N° 560 Extrait A – DESCHAMPS président, vive les écoles de formation précoce
Qui a-t-il de plus handicapant pour une nation que l’illettrisme, l’innumérisme et l’inculture de son peuple ? Réponse : l’illettrisme, l’innumérisme et l’inculture de ses dirigeants.
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Les mathématiques constituent la base de l’IA, avec le calcul matriciel et les vecteurs qui représentent les données et les paramètres des modèles. Les opérations d’algèbre linéaire, comme la multiplication et la transposition, servent à ajuster les poids grâce à la rétropropagation et à la descente de gradient. Lire : Les maths dans l’intelligence artificielle expliquées
Fort tristement, nos députés ne semblent pas du tout chercher à s’informer sur l’intelligence artificielle !
Les 2 médaillés belges, Pierre DELIGNE en 1978 et Jean BOURGAIN en 1994, ont effectué une partie importante de leurs travaux de recherche en France, notamment à l’Institut des hautes études scientifiques (IHES), Pierre DELIGNE de 1968 à 1984 et Jean BOURGAIN de 1985 à 1994.
Les médaillés belges et les médaillers français sont donc issus du même moule, de la même école. On voit ainsi que le couple franco-belge a produit autant de médaillers que les États-Unis, dont la population est 4,4 fois plus nombreuse.
Jusqu’en 2022, la France pouvait, à juste titre, considérer qu’elle avait la meilleure école mathématique du monde, malheureusement elle a tous les risques que cette excellence française disparaisse, tant le niveau de recrutement des professeurs de mathématiques s’est effondré, et tant ses meilleurs cerveaux lui sont arrachés.
En 2022, sur le site néoprofs, on pouvait lire avec « attendrissement », les échanges d’internautes réagissant à une proposition : Payer différemment les profs en fonction de la matière enseignée…
Les réponses étaient très majoritairement favorables au maintien de la situation actuelle, au nom du sacro-saint principe d’égalité.
Le bilan de toutes les révolutions dans le monde, dont la Révolution française a servi de modèle, est pour le moins contrasté. Nulle part les promesses de liberté, d’égalité, et de fraternité, n’ont pu être tenues durablement.
Car, les grands penseurs des révolutions ont de graves problèmes, avec les faits, avec le réel, et avec les hommes dont ils veulent changer, de toute force, la nature.
Au nom du principe d’égalité, qui tourne rapidement à l’égalitarisme, ils méconnaissent surtout un principe économique élémentaire éprouvé au cours de l’Histoire : mieux vaut être inégalement riches qu’également pauvres.
La Révolution bourgeoise française, fut une pure escroquerie intellectuelle. Faite au nom du peuple, pour le peuple, elle a conduit à la révolte du peuple, tant elle était ignorante de ses attentes.
Face à la noblesse et au haut clergé, les bourgeois ne supportaient plus l’injustice dont ils se croyaient les premières et les seules victimes. S’ils voulaient prendre le pouvoir ce n’était certainement pas pour le partager avec les gueux.
Dans toutes les révolutions qui se sont inspirées de la Révolution française, on retrouve le même genre de clique, faite d’envieux, d’aigris, de ratés, d’escrocs opportunistes et sanguinaires, présentés par leurs hagiographes comme des chantres de vertu, alors qu’ils ne sont souvent que de vils manipulateurs, psychopathes, qui ont réussi, par la violence, à accaparer le pouvoir, pour ne plus jamais le lâcher.
Il y a 250 villes en France dont une rue porte encore le nom de ROBESPIERRE. En 2022, Paris a décidé de débaptiser la sienne, pour cause de Terreur. Sage mesure des socialistes qui, fiers d’avoir aboli la peine de mort, pouvaient difficilement continuer à honorer un guillotineur aussi patenté.
On note qu’aucune municipalité ne semble avoir baptisé une de ses rues du nom de MARAT. Pourquoi une telle inégalité, alors qu’il fit probablement guillotiner moins de monde que ROBESPIERRE ? On note aussi qu’aucune municipalité ne semble avoir baptisé une de ses rues du nom de Charlotte CORDAY.
La gauche s’est appliquée à dissimuler pendant plus de trente ans l’effondrement du système scolaire français. Aujourd’hui plus personne ne peut nier la réalité : N°463 Illettrisme, baisse du niveau scolaire, montée de la haine, et montée de la violence.
« Nous vivons un moment de bascule. »
À la grande stupéfaction de toutes les personnes qui étaient sur le plateau de télévision, le ministre qui fut chargé de l’agriculture jusqu’en 2012, ne sut pas dire qu’un hectare correspond à la surface d’un carré de 100 mètres de côté, soit 10 000 mètres carrés. En regardant la vidéo de l’enregistrement de cette prestation télévisuelle peu glorieuse, on peut voir que l’intéressé n’a visiblement aucune conscience de l’énormité de sa lacune.
Le scandale n’est pas que Bruno LE MAIRE n’ait pas instantanément rougi de honte pour son manque de culture générale, mais le scandale est, que cette histoire n’ait pas empêché un président de la République de le nommer de 2017 à 2024, ministre des finances, alors qu’il l’avait entendu afficher sa fierté d’avoir « toujours été nul en math ».
Bruno LE MAIRE est né en 1969. Selon ses biographes il a fait de très brillantes études littéraires. Malheureusement pour les Français, savoir gouverner, c’est d’abord savoir compter.
Savoir compter ce n’est pas faire de savants calculs, ou savoir faire de subtiles démonstrations mathématiques.
Savoir compter, cela consiste juste à être capable de faire les calculs élémentaires qui étaient exigés des élèves qui voulaient passer en classe de sixième avant 1956, avant l’année de la suppression de l’examen d’entrée.
Savoir faire une addition, une soustraction, une multiplication, une division, et savoir faire un calcul de produit en croix, ou comme on disait autrefois savoir faire et poser une règle de trois, n’est pas un don réservé aux élèves qui auraient une bosse des maths. La bosse des maths n’existe pas. Par contre, ce qui existe bel et bien, c’est le privilège des enfants issus des milieux les plus favorisés.
De même qu’il ne faut pas qu’un élève soit doué en orthographe pour qu’il sache lire, le fait qu’il soit, ou qu’il se croit, nul en math ne peut justifier qu’il soit incapable d’effectuer rapidement les calculs mentaux les plus élémentaires.
Le calcul mental est une discipline, un sport intellectuel, qui comme tout sport nécessite de nombreuses heures d’entrainement pour ceux qui prétendent y exceller. Depuis l’invention de la calculette, ce dédain pour le calcul mental a fait des ravages. Les progrès de la science et de la technique ne constituent de réels progrès pour l’humanité, que s’ils ne font pas perdre aux humains, par inconséquence et/ou par paresse, les qualités intellectuelles qu’ils avaient mis tant de siècles à acquérir.
Faut-il interdire la calculette à l’école primaire ? Faut-il interdire les ordinateurs à l’école primaire ? Faut-il interdire l’exposition aux écrans des enfants en bas-âge ?
Sur toutes ces questions, de nombreux psychosociologues et pédagogues persistent à se réjouir de voir combien les enfants se montrent de plus en plus jeunes à l’aise avec les claviers.
Paradoxalement, les inventeurs de outils informatiques les plus performants, sont intraitables : pas d’ordinateurs pour leurs enfants avant qu’ils ne se soient montrés capables de guider la machine informatique, et non pas se laisser guider par elle.
L’arrivée de l’intelligence artificielle ne manquera pas d’avoir des effets aussi catastrophiques pour l’intelligence naturelle du genre humain que la calculette en a eu sur sa capacité à faire de tête des calculs simples.
Le 13 juillet 2025, le président a déclaré : « nous vivons un moment de bascule ». Malheureusement pour le pays cela fait plus de 50 ans que la France vit un lent moment de bascule. Depuis 1974, plus aucun ministre des finances n’a présenté et assuré un budget à l’équilibre. Depuis 1975, depuis la loi HABY, le ministère de l’Éducation nationale, quels que soient les ministres, s’est plus préoccupé de la lutte contre les inégalités sociales que de la transmission optimale des connaissances et des savoirs. L’élitisme républicain, qui avait réussi à faire fonctionner l’ascenseur social sous la IIIe République, a été peu à peu dénaturé et abandonné sous la Ve République.
