N° 560 Extrait – DESCHAMPS président, vivent les écoles de formation précoce !

Qui a-t-il de plus handicapant pour une nation que l’illettrisme, l’innumérisme et l’inculture de son peuple ?                                                          Réponse : l’illettrisme, l’innumérisme et l’inculture de ses « élites ».

 

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Non seulement la France prend de plus en plus de retard dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA), mais elle semble ne rien vouloir faire pour pouvoir jamais le rattraper. Alors qu’elle a encore tout pour y arriver.

Les mathématiques constituent la base de l’IA, avec le calcul matriciel et les vecteurs qui représentent les données et les paramètres des modèles. Les opérations d’algèbre linéaire, comme la multiplication et la transposition, servent à ajuster les poids grâce à la rétropropagation et à la descente de gradient. Lire : Les maths dans l’intelligence artificielle expliquées

Fort tristement, nos députés ne semblent pas du tout chercher à s’informer sur l’intelligence artificielle !

Les médailles Fields sont accordées depuis 1936, tous les 4 ans, aux jeunes mathématiciens dont les travaux ont été les plus remarqués. En 2022, sur les 69 médailles attribuées, les États-Unis en avaient reçu 15, la France 13, la Russie 9, le Royaume-Uni 8, le Japon 3, l’Allemagne 2, l’Australie 2, la Belgique 2, l’Iran 2, l’Italie 2, et la Chine 1.

Les 2 médaillés belges, Pierre DELIGNE en 1978 et Jean BOURGAIN en 1994, ont effectué une partie importante de leurs travaux de recherche en France, notamment à l’Institut des hautes études scientifiques (IHES), Pierre DELIGNE de 1968 à 1984 et Jean BOURGAIN de 1985 à 1994.

Les médaillés belges et les médaillers français sont donc issus du même moule, de la même école. On voit ainsi que le couple franco-belge a produit autant de médaillers que les États-Unis, dont la population est 4,4 fois plus nombreuse.

Jusqu’en 2022, la France pouvait, à juste titre, considérer qu’elle avait la meilleure école mathématique du monde, malheureusement elle a tous les risques que cette excellence française disparaisse, tant le niveau de recrutement des professeurs de mathématiques s’est effondré, et tant ses meilleurs cerveaux lui sont arrachés.

En 2022, sur le site néoprofs, on pouvait lire avec « attendrissement », les échanges d’internautes réagissant à une proposition : Payer différemment les profs en fonction de la matière enseignée…

Les réponses étaient très majoritairement favorables au maintien de la situation actuelle, au nom du sacro-saint principe d’égalité.

En France, pendant la Révolution, de nombreux Français ont perdu la tête, et la façon de s’en servir.

Le bilan de toutes les révolutions dans le monde, dont la Révolution française a servi de modèle, est pour le moins contrasté. Nulle part les promesses de liberté, d’égalité, et de fraternité, n’ont pu être tenues durablement.

Car, les grands penseurs des révolutions ont de graves problèmes, avec les faits, avec le réel, et avec les hommes dont ils veulent changer, de toute force, la nature.

Au nom du principe d’égalité, qui tourne rapidement à l’égalitarisme, ils méconnaissent surtout un principe économique élémentaire éprouvé au cours de l’Histoire : mieux vaut être inégalement riches qu’également pauvres.

La Révolution bourgeoise française, fut une pure escroquerie intellectuelle. Faite au nom du peuple, pour le peuple, elle a conduit à la révolte du peuple, tant elle était ignorante de ses attentes.

Face à la noblesse et au haut clergé, les bourgeois ne supportaient plus l’injustice dont ils se croyaient les premières et les seules victimes. S’ils voulaient prendre le pouvoir ce n’était certainement pas pour le partager avec les gueux.

Dans toutes les révolutions qui se sont inspirées de la Révolution française, on retrouve le même genre de clique, faite d’envieux, d’aigris, de ratés, d’escrocs opportunistes et sanguinaires, présentés par leurs hagiographes comme des chantres de vertu, alors qu’ils ne sont souvent que de vils manipulateurs, psychopathes, qui ont réussi, par la violence, à accaparer le pouvoir, pour ne plus jamais le lâcher.

Il y a 250 villes en France dont une rue porte encore le nom de ROBESPIERRE. En 2022, Paris a décidé de débaptiser la sienne, pour cause de Terreur. Sage mesure des socialistes qui, fiers d’avoir aboli la peine de mort, pouvaient difficilement continuer à honorer un guillotineur aussi patenté.

On note qu’aucune municipalité ne semble avoir baptisé une de ses rues du nom de MARAT. Pourquoi une telle inégalité, alors qu’il fit probablement guillotiner moins de monde que ROBESPIERRE ? On note aussi qu’aucune municipalité ne semble avoir baptisé une de ses rues du nom de Charlotte CORDAY.

De ROBESPIERRE à POL POT, en passant par LÉNINE, TROSKY, STALINE, et MAO TSÉTOUNG, entre autres, les Français ont très souvent montré beaucoup de considération, voire d’admiration, pour les dictateurs, sous réserve qu’ils s’affichent révolutionnaires. La photo de STALINE ci-contre, qui a bien sûr été générée par l’intelligence artificielle, ne manquera pas d’abuser facilement la confiance de jeunes incultes, donc incapables de s’interroger sur la vraisemblance d’une telle photo.
Comment Sébastien DELOGU, député de LFI qui déclare : « Je ne sais pas qui est PÉTAIN », pourrait-il repérer immédiatement un tel montage grossier, alors qu’il vise cyniquement à faire accroire, aux esprits simples, que STALINE pouvait aussi avoir du cœur ?

La gauche s’est appliquée à dissimuler pendant plus de trente ans l’effondrement du système scolaire français. Aujourd’hui plus personne ne peut nier la réalité : N°463 Illettrisme, baisse du niveau scolaire, montée de la haine, et montée de la violence.

« Nous vivons un moment de bascule. »

Le 22 février 2011, invité sur Canal+ à répondre à un petit test de connaissance, Bruno LE MAIRE, ministre de l’Agriculture depuis 2009, s’étant montré incapable de répondre à la plupart des questions techniques qui venaient de lui être posées, eut droit pour finir à une question de rattrapage, qui à l’évidence devait lui permettre de répondre facilement sans hésitation : « Monsieur le ministre, un hectare, ça fait combien de mètres carrés ».

