N° 560 IA : la France s’apprête-t-elle à perdre une guerre qu’elle avait tout pour gagner ?
Qui a-t-il de plus ruineux pour une nation que l’illettrisme, l’innumérisme et l’inculture de son peuple ? Réponse : l’illettrisme, l’innumérisme et l’inculture de ses dirigeants.
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Non seulement la France a pris beaucoup de retard dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA), mais elle semble partie pour ne pouvoir jamais le rattraper.
Les mathématiques constituent la base de l’IA, avec le calcul matriciel et les vecteurs qui représentent les données et les paramètres des modèles. Les opérations d’algèbre linéaire, comme la multiplication et la transposition, servent à ajuster les poids grâce à la rétropropagation et à la descente de gradient. Lire : Les maths dans l’intelligence artificielle expliquées
Fort tristement, nos députés ne semblent pas du tout chercher à s’informer sur l’intelligence artificielle !
Les médailles Fields sont accordées depuis 1936, tous les 4 ans, aux jeunes mathématiciens dont les travaux ont été les plus remarqués. En 2022, sur les 69 médailles attribuées, les États-Unis en avaient reçu 15, la France 13, la Russie 9, le Royaume-Uni 8, le Japon 3, l’Allemagne 2, l’Australie 2, la Belgique 2, l’Iran 2, l’Italie 2, et la Chine 1.
Les 2 médaillés belges, Pierre DELIGNE en 1978 et Jean BOURGAIN en 1994, ont effectué une partie importante de leurs travaux de recherche en France, notamment à l’Institut des hautes études scientifiques (IHES), Pierre DELIGNE de 1968 à 1984 et Jean BOURGAIN de 1985 à 1994.
Les médaillés belges et les médaillers français sont donc issus du même moule, de la même école. On voit ainsi que le couple franco-belge a produit autant de médaillers que les États-Unis, dont la population est 4,4 fois plus nombreuse.
Jusqu’en 2022, la France pouvait, à juste titre, considérer qu’elle avait la meilleure école mathématique du monde, malheureusement elle a tous les risques que cette excellence française disparaisse, tant le niveau de recrutement des professeurs de mathématiques s’est effondré, et tant ses meilleurs cerveaux lui sont arrachés.
En 2022, sur le site néoprofs, on pouvait lire avec « attendrissement », les échanges d’internautes réagissant à une proposition : Payer différemment les profs en fonction de la matière enseignée…
Les réponses étaient très majoritairement favorables au maintien de la situation actuelle, au nom du sacro-saint principe d’égalité.
En France, pendant la Révolution, de nombreux Français ont perdu la tête, et la façon de s’en servir.
Le bilan de toutes les révolutions dans le monde, dont la Révolution française a servi de modèle, est pour le moins contrasté. Nulle part les promesses de liberté, d’égalité, et de fraternité, n’ont pu être tenues durablement.
Car, les grands penseurs des révolutions ont de graves problèmes, avec les faits, avec le réel, et avec les hommes dont ils veulent changer, de toute force, la nature.
Au nom du principe d’égalité, qui tourne rapidement à l’égalitarisme, ils méconnaissent surtout un principe économique élémentaire éprouvé au cours de l’Histoire : mieux vaut être inégalement riches qu’également pauvres.
La Révolution bourgeoise française, fut une pure escroquerie intellectuelle. Faite au nom du peuple, pour le peuple, elle a conduit à la révolte du peuple, tant elle était ignorante de ses attentes.
Face à la noblesse et au haut clergé, les bourgeois ne supportaient plus l’injustice dont ils se croyaient les premières et les seules victimes. S’ils voulaient prendre le pouvoir ce n’était certainement pas pour le partager avec les gueux.
Dans toutes les révolutions qui se sont inspirées de la Révolution française, on retrouve le même genre de clique, faite d’envieux, d’aigris, de ratés, d’escrocs opportunistes et sanguinaires, présentés par leurs hagiographes comme des chantres de vertu, alors qu’ils ne sont souvent que de vils manipulateurs, psychopathes, qui ont réussi, par la violence, à accaparer le pouvoir, pour ne plus jamais le lâcher.
Il y a 250 villes en France dont une rue porte encore le nom de ROBESPIERRE. En 2022, Paris a décidé de débaptiser la sienne, pour cause de Terreur. Sage mesure des socialistes qui, fiers d’avoir aboli la peine de mort, pouvaient difficilement continuer à honorer un guillotineur aussi patenté.
On note qu’aucune municipalité ne semble avoir baptisé une de ses rues du nom de MARAT. Pourquoi une telle inégalité, alors qu’il fit probablement guillotiner moins de monde que ROBESPIERRE ? On note aussi qu’aucune municipalité ne semble avoir baptisé une de ses rues du nom de Charlotte CORDAY.
De ROBESPIERRE à POL POT, en passant par LÉNINE, TROSKY, STALINE, et MAO TSÉTOUNG, entre autres, les Français ont très souvent montré beaucoup de considération, voire d’admiration, pour les dictateurs, sous réserve qu’ils s’affichent révolutionnaires. La photo de STALINE ci-contre, qui a bien sûr été générée par l’intelligence artificielle, ne manquera pas d’abuser facilement la confiance de jeunes incultes, donc incapables de s’interroger sur la vraisemblance d’une telle photo.
Comment Sébastien DELOGU, député de LFI qui déclare : « Je ne sais pas qui est PÉTAIN », pourrait-il repérer immédiatement un tel montage grossier, alors qu’il vise cyniquement à faire accroire, aux esprits simples, que STALINE pouvait aussi avoir du cœur ?
La gauche s’est appliquée à dissimuler pendant plus de trente ans l’effondrement du système scolaire français. Aujourd’hui plus personne ne peut nier la réalité : N°463 Illettrisme, baisse du niveau scolaire, montée de la haine, et montée de la violence.
« Nous vivons un moment de bascule. »
Le 22 février 2011, invité sur Canal+ à répondre à un petit test de connaissance, Bruno LE MAIRE, ministre de l’Agriculture depuis 2009, s’étant montré incapable de répondre à la plupart des questions techniques qui venaient de lui être posées, eut droit pour finir à une question de rattrapage, qui à l’évidence devait lui permettre de répondre facilement sans hésitation : « Monsieur le ministre, un hectare, ça fait combien de mètres carrés ».
À la grande stupéfaction de toutes les personnes qui étaient sur le plateau de télévision, le ministre qui fut chargé de l’agriculture jusqu’en 2012, ne sut pas dire qu’un hectare correspond à la surface d’un carré de 100 mètres de côté, soit 10 000 mètres carrés. En regardant la vidéo de l’enregistrement de cette prestation télévisuelle peu glorieuse, on peut voir que l’intéressé n’a visiblement aucune conscience de l’énormité de sa lacune.
Le scandale n’est pas que Bruno LE MAIRE n’ait pas instantanément rougi de honte pour son manque de culture générale, mais le scandale est, que cette histoire n’ait pas empêché un président de la République de le nommer de 2017 à 2024, ministre des finances, alors qu’il l’avait entendu afficher sa fierté d’avoir « toujours été nul en math ».
Bruno LE MAIRE est né en 1969. Selon ses biographes il a fait de très brillantes études littéraires. Malheureusement pour les Français, savoir gouverner, c’est d’abord savoir compter.
Savoir compter ce n’est pas faire de savants calculs, ou savoir faire de subtiles démonstrations mathématiques.
Savoir compter, cela consiste juste à être capable de faire les calculs élémentaires qui étaient exigés des élèves qui voulaient passer en classe de sixième avant 1956, avant l’année de la suppression de l’examen d’entrée.
Savoir faire une addition, une soustraction, une multiplication, une division, et savoir faire un calcul de produit en croix, ou comme on disait autrefois savoir faire et poser une règle de trois, n’est pas un don réservé aux élèves qui auraient une bosse des maths. La bosse des maths n’existe pas. Par contre, ce qui existe bel et bien, c’est le privilège des enfants issus des milieux les plus favorisés.
De même qu’il ne faut pas qu’un élève soit doué en orthographe pour qu’il sache lire, le fait qu’il soit, ou qu’il se croit, nul en math ne peut justifier qu’il soit incapable d’effectuer rapidement les calculs mentaux les plus élémentaires.
Le calcul mental est une discipline, un sport intellectuel, qui comme tout sport nécessite de nombreuses heures d’entrainement pour ceux qui prétendent y exceller. Depuis l’invention de la calculette, ce dédain pour le calcul mental a fait des ravages. Les progrès de la science et de la technique ne constituent de réels progrès pour l’humanité, que s’ils ne font pas perdre aux humains, par inconséquence et/ou par paresse, les qualités intellectuelles qu’ils avaient mis tant de siècles à acquérir.
Faut-il interdire la calculette à l’école primaire ? Faut-il interdire les ordinateurs à l’école primaire ? Faut-il interdire l’exposition aux écrans des enfants en bas-âge ?
Sur toutes ces questions, de nombreux psychosociologues et pédagogues persistent à se réjouir de voir combien les enfants se montrent de plus en plus jeunes à l’aise avec les claviers.
Paradoxalement, les inventeurs de outils informatiques les plus performants, sont intraitables : pas d’ordinateurs pour leurs enfants avant qu’ils ne se soient montrés capables de guider la machine informatique, et non pas se laisser guider par elle.