Paradoxalement, c’est aussi dans les années 1970 que les clubs de football français se sont mis à créer des centres de formations pour permettre aux jeunes joueurs, sélectionnés dès leur plus jeune âge pour leurs performances remarquables, de cultiver leurs talents,
C’est ainsi, au moment même où les entraineurs de football ont commencé à comprendre l’importance de la sélection et de la formation précoce des joueurs, que l’Éducation nationale a commencé à abaisser ses exigences pour laisser passer en classe supérieure les jeunes élèves, même ceux qui, à la vue de leurs notes, n’avaient absolument pas le niveau pour pouvoir suivre avec profit l’enseignement devant y être délivré.
En 28 ans, les méthodes des écoles de formations très sélectives ont permis à l’équipe de France de football de se hisser au plus haut niveau mondial. En 50 ans, les méthodes non sélectives des écoles prônées par le ministère de l’Éducation nationale, ont conduit à un dramatique effondrement de l’enseignement français, plaçant le pays dans les derniers rangs de tous les classements mondiaux.
Alors que le football professionnel et amateur français est entré courageusement dans le cercle vertueux, du travail bien fait, de la rigueur, et de la recherche continue de l’excellence, dans les années 70, la gestion des finances et de l’enseignement en France est entrée lâchement dans le cercle vicieux de la désinvolture, de la nonchalance, de l’inconséquence, et de l’irresponsabilité.
Alors que les difficultés auxquelles la France doit faire face s’accumulent, alors qu’il est acquis aujourd’hui que l’arrivée de l’intelligence artificielle va bouleverser toutes nos façons d’apprendre, de travailler et de nous défendre, les députés de l’Assemblée nationale se montrent toujours bien peu conscients de l’importance de cette révolution, voire même indifférents.
En effet, à l’Assemblée nationale le 15 décembre 2025, pour entendre Olivier REY, philosophe et Mathématicien, venu éclairer les députés sur l’intelligence artificielle, un sujet qui devrait les fasciner autant qu’il devrait les inquiéter, il n’y avait que quatre auditeurs, dont le président de la Mission d’information sur l’IA, député RN du Loir-et-Cher, Roger CHUDEAU, et la rapporteure, Céline CALVEZ, député Ensemble des Hauts-de-Seine.
Le 15 décembre 2025, Olivier REY devant la commission de la Mission d’information sur l’IA
Le 15 décembre 2025, Olivier REY fait son exposé devant quatre députés
Le 15 décembre 2025, Luc JULIA fait son exposé devant cinq députés
Celui qui restera probablement le plus célèbre joueur d’échec de tous les temps, Garry KASPAROV, né en 1963 en URSS, déclara en 2016 :
« Dans la pratique, le socialisme corrompt non seulement l’économie, mais l’esprit humain lui-même, et érode l’ambition et la réussite qui ont rendu possible le capitalisme moderne et sorti des milliards de personnes de la pauvreté. Parler de socialisme est un énorme luxe, un luxe payé par les succès du capitalisme. L’inégalité des revenus est un gros problème, c’est certain. Mais l’idée que la solution est davantage d’État, de régulation, de dette, et moins de risque, est dangereusement absurde. »
En 1978, près de 40 ans avant le grand joueur d’échec, DENG XIAOPING, avait établi le même constat que lui, ce qui l’avait poussé à instaurer en Chine un système économique radicalement différent du système soviétique, une économie nouvelle qu’il baptisa : économie socialiste de marché.
DENG a étudié en France dans les années 1920, où il découvrit le marxisme, le communisme, et la lutte des classes. Par chance pour les Chinois, avant les intellectuels révolutionnaires français, restés longtemps admirateurs inconditionnels du maoïsme, il comprit, que la révolution culturelle, qui dura de 1966 à la mort de MAO TSÉ-TOUNG en 1976, était une pure folie, conduisant inéluctablement le pays à la ruine.
De 1980 à 2023, en devenant délibérément l’un des pays les plus inégalitaires du monde, la Chine « communiste » a réussi l’exploit de multiplier son PIB par près de 60, et de produire en 2024 plus de 50 % de l’acier mondial, avec plus d’un milliard de tonnes.
De 2000 à 2023, le PIB de la France a été multiplié par 2,2, dans l’UE par 2,5, et en Chine par 14,7
Sans aucune gêne, Pascal LAMY annonçait clairement la couleur, pour pouvoir vendre des avions et des TGV à la Chine il fallait accepter d’acheter des grille-pains, ou même des téléviseurs, made in China.
À la toute fin du XXe siècle, les économistes avaient réussi à convaincre tous les dirigeants occidentaux qu’il ne fallait plus fabriquer soi-même ce qu’on pouvait faire fabriquer ailleurs, à un coût inférieur, fut-ce à l’autre bout du monde.
Les écologistes européens, préoccupés par leur confort personnel et la qualité de leur environnement, furent les premiers satisfaits que les industries les plus polluantes puissent être promptement délocalisées.
En Europe, rares furent ceux qui s’offusquèrent de cette répartition des tâches, moralement, socialement, écologiquement, indigne, et qui plus est, militairement totalement inconséquente.
En 2001, de nombreux Européens rêvaient d’un monde sans usine, les cerveaux en Europe, et les petites mains partout dans le reste du monde. Incroyablement alors, cette vision on ne peut plus racisée et méprisante du travail, n’eut nullement l’heur de scandaliser la gauche antiraciste et égalitariste.
Du déclassement à la diète
En 1978, lorsque les Chinois ont mis en place leur économie socialiste de marché, les Occidentaux ont eu la naïveté de croire que la Chine faisait un pas vers leur système économique, un pas qui, pensaient-ils, devait les conduire inévitablement vers leur système politique, vers leur modèle démocratique.
Le 5 juin 1989, à la suite de la sanglante répression des manifestations de la place Tian’anmen, les Occidentaux abandonnèrent brusquement leur vision trop optimiste des futurs changements en Chine.
Mais, dès le soir du 18 juin 1989, en apprenant les résultats du second tour des élections législatives en Pologne, les Occidentaux se remirent immédiatement de nouveau à rêver.
Après la chute du Mur de Berlin le 9 novembre 1989, et après la fin de l’URSS le 25 décembre 1991, les Occidentaux mirent rapidement fin aux mesures et aux sanctions qu’ils avaient prises contre la Chine.
Dans l’euphorie qui prévalut alors, les Occidentaux s’empressèrent d’oublier les sombres prédictions attribuées à LÉNINE : « Les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle nous les pendrons ».
En France, pendant plus de 30 ans, les économistes, à de très rares exceptions, ont tous cautionné la politique européenne, pro OMC, mise en œuvre par les socialistes et/ou les gaullistes, qui n’avaient plus de gaulliste que le nom.
En décembre 2016, Pascal LAMY, n’avait pas encore mesuré la taille du piège que les Chinois avait tendu aux Occidentaux. Il déclarait dans Les Échos : « la Chine ne triche pas. Mais elle est redoutable d’efficacité quand il s’agit de profiter des moindres défauts d’une réglementation de l’OMC loin d’être aujourd’hui parfaite ».
Dans Strange New World: Geoeconomics vs Geopolitics, le livre qu’il a coécrit avec Nicole GNESOTTO, publié en septembre 2019, Pascal LAMY restait toujours convaincu que son bilan à la tête de l’Organisation Mondiale du Commerce était globalement positif.
Dans l’article qu’il a mis en ligne le 9 décembre 2021, intitulé commerce : comment la Chine nous a trompés, l’auteur, Richard HIAULT, décrit, lui, comment les Occidentaux partisans à tout crin de la mondialisation se sont économiquement totalement fourvoyés.
En 2020, à l’occasion de la crise de la covid, les Occidentaux ont pris conscience sérieusement, pour la première fois, des fragilités et des insuffisances de leur système économique global, et de l’incroyable inefficacité de leurs si coûteux systèmes de santé.
En 2022 et 2023, les Occidentaux qui ne doutaient pas un instant que l’OTAN pourrait facilement contenir l’armée russe, eurent une bien mauvaise nouvelle surprise. Non seulement la Russie fut loin d’être aussi faible militairement qu’ils le croyaient, mais avec l’aide de la Chine, et des pays des BRICS+, elle fit la démonstration, devant le monde entier, qu’elle pouvait rivaliser avec les usines d’armement de l’ensemble des pays occidentaux, voire les surpasser.
Depuis la décennie 1980, à plusieurs échelons, sous l’impulsion d’institutions internationales comme le FMI, la Banque mondiale, le GATT (devenu OMC), et d’États (les États-Unis de Ronald REAGAN ou le Royaume-Uni de Margaret THATCHER), la financiarisation des économies développées a été encouragée, censée permettre mieux répondre aux crises du capitalisme et à la désindustrialisation.