À la grande stupéfaction de toutes les personnes qui étaient sur le plateau de télévision, le ministre qui fut chargé de l’agriculture jusqu’en 2012, ne sut pas dire qu’un hectare correspond à la surface d’un carré de 100 mètres de côté, soit 10 000 mètres carrés. En regardant la vidéo de l’enregistrement de cette prestation télévisuelle peu glorieuse, on peut voir que l’intéressé n’a visiblement aucune conscience de l’énormité de sa lacune.

Le scandale n’est pas que Bruno LE MAIRE n’ait pas instantanément rougi de honte pour son manque de culture générale, mais le scandale est, que cette histoire n’ait pas empêché un président de la République de le nommer de 2017 à 2024, ministre des finances, alors qu’il l’avait entendu afficher sa fierté d’avoir « toujours été nul en math ».

Bruno LE MAIRE est né en 1969. Selon ses biographes il a fait de très brillantes études littéraires. Malheureusement pour les Français, savoir gouverner, c’est d’abord savoir compter.

Savoir compter ce n’est pas faire de savants calculs, ou savoir faire de subtiles démonstrations mathématiques.

Savoir compter, cela consiste juste à être capable de faire les calculs élémentaires qui étaient exigés des élèves qui voulaient passer en classe de sixième avant 1956, avant l’année de la suppression de l’examen d’entrée.

Savoir faire une addition, une soustraction, une multiplication, une division, et savoir faire un calcul de produit en croix, ou comme on disait autrefois savoir faire et poser une règle de trois, n’est pas un don réservé aux élèves qui auraient une bosse des maths. La bosse des maths n’existe pas. Par contre, ce qui existe bel et bien, c’est le privilège des enfants issus des milieux les plus favorisés.

De même qu’il ne faut pas qu’un élève soit doué en orthographe pour qu’il sache lire, le fait qu’il soit, ou qu’il se croit, nul en math ne peut justifier qu’il soit incapable d’effectuer rapidement les calculs mentaux les plus élémentaires.

Le calcul mental est une discipline, un sport intellectuel, qui comme tout sport nécessite de nombreuses heures d’entrainement pour ceux qui prétendent y exceller. Depuis l’invention de la calculette, ce dédain pour le calcul mental a fait des ravages. Les progrès de la science et de la technique ne constituent de réels progrès pour l’humanité, que s’ils ne font pas perdre aux humains, par inconséquence et/ou par paresse, les qualités intellectuelles qu’ils avaient mis tant de siècles à acquérir.

Faut-il interdire la calculette à l’école primaire ? Faut-il interdire les ordinateurs à l’école primaire ? Faut-il interdire l’exposition aux écrans des enfants en bas-âge ?

Sur toutes ces questions, de nombreux psychosociologues et pédagogues persistent à se réjouir de voir combien les enfants se montrent de plus en plus jeunes à l’aise avec les claviers.

Paradoxalement, les inventeurs de outils informatiques les plus performants, sont intraitables : pas d’ordinateurs pour leurs enfants avant qu’ils ne se soient montrés capables de guider la machine informatique, et non pas se laisser guider par elle.

L’arrivée de l’intelligence artificielle ne manquera pas d’avoir des effets aussi catastrophiques pour l’intelligence naturelle du genre humain que la calculette en a eu sur sa capacité à faire de tête des calculs simples.

Le 13 juillet 2025, le président a déclaré : « nous vivons un moment de bascule ». Malheureusement pour le pays cela fait plus de 50 ans que la France vit un lent moment de bascule. Depuis 1974, plus aucun ministre des finances n’a présenté et assuré un budget à l’équilibre. Depuis 1975, depuis la loi HABY, le ministère de l’Éducation nationale, quels que soient les ministres, s’est plus préoccupé de la lutte contre les inégalités sociales que de la transmission optimale des connaissances et des savoirs. L’élitisme républicain, qui avait réussi à faire fonctionner l’ascenseur social sous la IIIe République, a été peu à peu dénaturé et abandonné sous la Ve République.

Paradoxalement, c’est aussi dans les années 1970 que les clubs de football français se sont mis à créer des centres de formations pour permettre aux jeunes joueurs, sélectionnés dès leur plus jeune âge pour leurs performances remarquables, de cultiver leurs talents,

C’est ainsi, au moment même où les entraineurs de football ont commencé à comprendre l’importance de la sélection et de la formation précoce des joueurs, que l’Éducation nationale a commencé à abaisser ses exigences pour laisser passer en classe supérieure les jeunes élèves, même ceux qui, à la vue de leurs notes, n’avaient absolument pas le niveau pour pouvoir suivre avec profit l’enseignement devant y être délivré.

En 28 ans, les méthodes des écoles de formations très sélectives ont permis à l’équipe de France de football de se hisser au plus haut niveau mondial. En 50 ans, les méthodes non sélectives des écoles prônées par le ministère de l’Éducation nationale, ont conduit à un dramatique effondrement de l’enseignement français, plaçant le pays dans les derniers rangs de tous les classements mondiaux.

Alors que le football professionnel et amateur français est entré courageusement dans le cercle vertueux, du travail bien fait, de la rigueur, et de la recherche continue de l’excellence, dans les années 70, la gestion des finances et de l’enseignement en France est entrée lâchement dans le cercle vicieux de la désinvolture, de la nonchalance, de l’inconséquence, et de l’irresponsabilité.

Alors que les difficultés auxquelles la France doit faire face s’accumulent, alors qu’il est acquis aujourd’hui que l’arrivée de l’intelligence artificielle va bouleverser toutes nos façons d’apprendre, de travailler et de nous défendre, les députés de l’Assemblée nationale se montrent toujours bien peu conscients de l’importance de cette révolution, voire même indifférents.

En effet, à l’Assemblée nationale le 15 décembre 2025, pour entendre Olivier REY, philosophe et Mathématicien, venu éclairer les députés sur l’intelligence artificielle, un sujet qui devrait les fasciner autant qu’il devrait les inquiéter, il n’y avait que quatre auditeurs, dont le président de la Mission d’information sur l’IA, député RN du Loir-et-Cher, Roger CHUDEAU, et la rapporteure, Céline CALVEZ, député Ensemble des Hauts-de-Seine.

 Le 15 décembre 2025, Olivier REY devant la commission de la Mission d’information sur l’IA  

 Le 15 décembre 2025, Olivier REY fait son exposé devant quatre députés 

 Le 15 décembre 2025, Luc JULIA fait son exposé devant cinq députés 

Plus de deux siècles après la prise de la Bastille, dans le monde entier, les admirateurs de la Révolution française n’ont visiblement pas encore tous compris, qu’on ne peut partager les richesses, que tant qu’elles existent. Lorsque les richesses ont été divisées en de trop nombreuses parts, elles n’enrichissent que très modestement et très brièvement les nombreux bénéficiaires des partages, tandis que, malheureusement, elles cassent durablement, parfois définitivement, les ressorts économiques éprouvés qui ont permis la création de ces richesses si convoitées.