L’arrivée de l’intelligence artificielle ne manquera pas d’avoir des effets aussi catastrophiques pour l’intelligence naturelle du genre humain que la calculette en a eu sur sa capacité à faire de tête des calculs simples.
Le 13 juillet 2025, le président a déclaré : « nous vivons un moment de bascule ». Malheureusement pour le pays cela fait plus de 50 ans que la France vit un lent moment de bascule. Depuis 1974, plus aucun ministre des finances n’a présenté et assuré un budget à l’équilibre. Depuis 1975, depuis la loi HABY, le ministère de l’Éducation nationale, quels que soient les ministres, s’est plus préoccupé de la lutte contre les inégalités sociales que de la transmission optimale des connaissances et des savoirs. L’élitisme républicain, qui avait réussi à faire fonctionner l’ascenseur social sous la IIIe République, a été peu à peu dénaturé et abandonné sous la Ve République.
Paradoxalement, c’est aussi dans les années 1970 que les clubs de football français se sont mis à créer des centres de formations pour permettre aux jeunes joueurs, sélectionnés dès leur plus jeune âge pour leurs performances remarquables, de cultiver leurs talents,
C’est ainsi, au moment même où les entraineurs de football ont commencé à comprendre l’importance de la sélection et de la formation précoce des joueurs, que l’Éducation nationale a commencé à abaisser ses exigences pour laisser passer en classe supérieure les jeunes élèves, même ceux qui, à la vue de leurs notes, n’avaient absolument pas le niveau pour pouvoir suivre avec profit l’enseignement devant y être délivré.
En 28 ans, les méthodes des écoles de formations très sélectives ont permis à l’équipe de France de football de se hisser au plus haut niveau mondial. En 50 ans, les méthodes non sélectives des écoles prônées par le ministère de l’Éducation nationale, ont conduit à un dramatique effondrement de l’enseignement français, plaçant le pays dans les derniers rangs de tous les classements mondiaux.
Alors que le football professionnel et amateur français est entré courageusement dans le cercle vertueux, du travail bien fait, de la rigueur, et de la recherche continue de l’excellence, dans les années 70, la gestion des finances et de l’enseignement en France est entrée lâchement dans le cercle vicieux de la désinvolture, de la nonchalance, de l’inconséquence, et de l’irresponsabilité.
Alors que les difficultés auxquelles la France doit faire face s’accumulent, alors qu’il est acquis aujourd’hui que l’arrivée de l’intelligence artificielle va bouleverser toutes nos façons d’apprendre, de travailler et de nous défendre, les députés de l’Assemblée nationale se montrent toujours bien peu conscients de l’importance de cette révolution, voire même indifférents.
En effet, à l’Assemblée nationale le 15 décembre 2025, pour entendre Olivier REY, philosophe et Mathématicien, venu éclairer les députés sur l’intelligence artificielle, un sujet qui devrait les fasciner autant qu’il devrait les inquiéter, il n’y avait que quatre auditeurs, dont le président de la Mission d’information sur l’IA, député RN du Loir-et-Cher, Roger CHUDEAU, et la rapporteure, Céline CALVEZ, député Ensemble des Hauts-de-Seine.
Le 15 décembre 2025, Olivier REY devant la commission de la Mission d’information sur l’IA
Le 15 décembre 2025, Olivier REY fait son exposé devant quatre députés
Le 15 décembre 2025, Luc JULIA fait son exposé devant cinq députés
Plus de deux siècles après la prise de la Bastille, dans le monde entier, les admirateurs de la Révolution française n’ont visiblement pas encore tous compris, qu’on ne peut partager les richesses, que tant qu’elles existent. Lorsque les richesses ont été divisées en de trop nombreuses parts, elles n’enrichissent que très modestement et très brièvement les nombreux bénéficiaires des partages, tandis que, malheureusement, elles cassent durablement, parfois définitivement, les ressorts économiques éprouvés qui ont permis la création de ces richesses si convoitées.
Celui qui restera probablement le plus célèbre joueur d’échec de tous les temps, Garry KASPAROV, né en 1963 en URSS, déclara en 2016 :
« Dans la pratique, le socialisme corrompt non seulement l’économie, mais l’esprit humain lui-même, et érode l’ambition et la réussite qui ont rendu possible le capitalisme moderne et sorti des milliards de personnes de la pauvreté. Parler de socialisme est un énorme luxe, un luxe payé par les succès du capitalisme. L’inégalité des revenus est un gros problème, c’est certain. Mais l’idée que la solution est davantage d’État, de régulation, de dette, et moins de risque, est dangereusement absurde. »
En 1978, près de 40 ans avant le grand joueur d’échec, DENG XIAOPING, avait établi le même constat que lui, ce qui l’avait poussé à instaurer en Chine un système économique radicalement différent du système soviétique, une économie nouvelle qu’il baptisa : économie socialiste de marché.
DENG a étudié en France dans les années 1920, où il découvrit le marxisme, le communisme, et la lutte des classes. Par chance pour les Chinois, avant les intellectuels révolutionnaires français, restés longtemps admirateurs inconditionnels du maoïsme, il comprit, que la révolution culturelle, qui dura de 1966 à la mort de MAO TSÉ-TOUNG en 1976, était une pure folie, conduisant inéluctablement le pays à la ruine.
De 1980 à 2023, en devenant délibérément l’un des pays les plus inégalitaires du monde, la Chine « communiste » a réussi l’exploit de multiplier son PIB par près de 60, et de produire en 2024 plus de 50 % de l’acier mondial, avec plus d’un milliard de tonnes.
De 2000 à 2023, le PIB de la France a été multiplié par 2,2, dans l’UE par 2,5, et en Chine par 14,7
Tous ceux qui s’inquiétaient en 2001 des conséquences néfastes que, selon eux, l’adhésion de la Chine à l’OMC ne manquerait d’avoir pour l’industrie européenne, recevaient la même réponse. Certes, l’arrivée sur le marché européen d’articles chinois, produits à très faible valeur ajoutée, vendus à des prix imbattables, allait contraindre les entreprises en Europe à mettre à l’arrêt certaines fabrications, mais la possibilité de vendre sur l’immense marché chinois des produits à très forte valeur ajoutée compenserait largement ces « petits problèmes ».
Sans aucune gêne, Pascal LAMY annonçait clairement la couleur, pour pouvoir vendre des avions et des TGV à la Chine il fallait accepter d’acheter des grille-pains, ou même des téléviseurs, made in China.
À la toute fin du XXe siècle, les économistes avaient réussi à convaincre tous les dirigeants occidentaux qu’il ne fallait plus fabriquer soi-même ce qu’on pouvait faire fabriquer ailleurs, à un coût inférieur, fut-ce à l’autre bout du monde.
Les écologistes européens, préoccupés par leur confort personnel et la qualité de leur environnement, furent les premiers satisfaits que les industries les plus polluantes puissent être promptement délocalisées.
En Europe, rares furent ceux qui s’offusquèrent de cette répartition des tâches, moralement, socialement, écologiquement, indigne, et qui plus est, militairement totalement inconséquente.
En 2001, de nombreux Européens rêvaient d’un monde sans usine, les cerveaux en Europe, et les petites mains partout dans le reste du monde. Incroyablement alors, cette vision on ne peut plus racisée et méprisante du travail, n’eut nullement l’heur de scandaliser la gauche antiraciste et égalitariste.
Du déclassement à la diète
Les Chinois ont montré aux révolutionnaires du monde entier, de façon incontestable, qu’il valait mieux être inégalement riches qu’également pauvres.
En 1978, lorsque les Chinois ont mis en place leur économie socialiste de marché, les Occidentaux ont eu la naïveté de croire que la Chine faisait un pas vers leur système économique, un pas qui, pensaient-ils, devait les conduire inévitablement vers leur système politique, vers leur modèle démocratique.
Le 5 juin 1989, à la suite de la sanglante répression des manifestations de la place Tian’anmen, les Occidentaux abandonnèrent brusquement leur vision trop optimiste des futurs changements en Chine.
Mais, dès le soir du 18 juin 1989, en apprenant les résultats du second tour des élections législatives en Pologne, les Occidentaux se remirent immédiatement de nouveau à rêver.
Après la chute du Mur de Berlin le 9 novembre 1989, et après la fin de l’URSS le 25 décembre 1991, les Occidentaux mirent rapidement fin aux mesures et aux sanctions qu’ils avaient prises contre la Chine.
Dans l’euphorie qui prévalut alors, les Occidentaux s’empressèrent d’oublier les sombres prédictions attribuées à LÉNINE : « Les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle nous les pendrons ».
En France, pendant plus de 30 ans, les économistes, à de très rares exceptions, ont tous cautionné la politique européenne, pro OMC, mise en œuvre par les socialistes et/ou les gaullistes, qui n’avaient plus de gaulliste que le nom.
En décembre 2016, Pascal LAMY, n’avait pas encore mesuré la taille du piège que les Chinois avait tendu aux Occidentaux. Il déclarait dans Les Échos : « la Chine ne triche pas. Mais elle est redoutable d’efficacité quand il s’agit de profiter des moindres défauts d’une réglementation de l’OMC loin d’être aujourd’hui parfaite ».