En 1980, le PIB des États-Unis, de l’Allemagne, de la France, du Royaume-Uni, et de la Chine représentaient respectivement : 25,44 %, 7,60 %, 6,25 %, 5,39 %, et 2,7 % du PIB mondial.
En 2023, le PIB des États-Unis, de l’Allemagne, de la France, du Royaume-Uni, et de la Chine représentaient respectivement : 28,67 %, 4,24 %, 2,92 %, 3,19 %, et 16,94 % du PIB mondial.
On note ainsi qu’en 43 ans le PIB relatif de la Chine a été multiplié par plus de 6, tandis que le PIB relatif de la France a diminué de moitié.
D’une économie mineure en 1980, la Chine est passée au deuxième rang mondial pour ce qui est du PIB, et est devenue le premier des 10 principaux pays manufacturiers dans le monde.
Les dix premiers pays manufacturiers représentent à eux seuls plus de 68 %
La persistance d’une vision irénique de la désindustrialisation par les milieux financiers prouve, combien leurs attentes sont éloignées des préoccupations des ouvriers réduits au chômage, et ignorants des inquiétudes des plus hauts responsables militaires des pays occidentaux restés lucides.
La désindustrialisation en France a commencé au début des années 1970. Notre pays est l’un de ceux qui s’est le plus, et le plus tôt désindustrialisé, avec une perte de 2,5 millions d’emplois industriels depuis 1974.
À la mort de François MITTERRAND, un grand nombre de Français n’avaient absolument pas pris conscience du coût élevé que finirait par avoir, pour la majorité d’entre eux, la plupart des avancées sociales « généreuses » mises en œuvre par la gauche. Mesures sur lesquelles la droite et le centre n’ont toujours pas osé revenir.
L’année 2026 s’ouvre pour la France sous les pires auspices, politiquement, financièrement, économiquement, culturellement et socialement. Tous les voyants sont au rouge.
Depuis les années 1980, le nombre de problèmes qui se sont accumulés, est devenu si élevé, faute de les avoir traités à temps, qu’aucun gouvernement n’arrive à y faire face.
Ils n’ont pas vu qu’une fois ces mesures généralisées sans aucune discrimination, sans discernement, ce qu’ils croyaient être un avantage, non seulement n’en serait bientôt plus un, mais se retournerait d’abord contre eux.
Lorsque les économistes, qui avaient l’incongruité de rappeler l’existence du réel, rappelaient qu’une diminution de temps de travail trop importante, mal évaluée, induisait inéluctablement une perte de compétitivité, les idéologues trouvaient toujours de « bons » arguments pour balayer leurs réserves et leurs avertissements.
Il faut écrire en effet « bons » arguments entre guillemets, tant ils se sont révélés rapidement économiquement insensés et moralement réprouvables.
Le bon sens et le sens moral sont malheureusement les qualités qui font souvent le plus défauts aux révolutionnaires mondains. Ne parlons pas de leur compétence, et encore moins de leur probité.
Depuis la publication des travaux de l’historien François FURET, ancien adhérent du Parti communiste, on sait que la Révolution française n’est pas née de la révolte du petit peuple des campagnes, auquel les élites éclairée aurait apporté leurs lumières pour les aider à obtenir une forme de justice sociale, les aider à améliorer leur sort, mais de l’impatience de la bourgeoisie naissante, lasse de ne pas arriver à porter au pouvoir des dirigeants qui servent d’abord ses intérêts de classe.
À la lecture du livre, Des notables léonards dans la Révolution, publié par Pierre-Nicolas TERVER aux éditions Skol Vreizh en 2024, on comprend pourquoi tant de paysans parmi les plus modestes se sont rebellés, partout en France, dès qu’ils ont pu mesurer que cette révolution, qui n’était pas faite par eux n’était surtout pas faite pour eux. Dans tous les changements de régime, dans toutes les révolutions, les premiers et les grands gagnants, sont ceux qui sont les mieux dotés et les mieux placés pour profiter des nouvelles données économiques, politiques et culturelles.
En France, malgré l’évidence que, là où il y des hommes il y a de « l’hommerie », les intellectuels de gauche refusent toujours de voir dans les oligarques russes les « dignes » héritiers de la Révolution française. Ils croient toujours qu’on peut créer un homme nouveau « bon ».
Malheureusement, le budget que le gouvernement a pu faire adopter en janvier 2026, en ayant recours à l’article 49 alinéa 3, révèle l’incapacité qu’ont les Français à sortir des logiques de redistribution au-delà de leurs moyens.
L’utopie communiste garde bizarrement auprès de l’intelligentsia française un prestige troublant, qui continue à préférer avoir tort avec SARTRE que raison avec ARON.
Depuis que Jean-Jacques ROUSSEAU a publié en 1755 son fameux Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, l’égalitarisme, ce culte stupide de l’égalité, a déjà fait des millions d’aigris, des millions d’envieux, et surtout des millions de morts, et malgré cela il a tout pour continuer à en faire encore beaucoup.
Comment peut-on encore donner tant de crédit à un penseur qui a déclaré : « commençons, par écarter tous les faits » ?
L’égalitarisme parfait est impossible à atteindre, et si par miracle et par malheur il advenait, il est certain qu’il ne tirerait pas l’humanité vers le haut.
Lutter contre les injustices sociales est un devoir moral, mais sous réserve que les moyens mis en œuvre pour atteindre ce bel objectif ne soient pas contre productifs. Lorsque la lutte contre les inégalités conduit inéluctablement à la médiocrité pour tous, elle devient une véritable aberration économique et sociale.
L’égalitarisme est une grave altération de la pensée dont la grande majorité de la classe politique française ne semble pas avoir encore mesuré à quel point il peut être handicapant : le socialisme de tous les partis, un poison français.
Nicolas BAVEREZ a publié le 2 février dans Le Figaro, un article intitulé La France en voie de tiers-mondisation.
Il note qu’actuellement la paupérisation de la France et des Français s’emballe. En 2024, la richesse par habitant de la France se situe au 34e rang mondial et est désormais inférieure de 7 % à la moyenne européenne, et ce pour la troisième année consécutive. Elle est en retrait de 25 % par rapport à celle du Danemark, de 20 % par rapport à celle de la Suède, de 15 % par rapport à celle de l’Allemagne, de 0,5 % par rapport à celle de l’Italie. Par ailleurs, l’écart favorable vis-à-vis de la Pologne a été réduit de 60 % à 20 % depuis 2000.
L’épargne des Français a atteint en 2025 la valeur record de 6 600 milliards d’euros, soit plus de 100 000 euros par habitant, soit presque deux fois la dette du pays, 3 500 milliards d’euros, soit enfin l’équivalent pour la France de plus de huit fois son budget annuel, 816 milliards d’euros en 2024.
En arrivant à mobiliser l’épargne des particuliers, pour faire les investissements productifs dont le pays à absolument besoin, le gouvernement français pourrait faire revenir l’économie du pays dans le cycle vertueux qu’elle a quitté en 1974, soit il y aura cette année exactement un demi-siècle.
Pendant la Première Guerre mondiale, pour sauver le pays, des millions de Français ont répondu à l’appel lancé dès 1915 par le gouvernement : Pour la France VERSEZ VOTRE OR. L’or Combat Pour La victoire. Cet appel fut couronné de succès puisque les emprunts d’État souscrits par les épargnants ont couvert la moitié des dépenses de guerre.
6 600 milliards d’euros sur un compte à la banque, pour quoi faire ?
Gouverner c’est prévoir !
Comment excuser que la France manque aujourd’hui de médecins, alors que ses dirigeants ont eu la folie de tout faire hier pour qu’il en soit finalement ainsi ?
La démographie étant l’une des sciences les plus exactes, et les plus prédictives, à plus de 10 ans, comment le ministère de la Santé a-t-il pu instaurer un numerus clausus en Médecine qui a fait passer le nombre d’inscriptions d’étudiants en deuxième année de 8 588 places en 1972, à 3 500 en 1993, 6 850 en 2006, et 8 205 en 2018, alors que la population française n’a cessé d’augmenter de 1972 à 2018, de 53 à 67 millions d’habitants ?
Les gouvernements français ont ainsi délibérément organisé la pénurie de médecins pendant plus de 40 ans.