Celui qui restera probablement le plus célèbre joueur d’échec de tous les temps, Garry KASPAROV, né en 1963 en URSS, déclara en 2016 :

« Dans la pratique, le socialisme corrompt non seulement l’économie, mais l’esprit humain lui-même, et érode l’ambition et la réussite qui ont rendu possible le capitalisme moderne et sorti des milliards de personnes de la pauvreté. Parler de socialisme est un énorme luxe, un luxe payé par les succès du capitalisme. L’inégalité des revenus est un gros problème, c’est certain. Mais l’idée que la solution est davantage d’État, de régulation, de dette, et moins de risque, est dangereusement absurde. »

En 1978, près de 40 ans avant le grand joueur d’échec, DENG XIAOPING, avait établi le même constat que lui, ce qui l’avait poussé à instaurer en Chine un système économique radicalement différent du système soviétique, une économie nouvelle qu’il baptisa : économie socialiste de marché.

DENG a étudié en France dans les années 1920, où il découvrit le marxisme, le communisme, et la lutte des classes. Par chance pour les Chinois, avant les intellectuels révolutionnaires français, restés longtemps admirateurs inconditionnels du maoïsme, il comprit, que la révolution culturelle, qui dura de 1966 à la mort de MAO TSÉ-TOUNG en 1976, était une pure folie, conduisant inéluctablement le pays à la ruine.

De 1980 à 2023, en devenant délibérément l’un des pays les plus inégalitaires du monde, la Chine « communiste » a réussi l’exploit de multiplier son PIB par près de 60, et de produire en 2024 plus de 50 % de l’acier mondial, avec plus d’un milliard de tonnes.

 De 2000 à 2023, le PIB de la France a été multiplié par 2,2, dans l’UE par 2,5, et en Chine par 14,7

Tous ceux qui s’inquiétaient en 2001 des conséquences néfastes que, selon eux, l’adhésion de la Chine à l’OMC ne manquerait d’avoir pour l’industrie européenne, recevaient la même réponse. Certes, l’arrivée sur le marché européen d’articles chinois, produits à très faible valeur ajoutée, vendus à des prix imbattables, allait contraindre les entreprises en Europe à mettre à l’arrêt certaines fabrications, mais la possibilité de vendre sur l’immense marché chinois des produits à très forte valeur ajoutée compenserait largement ces « petits problèmes ».

Sans aucune gêne, Pascal LAMY annonçait clairement la couleur, pour pouvoir vendre des avions et des TGV à la Chine il fallait accepter d’acheter des grille-pains, ou même des téléviseurs, made in China.

À la toute fin du XXe siècle, les économistes avaient réussi à convaincre tous les dirigeants occidentaux qu’il ne fallait plus fabriquer soi-même ce qu’on pouvait faire fabriquer ailleurs, à un coût inférieur, fut-ce à l’autre bout du monde.

Les écologistes européens, préoccupés par leur confort personnel et la qualité de leur environnement, furent les premiers satisfaits que les industries les plus polluantes puissent être promptement délocalisées.

En Europe, rares furent ceux qui s’offusquèrent de cette répartition des tâches, moralement, socialement, écologiquement, indigne, et qui plus est, militairement totalement inconséquente.

En 2001, de nombreux Européens rêvaient d’un monde sans usine, les cerveaux en Europe, et les petites mains partout dans le reste du monde. Incroyablement alors, cette vision on ne peut plus racisée et méprisante du travail, n’eut nullement l’heur de scandaliser la gauche antiraciste et égalitariste.

Du déclassement à la diète

Les Chinois ont montré aux révolutionnaires du monde entier, de façon incontestable, qu’il valait mieux être inégalement riches qu’également pauvres.

En 1978, lorsque les Chinois ont mis en place leur économie socialiste de marché, les Occidentaux ont eu la naïveté de croire que la Chine faisait un pas vers leur système économique, un pas qui, pensaient-ils, devait les conduire inévitablement vers leur système politique, vers leur modèle démocratique.

Le 5 juin 1989, à la suite de la sanglante répression des manifestations de la place Tian’anmen, les Occidentaux abandonnèrent brusquement leur vision trop optimiste des futurs changements en Chine.

Mais, dès le soir du 18 juin 1989, en apprenant les résultats du second tour des élections législatives en Pologne, les Occidentaux se remirent immédiatement de nouveau à rêver.

Après la chute du Mur de Berlin le 9 novembre 1989, et après la fin de l’URSS le 25 décembre 1991, les Occidentaux mirent rapidement fin aux mesures et aux sanctions qu’ils avaient prises contre la Chine.

Dans l’euphorie qui prévalut alors, les Occidentaux s’empressèrent d’oublier les sombres prédictions attribuées à LÉNINE : « Les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle nous les pendrons ».

En France, pendant plus de 30 ans, les économistes, à de très rares exceptions, ont tous cautionné la politique européenne, pro OMC, mise en œuvre par les socialistes et/ou les gaullistes, qui n’avaient plus de gaulliste que le nom.

En décembre 2016, Pascal LAMY, n’avait pas encore mesuré la taille du piège que les Chinois avait tendu aux Occidentaux. Il déclarait dans Les Échos : « la Chine ne triche pas. Mais elle est redoutable d’efficacité quand il s’agit de profiter des moindres défauts d’une réglementation de l’OMC loin d’être aujourd’hui parfaite ».

Dans Strange New World: Geoeconomics vs Geopolitics, le livre qu’il a coécrit avec Nicole GNESOTTO, publié en septembre 2019, Pascal LAMY restait toujours convaincu que son bilan à la tête de l’Organisation Mondiale du Commerce était globalement positif.

Dans l’article qu’il a mis en ligne le 9 décembre 2021, intitulé commerce : comment la Chine nous a trompés, l’auteur, Richard HIAULT, décrit, lui, comment les Occidentaux partisans à tout crin de la mondialisation se sont économiquement totalement fourvoyés.

En 2020, à l’occasion de la crise de la covid, les Occidentaux ont pris conscience sérieusement, pour la première fois, des fragilités et des insuffisances de leur système économique global, et de l’incroyable inefficacité de leurs si coûteux systèmes de santé.

