 55eme » anniversaire de la section socialiste de Gignac  

À 18 mois des élections présidentielles, il fallait saisir absolument toutes les occasions d’organiser des rassemblements socialistes. Après la célébration du cinquantième anniversaire de l’élection de Léon BLUM à Narbonne, en octobre 1979, soit avec six mois de retard, les militants du CERES de l’Hérault eurent l’idée baroque de proposer au député maire de Gignac de commémorer le 55ème anniversaire de la création de section socialiste de la petite ville dont il était le principal élu.

Gilbert SÉNÈS accepta immédiatement sous réserve que ce soient les militants du CERES qui s’occupent de l’intégralité de l’organisation, lui étant d’accord pour assumer tout le financement.

L’équipe du CERES de Montpellier, qui était alors particulièrement motivée et dynamique, se mit immédiatement à l’ouvrage.

Fort heureusement personne n’eut l’idée de faire remarquer que fêter 55 ans d’existence pouvait paraître bien curieux. Avoir le plaisir de pouvoir préparer l’élection présidentielle de 1981 en participant à un joyeux dîner républicain emporta rapidement  les réticences des rares récalcitrants.

On peut voir sur les photos que les militants du CERES n’ont économisé leurs efforts ni avant la soirée ni pendant.

Militant CERES.            Militante CERES            Gilbert SÉNÈS               

Militant CERES.            Militante CERES            Militant CERES               

Militante CERES           Compagnon de route du CERES               

Militante CERES       Militant CERES   Militant CERES    Militante CERES            Militant CERES               

Le 15 décembre 1979, 55éme anniversaire de la section socialiste de Gignac

Pierre GUIDONI, un historique du CERES, est venu faire la démonstration de ses dons d’orateurs.

Le premier devoir du militant : comprendre pour faire comprendre

Après le meeting, dîner républicain pour tous les militants présents

Militant CERES       Militante CERES   Militant CERES    Militante CERES                   

Après le dîner, spectacle en occitan donné par Claude ALRENC

Le 1er mai 1981, meeting de François MITTERRAND à Montpellier 

Raoul BAYOU,                                            François MITTERRAND,    Georges FRÊCHE,    Gilbert SÉNÈS

L’idée d’organiser un meeting à Montpellier le vendredi 1er mai, 5 jours après le premier tour et 10 jours avant le second tour des élections présidentielles, revient entièrement aux militants du CERES de Montpellier.

Cette proposition ne fut pas accueillie avec beaucoup d’enthousiasme quand elle fut exposée pour la première fois aux dirigeants de la Fédération du parti socialiste de l’Hérault. En revanche, dès qu’elle fut connue à Paris par les responsables de la campagne, elle fut validée immédiatement.

Une fois encore, ce sont les militants du CERES qui assumèrent le plus gros des responsabilités, notamment pour le service d’ordre.

Un nouveau Premier secrétaire de la Fédération du PS de l’Hérault

Octobre 1981, Adolphe BENHAMOUR passe la main à Yannick LEMASSON

Alors que les Premiers secrétaires des fédérations du PS, qui ont été associés étroitement au système Urba pour nombre d’entre eux, auraient pu, et même dû, être condamnés pour complicité d’extorsion de fonds en bande organisée, le 14 décembre 1997, à l’époque trésorier du PS, Henri EMMANUELLI fut seul condamné à dix-huit mois de prison avec sursis, 30 000 francs d’amende et deux ans de privation de droits civiques.

L’affaire Urba a révélé au grand jour l’attribution de marchés publics par des collectivités territoriales à des entreprises, conditionné par le versement de sommes servant à financer illégalement le Parti socialiste français.

Le système fonctionna de 1973 à 1990.

De façon cocasse, en 2026, les dirigeants du PS, sans gêne, continuent à se montrer extrêmement scandalisés par les affaires de détournements de fonds européens et/ou d’emplois fictifs qui ont touché les partis de leurs adversaires politiques, comme s’ils avaient toujours été, eux, blancs comme neige.

 Le 13 mars 1983, Georges FRÊCHE est réélu maire de Montpellier  

En 1977, aucun CERES dans l’équipe municipale. En 1983, ils sont trois. 

En 1983, trois élus CERES, dont Louis CALMELS, juste derrière Georges FRÊCHE sur la photo.  

 En 1984, à la veille des européennes, Lionel JOSPIN à Fréjorgues   

En mai 1984, à la veille des européennes, Lionel JOSPIN vient en visite à Montpellier   

Le président du Conseil général de l’Hérault accueille Lionel JOSPIN

Membre du service d’ordre (CERES)               –                        Membre du service d’ordre (CERES)

Le 24 juin 1985, venue à Antigone de François MITTERRAND   

Le responsable du service d’ordre (CERES)              

En septembre 1985, Lionel JOSPIN en visite au Château d’O.    