L’exemple du manque de médecins est certainement le plus insensé. Malheureusement dans presque tous les domaines, la France persiste à ne pas former les personnels qualifiés dont elle va avoir un besoin crucial pour répondre aux exigences des métiers de demain, tandis qu’elle accueille dans ses collèges, dans ses lycées, et dans ses universités, des milliers d’élèves et d’étudiants incapables de suivre le moindre cursus d’enseignement, même ceux d’un niveau peu élevé.
La France n’est pas encore ruinée, mais cela peut venir extrêmement vite, si rien n’est fait pour orienter les forces et les finances du pays dans la bonne direction, si rien n’est fait pour mettre un terme à la dilapidation de la fortune que nous ont léguée nos ancêtres.
Car il y a malheureusement dilapidation effective. En 2025, on note ainsi qu’encore plusieurs fleurons de l’économie française ont changé de nationalité, sans que le gouvernement ait fait beaucoup d’efforts pour les garder dans le giron du pays. On note surtout que le vandalisme et les dépenses improductives ne cessent de croître, tandis que l’espoir de l’augmentation des recettes commerciales s’éloigne de plus en plus.
En 2020 on comptait un peu moins de 240 000 étudiants inscrits dans une des 369 écoles de commerce recensées en France, et seulement environ 160 000 étudiants inscrits en cycle d’ingénieur, alors qu’il en faut, et qu’il en faudra de plus en plus, si l’on veut resté compétitif par rapport à la Chine, la Russie, et l’Inde, entre autres pays.
Selon les chiffres du ministère de l’Enseignement supérieur, les effectifs des écoles de commerce en 2000 étaient de 63 400 inscrits, alors qu’en 2025 le nombre d’étudiants a atteint 258 300.
Les directeurs des écoles de commerce s’inquiètent, pour des raisons démographiques, d’une probable diminution du nombre de leurs étudiants dans les années à venir. Alors que ce qui devrait les inquiéter au plus haut point c’est qu’il y ait en France tant d’engouement pour les écoles de commerce et si peu pour les écoles d’ingénieurs.
Il est attristant que les dirigeants français semblent si peu troublés par ces chiffres, alors qu’ils donnent l’assurance du déclin, à court terme, de l’économie française. À quoi sert en effet de former tant de vendeurs dans un pays qui fabrique et produit si peu !
Aujourd’hui, alors qu’elle reste autosuffisante dans de moins en moins de domaines, la France accorde de plus en plus le droit d’asile sur son sol, et régularise de plus en plus d’immigrés sans-papiers.
En 15 ans, le nombre de bénéficiaires du droit d’asile en France a plus que triplé.
Selon l’observatoire de l’immigration & de la démographie, dans l’état actuel de nos lois, on estime à 580 millions le nombre de personnes que la France ne peut en aucun cas refuser d’accueillir sur son sol, quand leur demande officielle a pu être régulièrement déposée. Les Français peuvent donc se préparer à devoir continuer à accueillir, pendant plusieurs années encore, un nombre considérable et croissant d’immigrés.
Il n’y a pas de lien direct de causalité entre immigration et délinquance, qui puisse être essentialisé, sous réserve que les immigrés autorisés à séjourner sur le territoire national soient en nombre limité, correspondant à des capacités d’accueil digne, en quantité et surtout en qualité.
Or ces conditions ne sont plus réunies en France depuis bien longtemps, si elles ne l’ont jamais été, pour d’évidentes raisons arithmétiques et budgétaires élémentaires.
Les services de police, la justice, les services sociaux et médicaux, sont totalement débordés depuis plus d’une vingtaine d’années. Cette situation ne fait et ne peut que s’aggraver rapidement, tant le nombre d’immigrés excède de plus en plus la somme des moyens qu’il faudrait mettre à leur disposition pour gérer convenablement leur présence en France.
L’accueil de mineurs isolés qui ne parlent pas ou très mal le français, notamment s’ils sont originaires d’Afghanistan ou de Tchétchénie, pose très souvent aux services sociaux départementaux des problèmes culturels, sanitaires, et budgétaires, dont certains deviennent rapidement insurmontables.
La Légion étrangère réussit l’exploit, depuis bientôt deux siècles, d’accueillir en son sein des hommes venus de pays très divers, parfois en guerre entre eux, appartenant à des cultures et des religions totalement différentes. Pour obtenir de tels résultats, les officiers et les sous-officiers des centres de recrutements de la Légion n’ont pas de secret, mais du bon sens. Ils refusent l’engagement de tous ceux qui sont, à l’évidence, incapables de respecter les règles de bonne conduite auxquelles tout légionnaire doit accepter de se plier.
Les responsables politiques qui font de l’accueil aux étrangers un devoir moral inconditionnel, qui refusent d’entendre les arguments de tous ceux qui les appellent à plus de lucidité et à plus de mesure, croient certainement ainsi compter parmi les opposants aux partis d’extrême droite les plus résolus, malheureusement ils font surtout la preuve de leur inconscience et de leur inconséquence, économique, politique, sociale, et surtout de leur ignorance en éthologie, l’étude scientifique du comportement des espèces animales, et des humains, dans leur milieu naturel ou dans un environnement particulier.
En France et en Allemagne, les élites, souvent très protégées socialement et culturellement, gardent sans aucune gêne la prétention d’être les mieux qualifiés pour indiquer au petit peuple le chemin du bien, du bon, de l’honneur et de la vertu. Non seulement elles restent incapables de comprendre les réticences des gens pauvres à accueillir d’autres pauvres, totalement étrangers à leur culture et à leurs mœurs, comme si cela ne comptait pas, mais elles les accusent d’être xénophobes, racistes, et égoïstes.
Droit à la paresse ?
Depuis 1968, les chroniqueurs politiques et les journalistes, qui sont censés avertir leurs lecteurs, font de moins en moins d’efforts pour les éclairer sérieusement.
Avant d’arriver au pouvoir en mai 1981, la plupart des futurs ministres socialistes avaient tout bêtement oublié que, pour pouvoir partager les richesses, il fallait d’abord les produire, preuve en est l’existence d’un ministère du Temps libre, dans les trois gouvernements MAUROY I, II, III.
Le jeudi 15 septembre 2022 à l’Assemblée nationale, la députée Sandrine ROUSSEAU a fait sensation en faisant valoir un « droit à la paresse » contre le « parti du travail » supposé représenté par le communiste Fabien ROUSSEL. Les propos tenus dans l’hémicycle par Sandrine ROUSSEAU constituent certainement l’exemple le plus emblématique de l’inconscience caractérisée, qui affecte de plus en plus de responsables politiques en France.
Contrairement à ce que pensent les « experts » qui n’ont pas encore mesuré les conséquences que va avoir l’arrivée massive de l’intelligence artificielle dans leur existence, non seulement l’IA ne va pas leur ouvrir plus grand un droit à la paresse, mais elle va les obliger à travailler plus que jamais leurs dossiers, s’ils ne veulent pas être rapidement complétement dépassés et déclassés.
IA : mais où sont les géants européens et français de demain ?
À moins d’un an des élections présidentielles de 2027, aucun des candidats qui se sont officiellement inscrits pour la course à l’Élysée, n’avance de réponses sérieuses à cette question, alors qu’à l’évidence l’intelligence artificielle va faire vivre à l’humanité la plus grande crise existentielle qu’elle ait jamais eu à affronter.
Après la domestication du cheval, l’invention de la brouette, l’invention de l’écriture, l’invention de l’imprimerie, l’invention de la machine à vapeur, l’invention de l’électricité, l’invention de l’ordinateur, non seulement les hommes ne se sont jamais sentis diminués par ces innovations, mais au contraire, ils ont été chaque fois renforcés dans leur conviction d’appartenir à une espèce d’une intelligence supérieure et unique, d’être vraiment la créature voulue par Dieu, telle que décrite il y a plus de deux mille ans dans la Bible, dans le livre de la Genèse.
(Genèse 1:28) « Et Dieu les bénit, et il leur dit : “Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la Terre et soumettez-la ».
Mais aujourd’hui, face aux promesses d’un monde artificialisé qui semblent sans limites, face à la création d’une super-intelligence dépassant le cerveau humain, face à l’IA, pour la première fois, les hommes qu’ils croient en Dieu, ou qu’ils n‘y croient pas, se sentent totalement perdus, incapables d’imaginer qu’elle sera leur place dans le monde qui vient, le nouveau monde qu’ils sont en train de voir naître.
Cette nouveauté technologique générique, capable d’améliorations futures, rapides, continues, et ayant le potentiel de servir de base à des innovations complémentaires dans de multiples domaines d’application connexes, a tout pour effrayer, même les esprits les mieux informés sur l’origine et les développements les plus récents de l’IA.