En 2022 et 2023, les Occidentaux qui ne doutaient pas un instant que l’OTAN pourrait facilement contenir l’armée russe, eurent une bien mauvaise nouvelle surprise. Non seulement la Russie fut loin d’être aussi faible militairement qu’ils le croyaient, mais avec l’aide de la Chine, et des pays des BRICS+, elle fit la démonstration, devant le monde entier, qu’elle pouvait rivaliser avec les usines d’armement de l’ensemble des pays occidentaux, voire les surpasser.

Depuis la décennie 1980, à plusieurs échelons, sous l’impulsion d’institutions internationales comme le FMI, la Banque mondiale, le GATT (devenu OMC), et d’États (les États-Unis de Ronald REAGAN ou le Royaume-Uni de Margaret THATCHER), la financiarisation des économies développées a été encouragée, censée permettre mieux répondre aux crises du capitalisme et à la désindustrialisation.

En 1980, le PIB des États-Unis, de l’Allemagne, de la France, du Royaume-Uni, et de la Chine représentaient respectivement : 25,44 %, 7,60 %, 6,25 %, 5,39 %, et 2,7 % du PIB mondial.

En 2023, le PIB des États-Unis, de l’Allemagne, de la France, du Royaume-Uni, et de la Chine représentaient respectivement : 28,67 %, 4,24 %, 2,92 %, 3,19 %, et 16,94 % du PIB mondial.

On note ainsi qu’en 43 ans le PIB relatif de la Chine a été multiplié par plus de 6, tandis que le PIB relatif de la France a diminué de moitié.

D’une économie mineure en 1980, la Chine est passée au deuxième rang mondial pour ce qui est du PIB, et est devenue le premier des 10 principaux pays manufacturiers dans le monde.

 Les dix premiers pays manufacturiers représentent à eux seuls plus de 68 %

Dans les pays occidentaux, le déclin de l’industrie s’est accompagné de l’enrichissement des sociétés, et donc d’une importante augmentation de leur PIB par habitant aussi  rassurante que trompeuse.

La persistance d’une vision irénique de la désindustrialisation par les milieux financiers prouve, combien leurs attentes sont éloignées des préoccupations des ouvriers réduits au chômage, et ignorants des inquiétudes des plus hauts responsables militaires des pays occidentaux restés lucides.

La désindustrialisation en France a commencé au début des années 1970. Notre pays est l’un de ceux qui s’est le plus, et le plus tôt désindustrialisé, avec une perte de 2,5 millions d’emplois industriels depuis 1974.

À la mort de François MITTERRAND, un grand nombre de Français n’avaient absolument pas pris conscience du coût élevé que finirait par avoir, pour la majorité d’entre eux, la plupart des avancées sociales « généreuses » mises en œuvre par la gauche. Mesures sur lesquelles la droite et le centre n’ont toujours pas osé revenir.

L’année 2026 s’ouvre pour la France sous les pires auspices, politiquement, financièrement, économiquement, culturellement et socialement. Tous les voyants sont au rouge.

Depuis les années 1980, le nombre de problèmes qui se sont accumulés, est devenu si élevé, faute de les avoir traités à temps, qu’aucun gouvernement n’arrive à y faire face.

Les travailleurs de force, qui ont voté pour la gauche en général, et pour François MITTERRAND en particulier, ont pu croire qu’ils seraient les premiers bénéficiaires de la politique mise en œuvre par les gouvernements socialistes. C’est pourquoi, souvent usés, voire brisés par leur dur labeur, ils ont accueilli avec enthousiasme la réduction du temps de travail, sans diminution de salaire, et l’avancement immédiat de 5 ans de l’âge de la retraite, leur laissant espérer enfin quelques années de vie supplémentaires en bonne santé.

Ils n’ont pas vu qu’une fois ces mesures généralisées sans aucune discrimination, sans discernement, ce qu’ils croyaient être un avantage, non seulement n’en serait bientôt plus un, mais se retournerait d’abord contre eux.

Lorsque les économistes, qui avaient l’incongruité de rappeler l’existence du réel, rappelaient qu’une diminution de temps de travail trop importante, mal évaluée, induisait inéluctablement une perte de compétitivité, les idéologues trouvaient toujours de « bons » arguments pour balayer leurs réserves et leurs avertissements.

Il faut écrire en effet « bons » arguments entre guillemets, tant ils se sont révélés rapidement économiquement insensés et moralement réprouvables.

Le bon sens et le sens moral sont malheureusement les qualités qui font souvent le plus défauts aux révolutionnaires mondains. Ne parlons pas de leur compétence, et encore moins de leur probité.

Depuis la publication des travaux de l’historien François FURET, ancien adhérent du Parti communiste, on sait que la Révolution française n’est pas née de la révolte du petit peuple des campagnes, auquel les élites éclairée aurait apporté leurs lumières pour les aider à obtenir une forme de justice sociale, les aider à améliorer leur sort, mais de l’impatience de la bourgeoisie naissante, lasse de ne pas arriver à porter au pouvoir des dirigeants qui servent d’abord ses intérêts de classe.

À la lecture du livre, Des notables léonards dans la Révolution, publié par Pierre-Nicolas TERVER aux éditions Skol Vreizh en 2024, on comprend pourquoi tant de paysans parmi les plus modestes se sont rebellés, partout en France, dès qu’ils ont pu mesurer que cette révolution, qui n’était pas faite par eux n’était surtout pas faite pour eux. Dans tous les changements de régime, dans toutes les révolutions, les premiers et les grands gagnants, sont ceux qui sont les mieux dotés et les mieux placés pour profiter des nouvelles données économiques, politiques et culturelles.

Pendant la Révolution française, les bourgeois les plus riches ont pu bâtir leur fortune en rachetant à bas prix les biens de l’Église dès qu’ils ont été nationalisés, après l’effondrement de l’Union soviétique, les apparatchiks les mieux placés ont réussi à faire main basse facilement sur les biens de l’État soviétique privatisés, au point d’arriver à amasser d’immenses fortunes en quelques années.

En France, malgré l’évidence que, là où il y des hommes il y a de « l’hommerie », les intellectuels de gauche refusent toujours de voir dans les oligarques russes les « dignes » héritiers de la Révolution française. Ils croient toujours qu’on peut créer un homme nouveau « bon ».

Malheureusement, le budget que le gouvernement a pu faire adopter en janvier 2026, en ayant recours à l’article 49 alinéa 3, révèle l’incapacité qu’ont les Français à sortir des logiques de redistribution au-delà de leurs moyens.

