N° 064 Hommage à Mihai EMINESCU

Quoi de meilleur pour ouvrir cette rubrique « Roumanie » sur le nouveau site d’ICEO, que de le faire par un hommage au grand poète national Mihai EMINESCU ?

Né à Botosani , le 15/01/1850, septième enfant d’une fratrie de onze, mort à 39 ans, à Bucarest le 15/06/1889, Mihai EMINESCU, de son vrai nom Mihai EMINOVICI, est le plus grand et le plus honoré des poètes romantiques roumains.

De 8 à 16 ans il fréquente l’école primaire de Cernăuți, en Bucovine du Nord puis le lycée impérial et Royal de cette ville, devenue Czernowitz sous le régime Austro-Hongrois qui a succédé à la suzeraineté ottomane sur la voïvodie de Moldavie. Elle est maintenant devenue Tchernivtsi depuis que cette région, autrefois majoritairement peuplée de Roumains, a été rattachée à l’Ukraine par le régime stalinien. Dans cette belle région malmenée par l’Histoire, la vocation d’écrivain du jeune Mihai, esprit fervent et d’une grande indépendance morale, avide de connaissances et rapidement pourvu d’une vaste culture qui éblouira tous ses interlocuteurs, se révèle en 1866, l’année de ses 16 ans : il publie son premier poème « De-aș avea » (Si j’avais) à Bucarest dans le magazine littéraire Familia.

Il entame alors une longue série de poèmes et prend le nom de plume d’EMINESCU. Il s’installe peu après à Bucarest où il devient souffleur dans différents théâtres aux troupes renommées, dont celle du dramaturge Iorgu CARAGIALE, puis secrétaire et copiste au Théâtre national. A 19 ans, il est cofondateur du cercle littéraire Orient. Il part alors étudier à Vienne où il sera auditeur à la Faculté de Philosophie et de Droit jusqu’en 1872, puis à Berlin où, esprit boulimique, il suit des cours de philosophie, d’économie politique, de sciences exactes et d’astronomie. Poursuivant en parallèle son activité poétique, il collabore à la revue « Convorbiri literare » (Conversations – ou débats – littéraires), éditée par le club littéraire Junimea (Jeunesse) créé par un groupe de jeunes écrivains et poètes qui deviendront célèbres en Roumanie et dirigé par Iacob NEGRUZZI.

De retour en Roumanie, il est, en 1875, directeur de la Bibliothèque Centrale de Iași, y engageant une action marquante, puis il devient inspecteur scolaire dans les județe (départements) de Iași et Vaslui, ce qui lui donne l’occasion de rencontrer Ion CREANGA, alors instituteur qui deviendra son ami, qu’il fera entrer à Junimea et qui deviendra un grand écrivain. Dans la période 1877 -1878 il devient journaliste au journal Curierul de Iași (Le Courrier de Iași), puis rédacteur au Timpul (Le Temps) grâce à l’appui du recteur de l’Université de Iași, Titu Maiorescu qui est aussi le chef du mouvement littéraire Junimea. En 1881, EMINESCU publie « Luceafarul » (Hypérion), son chef-d’œuvre auquel il a travaillé pendant 9 ans et qui compte 98 strophes de 4 vers.

Mais dans les années 1880, Mihai EMINESCU, épuisé par son intense activité souffre de psychose maniaco-dépressive. Il se fait soigner à Vienne et revient en Roumanie en 1884, mais sa maladie le rattrape en 1887 et le fera souffrir jusqu’à sa mort prématurée en 1889 à l’âge de 39 ans. Ainsi finit la fulgurante et brève trajectoire d’un génie de la poésie romantique roumaine, gloire de son pays.

Son œuvre poétique (38.000 pages manuscrites enregistrées au patrimoine de la Bibliothèque de l’Académie roumaine, est faite de poèmes courts mais aussi d’odes plus longues, telle la plus célèbre, Luceafarul, et d’une série de 5 longues lettres en vers (Scrisoarea I à V).

Sa poésie est belle, très musicale et rythmée, en langue roumaine. Comprenant beaucoup de fulgurances et d’images en termes concis, des mots parfois anciens, elle est difficile à traduire, surtout si, sortant du mot à mot, on veut lui garder le rythme et la musique des vers rimés. Elle a fait l’objet de nombreuses traductions plus ou moins heureuses. Et l’on a alors deux poètes : l’auteur et son interprète. Nous présentons ci-dessous trois poèmes du Maitre, en ayant fait le choix, peut-être contestable, pour rester près du texte original, de n’en pas chercher la rime tout en gardant le ton.

Bonne lecture aux amoureux de poésie dans ce monde de brutes !

JMR

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La place de Mihaï EMINESCU au sein de la poésie roumaine, histoire du pays dans sa chronologie et dans ses péripéties.

Et pour finir et librement traduits pour qu’enfin soit la rime, voici quelques vers d’un poète roumain peu connu, pourtant grand admirateur de Mihai EMINESCU, à qui il aimait rendre hommage.

DILEMMA   (Poèmes roumains de Ion M. PRUVIGHETOARE)

Un poète trop méconnu, librement traduit et mis en rimes par JMR

[Le 12 mai 2019, 23 H45, L. P., Bacau (Roumanie)] : Félicitations pour votre extraordinaire initiative, Monsieur  J. M.  (ICEO). On peut dire ” Voilà un Français qui a un cœur de Roumain”. J’ai eu des larmes aux yeux en lisant votre message.Je me permets d’ajouter à ce que vous avez écrit, la pensée  suivante : “Que diraient les poèmes de Mihai EMINESCU s’il n’avait pas été pas inspiré par “L’ange blond” ?  (Ou comment le poète a aimé Veronica MICLE, elle aussi poétesse  – la femme qui a volé son cœur pour toujours).

Je joins une petite histoire, en bref, de leur vie, mais en roumain (je n’ai pas, en ce moment, du temps pour la traduire)  Merci mille fois et bravo  pour l’hommage.  L’idée  est géniale!”

Cu deosebita consideratie,

Petite histoire, texte roumain et traduction (J. M.) : Le grand amour de Mihai EMINESCU et Veronica MICLE

[Le 19 avril 2019, 17 H20 P. B., Saint Martin de Londres] : Merci beaucoup de cette découverte et bravo à Jean Marie pour son talent.  Amitiés.

[Le 19 avril 2019, 10 H55, A. C., Castelnau-le-Lez] : ,Merci à ICEO pour ce moment hors du temps… Heureuses Pâques à tous!  Cordialement:

[Le 18 avril 2019, 19 H15, P. C., Montpellier] : Avant le 1er janvier 1990, je n’avais jamais entendu le nom d’ EMINESCU. Un grand merci à la jeune roumaine qui ma fait connaître ce grand poète roumain, en m’offrant un recueil des ses poèmes traduits en français.