Comme pour toutes les nouveautés technologiques qui l’ont précédée, les hommes n’ont d’autre choix que d’apprendre à vivre avec l’IA, pour apprendre au plus vite à bien la connaître, pour savoir ainsi l’interroger au mieux.
Malheureusement en 2026, l’intelligence artificielle reste toujours plus connue du grand public pour les divers méfaits qu’elle permet d’effectuer, que pour les nombreux bienfaits qu’elle peut apporter.
En France, les voleurs, les tricheurs, les faussaires, les narcotrafiquants, les fraudeurs, et les délinquants en tout genre, ont eu recours à l’IA très tôt, et continuent souvent à garder une bonne longueur d’avance devant la police, les douanes et le fisc, tandis que les services de l’État, eux, ne sont que rarement dotés des moyens les plus performants qui puissent leur permettre de les démasquer facilement, et de les empêcher promptement de nuire.
Dans les entreprises, dans les services, dans la fonction publique et dans l’armée, se mettre à l’heure de l’IA n’est toujours pas considéré comme une priorité absolue par tous des dirigeants.
De même, les principaux responsables politiques français, allemands, et européens, n’ont toujours pas compris qu’investir massivement d’urgence dans le développement de l’IA en Europe, revêt un caractère vital pour l’Union européenne.
Le 4 mars 2027, en amont du sommet extraordinaire des 27 pays membres de l’Union Européenne convoqué à Bruxelles le 6 mars sur la question « de la poursuite du soutien à l’Ukraine et de la défense européenne », la présidente de la Commission, Ursula von der LEYEN, a dévoilé, un gigantesque plan de réarmement d’un montant de 800 milliards d’euros.
Avant le sommet, plusieurs pays européens avaient déjà annoncé des hausses spectaculaires de budget. En Allemagne, la future coalition (CDU–SPD) prévoit ainsi de débloquer des investissements colossaux d’environ 900 milliards d’euros pour la défense.
Au même moment, aux États-Unis, les géants du secteur de l’intelligence artificielles se sont engagés dans une surenchère de promesses et d’investissements alors que leurs profits explosent. Moody’s estime à 3 000 milliards de dollars les investissements dans les data centers pour le cloud et l’IA dans les cinq années à venir.
Alors que Marc BLOCH, auteur du livre L’Étrange Défaite, entre au Panthéon le 23 juin 2026, la France semble une nouvelle fois vouloir se préparer à la « guerre d’hier ».
Pour expliquer la défaite de 1940, Marc BLOCH a mis fortement en accusation le système d’enseignement en France, tel qu’il était dispensé avant la Seconde Guerre mondiale.
Dans la revue du Collège de France, La Vie des Idées, le 7 avril 2026, le professeur émérite en Sociologie, François DUBET, appelle à relire les réformes de l’enseignement proposées par Marc BLOCH.
La conclusion de son article montre malheureusement que l’éminent sociologue n’est pas conscient de la nature des changements spécifiques qu’il faudra impérativement opérer, à cause de l’IA, dans les méthodes et les objectifs de l’enseignement, sous peine de voir les capacités intellectuelles des jeunes régresser de façon irréversible.
« L’école est censée donner à tous les jeunes un socle de connaissances et de compétences leur permettant de comprendre et d’agir dans le monde où ils vivent. Il serait impératif de définir le curriculum de l’école commune, de l’école élémentaire et du collège, en partant de cette question. Au moment où l’IA promet l’accès à toutes les connaissances disponibles, comment apprendre ce qui est tenu pour indispensable, pas seulement pour faire des études longues et SÉLECTIVES, mais pour devenir ce que nous appelions un citoyen ? »
Croire en la promesse d’un possible accès à toutes les connaissances disponibles grâce à l’IA, c’est croire en une promesse qui ne peut évidemment pas être tenue.
Laisser croire aux élèves qu’il suffirait d’apprendre ce qui est tenu pour indispensable pour pouvoir se servir au mieux de l’IA, c’est les bercer de très cruelles illusions
De même que nous avons vu supra, qu’il valait mieux être inégalement riches qu’également pauvres, à l’heure de l’IA, plus que jamais, mieux vaut être inégalement cultivés qu’également incultes.
Les avancées de l’IA sont si rapides que seuls ceux qui ont un bagage scientifique très élevé, notamment en mathématiques, peuvent comprendre et suivre son développement.
La théorie du ruissellement qui est apparue en 1954, a montré depuis longtemps ses limites en matière économique, mais dans le domaine sportif, culturel et scientifique, elle garde toute sa pertinence.
Il est clair aujourd’hui, que ne peuvent espérer exceller dans leur discipline, que les individus qui peuvent bénéficier de conditions de formation privilégiées dès leur plus jeune âge. Ces conditions, qui coûtent très cher, ne peuvent pas être offertes à tout le monde, les centres de formations sont donc obligés d’être très sélectifs.
Les sélections précoces sont souvent présentées comme une injustice faite aux enfants des milieux les plus défavorisés, alors que l’excellence est la forme suprême de l’égalité : « L’égalité des chances, c’est la chance de prouver l’inégalité des talents. ».
Les gouvernements des pays qui refusent par principe les sélections précoces, condamnent leurs citoyens à devenir rapidement collectivement esclaves de l’intelligence artificielle, les laissant seuls avec plus personne capable de les informer et/ou de les guider.
Après la publication le 15 mai, de l’encyclique Magnifica humanitas, et après le cri d’alarme d’un des pères fondateurs de l’IA, Yoshua BENGIO, poussé le 31 mai dans l’émission C dans l’air – France Télévisions, les dangers et les risques à venir sont désormais clairement identifiés.
Le chercheur Yoshua BENGIO, soulève un point fondamental : pour avoir une chance d’influer sur les futures normes qui devront obligatoirement encadrer l’IA, il faut devenir un géant de ce secteur. Autrement dit, un pays largué sur cette technologie n’aura aucune voix au chapitre pour la réguler demain.
IA : où sont les géants européens et français de demain ?
IA : les catégories socio-professionnelles CSP+, premières à la peine
Malheureusement, en raison des choix budgétaires que les gouvernements ont fait depuis près de 50 ans, pour passer de la théorie à l’application pratique de leurs inventions, les chercheurs français sont très souvent contraints de s’expatrier, faute de pouvoir trouver chez eux les financements dont ils ont besoin.
Pire encore, alors qu’il est acquis que pour optimiser l’utilisation de l’IA, et en contrôler son bon usage, il faut pouvoir avoir recours à de nombreux et à d’excellents mathématiciens, le niveau des élèves français en science et en maths ne cesse de baisser.
Selon l’enquête TIMMS, qui mesure le niveau en sciences des élèves de 64 pays, réalisée en 2019, le score moyen des élèves français de quatrième avait baissé de 47 points en 24 ans, « ce qui correspond à la perte d’un niveau de classe, soit l’équivalent d’une année entière d’apprentissage », observe la Fondation Blaise PASCAL.
La situation s’est encore dramatiquement aggravée après la réforme du bac de 2020. « Avant la réforme, 90 % des lycéens de terminale étaient censés étudier les mathématiques ; mais le taux est passé brusquement à 59% en 2020, dès la première année de la réforme ».
Depuis un siècle, les sociétés occidentales vivaient sur une certitude implicite : chaque génération serait plus instruite, plus performante cognitivement et mieux armée intellectuellement que la précédente. Or cette dynamique historique semble aujourd’hui s’inverser. Baisse du niveau de lecture, fragilisation de l’attention, recul des compétences verbales : plusieurs études internationales montrent un déclin inédit de certaines capacités cognitives chez les jeunes générations.
Le 3 juin 2026, dans son édito du matin sur Europe 1, Judith WAINTRAUB s’est inquiétée des conséquences dramatiques prévisibles de ce déclin à l’heure de l’intelligence artificielle : IA en hausse, QI en baisse.
Les enfants comprennent dès le plus jeune âge que pour espérer devenir un grand champion de football, il faut chercher à développer ses talents le plus tôt possible, apprendre à jouer, apprendre tous les bons gestes techniques, de la façon la plus précoce et la plus intense autorisée par le corps médical.
Ce qui vaut pour le sport, pour la musique, vaut pour les capacités cognitives dans tous les domaines.
La pire des injustices faites aux enfants d’immigrés n’est pas d’interdire aux élèves très moyens d’essayer de faire des études longues, mais c’est de ne pas offrir aux élèves qui se révèlent très tôt particulièrement doués, les conditions optimales leur permettant de devenir excellents, voire brillants, et ainsi de pouvoir mettre au service de toute la collectivité leurs savoirs et leurs savoir-faire d’exception.