L’utopie communiste garde bizarrement auprès de l’intelligentsia française un prestige troublant, qui continue à préférer avoir tort avec SARTRE que raison avec ARON.

Depuis que Jean-Jacques ROUSSEAU a publié en 1755 son fameux Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, l’égalitarisme, ce culte stupide de l’égalité, a déjà fait des millions d’aigris, des millions d’envieux, et surtout des millions de morts, et malgré cela il a tout pour continuer à en faire encore beaucoup.

Comment peut-on encore donner tant de crédit à un penseur qui a déclaré : « commençons, par écarter tous les faits » ?

L’égalitarisme parfait est impossible à atteindre, et si par miracle et par malheur il advenait, il est certain qu’il ne tirerait pas l’humanité vers le haut.

Lutter contre les injustices sociales est un devoir moral, mais sous réserve que les moyens mis en œuvre pour atteindre ce bel objectif ne soient pas contre productifs. Lorsque la lutte contre les inégalités conduit inéluctablement à la médiocrité pour tous, elle devient une véritable aberration économique et sociale.

L’égalitarisme est une grave altération de la pensée dont la grande majorité de la classe politique française ne semble pas avoir encore mesuré à quel point il peut être handicapant : le socialisme de tous les partis, un poison français.

Nicolas BAVEREZ a publié le 2 février dans Le Figaro, un article intitulé La France en voie de tiers-mondisation.

Il note qu’actuellement la paupérisation de la France et des Français s’emballe. En 2024, la richesse par habitant de la France se situe au 34e rang mondial et est désormais inférieure de 7 % à la moyenne européenne, et ce pour la troisième année consécutive. Elle est en retrait de 25 % par rapport à celle du Danemark, de 20 % par rapport à celle de la Suède, de 15 % par rapport à celle de l’Allemagne, de 0,5 % par rapport à celle de l’Italie. Par ailleurs, l’écart favorable vis-à-vis de la Pologne a été réduit de 60 % à 20 % depuis 2000.

L’épargne des Français a atteint en 2025 la valeur record de 6 600 milliards d’euros, soit plus de 100 000 euros par habitant, soit presque deux fois la dette du pays, 3 500 milliards d’euros, soit enfin l’équivalent pour la France de plus de huit fois son budget annuel, 816 milliards d’euros en 2024.

En arrivant à mobiliser l’épargne des particuliers, pour faire les investissements productifs dont le pays à absolument besoin, le gouvernement français pourrait faire revenir l’économie du pays dans le cycle vertueux qu’elle a quitté en 1974, soit il y aura cette année exactement un demi-siècle.

Pendant la Première Guerre mondiale, pour sauver le pays, des millions de Français ont répondu à l’appel lancé dès 1915 par le gouvernement : Pour la France VERSEZ VOTRE OR. L’or Combat Pour La victoire. Cet appel fut couronné de succès puisque les emprunts d’État souscrits par les épargnants ont couvert la moitié des dépenses de guerre.

6 600 milliards d’euros sur un compte à la banque, pour quoi faire ?

Gouverner c’est prévoir !

Gouverner c’est prévoir. Aucun gouvernement ne peut être tenu pour responsable de ce qui était imprévisible, par contre il est impossible d’excuser que, ce qui ne pouvait absolument pas être imprévu, reste totalement ignoré.

Comment excuser que la France manque aujourd’hui de médecins, alors que ses dirigeants ont eu la folie de tout faire hier pour qu’il en soit finalement ainsi ?

La démographie étant l’une des sciences les plus exactes, et les plus prédictives, à plus de 10 ans, comment le ministère de la Santé a-t-il pu instaurer un numerus clausus en Médecine qui a fait passer le nombre d’inscriptions d’étudiants en deuxième année de 8 588 places en 1972, à 3 500 en 1993, 6 850 en 2006, et 8 205 en 2018, alors que la population française n’a cessé d’augmenter de 1972 à 2018, de 53 à 67 millions d’habitants ?

Les gouvernements français ont ainsi délibérément organisé la pénurie de médecins pendant plus de 40 ans.

L’exemple du manque de médecins est certainement le plus insensé. Malheureusement dans presque tous les domaines, la France persiste à ne pas former les personnels qualifiés dont elle va avoir un besoin crucial pour répondre aux exigences des métiers de demain, tandis qu’elle accueille dans ses collèges, dans ses lycées, et dans ses universités, des milliers d’élèves et d’étudiants incapables de suivre le moindre cursus d’enseignement, même ceux d’un niveau peu élevé.

La France n’est pas encore ruinée, mais cela peut venir extrêmement vite, si rien n’est fait pour orienter les forces et les finances du pays dans la bonne direction, si rien n’est fait pour mettre un terme à la dilapidation de la fortune que nous ont léguée nos ancêtres.

Car il y a malheureusement dilapidation effective. En 2025, on note ainsi qu’encore plusieurs fleurons de l’économie française ont changé de nationalité, sans que le gouvernement ait fait beaucoup d’efforts pour les garder dans le giron du pays. On note surtout que le vandalisme et les dépenses improductives ne cessent de croître, tandis que l’espoir de l’augmentation des recettes commerciales s’éloigne de plus en plus.

En 2020 on comptait un peu moins de 240 000 étudiants inscrits dans une des 369 écoles de commerce recensées en France, et seulement environ 160 000 étudiants inscrits en cycle d’ingénieur, alors qu’il en faut, et qu’il en  faudra de plus en plus, si l’on veut resté compétitif par rapport à la Chine, la Russie, et  l’Inde, entre autres pays.

Selon les chiffres du ministère de l’Enseignement supérieur, les effectifs des écoles de commerce en 2000 étaient de 63 400 inscrits, alors qu’en 2025 le nombre d’étudiants a atteint 258 300.

Les directeurs des écoles de commerce s’inquiètent, pour des raisons démographiques, d’une probable diminution du nombre de leurs étudiants dans les années à venir. Alors que ce qui devrait les inquiéter au plus haut point c’est qu’il y ait en France tant d’engouement pour les écoles de commerce et si peu pour les écoles d’ingénieurs.

Il est attristant que les dirigeants français semblent si peu troublés par ces chiffres, alors qu’ils donnent l’assurance du déclin, à court terme, de l’économie française. À quoi sert en effet de former tant de vendeurs dans un pays qui fabrique et produit si peu !