Dans Strange New World: Geoeconomics vs Geopolitics, le livre qu’il a coécrit avec Nicole GNESOTTO, publié en septembre 2019, Pascal LAMY restait toujours convaincu que son bilan à la tête de l’Organisation Mondiale du Commerce était globalement positif.
Dans l’article qu’il a mis en ligne le 9 décembre 2021, intitulé commerce : comment la Chine nous a trompés, l’auteur, Richard HIAULT, décrit, lui, comment les Occidentaux partisans à tout crin de la mondialisation se sont économiquement totalement fourvoyés.
En 2020, à l’occasion de la crise de la covid, les Occidentaux ont pris conscience sérieusement, pour la première fois, des fragilités et des insuffisances de leur système économique global, et de l’incroyable inefficacité de leurs si coûteux systèmes de santé.
En 2022 et 2023, les Occidentaux qui ne doutaient pas un instant que l’OTAN pourrait facilement contenir l’armée russe, eurent une bien mauvaise nouvelle surprise. Non seulement la Russie fut loin d’être aussi faible militairement qu’ils le croyaient, mais avec l’aide de la Chine, et des pays des BRICS+, elle fit la démonstration, devant le monde entier, qu’elle pouvait rivaliser avec les usines d’armement de l’ensemble des pays occidentaux, voire les surpasser.
Depuis la décennie 1980, à plusieurs échelons, sous l’impulsion d’institutions internationales comme le FMI, la Banque mondiale, le GATT (devenu OMC), et d’États (les États-Unis de Ronald REAGAN ou le Royaume-Uni de Margaret THATCHER), la financiarisation des économies développées a été encouragée, censée permettre mieux répondre aux crises du capitalisme et à la désindustrialisation.
En 1980, le PIB des États-Unis, de l’Allemagne, de la France, du Royaume-Uni, et de la Chine représentaient respectivement : 25,44 %, 7,60 %, 6,25 %, 5,39 %, et 2,7 % du PIB mondial.
En 2023, le PIB des États-Unis, de l’Allemagne, de la France, du Royaume-Uni, et de la Chine représentaient respectivement : 28,67 %, 4,24 %, 2,92 %, 3,19 %, et 16,94 % du PIB mondial.
On note ainsi qu’en 43 ans le PIB relatif de la Chine a été multiplié par plus de 6, tandis que le PIB relatif de la France a diminué de moitié.
D’une économie mineure en 1980, la Chine est passée au deuxième rang mondial pour ce qui est du PIB, et est devenue le premier des 10 principaux pays manufacturiers dans le monde.
Les dix premiers pays manufacturiers représentent à eux seuls plus de 68 %
Le 2 novembre 2024, trois jours avant la réélection triomphale de Donald TRUMP, la revue Contrepoints publia un article visant à contrecarrer la vision alarmiste, aujourd’hui largement répandue dans les milieux économiques occidentaux : entre 1970 et 2023, durant la désindustrialisation, le PIB/hab a été multiplié par 15.4 en France et par 28 aux États-Unis.
« Les politiques et plusieurs commentateurs ne parlent que de désindustrialisation et besoin de réindustrialiser et certains soutiennent même que la désindustrialisation serait une catastrophe qui aurait contribué à notre appauvrissement. Or, c’est exactement le contraire qui s’est passé. Le déclin de l’industrie s’est accompagné de l’enrichissement de nos sociétés. »
Cette vision irénique de la désindustrialisation prouve, combien les attentes des milieux financiers sont éloignées des préoccupations des ouvriers réduits au chômage, et ignorants des inquiétudes des plus hauts responsables militaires des pays occidentaux.
La désindustrialisation en France a commencé au début des années 1970. Notre pays est l’un de ceux qui s’est le plus, et le plus tôt désindustrialisé, avec une perte de 2,5 millions d’emplois industriels depuis 1974.
Contrairement aux journalistes de Contrepoints, Donald TRUMP et les nombreux électeurs qui lui ont apporté leurs voix, sont convaincus que la désindustrialisation est un mal dont il faut absolument se prémunir. Ils ont parfaitement compris que laisser croître inconsidérément la masse des importations provenant de Chine représentait un immense danger pour l’économie des États-Unis, et surtout une grave menace pour sa puissance militaire.
Problème à éclaircir, d’où sortent ces chiffres, notamment ceux qui concernent les États-Unis ?
En 1970, le PIB des États-Unis, avec 208 millions d’habitants, était de 1 073 milliards de dollars.
En 2023, le PIB des États-Unis, avec 343 millions d’habitants, était de 26 950 milliards de dollars.
Le PIB par habitant aux États-Unis était donc, en 1970 de 5 159 dollars, et en 2023 de 78 571 dollars.
Le PIB par habitant aux États-Unis a donc été multiplié par 15,2 de 1970 à 2023, et non 28,4 comme indique Contrepoints.
En 1970, le PIB en France, avec 51 millions d’habitants, était de 147 milliards de dollars.
En 2023, le PIB en France, avec 66 millions d’habitants, était de 3 049 milliards de dollars.
Le PIB par habitant en France était donc, en 1970 de 2 882 dollars, et en 2023 de 46 147 dollars.
Le PIB par habitant en France a donc été multiplié par 16,0 de 1970 à 2023, valeur proche cette fois de celle indiquée par Contrepoints : 15,5.
Toutes les données proviennent de la liste des pays par PIB nominal établie par Wikipédia de 1980 à 2023, et pour 1960, 1970 et 1978, du classement des pays par produit intérieur brut (PIB) dans le monde effectué par ACONTRESENS.
À juste titre, le PIB, est un indicateur de plus en plus contesté de l’activité économique, et plus encore en tant qu’indicateur de la puissance géopolitique, et ou militaire des États.
Ainsi, bien que la somme des PIB des États-Unis, de l’Allemagne, de la France et du Royaume-Uni, soit vingt fois supérieure au PIB de la Russie, malgré cette énorme différence, les quatre principaux membres de l’OTAN n’arrivent pas à apporter à l’Ukraine toute l’aide dont elle aurait besoin pour espérer contenir l’avancée de l’armée russe.
François MITTERRAND est mort le 8 janvier 1996. Il a été élu président de la République le 10 mai 1981, et il l’est resté pendant 14 ans. Trente ans après sa disparition, et près de 45 ans après son arrivée à la tête de l’État, on doit absolument faire un bilan vraiment sérieux et approfondi de ses deux septennats.
En effet, les résultats du sondage effectué par IPSOS et BVA, publiés le 16 janvier 1996, cinq jours après son enterrement, semblent aujourd’hui si surprenants, qu’il faut absolument revenir dessus : François MITTERRAND : Le bilan contrasté de quatorze années.
Les réponses à la question 6 sont particulièrement étonnantes : Parmi les différents présidents de la Ve République, quel est celui qui, selon vous, a été le meilleur président pour la France ?
1 François MITTERRAND : 43 % – 2 Charles de GAULLE : 38 % – 3 Valéry GISCARD d’ESTAING : 8 % – 4 Georges POMPIDOU : 7 %.
Les réponses à la question 1 expliquent malheureusement ce classement : Parmi les évènements politiques suivants liés à la présidence de François MITTERRAND, durant ses deux septennats, quels sont les trois que vous jugez les plus importants ?
1 L’abolition de la peine de mort : 49 % – 2 La retraite à 60 ans : 47 % – 3 La cinquième semaine de congés payés : 46 % – 4 La semaine de 39 heures : 41 % – 5 La création du RMI : 36 % – 6 La signature du traité de Maastricht : 24 %.
Les réponses à la question 2 montrent que les Français étaient très lucides, mais pas très rancuniers : Pensez-vous que François MITTERRAND a une responsabilité importante, peu importante ou aucune responsabilité dans les affaires politico-financières qui ont marqué ses deux septennats ?
1 Une responsabilité importante : 64 % – 2 Une responsabilité peu importante : 23 % – 3 Aucune responsabilité : 10 %.
On note ainsi, qu’à la mort de François MITTERRAND, un grand nombre de Français n’avaient absolument pas pris conscience du coût élevé que finirait par avoir, pour la majorité d’entre eux, la plupart des avancées sociales « généreuses » mises en œuvre par la gauche. Mesures sur lesquelles la droite et le centre n’ont toujours pas osé revenir.
Trente ans après la mort de François MITTERRAND, l’héritage politique de l’ancien président de la République est encore bien perceptible. Pour le meilleur, très rarement ; pour le pire, souvent. Michel ONFRAY va ainsi jusqu’à l’accuser d’avoir été le fossoyeur de la gauche en même temps que celui de la France.
Tout aussi sévère, Éric BRANCA dévoile les faces les plus sombres de MITTERRAND : l’infâme qui a trompé tout le monde et ruiné la France.
L’année 2026 s’ouvre pour la France sous les pires auspices, politiquement, financièrement, économiquement, militairement, culturellement et socialement. Tous les voyants sont au rouge.
Depuis les années 1980, la somme des problèmes qui se sont accumulés, est devenue telle, faute de les avoir traités à temps, qu’aucun gouvernement n’a réussi durablement à y faire face, et encore moins à la faire diminuer.