Le refus de toute sélection précoce, le refus de la méritocratie républicaine, qui a permis à la IIIe République de redresser le pays après la défaite de 1870, a fait perdre à l’enseignement français ce qui en a fait l’excellence pendant près d’un siècle.
Il n’y a aucune raison, à moins d’avoir des préjugés racistes inavoués, que parmi les enfants d’immigrés originaires du Maghreb ou de l’Afrique subsaharienne, on ne trouve pas d’élèves aussi doués en mathématique que Killian MBAPPE en football. Faut-il encore se donner la peine de les chercher et de les former.
En 2025, 24 étudiants marocains ont intégré l’École polytechnique de Paris, l’un des établissements les plus sélectifs de France et selon le Figaro, sept des dix meilleures classes préparatoires étrangères pour intégrer Polytechnique en 2026, sont marocaines. Preuve que les Maghrébins peuvent aussi briller en dehors des terrains de football.
Avec l’arrivée de l’intelligence artificielle, continuer à refuser par principe toute sélection précoce serait suicidaire pour la France, économiquement, militairement, et démocratiquement.
Depuis que le mot sélection est devenu un gros mot, il y a près de 60 ans, les gouvernements français ont presque tous accumulés des erreurs tragiques dans les choix qu’ils ont faits.
Gouverner c’est choisir, choisir c’est forcément sélectionner. Ce qui doit éclairer la sélection c’est la recherche de l’intérêt commun.
Les habitants des villages de France ne sont pas exigeants.
Ils ne demandent pas que tous leurs enfants puissent faire des études de médecine, ils souhaitent juste qu’au moins un d’entre eux puissent venir un jour les soigner.
Ils n’ont jamais demandé d’avoir accès au téléphone, à internet, et à la fibre optique avant les citadins des grandes villes. Ils souhaitent juste ne pas être une fois de plus trop longtemps oubliés
L’architecture des études de l’enseignement supérieur qui s’articule autour de 3 grades ou niveaux de sortie : L : licence (bac + 3) M : master (bac + 5) D : doctorat (bac + 8), a longtemps laissé croire aux 95 % d’élèves reçus au bac général que, plus ils étudieraient longuement plus ils trouveraient facilement du travail, bien payé.
Avec l’arrivée de l’IA, ce plan de carrière devient totalement illusoire, surtout pour tous les futurs diplômés qui n’obtiendront leurs examens qu’avec l’extrême indulgence des jurys.
Grande nouveauté dans l’Histoire, ce sont les catégories socio-professionnelles CSP+, qui se croyaient jusqu’à présent les mieux protégées, qui vont probablement être les premières victimes des changements de modes de productions et de service liés à l’IA.
Le 18 novembre 2025, lors de son intervention au congrès des maires de France, le général Fabien MANDON, nommé CEMA en septembre, a fait une déclaration qui a fait forte sensation : « On a tout le savoir, toute la force économique, démographique, pour dissuader le régime de Moscou d’essayer de tenter sa chance plus loin, [ …] . Ce qu’il nous manque, c’est la force d’âme pour accepter de nous faire mal pour protéger ce que l’on est. Si notre pays flanche parce qu’il n’est pas prêt à accepter de perdre ses enfants, de souffrir économiquement parce que les priorités iront à de la production de défense, par exemple, si on n’est pas prêt à ça, alors on est en risque ».
En octobre 2025, devant les députés de la commission de la défense, le Chef d’État-Major des Armées avait déjà averti que la France devait être prête à faire face à un choc avec la Russie d’ici trois, ou quatre ans, ce qui justifiait selon lui « l’effort de réarmement » que devait faire le pays de toute urgence.
Une menace de guerre pèse-t-elle vraiment sur la France ? Si oui, à quelle échéance et à quelle intensité ? Le 14 juillet 2025, le chef d’état-major des Armées Thierry BURKHARD avait lui aussi déjà alarmé les Français en affirmant que la Russie avait fait de la France « une de ses cibles prioritaires ».
En 2017, Pierre de VILLIERS, alors chef d’état-major des Armées, avait été poussé à la démission par le président MACRON, tout nouvellement élu, pour refus d’une coupe de 850 millions d’euros dans le budget de la Défense.
Le 24 févier 2026, sur Europe 1, le Général de VILLIERS, près de 10 après, tirait une nouvelle fois la sonnette d’alarme : « Il faut se préparer à la guerre ! ».
Pour la France, l’effort de réarmement est donc devenu plus urgent que jamais.
Un effort de réarmement urgent, cohérent, pertinent, et conséquent.
Le 7 janvier 2026, le président Donald TRUMP a lancé une charge frontale contre l’industrie de défense nationale, annonçant son intention d’interdire les versements de dividendes et les rachats d’actions aux entreprises du secteur, tant qu’elles n’auront pas résolu ce qu’il considère comme des problèmes structurels de production et de maintenance des équipements militaires.
Dans une série de messages particulièrement virulents, le président TRUMP a dénoncé la stratégie financière des grands groupes de défense américains, qui servent si bien leurs intérêts et si mal ceux de la défense des États-Unis.
Le complexe militaro-industriel impose ses règles à tous les présidents des États-Unis depuis plus de 80 ans.
On note ainsi que, 65 ans après le fameux discours de fin de mandat Dwight D. EISENHOWER, non seulement les mises en garde du 34e président des États-Unis n’ont toujours pas été entendues, mais que le complexe militaro-industriel américain n’a jamais été aussi puissant, jamais autant en mesure de nuire aux intérêts premiers des soldats américains, et jamais aussi peu capable de répondre aux besoins réels de l’armée américaine.
Pendant la campagne électorale de 2024, Donald TRUMP s’était engagé à chasser de Washington les « profiteurs de guerre » et les « bellicistes », en commençant par mettre au pas d’urgence le Pentagone.
Près de 2 ans après l’arrivée du nouveau président au pouvoir la même question reste toujours posée : Peut-on dompter le monstre militaro-industriel ?
Dans tous les pays du monde, sous tous les régimes, des généraux et des fonctionnaires arrivés au sommet de la pyramide du pouvoir, ont la possibilité, et parfois succombent à la tentation, de s’enrichir personnellement en détournant plus ou moins facilement des sommes très importantes prévues dans le budget de la défense.
Contrairement à ce qu’on constate en Chine, en Russie et bien sûr en Ukraine, des pays où la corruption apparaît courante, en France et aux États-Unis les condamnations de généraux et de fonctionnaires, pour détournements de fonds, sont extrêmement rares.
Cette différence ne tient malheureusement pas au fait que les Français et les Américains sont beaucoup moins malhonnêtes que la plupart de leurs homologues dans le monde, mais tient aux règles administratives, totalement inconséquentes, qui permettent aux hauts gradés de l’armée et de l’administration, en France et aux États-Unis, de mettre facilement et rapidement leurs talents et leurs carnets d’adresses au service d’intérêts purement privés.
Bien sûr, ces règles et ces pratiques, qu’on nomme pantouflage en France, et revolving door aux États-Unis, induisent un grand nombre d’inévitables et de très graves conflits d’intérêts.
Depuis plus de 80 ans, la « Porte Tournante » du complexe Militaro-Industriel, la plus célèbre et la plus juteuse des « revolving doors » américaines , a permis à des milliers de hauts fonctionnaires de s’enrichir sans prendre de risques au niveau pénal, alors que nombre d’entre eux auraient pu, et auraient dû, être trainés devant les tribunaux, pour délit de favoritisme ou trafic d’influence, pour le moins.
Pendant plus de 80 ans, le complexe militaro-industriel est arrivé à faire voter au Congrès des États-Unis des budgets militaires de plus en plus élevés, répondant de moins en moins aux besoins immédiats et réels des forces armées américaines.
Depuis la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis sont restés de loin la première puissance militaire mondiale sur la base de leur budget de défense. En 2025, le budget militaire américain représentait 33 % des dépenses militaires mondiales, alors que les habitants des USA ne représentent que 4,2 % de la population mondiale.
En avril 2026, à la suite des nouveaux déboires militaires que vivent les Américains dans leur nouvelle guerre avec l’Iran, le président Donald TRUMP a demandé au Congrès de prévoir pour 2027 une augmentation de près de 50% du budget de défense des États-Unis. Son projet, s’il est adopté, verrait ainsi les dépenses militaires américaines s’envoler de 1 000 milliards de dollars cette année à 1 500 milliards l’an prochain.