Aujourd’hui, alors qu’elle reste autosuffisante dans de moins en moins de domaines, la France accorde de plus en plus le droit d’asile sur son sol, et régularise de plus en plus d’immigrés sans-papiers.

En 15 ans, le nombre de bénéficiaires du droit d’asile en France a plus que triplé.

Selon l’observatoire de l’immigration & de la démographie, dans l’état actuel de nos lois, on estime à 580 millions le nombre de personnes que la France ne peut en aucun cas refuser d’accueillir sur son sol, quand leur demande officielle a pu être régulièrement déposée. Les Français peuvent donc se préparer à devoir continuer à accueillir, pendant plusieurs années encore, un nombre considérable et croissant d’immigrés.

Il n’y a pas de lien direct de causalité entre immigration et délinquance, qui puisse être essentialisé, sous réserve que les immigrés autorisés à séjourner sur le territoire national soient en nombre limité, correspondant à des capacités d’accueil digne, en quantité et surtout en qualité.

Or ces conditions ne sont plus réunies en France depuis bien longtemps, si elles ne l’ont jamais été, pour d’évidentes raisons arithmétiques et budgétaires élémentaires.

Les services de police, la justice, les services sociaux et médicaux, sont totalement débordés depuis plus d’une vingtaine d’années. Cette situation ne fait et ne peut que s’aggraver rapidement, tant le nombre d’immigrés excède de plus en plus la somme des moyens qu’il faudrait mettre à leur disposition pour gérer convenablement leur présence en France.

L’accueil de mineurs isolés qui ne parlent pas ou très mal le français, notamment s’ils sont originaires d’Afghanistan ou de Tchétchénie, pose très souvent aux services sociaux départementaux des problèmes culturels, sanitaires, et budgétaires, dont certains deviennent rapidement insurmontables.

La Légion étrangère réussit l’exploit, depuis bientôt deux siècles, d’accueillir en son sein des hommes venus de pays très divers, parfois en guerre entre eux, appartenant à des cultures et des religions totalement différentes. Pour obtenir de tels résultats, les officiers et les sous-officiers des centres de recrutements de la Légion n’ont pas de secret, mais du bon sens. Ils refusent l’engagement de tous ceux qui sont, à l’évidence, incapables de respecter les règles de bonne conduite auxquelles tout légionnaire doit accepter de se plier.

Lorsqu’en août 2015 la chancelière Angela MERKEL a ouvert toutes grandes les frontières de l’Allemagne aux réfugiés syriens, après avoir lancé « Wir schaffen das », que l’on peut traduire par « On va le faire » ou « On va y arriver », les associations humanitaires françaises ont salué son « grand courage » et sa générosité.

Les responsables politiques qui font de l’accueil aux étrangers un devoir moral inconditionnel, qui refusent d’entendre les arguments de tous ceux qui les appellent à plus de lucidité et à plus de mesure, croient certainement ainsi compter parmi les opposants aux partis d’extrême droite les plus résolus, malheureusement ils font surtout la preuve de leur inconscience et de leur inconséquence, économique, politique, sociale, et surtout de leur ignorance en éthologie, l’étude scientifique du comportement des espèces animales, et des humains, dans leur milieu naturel ou dans un environnement particulier.

En France et en Allemagne, les élites, souvent très protégées socialement et culturellement, gardent sans aucune gêne la prétention d’être les mieux qualifiés pour indiquer au petit peuple le chemin du bien, du bon, de l’honneur et de la vertu. Non seulement elles restent incapables de comprendre les réticences des gens pauvres à accueillir d’autres pauvres, totalement étrangers à leur culture et à leurs mœurs, comme si cela ne comptait pas, mais elles les accusent d’être xénophobes, racistes, et égoïstes.

Droit à la paresse ? 

La clairvoyance et le courage ne sont pas innés, ils se cultivent. On constate malheureusement qu’il y a en France de moins en moins de personnes cultivées, capables de résister à la paresse et à la facilité.

Depuis 1968, les chroniqueurs politiques et les journalistes, qui sont censés avertir leurs lecteurs, font de moins en moins d’efforts pour les éclairer sérieusement.

Avant d’arriver au pouvoir en mai 1981, la plupart des futurs ministres socialistes avaient tout bêtement oublié que, pour pouvoir partager les richesses, il fallait d’abord les produire, preuve en est l’existence d’un ministère du Temps libre, dans les trois gouvernements MAUROY I, II, III.

Le jeudi 15 septembre 2022 à l’Assemblée nationale, la députée Sandrine ROUSSEAU a fait sensation en faisant valoir un « droit à la paresse » contre le « parti du travail » supposé représenté par le communiste Fabien ROUSSEL. Les propos tenus dans l’hémicycle par Sandrine ROUSSEAU constituent certainement l’exemple le plus emblématique de l’inconscience caractérisée, qui affecte de plus en plus de responsables politiques en France.

Contrairement à ce que pensent les « experts » qui n’ont pas encore mesuré les conséquences que va avoir l’arrivée massive de l’intelligence artificielle dans leur existence, non seulement l’IA ne va pas leur ouvrir plus grand un droit à la paresse, mais elle va les obliger à travailler plus que jamais leurs dossiers, s’ils ne veulent pas être rapidement complétement dépassés et déclassés.

IA : mais où sont les géants européens et français de demain ?

Quelles mesures le gouvernement français doit-il prendre de toute urgence, sans attendre, pour faire face aux bouleversements économiques, sociaux et culturels que l’arrivée fulgurante de l’intelligence (IA) et sa diffusion vertigineuse provoquent dès aujourd’hui, et provoqueront inéluctablement de plus en plus demain, dans tous les domaines d’application, civils comme militaires, privés comme publics ?

À moins d’un an des élections présidentielles de 2027, aucun des candidats qui se sont officiellement inscrits pour la course à l’Élysée, n’avance de réponses sérieuses à cette question, alors qu’à l’évidence l’intelligence artificielle va faire vivre à l’humanité la plus grande crise existentielle qu’elle ait jamais eu à affronter.

Après la domestication du cheval, l’invention de la brouette, l’invention de l’écriture, l’invention de l’imprimerie, l’invention de la machine à vapeur, l’invention de l’électricité, l’invention de l’ordinateur, non seulement les hommes ne se sont jamais sentis diminués par ces innovations, mais au contraire, ils ont été chaque fois renforcés dans leur conviction d’appartenir à une espèce d’une intelligence supérieure et unique, d’être vraiment la créature voulue par Dieu, telle que décrite il y a plus de deux mille ans dans la Bible, dans le livre de la Genèse.