Démographie
À la Libération, le général de GAULLE a poursuivi la grande politique familiale lancée en 1932. Ce qui s’est traduit par une forte natalité – le fameux baby-boom. Malheureusement, cette politique a été progressivement abandonnée, au point qu’en 2008 on pouvait déjà constater une forte baisse de la natalité. La Jaune et la Rouge, le magazine des alumni de Polytechnique, fut le premier à tirer le signal d’alarme, politique familiale : trente ans de démantèlement.
En 1876, la France métropolitaine comptait 38,8 millions d’habitants. La population n’a dépassé 40 millions qu’en 1896.
À la fin de la Première Guerre mondiale, en 1918, la population française était descendue à 38,7 millions d’habitants. Après être remontée à 40 millions en 1924, elle était de nouveau descendue à 38,8 millions à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1944. Par une sorte de miracle de la démographie française, dès 1946, la population a dépassé pour une troisième fois les 40 millions. Après quatre ans d’occupation allemande, les Français avaient, plus que jamais, une folle envie que vive la France.
De 1874 à 1914 la population n’avait augmenté en moyenne que de 0,21 % par an.
Tandis que de 1946 à 1966 la population a augmenté en moyenne de 1,10 % par an.
De 1966 à 1986 la population a encore augmenté en moyenne de 0,79 % par an.
De 1986 à 2014 la population a encore augmenté en moyenne de 0,57 % par an.
De 2014 à 2024 la population n’a plus augmenté en moyenne que de 0,34 % par an.
Selon l’INSEE, pour la première fois depuis la Libération, la population française devrait commencer à diminuer. En 2025, en effet, le nombre de décès a été supérieur au nombre des naissances. Au 1er janvier 2026, la France compte en métropole 66 793 000 habitants, et 69 082 000 en ajoutant les DOM-TOM.
On note une chute nette des naissances à partir de 2015, l’année où le gouvernement de François HOLLANDE a supprimé le quotient familial, réduit le complément d’aide de garde et réformé le congé parental. Peut-on y voir une influence directe sur la baisse de la fécondité dans le pays ? Assurément oui, mais « on ne se reproduit pas en cage » : le logement reste la pierre angulaire de la démographie.
Politique et économie
Le samedi 3 juin 1944, le jour où le général de GAULLE appris, en arrivant à Londres, qu’il venait d’être désigné à Alger, président du gouvernement provisoire de la République française, il savait que pour en arriver là, il avait fallu réussir à unifier toute la Résistance.
Il savait aussi, à trois jours du débarquement en Normandie, que pour espérer relever la France, saignée par deux guerres mondiales, blessée, ruinée et pillée par quatre ans d’occupation, il faudrait commencer par rassembler le peuple français, d’où l’acronyme RPF du parti qu’il créa en 1947.
Ce qu’il ne savait pas, c’est qu’il y aurait parmi les Français tant d’héritiers indignes, ingrats, incultes, inconséquents, et surtout, parmi les élites et les responsables politiques tant de titres de résistants usurpés.
Parmi ce que les Français doivent au général de GAULLE, il faut surtout rappeler tout ce que ses adversaires s’empressèrent rapidement et soigneusement d’effacer après sa mort, tant cela mettait en évidence leur médiocrité, leur ingratitude, et leurs escroqueries.
Alors qu’à quatre reprises, en 1944, 1958, 1961 et 1968, il a réussi à éviter aux Français les affres d’une guerre civile, alors qu’il n’est resté au pouvoir qu’après que les électeurs lui eurent donné leur accord, et qu’il l’a immédiatement quitté dès que cela n’était plus le cas, certains, sans vergogne, ont osé l’accuser d’être l’homme du Coup d’État permanent.
Le 11 janvier 2025 sur France Inter, François HOLLANDE a déclaré : « Ceux qui s’apprêtent à voter Jordan BARDELLA méconnaissent l’histoire du Front national ». Sous-entendu, s’ils savaient d’où vient le RN, issu du FN, ils ne lui apporteraient jamais leur voix pour des raisons morales.
Pour accepter les leçons de morale d’un ancien premier secrétaire du parti socialiste, même en oubliant l’affaire urba, il faut totalement méconnaître l’histoire de la SFIO et celle de l’UDSR, tant on y découvre encore aujourd’hui de cadavres dans les placards.
À cet égard, la lecture de l’ouvrage collectif publié en 2025, intitulé François MITTERRAND le dernier empereur, est particulièrement édifiante. On y trouve une longue liste de noms, d’amis fidèles de l’ancien président qui n’ont pu échapper que de justesse à la justice, avec souvent son aide.
À la mort du général de GAULLE, non seulement ses plus farouches adversaires politiques refusèrent de lui reconnaître quelques-unes de ses plus grandes réussites, mais certains n’hésitèrent pas à se les attribuer.
Lorsqu’ils n’ont pu, ni se les attribuer, ni les lui contester, ils ont tout fait pour les faire oublier. C’est le cas des prouesses économiques réalisées sous l’autorité du général de GAULLE, de 1944 à 1946, et de 1958 à 1969.
Commencer à redresser l’industrie et l’agriculture, pillées pendant quatre ans, n’aurait pas été possible sans la caution implicite des communistes. Sans la visite du général à STALINE à Moscou, le 2 décembre 1944, la France n’aurait jamais pu se remettre en ordre et au travail avant même la libération de Colmar. Pour s’en convaincre il faut savoir comment fut signé à Moscou le pacte franco-soviétique.
Alors que l’héritage économique du général avait déjà été largement gaspillé, en janvier 1992, l’économiste Jean-Michel JEANNENEY, a écrit un article qui fait depuis référence : l’économie française pendant la présidence du général de GAULLE. On peut lire dans l’introduction un bilan qui aujourd’hui fait rêver.
Sur l’ensemble de la période allant de 1958 à 1969, la croissance a été en France supérieure à celle de toutes les autres économies occidentales, à l’exception de l’Allemagne où elle a été légèrement plus forte, et du Japon où elle a été presque double. La formation brute de capital fixe a cru plus vite que partout ailleurs en Europe, sans parvenir cependant à égaler, en pourcentage du PIB, celle de nos principaux concurrents. La hausse des prix de la consommation est demeurée relativement rapide, de 4,2 % l’an en moyenne. La hausse réelle du salaire horaire a été de 3,6 % l’an, et la masse réelle des salaires a grossi de 6,3 % par an.Pour évaluer sérieusement les performances d’un modèle ou d’une politique économique, il faut les juger dans la durée et dans le temps.
Pour évaluer sérieusement les performances d’un modèle ou d’une politique économique, il faut les juger dans la durée et dans le temps.
De 1960 à 2025, dans le classement des PIB par pays, la France est restée dans les 7 premiers. En 1960 elle était à la quatrième place. En 2018, elle a quitté la sixième place pour passer à la septième.
En 1960, le PIB des États-Unis était près de 9 fois supérieur à celui de la France, alors que le pays était alors 4 fois plus peuplé. En 1980, un an avant l’arrivée de la gauche au pouvoir, le PIB des États-Unis n’était plus que 4 fois supérieur au PIB de la France. En 2023, il est redevenu près de 9 fois supérieur à celui de la France, alors qu’il n’est toujours que 4 fois plus peuplé.
En 1960, le PIB de la France représentait près de 7 % de la somme des PIB des 7 pays classés premiers. En 2023, après être monté à 10,58 % en 1980, il est descendu en dessous de 5 % en 2023.
En 2023, le PIB de la France, est près de 9 fois inférieur au PIB des États-unis, comme en 1960
Que s’est-il passé ?
15 ans après la fin de la guerre, en 1960, l’Allemagne, la Chine, la France et le Japon, qui avaient tant souffert du conflit, qui avaient connu les affres des destructions massives, des déplacements de population et de l’occupation, figuraient malgré cela, devant l’Inde septième, dans le groupe des 7 pays ayant alors les PIB les plus élevés.
En 2023, on retrouve dans le classement par PIB, aux sept premières places, les mêmes pays qu’en 1960.
Ce groupe de tête, ce « septet », à ne pas confondre avec le G7, représente actuellement près de 60 % du PIB mondial.
Le Groupe des sept (G7), le groupe de discussion et de partenariat économique de sept pays réputés en 1975, pour être les plus grandes puissances avancées du monde, détenaient environ 66 % de la richesse nette mondiale lors de sa création. En 2023, il n’en représentait déjà plus que 44 %.
En 2025, la Russie fait partie des 10 pays ayant les 10 PIB les plus élevés dans le monde, comme l’URSS en 1960. On retrouve ainsi dans ce groupe des 10 premiers, tous les pays du G7, G8, et ceux du « septet » de 1960.
En 2025, la Russie a repris la place qu’occupait l’URSS en 1960
Le fait qu’on retrouve aux dix premiers rangs du classement, en 2025 les mêmes noms de pays qu’en 1960, sauf bien sûr URSS redevenue Russie, est dramatiquement trompeur. Penser que rien n’a changé, que la hiérarchie des vieilles nations est inscrite dans le temps long, qu’elle est quasi immuable, est l’erreur fatale que commettent les dirigeants européens depuis des décennies.