Venant d’un président qui a accusé explicitement les responsables du complexe militaro-industriel de trahir la plupart de leurs engagements vis à vis du Pentagone, en janvier, cette demande formulée en avril peut paraître particulièrement surprenante. Sauf si on se rappelle que la nouvelle guerre d’Iran, qui tourne mal, a débuté, après le mois de janvier, le 28 février dernier, et surtout si on sait que les élections de mi–mandat auront lieu le 3 novembre prochain.
Aux États-Unis, il n’y a pas de suffrage censitaire, tous les électeurs peuvent voter quel que soient leurs revenus. De même, tous les électeurs peuvent être candidats, en revanche, les candidats qui n’ont pas le soutien de sponsors très fortunés n’ont pratiquement aucune chance de se faire élire.
Dans les États où leurs usines sont installées, les entreprises du complexe militaro-industriel ont le pouvoir de faire élire le candidat de leur choix en le soutenant financièrement à hauteur des besoins dont il a besoin pour gagner l’élection.
En augmentant massivement le budget de la défense, Donald TRUMP, sait qu’une grande part de ces sommes pourra servir, indirectement, à faire élire ou réélire nombre de candidats qui le soutiennent. Cette augmentation qui peut, et va probablement servir, les intérêts électoraux à court terme du camp MAGA, est malheureusement militairement totalement inconséquente. Elle représente en effet un très mauvais message adressé aux lobbies militaires, une forme d’encouragement à poursuivre leur pratiques politiques et économiques, si profitables financièrement, mais si irresponsables militairement pour leur pays.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont réussi à mettre en œuvre, dès janvier 1942, un mois juste après l’attaque de Pearl Harbour, le plan d’économie de guerre, le Victory program, qui a permis à l’économie américaine de devenir en quelques mois seulement l’arsenal des alliés, capable de produire des masses croissantes de matériel de guerre, et de les livrer en quantité, en qualité, en temps et en heure.
En 2026, non seulement les responsables de l’appareil productif américain de la défense sont devenus incapables de renouveler un tel exploit, mais ils sont à l’évidence plus préoccupés par le cours de leurs actions, que par le cours des guerres dans lesquelles les États-Unis se retrouvent impliqués.
Dans les années 1940, l’industrie manufacturière représentait près de 45 % de l’emploi total aux États-Unis. Dès 1950, cette part est tombée à 34 %. Dans les années 1980, elle ne représentait déjà plus que 20 % de l’emploi total, et ce chiffre est tombé sous la barre des 10 % dans les années 2020.
La part du PIB de l’industrie manufacturière des États-Unis, est ainsi passée de 23 % en 1997 à 17 % en 2021.
En 2025, les dépenses militaires des pays membres de l’OTAN ont augmenté de 20 % par rapport à 2024. Les 32 États ont ainsi dépensé au total 1 637 milliards de dollars pour leur défense, soit près de 57 % des dépenses mondiales.
La guerre en Ukraine et la guerre en Iran ont montré que, ni l’appareil productif américain, ni celui de l’Europe, n’étaient en mesure de fournir en masse, dans les 3 années qui viennent, les munitions et les missiles notamment, dont leurs armées ont découvert avoir un besoin de plus en plus pressant.
Depuis plus de 4 ans en Russie, et depuis plus d’un an en Iran, les budgets de la défense de ces deux pays ont augmenté
Bien que, depuis plus de 4 ans, le budget de la défense en Russie ait beaucoup augmenté, et qu’en un an en Iran le même budget ait surement plus que doublé, plus de 15 milliards de dollars, comparés aux budgets des États-Unis et des pays de l’OTAN, ces deux budgets leur restent très inférieurs.
Les données des 9 premiers pays du tableau ont pu être facilement vérifiées.
Par contre, il est impossible de retenir celles de l’Iran tant elles semblent éloignées de la réalité.
Ses dépenses ont probablement été au moins égales ou supérieures à 15 milliards de dollars.
Les données ci-dessus proviennent de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI).
Selon le SIPRI, de 2024 à 2025, la Russie a fait passer son budget de la défense de 149 à 190 milliards de dollars, soit une augmentation de 27,5 %, et l’Ukraine de 65 à 84 milliards de dollars soit 29,2 % d’augmentation. Entre 2024 et 2025, le rapport de force relatif entre les deux pays n’a pas changé du tout. Le budget ukrainien reste équivalent à 44 % de celui de la Russie. Rien donc d’étonnant à ce que les Russes n’arrivent pas à emporter rapidement de batailles spectaculaires.
Par contre, comment est-il possible que l’Iran, qui aura en 2026 un budget de la défense 100 fois inférieur à celui des États-Unis, puisse continuer à bloquer le détroit d’Ormuz, continuer à défier l’US Navy ?
Malheureusement, une fois encore, les dirigeants américains ont totalement surestimé leur puissance militaire, et sous-estimé, la force de leurs adversaires, en qualité et en quantité pour les armements, ainsi que la volonté farouche de se battre des combattants iraniens.
Pourtant, dès mai 2024, les responsables et les experts militaires américains avaient averti que l’armée américaine ne pourrait bientôt plus fournir à l’Ukraine les équipements de pointe qu’elle lui avait donnés jusqu’ici, ses réserves arrivant à leurs limites notamment en termes de munitions.
Dans les années 1990, après l’effondrement de l’URSS, espérant pouvoir récolter sans risque les bénéfices de la paix, l’industrie américaine de défense a réduit ses capacités de production de façon drastique, et s’est ultraconcentrée pour faire rapidement des économies d’échelle.
Le nombre de groupes de défense et de construction aéronautique est ainsi passé de 51 à 5 en quelques années.
Aujourd’hui, face aux ruptures de stock qu’on doit déplorer dans presque tous les arsenaux, le gouvernement américain pousse l’industrie à rouvrir des chaînes de montage et à relancer certaines productions qui avaient été abandonnées, comme celle notamment des missiles antiaériens Stinger, dont la production a cessé en 2020.
La présidente de la Commission européenne, en fonction depuis le 1er décembre 2019, Ursula von der LEYEN, comme si elle avait le mauvais œil, a dû faire face à un enchainement de crises graves dès son accession à la tête de l’Union européenne : en février 2020 début de la pandémie de covid, le 24 février 2022 début de la guerre en Ukraine, en octobre 2023 retour en force de l’antisémitisme en Europe à la suite de la guerre commencée à Gaza, en janvier 2025 tensions douanières et politiques avec les États-Unis après le retour de Donald TRUMP à la présidence des USA, en février 2026 blocage du détroit d’Ormuz, choc pétrolier mondial, en raison de la guerre déclenchée par Israël et les États-Unis contre l’Iran et le Hezbollah.
Devant cette succession de problèmes et de menaces, répondant aux injonctions du président américain, les dirigeants européens ont décidé d’engager l’Union européenne dans un vaste plan de réarmement d’urgence. Les Allemands et les Polonais, qui sont les plus déterminés et les plus ambitieux, prévoient d’augmenter massivement leurs achats d’armements aux États-Unis et de relancer rapidement leurs propres fabrications.
Bien que l’armée russe ne progresse presque plus depuis plusieurs mois, preuve évidente des limites de ses moyens militaires, les dirigeants Européens persistent à vouloir, plus que jamais, investir massivement pour arriver à réarmer rapidement les pays de l’Union européenne à hauteur de la menace Russe.
Face aux menaces que pourraient faire peser prochainement, avant trois ans (?), la Russie sur les frontières de l’Europe, la volonté qu’affichent les dirigeants européens de la prendre très au sérieux est rassurante, mais que la plus alarmiste soit Ursula von der LEYEN, et qu’elle veuille s’ériger en général en chef, est très inquiétant en matière logistique.
Inquiétant en effet de voir rappelé dans l’émission de FranceInfo, Ursula von der LEYEN (2/4) : immortelle malgré les casseroles qui s’accumulent, diffusée le 7 juin, le triste souvenir qu’a laissé aux soldats allemands son passage au Ministère fédéral de la défense de l’Allemagne de 2013 à 2019 : « des contrats opaques, passés à prix d’or, une gestion désastreuse des armées., avec sur le terrain : un manque de munitions pour les soldats, et des avions et des hélicoptères de la Luftwaffe cloués au sol. »
La guerre au Moyen-Orient, après la guerre en Ukraine, vient apporter une nouvelle fois la preuve, à tous les pays de l’Union européenne, qu’ils devaient impérativement augmenter conséquemment dès aujourd’hui leurs moyens de défense respectifs, autonomes et souverains.