(Genèse 1:28) « Et Dieu les bénit, et il leur dit : “Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la Terre et soumettez-la ».

Mais aujourd’hui, face aux promesses d’un monde artificialisé qui semblent sans limites, face à la création d’une super-intelligence dépassant le cerveau humain, face à l’IA, pour la première fois, les hommes qu’ils croient en Dieu, ou qu’ils n‘y croient pas, se sentent totalement perdus, incapables d’imaginer qu’elle sera leur place dans le monde qui vient, le nouveau monde qu’ils sont en train de voir naître.

Cette nouveauté technologique générique, capable d’améliorations futures, rapides, continues, et ayant le potentiel de servir de base à des innovations complémentaires dans de multiples domaines d’application connexes, a tout pour effrayer, même les esprits les mieux informés sur l’origine et les développements les plus récents de l’IA.

Comme pour toutes les nouveautés technologiques qui l’ont précédée, les hommes n’ont d’autre choix que d’apprendre à vivre avec l’IA, pour apprendre au plus vite à bien la connaître, pour savoir ainsi l’interroger au mieux.

Malheureusement en 2026, l’intelligence artificielle reste toujours plus connue du grand public pour les divers méfaits qu’elle permet d’effectuer, que pour les nombreux bienfaits qu’elle peut apporter.

En France, les voleurs, les tricheurs, les faussaires, les narcotrafiquants, les fraudeurs, et les délinquants en tout genre, ont eu recours à l’IA très tôt, et continuent souvent à garder une bonne longueur d’avance devant la police, les douanes et le fisc, tandis que les services de l’État, eux, ne sont que rarement dotés des moyens les plus performants qui puissent leur permettre de les démasquer facilement, et de les empêcher promptement de nuire.

Dans les entreprises, dans les services, dans la fonction publique et dans l’armée, se mettre à l’heure de l’IA n’est toujours pas considéré comme une priorité absolue par tous des dirigeants.

De même, les principaux responsables politiques français, allemands, et européens, n’ont toujours pas compris qu’investir massivement d’urgence dans le développement de l’IA en Europe, revêt un caractère vital pour l’Union européenne.

Le 4 mars 2027, en amont du sommet extraordinaire des 27 pays membres de l’Union Européenne convoqué à Bruxelles le 6 mars sur la question « de la poursuite du soutien à l’Ukraine et de la défense européenne », la présidente de la Commission, Ursula von der LEYEN, a dévoilé, un gigantesque plan de réarmement d’un montant de 800 milliards d’euros.

Avant le sommet, plusieurs pays européens avaient déjà annoncé des hausses spectaculaires de budget. En Allemagne, la future coalition (CDUSPD) prévoit ainsi de débloquer des investissements colossaux d’environ 900 milliards d’euros pour la défense.

Au même moment, aux États-Unis, les géants du secteur de l’intelligence artificielles se sont engagés dans une surenchère de promesses et d’investissements alors que leurs profits explosent. Moody’s estime à 3 000 milliards de dollars les investissements dans les data centers pour le cloud et l’IA dans les cinq années à venir.

Alors que Marc BLOCH, auteur du livre L’Étrange Défaite, entre au Panthéon le 23 juin 2026, la France semble une nouvelle fois vouloir se préparer à la « guerre d’hier ».

Pour expliquer la défaite de 1940, Marc BLOCH a mis fortement en accusation le système d’enseignement en France, tel qu’il était dispensé avant la Seconde Guerre mondiale.

Dans la revue du Collège de France, La Vie des Idées, le 7 avril 2026, le professeur émérite en Sociologie, François DUBET, appelle à relire les réformes de l’enseignement proposées par Marc BLOCH.

La conclusion de son article montre malheureusement que l’éminent sociologue n’est pas conscient de la nature des changements spécifiques qu’il faudra impérativement opérer, à cause de l’IA, dans les méthodes et les objectifs de l’enseignement, sous peine de voir les capacités intellectuelles des jeunes régresser de façon irréversible.

« L’école est censée donner à tous les jeunes un socle de connaissances et de compétences leur permettant de comprendre et d’agir dans le monde où ils vivent. Il serait impératif de définir le curriculum de l’école commune, de l’école élémentaire et du collège, en partant de cette question. Au moment où l’IA promet l’accès à toutes les connaissances disponibles, comment apprendre ce qui est tenu pour indispensable, pas seulement pour faire des études longues et SÉLECTIVES, mais pour devenir ce que nous appelions un citoyen ? »

Croire en la promesse d’un possible accès à toutes les connaissances disponibles grâce à l’IA, c’est croire en une promesse qui ne peut évidemment pas être tenue.

Laisser croire aux élèves qu’il suffirait d’apprendre ce qui est tenu pour indispensable pour pouvoir se servir au mieux de l’IA, c’est les bercer de très cruelles illusions

Avec l’intelligence artificielle, l’espoir de voir demain appliquer de mieux en mieux la devise de la République, liberté, égalité, fraternité, devient de plus en plus illusoire. L’IA, comme toutes les inventions, ne manquera pas de renforcer les inégalités sociales, mais pire creusera inévitablement l’écart d’intelligence qui existe entre tous les individus à leur naissance.

De même que nous avons vu supra, qu’il valait mieux être inégalement riches qu’également pauvres, à l’heure de l’IA, plus que jamais, mieux vaut être inégalement cultivés qu’également incultes.

Les avancées de l’IA sont si rapides que seuls ceux qui ont un bagage scientifique très élevé, notamment en mathématiques, peuvent comprendre et suivre son développement.

La théorie du ruissellement qui est apparue en 1954, a montré depuis longtemps ses limites en matière économique, mais dans le domaine sportif, culturel et scientifique, elle garde toute sa pertinence.

Il est clair aujourd’hui, que ne peuvent espérer exceller dans leur discipline, que les individus qui peuvent bénéficier de conditions de formation privilégiées dès leur plus jeune âge. Ces conditions, qui coûtent très cher, ne peuvent pas être offertes à tout le monde, les centres de formations sont donc obligés d’être très sélectifs.

Les sélections précoces sont souvent présentées comme une injustice faite aux enfants des milieux les plus défavorisés, alors que l’excellence est la forme suprême de l’égalité : « L’égalité des chances, c’est la chance de prouver l’inégalité des talents. ».

Les gouvernements des pays qui refusent par principe les sélections précoces, condamnent leurs citoyens à devenir rapidement collectivement esclaves de l’intelligence artificielle, les laissant seuls avec plus personne capable de les informer et/ou de les guider.