Contrairement à Gérard SAUMADE, Georges FRÊCHE n’est pas enchanté de la venue de Lionel JOSPIN               

6 juin 1987, Lionel JOSPIN  au congrès du PS à Lille    

Membre (CERES) du SO (34 )   Louis MERMAZ    Lionel JOSPIN     Pierre MAUROY                

Membre (CERES) du SO (34 )                Lionel JOSPIN     Jean-Pierre CHEVÈNEMENT  Pierre MAUROY                

8 avril 1988, 1er meeting de François MITTERRAND à Rennes    

Après le meeting du 1er mai 1981 à Montpellier, pour renforcer ses équipes, le SO national du PS fit appel à des membres du SO de l’Hérault remarqués, non pour leurs muscles, mais leur bonne intelligence des situations conflictuelles.

D’octobre 1981 à avril 1988, trois d’entre eux, militants du CERES, furent de tous les congrès, affectés aux services de la protection rapprochée, notamment celle des personnalités étrangères.

Pour les grands meetings, le service d’ordre national mobilisait jusqu’à 150 militants, dont la plupart étaient contraints dans leurs fonctions et dans leurs déplacements. Seuls dix pour cent d’entre eux pouvaient franchir toutes les barrières et avoir accès à tous les espaces.

Sur le badge ci-dessus on note, collé en haut à droite, une petite pastille couleur bordeaux. Ce signe distinctif, on ne peut plus discret, indiquait que le porteur du badge était habilité à circuler totalement librement. Les trois membres du SO national venant de l’Hérault ont pu, grâce à cette petite pastille bordeaux, surprendre des conversations qu’ils n’étaient pas censés pouvoir entendre et encore moins pouvoir comprendre.

Après leur avoir ouvert les oreilles, cette petite pastille leur a permis d’ouvrir les yeux, et de finir par quitter un parti dont les dirigeants méprisaient si ouvertement ceux qu’ils prétendaient défendre.

L’article publié dans Libération le 6 avril 2018, fait dire à une militante très engagée, qui s’est longtemps occupée de la protection rapprochée de responsables du parti, : «Le SO, c’est une école par laquelle devraient passer nos dirigeantsOn est aux prises avec la réalité, on a des vrais jobs, on bosse sur nos vacances, les élus socialistes sont totalement déconnectés.»

En 2026, ils restent toujours aussi déconnectés. En 1991, tous ceux qui avaient déjà quitté le PS l’avaient bien compris.

Premier meeting de campagne de François MITTERRAND lors des élections présidentielles

Le responsable du SO de l’Hérault venu de Montpellier marche trois mètres devant le président

Le responsable du SO (34) prépare à Rennes le meeting du 19 avril à Montpellier  

À Montpellier il ne marchera pas devant le président, il sera responsable de tout le service d’ordre                

19 avril 1988, meeting de François MITTERRAND à Montpellier    

Grâce à la parfaite coordination du service d’ordre de l’Hérault  avec les gendarmes du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), le meeting se déroula sans aucun problème, sauf pour le sénateur du Gard qui refusa de respecter les consignes et  voulu absolument garer sa voiture dans un endroit totalement interdit.

Après 17 ans, libération d’un militant CERES pour bonne conduite    

17 ans au PS

de 1974

à 1991

Comme François BAYROU l’a rappelé en février 2002, « si on pense tous la même chose c’est qu’on ne pense plus rien ». D’où l’importance des débats et de la disputatio.

[Le 30 mars 2026, 16 H 40, J-M. B., Tatbes] : La rétrospective de 2 heures diffusée [ le dimanche 29 mars] sur la 5 sur la décennie JOSPIN comme premier secrétaire dans le 2e épisode extraordinaire   a  fait apparaître un plan sur un certain CHEVALLET Pierre sapé comme jamais ! précédent François MITTERRAND arrivant sous un chapiteau planté derrière le polygone ! excellent plan et excellent souvenir !!!

                                                                                                       ICEO : ce n’était pas à Montpellier, derrière le Polygone, mais le 8 avril 1988 à Rennes.

[Le 27 mars 2026, 17 H25, J. B., Paris] :Merci ! Existe-t-il une amicale des anciens du CERES dont fut membre Me Étienne KLING, conseiller municipal de Neuilly et trésorier de notre association, Carrefour des Acteurs Sociaux ?

Félicitations [à l’ancien] responsable du SO de l’Hérault … que je crois connaître.

[Le 27 mars 2026, 17 H20, J-M. R., Alet-les-Bains] : Je respecte l’homme JOSPIN et son intégrité morale mais je n’oublie quand même pas qu’il fut un lambertiste comme le mégalo et opportuniste MÉLENCHON, ni qu’avec sa reculade sur l’affaire du voile islamique de Creil, c’est lui qui est responsable de l’entrée du militantisme des Frères musulmans dans l’école publique, début de l’effondrement de l’éducation dite nationale. Nous en avons les conséquences calamiteuses que l’on ne peut que constater maintenant sur la fracture de la nation française et la montée du communautarisme islamique qui, au train ou c’est parti, nous conduira à la guerre civile, à moins que ce ne soit à la soumission de la dhimitude si l’esprit défaitiste actuel et l’aveugle veulerie de nos dirigeants politiques perdure.