Avec Ursula von der LEYEN, à la tête des armées, il y a malheureusement tous les risques que l’Union européenne dépense beaucoup d’argent pour se préparer encore une fois à faire la guerre d’hier, et subisse, comme la France en 1940, une bien étrange défaite.
À la veille de l’entrée au Panthéon de Marc BLOCH, quelle tristesse de devoir compter parmi les dirigeants européens tant d’hommes et de femmes, qui ont à l’évidence encore et toujours une guerre de retard.
Alors que l’Iran des Mollahs vient d’obtenir du président TRUMP le 14 juin la signature d’un cessez-le-feu, fort peu glorieux pour la super puissance américaine, pourtant doté du budget militaire le plus élevé au monde, il est temps que les Occidentaux en général, et les Européens en particulier, ouvrent enfin les yeux, et voit la situation internationale telle qu’elle est, et non telle qu’ils ont la faiblesse de la croire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Le président TRUMP et le vice-président VANCE ont eu beau clamer haut et fort que les États-Unis sortaient grands vainqueurs des négociations avec l’Iran, le monde entier a compris, une fois de plus, une fois de trop (?), que les Américains étaient démunis, voire de plus en plus vulnérables, lorsqu’ils étaient engagés dans des guerres asymétriques.
Tous ceux qui croient depuis plus de 80 ans en la puissance et en la parole des Américains, se retrouvent aujourd’hui désespérés : gros-jean comme devant.
Depuis le dimanche 14, aucun chef d’État lucide ne peut plus croire sérieusement aux engagements militaires « indéfectibles » pris par les États-Unis envers leurs alliés, leurs « protégés », voire leurs « amis » ?
En 1939, les Polonais ont appris qu’ils ne pouvaient pas faire confiance à la France.
En 1945, ils ont appris qu’ils pouvaient encore moins faire confiance au Royaume-Uni, qui les a abandonnés à l’URSS de STALINE pour plus de quarante ans.
Pourtant, le 31 mars 1939, la Pologne pouvait croire que les engagements d’assistance militaire du Royaume-Uni, suivis de ceux de la France, suffiraient à garantir sa sécurité. Les Britanniques et les Français, n’imaginaient pas un instant alors ne pas pouvoir les honorer.
85 ans après les Polonais, les Ukrainiens découvrent qu’on ne peut décidément toujours pas faire confiance, ni aux dirigeants britanniques ni français. Non pas parce qu’ils sont menteurs, mais parce qu’une fois encore ils n’ont pas les moyens de tenir les promesses qu’ils ont cru pouvoir faire inconsidérément.
En mars 1939, les Français et les Britanniques pensaient que, face aux allemands, les « russes » seraient à leurs côtés, comme en 1914.
En 2022, les Français et les Britanniques ont cru que, pour aider les Ukrainiens à repousser les Russes, les Américains seraient à leurs côtés, comme en 1944, et qu’ils y resteraient. Rien n’est moins sûr aujourd’hui.
En voyant le président TRUMP signer le 17 juin à Versailles l’accord de cessez-le-feu aux conditions des mollahs, les Iraniens, qui se sont révoltés contre le pouvoir sanguinaire qu’ils subissent depuis plus de 40 ans, ont dû comprendre amèrement que la super puissance américaine avait à nouveau présumé de ses forces, contrainte et forcée de se désengager au plus vite d’une guerre qui risquait de finir, encore une fois pour elle, en désastre, et surtout contraire à ses intérêts mercantiles premiers.
Le monde entier à pu voir en direct, à la télévision, le président d[es États-Unis signer un accord qui, militairement, ressemble à une capitulation sans condition, et politiquement, le reniemenent des engagements pris vis à vis des femmes iraniennes, cyniquement trahies à l’égal des femmes d’Afghanistan, de la République Démocratique du Congo, de toutes les femmes qui ont le malheur d’habiter de par le monde dans des pays où leur vie compte moins, pour les Américains, que leurs intérêts liés à leurs sociétés minières.
En quittant la réunion du G7 à Évian, à laquelle il avait été invité, Wlodymyr ZELYNSKY, et les dirigeants européens qui y avaient participé, ont tenu à saluer l’accord de cessez le feu qui devait être signé à Versailles le soir même, tous rassurés d’avoir appris, du président TRUMP lui-même, qu’à la suite de cette signature, l’Ukraine pourrait compter désormais de nouveau sur lui, plus que jamais. On peut se demander s’ils connaissaient alors précisément les termes précis de l’accord que TRUMP s’apprêtait à signer avec l’Iran.
L’Iran, qui a bénéficié de l’aide des deux principaux membres des BRICS +, Chine et Russie, a réussi à résister militairement, économiquement, et politiquement à la plus grande puissance mondiale, pourtant soutenue par l’ensemble des forces armées de ses alliés au Moyen-Orient, dont la plus expérimentée d’entre elles, Tsahal, l’armée d’Israël.
Les 27 dirigeants européens, unanimes, se déclarent aujourd’hui de plus en plus persuadés que la Russie veut, et va, franchir les frontières de l’Union européenne, et qu’il faut donc d’urgence se préparer à repousser cette agression, s’armer en conséquence.
L’heure aujourd’hui n’est pas de savoir si cette crainte de la Russie est infondée, fantasmée, inventée, voire instrumentalisée. Avec ou sans la menace russe, la situation internationale actuelle est si conflictuelle que les pays européens ne peuvent plus remettre à demain les efforts de réarmement, qui deviennent chaque jour de plus en plus vitaux.
Si depuis la dernière guerre au Moyen-Orient, le besoin de réarmement de l’Union européenne est quasiment incontesté, car incontestable, reste à définir ce que les dirigeants européens mettent derrière le mot réarmement.
Les dirigeants des monarchies pétrolières ont dépensé des fortunes pour acheter des armes aux États-Unis, censées leur garantir la paix en échange. Les Iraniens viennent de leurs prouver qu’ils avaient gaspillé leur argent. Ils auraient en effet été mieux inspirés en investissant dans des gazoducs, et dans des abris souterrains, leur permettant d’échapper aux missiles et aux drones lancés depuis l’Iran.
Dans la situation très inquiétante actuelle, l’Union européenne et la France ne doivent jamais confondre vitesse et précipitation. L’effort de réarmement des pays européens n’a jamais été aussi urgent, mais il doit surtout être réfléchi pour être cohérent, pertinent, et conséquent.
Avant la guerre du golfe, faire une priorité de l’achat massif d’armement aux États-Unis pouvait sembler pertinent, mais depuis la guerre d’Iran, cela est devenu insensé, incohérent, voire totalement inconséquent.
Dans l’état actuel des capacités de production des pays occidentaux, et en raison des progrès phénoménaux et fulgurants de l’intelligence artificielle, que réalisent notamment les chercheurs américains et chinois, il est hautement probable que les armements commandés en 2026, seront dépassés quand ils seront livrés, s’ils sont jamais livrés, à l’échéance et dans les quantités promises.
Pour faire face à la menace russe, dont on peut espérer qu’elle n’est que conjoncturelle, Ursula von der LEYEN a annoncé dès mars 2025 un plan destiné à renforcer la défense européenne. Ce projet, baptisé « réarmer l’Europe », prévoit de mobiliser près de 800 milliards d’euros en dépenses d’armement pour une « Europe sûre et résiliente ».
Par contre en juin 2026, alors qu’il clair que l’intelligence artificielle représente une menace existentielle, certaine, pour tous les pays qui se laisseront distancés et déclassés par les leaders mondiaux, aucun plan d’envergure européen n’est annoncé, ni même évoqué, en matière d’IA.
La plupart des pays de l’Union européenne, s’apprêtent à faire pour l’intelligence artificielle la même erreur que celle qu’ils ont faite pour leur défense, confier leur destin aux seuls États-Unis.
Parmi les 27 pays de l’UE, comme pour l’armement, la France a encore tout pour participer au développement de l’IA. Comme pour les avions de combats, les Français peuvent se lancer dans l’aventure sans attendre que les Allemands se décident à vouloir nous accompagner.
Bien sûr, la France n’a pas les moyens d’investir des sommes énormes pour concurrencer, sur leur terrain, les grands groupes qui sont déjà les géants de l’IA, mais elle peut former de nombreux spécialistes capables d’optimiser l’utilisation de l’IA, capables de suivre et comprendre son inéluctable évolution.