On retrouve encore dans le classement des pays en fonction de leur PIB, aux 10 premiers rangs, les mêmes noms qu’il y a 65 ans, mais si les noms n’ont pas changé, sauf pour la Russie, les pays, eux, ont subi d’énormes changements, démographiques, industriels et surtout culturels.
La France, membre du G7, est encore membre du « septet », mais il est malheureusement de plus en plus évident que ce ne n’est plus pour bien longtemps, tant les indicateurs politiques, économiques et démographiques sont devenus défavorables.
Entre 1960 et 1990, le PIB de la Chine a beaucoup moins vite progressé que celui des autres pays, ce qui explique son déclassement continu pendant 30 ans. En 1980, la Chine était descendue à la 12e place.
Entre 1960 et 1995, le PIB de l’Inde a suivi la même évolution. En 1995, l’Inde était descendue à la 16e place.
Lorsqu’en 2014 la France est passée de la 5e à la 6e place, cela faisait 54 ans qu’elle était continûment dans les cinq premiers dans le classement des pays par PIB. Ce très bon rang, occupé pendant plus d’un demi-siècle, a fait follement oublier à la plupart des Français qu’on ne peut pas rester dans le peloton de tête sans faire beaucoup d’efforts.
C’est malheureusement, précisément, au moment où les Chinois s’engagèrent résolument dans une transformation fondamentale de leur modèle économique, que les nouveaux dirigeants Français arrivés au pouvoir, prirent les décisions économiques et sociales, aussi généreuses qu’irréfléchies, qui signaient de fait l’arrêt de mort, à terme, de nombreuses entreprises industrielles françaises.
Depuis la prise de la Bastille, on sait que les révolutions ne profitent pas beaucoup à ceux aux noms desquels elles sont censées être faites. On sait qu’elles profitent d’abord à la classe de ceux qui arrivent au pouvoir.
L’économiste Christian SAINT-ÉTIENNE a récemment déclaré que le niveau moyen de la classe politique en France était tombé au plus bas depuis 100 ans. Il note que, depuis les années 90, les ingénieurs ont disparu des leviers de pouvoir, remplacés par des énarques sans culture technique ni vision stratégique. La génération des résistants, porteuse d’un idéal de service public, s’est éteinte, regrette-t-il. À leur place, on trouve une caste politique professionnelle, déconnectée du réel, dont l’unique obsession est de conserver son mandat.
En 1977, Jacques JULLIARD écrivit que dans la République socialiste de MITTERRAND, si elle voyait le jour, la proportion de députés-fonctionnaires risquait d’être plus forte que du temps de GUIZOT.
La sociologie électorale des députés élus en 1981 confirma les craintes de Jacques JULLIARD : une présence importante de normaliens et d’enseignants au sein du groupe socialiste : 14 % des élus socialistes en 1981 étaient instituteurs, 17 % étaient professeurs du secondaire et 12 % étaient professeurs du supérieur. Entre 1981 et 1984 (du premier gouvernement MAUROY au gouvernement FABIUS), 19,4 % des ministres étaient enseignants du supérieur, 7,5 % enseignants du secondaire, et 10,4 % faisaient partie d’autres professions intellectuelles ; soit 37,3 % des ministres, contre 16,3 % en moyenne entre 1959 et 1981.
En 1981, le Parti socialiste avait obtenu 266 sièges sur 491, soit 54,18 % de l’Assemblée. Majoritaires à eux seuls, les socialistes, qui n’avaient plus exercé de responsabilité ministérielle depuis plus de 20 ans, ont cru naïvement aux paroles de l’hymne qu’ils avaient chanté pour la première fois, en 1977, à la fin de leur congrès à Nantes : France socialiste puisque tu existes, tout devient possible ici et maintenant.
Le texte d’orientation politique présenté par le Parti socialiste et François MITTERRAND avant l’élection présidentielle de 1981 avait pour titre : 110 propositions pour la France.
Le Bilan de l’application des 110 propositions est remarquable à deux titres, par le nombre de propositions qui ont été rapidement mises en œuvre, et par le nombre de celles qui ont conduit au si triste et si douloureux tournant de la rigueur.
Malheureusement pour les Français les plus modestes, plusieurs des propositions qu’ils ont accueillies favorablement, ont représenté pour eux un cadeau empoisonné à terme.
Augmenter les salaires, diminuer le temps de travail hebdomadaire, passer l’âge de la retraite de 65 à 60 ans, accorder une cinquième semaine de congés, étaient des mesures que le gouvernement de Pierre MAUROY aurait dû adopter progressivement et réserver d’abord aux travailleurs dont l’espérance de vie était notablement inférieure à celle de la moyenne nationale, et non les offrir à toute la population, même à ceux qui avaient tout pour devenir centenaires.
Par malchance pour l’économie de la France, les socialistes sont arrivés au pouvoir à un des plus mauvais moments de la conjoncture européenne.
De 1980 à 1984, le PIB de la France et celui de la CEE ont chuté respectivement de 24 % et 19 %. Tandis que le PIB des États-Unis et le PIB mondial augmentaient eux respectivement de 41 % et de 7 %.
Dans tous les pays de la CEE, les années 1980 à 1984 ont été marquées par une récession provoquée par une politique monétaire restrictive visant à freiner une forte inflation. Durant ces 4 ans, en Italie le PIB a baissé de 8,1 %, au Royaume-Uni de 16,5 %, en Allemagne de 23,6 %, et en France de 24,2 %.
Le site wikipédia indique que les gouvernements ROCARD (1988 – 1991) ont bénéficié à plein d’une phase de haute conjoncture de l’économie mondiale, le dollar étant alors au plus haut, et donnant un avantage de change à l’économie exportatrice française.
Ceci explique pourquoi, en seulement deux ans, de 1989 à 1991, le PIB de la France a augmenté de 24 %. Durant ces mêmes 2 ans, le PIB du Royaume-Uni a augmenté également de 24%, celui de l’Italie de 32 %, comme celui de la CEE, et celui de l’Allemagne de 49 %, ceci est à l’évidence dû à la réunification allemande. Le PIB mondial, et le PIB des États-Unis ont augmenté, eux, respectivement de 17 % et 9 %.
De 2000 à 2010, le PIB de l’Union européenne a augmenté de 100 %, le PIB mondial de 95 %, 94 % en France, 86 % en Italie, 75 % en Allemagne, 49 % au Royaume-Uni, et 47 % aux États-Unis. C’est la seule décennie au cours de laquelle le PIB de la France a doublé, comme celui de l’Union européenne et comme le PIB mondial.
De 2000 à 2010, une augmentation remarquable et unique du PIB de la France
De 2010 à 2020, le PIB des États-Unis a augmenté de 40 %, le PIB mondial de 28 %, 14 % en Allemagne, 9 % au Royaume-Uni, 6 % dans l’Union européenne, et 0 % en France. En Italie le PIB a diminué de 11 %.
De 1980 à 2023, le PIB de la France a crû deux fois moins que le PIB mondial et que le PIB des États-unis
Entre 1980 et 2023, après de multiples et grands écarts, le PIB mondial et le PIB des États-Unis ont augmenté autant, ils ont été multipliés respectivement par 9,3 et 9,4. En 2023, le PIB des États-Unis représentait 25,80 % du PIB mondial, autant qu’en 1980 quand il représentait 25,44 %. En valeur absolue, comme en valeur relative, l’économie des Américains est donc restée la première durant ces quarante dernières années, malgré l’extraordinaire croissance de l’économie de la Chine depuis 1978.
De 1980 à2023, le PIB de la CEE-Union européenne a crû d’un tiers de plus que celui de la France
De 1980 à 2023, le PIB de la CEE – Union européenne a été multiplié par 5,7, tandis que le PIB a été multiplié par 5,5 au Royaume-Uni, par 5,2 en Allemagne, par 4,6 en Italie, et par seulement 4,3 en France, une des plus faibles augmentations de la zone euro.
Le 20 septembre 1992, les Français n’ont voté le traité de Maastricht que d’extrême justesse.
13 162 992 voix pour le OUI [51,04 %], 12 623 582 voix pour le NON [48,96 %]. Soit 539 400 voix d’écart. Il ne manquait donc que 270 000 voix au camp du NON pour qu’il l’emporte.
Le 29 mai 2005, les Français ont voté on ne peut plus nettement contre le Référendum sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe.
12 808 270voix pour le OUI [45,32 %] et 15 449 508 voix pour le NON [54,68 %]. Soit 2 641 238 voix d’écart. Il manquait donc 1 321 000 voix au camp du OUI pour espérer l’emporter.
Le 1er juin 2005 aux Pays-Bas, les électeurs ont voté NON à 61,6 %.
À la suite du vote négatif de deux des pays fondateurs de la Communauté européenne, le sondage de ratification prévu au Royaume-Uni a été suspendu. Après le vote du Brexit en 2016, par près de 52 % des Britanniques, on peut penser que s’ils avaient été consultés, les électeurs de Grande-Bretagne auraient, eux aussi, voté NON dès 2005.
En France, comme en 2016 en Angleterre, les sondages se sont très lourdement trompés : sondages sur le référendum français de 2005. Rappelons que tous les instituts de sondages ont longtemps donné le OUI largement gagnant, certains allant jusqu’à prévoir pour le OUI 69 %.