Après la publication le 15 mai, de l’encyclique Magnifica humanitas, et après le cri d’alarme d’un des pères fondateurs de l’IA, Yoshua BENGIO, poussé le 31 mai dans l’émission C dans l’air – France Télévisions, les dangers et les risques à venir sont désormais clairement identifiés.

Le chercheur Yoshua BENGIO, soulève un point fondamental : pour avoir une chance d’influer sur les futures normes qui devront obligatoirement encadrer l’IA, il faut devenir un géant de ce secteur. Autrement dit, un pays largué sur cette technologie n’aura aucune voix au chapitre pour la réguler demain.

IA : où sont les géants européens et français de demain ?

IA : les catégories socio-professionnelles CSP+, premières à la peine

La France a la chance de pouvoir encore compter plusieurs théoriciens pionniers en matière d’intelligence artificielle, tous brillants mathématiciens.

Malheureusement, en raison des choix budgétaires que les gouvernements ont fait depuis près de 50 ans, pour passer de la théorie à l’application pratique de leurs inventions, les chercheurs français sont très souvent contraints de s’expatrier, faute de pouvoir trouver chez eux les financements dont ils ont besoin.

Pire encore, alors qu’il est acquis que pour optimiser l’utilisation de l’IA, et en contrôler son bon usage, il faut pouvoir avoir recours à de nombreux et à d’excellents mathématiciens, le niveau des élèves français en science et en maths ne cesse de baisser.

Selon l’enquête TIMMS, qui mesure le niveau en sciences des élèves de 64 pays, réalisée en 2019, le score moyen des élèves français de quatrième avait baissé de 47 points en 24 ans, « ce qui correspond à la perte d’un niveau de classe, soit l’équivalent d’une année entière d’apprentissage », observe la Fondation Blaise PASCAL.

La situation s’est encore dramatiquement aggravée après la réforme du bac de 2020. « Avant la réforme, 90 % des lycéens de terminale étaient censés étudier les mathématiques ; mais le taux est passé brusquement à 59% en 2020, dès la première année de la réforme ».

Depuis un siècle, les sociétés occidentales vivaient sur une certitude implicite : chaque génération serait plus instruite, plus performante cognitivement et mieux armée intellectuellement que la précédente. Or cette dynamique historique semble aujourd’hui s’inverser. Baisse du niveau de lecture, fragilisation de l’attention, recul des compétences verbales : plusieurs études internationales montrent un déclin inédit de certaines capacités cognitives chez les jeunes générations.

Le 3 juin 2026, dans son édito du matin sur Europe 1, Judith WAINTRAUB s’est inquiétée des conséquences dramatiques prévisibles de ce déclin à l’heure de l’intelligence artificielle : IA en hausse, QI en baisse.

Les enfants comprennent dès le plus jeune âge que pour espérer devenir un grand champion de football, il faut chercher à développer ses talents le plus tôt possible, apprendre à jouer, apprendre tous les bons gestes techniques, de la façon la plus précoce et la plus intense autorisée par le corps médical.

Ce qui vaut pour le sport, pour la musique, vaut pour les capacités cognitives dans tous les domaines.

La pire des injustices faites aux enfants d’immigrés n’est pas d’interdire aux élèves très moyens d’essayer de faire des études longues, mais c’est de ne pas offrir aux élèves qui se révèlent très tôt particulièrement doués, les conditions optimales leur permettant de devenir excellents, voire brillants, et ainsi de pouvoir mettre au service de toute la collectivité leurs savoirs et leurs savoir-faire d’exception.

Le refus de toute sélection précoce, le refus de la méritocratie républicaine, qui a permis à la IIIe République de redresser le pays après la défaite de 1870, a fait perdre à l’enseignement français ce qui en a fait l’excellence pendant près d’un siècle.

Il n’y a aucune raison, à moins d’avoir des préjugés racistes inavoués, que parmi les enfants d’immigrés originaires du Maghreb ou de l’Afrique subsaharienne, on ne trouve pas d’élèves aussi doués en mathématique que Killian MBAPPE en football. Faut-il encore se donner la peine de les chercher et de les former.

En 2025, 24 étudiants marocains ont intégré l’École polytechnique de Paris, l’un des établissements les plus sélectifs de France et selon le Figaro, sept des dix meilleures classes préparatoires étrangères pour intégrer Polytechnique en 2026, sont marocaines. Preuve que les Maghrébins peuvent aussi briller en dehors des terrains de football.

Avec l’arrivée de l’intelligence artificielle, continuer à refuser par principe toute sélection précoce serait suicidaire pour la France, économiquement, militairement, et démocratiquement.

Depuis que le mot sélection est devenu un gros mot, il y a près de 60 ans, les gouvernements français ont presque tous accumulés des erreurs tragiques dans les choix qu’ils ont faits.

Gouverner c’est choisir, choisir c’est forcément sélectionner. Ce qui doit éclairer la sélection c’est la recherche de l’intérêt commun.

Les habitants des villages de France ne sont pas exigeants.

Ils ne demandent pas que tous leurs enfants puissent faire des études de médecine, ils souhaitent juste qu’au moins un d’entre eux puissent venir un jour les soigner.

Ils n’ont jamais demandé d’avoir accès au téléphone, à internet, et à la fibre optique avant les citadins des grandes villes. Ils souhaitent juste ne pas être une fois de plus trop longtemps oubliés

L’architecture des études de l’enseignement supérieur qui s’articule autour de 3 grades ou niveaux de sortie : L : licence (bac + 3) M : master (bac + 5) D : doctorat (bac + 8), a longtemps laissé croire aux 95 % d’élèves reçus au bac général que, plus ils étudieraient longuement plus ils trouveraient facilement du travail, bien payé.

Avec l’arrivée de l’IA, ce plan de carrière devient totalement illusoire, surtout pour tous les futurs diplômés qui n’obtiendront leurs examens qu’avec l’extrême indulgence des jurys.

Grande nouveauté dans l’Histoire, ce sont les catégories socio-professionnelles CSP+, qui se croyaient jusqu’à présent les mieux protégées, qui vont probablement être les premières victimes des changements de modes de productions et de service liés à l’IA.

Comme François BAYROU l’a rappelé en février 2002, « si on pense tous la même chose c’est qu’on ne pense plus rien ». D’où l’importance des débats et de la disputatio.

[Le 24 juin 2026, 18 H00, P. C., Notre-Dame de la Rouvière] : Sélection, travail, excellence, ah quels vilains mots.