Référendum sur le traité de Maastricht
20 septembre 1992
Référendum sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe
29 mai 2005
Le 5 mai1992, devant l’Assemblée nationale, Philippe SEGUIN fit un très long discours contre l’adoption du traité de Maastricht, qu’on ne peut réécouter 34 ans après sans émotion, tant il apparaît aujourd’hui visionnaire. À l’heure où l’Union européenne ne sait plus comment se comporter face à l’Amérique, les dernières phrases qu’il a prononcées prennent une émouvante résonance.
L’avenir de la France ne dépend pas seulement du succès de l’Europe, mais l’avenir de l’Europe, à ce moment crucial de son histoire, passe certainement par le redressement de la France. En entravant sa liberté d’agir, en la contraignant à renoncer un peu plus à elle-même, on rendrait un bien mauvais service à l’Europe. Car la République française pourrait être l’âme ou le modèle de cette Europe nouvelle, aujourd’hui aspirée par le vide et qui hésite entre espoir et angoisse, goût de la liberté et peur du désordre, fraternité et exclusion.
[…]
En 1958, le général de GAULLE arriva au pouvoir au moment même où, après une décennie d’incantations européennes, la IVe République était en passe de solliciter de nos partenaires le bénéfice de la clause de sauvegarde, différant l’entrée de la France dans le Marché commun. On raconte que Jacques CHABAN-DELMAS, missionné pour se faire l’écho des inquiétudes de tous ceux qui s’étaient persuadés que le Traité de Rome était condamné, se serait entendu répondre par le général de GAULLE : « Nous entrerons, comme convenu, dans le Marché commun, nous y entrerons, oui, mais debout ! »
Le 5 mai 2016, deux mois à peine avant le vote du Brexit, lors d’un débat sur l’avenir de l’Europe organisé à Rome, Martin SCHULZ, le président du Parlement européen a déclaré : « L’Europe est une promesse, mais une promesse qui n’a pas été tenue ».
À trop idéaliser l’Europe, à la considérer comme un projet d’Union avec un seul État, une seule nation, est non seulement « complètement irréaliste », mais aussi dévastateur pour son avenir, a indiqué de son côté Donald TUSK, alors président du Conseil européen.
« Le rêve d’un seul État européen, d’une seule nation européenne est une illusion. Nous devons accepter de vivre dans une Europe avec différentes monnaies, avec différentes forces politiques, et la pire chose est de prétendre de ne pas le savoir », a-t-il ajouté.
En 2024, lors des élections européennes, ce sont les listes les plus opposées à la politique conduite par la Commission actuelle qui sont arrivées le plus en tête, plus de 49 %, tandis que la liste la plus favorable à cette politique n’a obtenu que 14,6 %.
En 2026, selon les sondages, les Français resteraient très majoritairement partisans que la France reste dans l’Union européenne. Mais tout prouve de plus en plus que, même les plus européens des Européens, veulent désormais que l’Europe cesse d’essayer d’être ce qu’elle ne peut pas être, en oubliant follement ce qu’elle a longtemps su si bien faire.
Depuis la création du marché commun en 1957, par des dirigeants politiques qui avaient tous connu la guerre, et les difficultés d’approvisionnement conséquentes, la souveraineté alimentaire de l’Europe était restée un sujet indiscutable, et indiscuté. Depuis la mondialisation et la financiarisation de l’économie qui se sont développées rapidement en Europe au cours des années 1980, et la disparition des élites qui avaient connu la faim, l’autosuffisance alimentaire est devenue une préoccupation totalement secondaire de l’Union européenne.
Malgré la crise de la covid, qui aurait dû ramener à la raison des dirigeants européens, le désintérêt, voire le mépris, pour le monde agricole ont vite réapparu.
En 20 ans, la France a perdu du terrain sur tous les grands postes alimentaires, qui faisaient d’elle le grenier de l’Europe depuis les années 1960. Elle importe désormais la moitié des fruits et légumes et des volailles qu’elle consomme, 70 % du mouton, 80 % des poissons, alors qu’elle a le deuxième domaine maritime mondial. Elle est en difficulté sur les céréales, le bœuf et sa production de lait baisse.
En 2025, les agriculteurs français sont censés avoir reçu 9 milliards d’euros de subventions de Bruxelles, plus que ceux de tous les autres pays. Il est très difficile en effet de savoir ce que coûte et ce que rapporte finalement à la France son appartenance à l’Union européenne.
Les agriculteurs européens ont été longtemps les plus chauds partisans de la construction de l’Europe, pour la majorité des agriculteurs français ce temps semble désormais à jamais révolu.
La mondialisation et la financiarisation de l’économie européenne, qui ont provoqué la désindustrialisation rapide et massive de la France, conduisent aujourd’hui à la faillite programmée d’une grande partie des exploitations agricoles françaises. Lire ce compte-rendu de voyage en absurdie : souveraineté alimentaire : quand la France se réveillera.
Cette situation absurde n’est pas le fruit du hasard. Elle est le résultat de 75 ans de déconnexion politique entre agriculture et alimentation. Un système où la demande n’oriente pas l’offre, et où l’offre est tenue par des intérêts agro-industriels, incompatibles avec la préservation proclamée de la souveraineté alimentaire du pays.
Au moment où la France annonce vouloir augmenter son budget de la défense, elle ferait bien de faire de l’agriculture, comme elle l’a fait après la Seconde Guerre mondiale pour l’industrie cinématographique, un domaine d’exception, un domaine préservé, comme le fait avec souplesse la Confédération helvétique depuis des décennies. En Suisse, l’importation de fruits et légumes, notamment, est étroitement liée à la protection douanière. L’agriculture indigène est protégée moyennant des droits de douane élevés et des contingents d’importation.
La Suisse est neutre depuis 1815, elle a réussi à éviter toutes les guerres. C’est un des pays les plus démocratiques dans le monde, où il ne viendrait jamais à un élu l’idée de bafouer le suffrage de ses électeurs.
Les raisons pour lesquelles les Suisses obtiennent tant de succès sont liées à leur culture montagnarde. Ils savent, dès l’enfance, qu’une cordée trop nombreuse, mal équipée, peu motivée, et mal guidée, a peu de chance d’arriver à gravir de hauts sommets.
Au lieu de regarder les Suisses de haut, en raison de leur faible nombre d’habitants, les dirigeants Européens seraient bien inspirés d’étudier comment un si petit pays peut afficher tant de réussites dans tant de domaines.
La Suisse est une confédération riche de sa diversité linguistique, et riche de ses deux grands principes majeurs : votation et subsidiarité. Presque tout le contraire de ce que cherche à faire l’Union européenne depuis le traité de Maastricht.
Le pays et l’Union européenne entretiennent des relations étroites compte tenu de leur histoire commune et de la géographie, notamment des relations économiques, objets de nombreux accords bilatéraux. La Suisse répond à de nombreuses exigences de l’UE, pour avoir accès au grand marché européen, mais elle n’a jamais voulu cesser de contrôler les marchandises qu’elle importe, ceci explique pourquoi le pays n’a jamais conclu d’union douanière avec l’Union européenne. La Suisse est une exception au milieu de l’Europe.
En novembre 2024, l’industrie représentait en Suisse près de 25 % du PIB, presque trois fois plus qu’en France. L’agriculture, qui représente moins de 1 %, arrive à garantir l’autosuffisance alimentaire du pays pour de nombreux produits. Au cours des siècles, les Suisses ont appris l’importance de la souveraineté alimentaire, c’est pourquoi ils veillent à la sauvegarder le plus possible. Pas question d’importer des pommes produites à l’étranger alors que les pommes suisses risqueraient de rester invendues.
L’histoire de la Suisse sous domination française, a vacciné ses habitants de l’envie de faire partie d’un grand empire. Ils gardent très présent à l’esprit qu’il vaut mieux un petit chez soi qu’un grand chez les autres.
Ceci explique pourquoi le 6 décembre 1992, lors du référendum sur l’adhésion de la Suisse à l’Espace économique européen, les électeurs ont rejeté l’adhésion de la Suisse à l’Espace économique européen par 50.3% de NON, avec un taux de participation de 78.73 %.
Bien que le NON ne l’ait emporté que d’extrême justesse, aucun nouveau vote n’a jamais été sérieusement envisagé. En 1992 l’Union européenne ne comptait que 12 membres, depuis 2020 elle en compte 20. Les Suisses ne se sont jamais rêvés en grand, encore moins aujourd’hui qu’en 1992. Il est donc de moins en moins probable qu’ils reviennent sur leur vote d’hier étant l’état de l’Union européenne aujourd’hui.
De 1980 à 2023, le PIB de la Suisse est passé de 17,38 % du PIB de la France à 29,71 %
De 1991 à 2023, le PIB de la Suisse est passé de 4,40 % du PIB de la zone euro à 5,85 %
Le 1er janvier 1966, la banque mondiale classait la France au rang de deuxième puissance économique mondiale. Une position due aux réformes impulsées par Charles de GAULLE depuis 1958 (réformes structurelles, création d’une nouvelle monnaie nationale, etc.).
60 ans après, on constate avec tristesse que la France s’appauvrit. Le PIB par habitant, mesuré en standards de pouvoir d’achat, n’est plus au-dessus de la moyenne européenne, alors qu’il se situait encore au-dessus il y a une dizaine d’années, selon l’INSEE.
La France progresse moins vite que la moyenne de l’Union européenne et de la zone euro. Les économistes y voient le symptôme d’un affaiblissement de la productivité et d’un marché du travail moins performant.
Depuis plus de 40 ans, la majorité des budgets votés ont révélé l’incapacité de la France à sortir des logiques de redistribution et d’assistance au-delà de ses moyens. Avec le dernier budget voté, non seulement le gouvernement français se montre toujours incapable d’aller vers l’équilibre des comptes de la nation, mais en continuant à prélever des impôts sur la production, près du double de ceux prélevés en moyenne dans l’Union européenne, il condamne les rares entreprises industrielles qui restent en France à choisir la délocalisation ou la faillite.
Les politiques budgétaires qui pénalisent exagérément les facteurs de production conduisent, immanquablement à terme, à un appauvrissement collectif. Les socialistes, arrivés au pouvoir en mai 1981, ont mis moins de 2 ans pour comprendre qu’en économie il y avait des règles élémentaires dont on ne pouvait pas s’affranchir.
Pour faire voter le budget 2026, le Premier ministre Sébastien LECORNU a dû finalement avoir recours au 49-3, et a dû surtout, céder aux injonctions des élus du groupe socialiste, dans lequel siège l’ancien président de la République François HOLLANDE, ancien élève de l’école HEC, l’École des hautes études commerciales de Paris.
Selon la quasi-totalité des gestionnaires expérimentés, ce budget est totalement inconséquent économiquement, et politiquement irresponsable, car il ne permettra d’aller vers la résolution d’aucun des problèmes qui inquiètent tant les Français.
De 1981 à 2027, au cours de ces 46 ans, la France aura connu 5 présidents de la République : François MITTERRAND (14 ans), Jacques CHIRAC (12 ans), Nicolas SARKOZY (5 ans), François HOLLANDE (5 ans), et Emmanuel MACRON (10 ans). Soit 19 ans de présidence de « gauche » socialiste, 17 ans de « droite » « gaulliste », et 10 ans de présidence « centriste ». En raison des périodes de cohabitation, la France a connu ainsi 20 ans de gouvernement de « gauche », 16 de gouvernement de « droite », et actuellement plus de 8 ans de gouvernement « centriste ».
La « gauche » pourrait donc être tenue un peu plus responsable que la « droite » de la situation actuelle du pays. Mais, si la « gauche » peut être tenue pour principale responsable des difficultés auxquelles la France doit faire face aujourd’hui, ce n’est pas parce qu’elle a gouverné le pays plus longtemps que la « droite », mais parce que c’est elle qui a pris les premières mauvaises décisions aux plus mauvais moments.
Au 3e trimestre 2025, la dette publique française approchait les 3 500 milliards d’euros.
La France est endettée aujourd’hui à près de 120 %. À la fin de la Première Guerre mondiale, sa dette dépassait 150 %, et après la Seconde Guerre mondiale, au sortir du conflit, elle s’est même élevée à 170 % du PIB. Mais entre 1945 et 1948, « grâce » à une inflation de 52 %, l’endettement public a pu passer de 170 % à 40 % du PIB. Il y aura parallèlement 6 dévaluations sous la IVème République, permettant de ramener à 30 % l’endettement public dès la fin des années 1950.
La fondation IFRAP a rendu public en 2021 un travail faisant l’historique des crises de la dette en France depuis le XIIIe siècle. Depuis des siècles, l’endettement récurent est le problème principal à régler de tous les gouvernements du pays.
Pourquoi la dette actuelle serait-elle plus préoccupante que toutes celles qui l’ont précédée ? Pourquoi la dette de la France (3 500 milliards de dollars) serait-elle plus grave que la dette abyssale du Japon (250 %) et celle des États-Unis (122 %) ?
Malheureusement pour la raison simple que : trop de Français n’ont jamais eu autant de temps pour dépenser l’argent qu’ils n’ont pas, pour acheter de plus en plus ce qu’ils fabriquent de moins en moins, et pour faire des voyages de plus en plus loin à l’étranger.
Sur le tableau ci-dessous, on voit combien les crises mondiales, pétrolières, financières, et sanitaires, ont affecté lourdement le PIB de la France en 1973, 1979, 1990, 2000, 2008, et 2020. Tous les pays occidentaux ont été touchés par ces crises, mais tous n’ont pas cherché à y faire face de la même façon. On peut saluer pour une fois la façon exemplaire dont les dirigeants français ont su immédiatement réagir au premier choc pétrolier, et à la dépendance accrue de l’économie mondiale au pétrole, en lançant un ambitieux programme nucléaire.
Grâce à la capacité de résilience, la capacité de travail, et les savoir-faire que les Français avaient gardé en 1973, la première crise pétrolière a pu être contenue, et arrêtée, rapidement.
La gauche socialiste a eu la malchance d’arriver au pouvoir juste après le second choc pétrolier, de 1979, à un moment où, dans l’euphorie pré révolutionnaire, la volonté et la capacité des Français pour faire des efforts avait considérablement diminué.
Alors qu’en raison de la situation économique défavorable imprévue, le gouvernement aurait dû surseoir à la tenue des mesures sociales les plus coûteuses, non seulement ils les a mises en œuvre rapidement, mais il les a largement généralisées, de façon irréfléchie. –
De 1960 à 1972, en 12 ans, le PIB a exactement triplé, en 1975 il avait plus que sextuplé
De 1975 à 1980, en 5 ans, le PIB a presque encore doublé, et de 1981 à 1985 il a diminué de 21 %
En 2024, 2022, et de 2020 à 2009 le PIB de la France est resté inférieur au PIB de 2008
Les travailleurs de force, qui ont voté pour la gauche en général, et pour François MITTERRAND en particulier, ont pu croire qu’ils seraient les premiers bénéficiaires de la politique mise en œuvre par les gouvernements socialistes. C’est pourquoi, souvent usés, voire brisés par leur dur labeur, ils ont accueilli avec enthousiasme la réduction du temps de travail, sans diminution de salaire, et l’avancement immédiat de 5 ans de l’âge de la retraite, leur laissant espérer enfin quelques années de vie supplémentaires en bonne santé.
Ils n’ont pas vu qu’une fois ces mesures généralisées sans aucune discrimination, sans discernement, ce qu’ils croyaient être un avantage, non seulement n’en serait bientôt plus un, mais se retournerait d’abord contre eux.
Lorsque les économistes, qui avaient l’incongruité de rappeler l’existence du réel, rappelaient qu’une diminution de temps de travail trop importante, mal évaluée, induisait inéluctablement une perte de compétitivité, les idéologues trouvaient toujours de « bons » arguments pour balayer leurs réserves et leurs avertissements.
Il faut écrire en effet « bons » arguments entre guillemets, tant ils se sont révélés rapidement économiquement insensés et moralement réprouvables.
Le bon sens et le sens moral sont malheureusement les qualités qui font souvent le plus défauts aux révolutionnaires mondains. Ne parlons pas de leur compétence, et encore moins de leur probité.
Depuis la publication des travaux de l’historien François FURET, ancien adhérent du Parti communiste, on sait que la Révolution française n’est pas née de la révolte du petit peuple des campagnes, auquel les élites éclairée aurait apporté leurs lumières pour les aider à obtenir une forme de justice sociale, les aider à améliorer leur sort, mais de l’impatience de la bourgeoisie naissante, lasse de ne pas arriver à porter au pouvoir des dirigeants qui servent d’abord leurs intérêts.
À la lecture du livre, Des notables léonards dans la Révolution, publié par Pierre-Nicolas TERVER aux éditions Skol Vreizh en 2024, on comprend pourquoi tant de paysans parmi les plus modestes se sont rebellés, partout en France, dès qu’ils ont pu mesurer que cette révolution, qui n’était pas faite par eux n’était surtout pas faite pour eux. Dans tous les changements de régime, dans toutes les révolutions, les premiers et les grands gagnants, sont ceux qui sont les mieux dotés et les mieux placés pour profiter des nouvelles données économiques, politiques et culturelles.
Pendant la Révolution française, les bourgeois les plus riches ont pu bâtir leur fortune en rachetant à bas prix les biens de l’Église dès qu’ils ont été nationalisés, après l’effondrement de l’Union soviétique, les apparatchiks les mieux placés ont réussi à faire main basse facilement sur les biens de l’État soviétique privatisés, au point d’arriver à amasser d’immenses fortunes en quelques années.
LÉNINE qui a pris pour modèle la Révolution de juillet 1789 pour faire la Révolution d’octobre 1917, serait surpris, s’il revenait aujourd’hui, de voir que le modèle français, bien que ce soit avec 70 ans de retard, aura été finalement suivi jusqu’au bout.
En France, malgré l’évidence que, là où il y des hommes il y a de « l’hommerie », les intellectuels de gauche refusent toujours de voir dans les oligarques russes les « dignes » héritiers de la Révolution française. Ils croient toujours qu’on peut créer un homme nouveau « bon ».
Malheureusement, le budget que les députés s’apprêtent à voter en janvier 2026 révèle l’incapacité qu’ont les Français à sortir des logiques de redistribution au-delà de leurs moyens.
On prête à Mikhaïl GORBATCHEV une petite phrase provocatrice devenue célèbre : « La France est le seul pays où le communisme a réussi ». Cette boutade ne vise bien sûr pas l’économie, puisque le communisme intégral n’y jamais été essayé, en revanche elle donne une vision juste quand on parle d’idéologie.
En effet, l’utopie communiste garde bizarrement auprès de l’intelligentsia française un prestige troublant, qui continue à préférer avoir tort avec SARTRE que raison avec ARON.
Depuis que Jean-Jacques ROUSSEAU a publié en 1755 son fameux Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, l’égalitarisme, ce culte stupide de l’égalité, a déjà fait des millions d’aigris, des millions d’envieux, et surtout des millions de morts, et malgré cela il a tout pour continuer à en faire encore beaucoup.
Comment peut-on encore donner tant de crédit à un penseur qui a déclaré : « commençons, par écarter tous les faits » ?
L’égalitarisme parfait est impossible à atteindre, et si par miracle et par malheur il advenait, il est certain qu’il ne tirerait pas l’humanité vers le haut.
Depuis 1981, la droite française ne cesse de dénoncer la politique faite par la gauche. Mais bizarrement, une fois revenue au pouvoir elle ne fait rien pour revenir sur les mesures qu’elle a si fortement dénoncées comme étant insensées.
Depuis 80 ans, la droite française se laisse donner des leçons de morale politique par des partis de gauche, bien que nombre de dirigeants de ces partis, souvent par pacifisme, se soient mis au service de Vichy, ou mieux encore de la part du Parti communiste français, dont le secrétaire général a déserté dès le premier mois de la guerre. La plupart des chroniqueurs politiques savent qu’à la Libération, le PCF a tout fait pour faire oublier son soutien au pacte germano-soviétique, mais rare sont ceux qui se souviennent, ou aient jamais su, la grande place que tenaient les socialistes quand la gauche collaborait [1939-1945], pendant que des militants d’extrême-droite résistaient.
En 1962, l’historien Pierre VIDAL-NAQUET a cité dans un article du journal Vérité Liberté des documents établissant que Jean-Marie LE PEN avait, en février et mars 1957, pratiqué la torture durant la guerre d’Algérie. Cette information n’a pas reçu un grand écho en 1962, car à l’époque où elle fut révélée, les Français n’aspiraient qu’à tourner au plus vite la page de la décolonisation et de ses horreurs.
En 1984, la plupart des Français avaient oublié qu’aux dates où Jean-Marie LE PEN est accusé d’avoir pratiqué la torture en Algérie, il obéissait aux ordres d’un gouvernement (1er février 1956 – 21 mai 1957) qui avait alors pour Premier ministre, Guy MOLLET (SFIO), pour ministre d’État chargé de la justice, François MITTERRAND (UDSR), et pour ministre de la Défense nationale, Maurice BOURGÈS-MAUNOURY (RAD). Tous ces ministres étaient parfaitement informés que pour gagner la Bataille d’Alger, l’armée, à laquelle ils avaient donné toute latitude pour gagner rapidement la guerre contre le terrorisme, avait dû avoir recours à des mesures extrêmes, constituant des crimes contre l’humanité.
Jacques PÂRIS de BOLLARDIÈRE fut le seul officier supérieur, alors en fonction, à avoir dénoncé à ses chefs, puis publiquement, « certains procédés » pratiqués par une partie de l’armée française dans la recherche du renseignement lors de la guerre d’Algérie. Cela lui valu une sanction de soixante jours d’arrêt de forteresse, le 15 avril 1957.
Pour la guerre d’Algérie, comme pour la Seconde Guerre mondiale, la gauche tient à rappeler les nombreux méfaits documentés commis par la droite et l’extrême droite, une méthode qui a surtout pour but de minimiser dans les livres d’histoire l’ampleur de ses propres crimes. La gauche ne peut malheureusement se croire moralement exemplaire, que lorsqu’elle a totalement perdu la mémoire.
Lutter contre les injustices sociales est un devoir moral, mais sous réserve que les moyens mis en œuvre pour atteindre ce bel objectif ne soient pas contre productifs. Lorsque la lutte contre les inégalités conduit inéluctablement à la médiocrité pour tous, elle devient une véritable aberration économique et sociale.
L’égalitarisme est une grave altération de la pensée dont la grande majorité de la classe politique française ne semble pas avoir encore mesuré à quel point il peut être handicapant : le socialisme de tous les partis, un poison français.
Nicolas BAVEREZ a publié le 2 février dans Le Figaro, un article intitulé La France en voie de tiers-mondisation.
Il note qu’actuellement la paupérisation de la France et des Français s’emballe. En 2024, la richesse par habitant de la France se situe au 34e rang mondial et est désormais inférieure de 7 % à la moyenne européenne, et ce pour la troisième année consécutive. Elle est en retrait de 25 % par rapport à celle du Danemark, de 20 % par rapport à celle de la Suède, de 15 % par rapport à celle de l’Allemagne, de 0,5 % par rapport à celle de l’Italie. Par ailleurs, l’écart favorable vis-à-vis de la Pologne a été réduit de 60 % à 20 % depuis 2000.
L’épargne des Français a atteint en 2025 la valeur record de 6 600 milliards d’euros, soit plus de 100 000 euros par habitant, soit presque deux fois la dette du pays, 3 500 milliards d’euros, soit enfin l’équivalent pour la France de plus de huit fois son budget annuel, 816 milliards d’euros en 2024.
En arrivant à mobiliser l’épargne des particuliers, pour faire les investissements productifs dont le pays à absolument besoin, le gouvernement français pourrait faire revenir l’économie du pays dans le cycle vertueux qu’elle a quitté en 1974, soit il y aura cette année exactement un demi-siècle.
Pendant la Première Guerre mondiale, pour sauver le pays, des millions de Français ont répondu à l’appel lancé dès 1915 par le gouvernement : Pour la France VERSEZ VOTRE OR. L’or Combat Pour La victoire. Cet appel fut couronné de succès puisque les emprunts d’État souscrits par les épargnants ont couvert la moitié des dépenses de guerre.
6 600 milliards d’euros sur un compte à la banque, pour quoi faire ?
En 2025, l’épargne a atteint des records en France. Mais où va concrètement cet argent ? Dort-il à la banque ou finance-t-il notre économie ?
Depuis 1816, la Caisse des dépôts et consignations a la charge d’orienter l’utilisation de l’épargne des Français, pour « le plus grand bien de l’économie française ». La vidéo mise en ligne en 2023, intitulée En vrai, la Caisse c’est quoi ? nous éclaire sur ses principales missions et réalisations. En y apprend ainsi qu’en 1905, la CDC s’est vue confier la construction du logement social dans tout le pays, et que cette activité reste aujourd’hui l’un de ses axes prioritaires.
Il y a en France une crise du logement qui s’aggrave d’année en année. Construire des logements sociaux est donc bien une priorité, sous réserve qu’il n’y ait pas des besoins à satisfaire plus urgents encore.
Loger tous les habitants qui vivent en France est une priorité, mais assurer et garantir à chacun la sécurité est une priorité absolue, la toute première des priorités. L’enseignante qui a été poignardée en février dans un collège à Sanary par un de ses élèves n’aurait plus eu besoin de logement si elle était morte.
Alain BAUER, professeur émérite de criminologie au CNAM, a alerté, dans un article publié le 30 janvier dans l’Opinion, sur la gravité de la flambée des violences en France. Selon ses chiffres, le nombre de victimes d’une tentative d’homicide serait passé de 2 259 en 2016 à 4 501 en 2025, soit une augmentation de près de 100 %.
Les données avancées par Alain BAUER sont malheureusement difficilement récusables. Non, fort heureusement, le nombre d’homicides n’a pas doublé en 20 ans, comme certains cherchent à le faire accroire ou à le dénoncer, mais le taux « homicidité », lui, a bel et bien doublé en 10 ans.
Pour les psychosociologues de gauche, ce sont les discriminations, les injustices sociales, et la misère, qui forment la cause essentielle de la montée de la violence en France. Pour les psychosociologues de droite, c’est le désordre, le manque de force de police, l’inadaptation des lois, et la lenteur de la justice, qui offrent aux jeunes délinquants toutes les possibilités pour devenir de dangereux délinquants violents, souvent plus de 20 fois récidivistes.
Face à l’augmentation de la violence et de la délinquance, face à l’insécurité croissante, les dirigeants français qui exercent alternativement le pouvoir depuis 50 ans s’avouent désormais souvent impuissants, comme si cette violence était dans l’air du temps, et qu’on ne pouvait rien y faire.
Gouverner c’est prévoir. Aucun gouvernement ne peut être tenu pour responsable de ce qui était imprévisible, par contre il est impossible d’excuser que, ce qui ne pouvait absolument pas être imprévu, reste totalement ignoré.
Comment excuser que la France manque aujourd’hui de médecins, alors que ses dirigeants ont eu la folie de tout faire hier pour qu’il en soit finalement ainsi ?
La démographie étant l’une des sciences les plus exactes, et les plus prédictives, comment le ministère de la Santé a-t-il pu instaurer un numerus clausus en Médecine qui a fait passer le nombre d’inscriptions d’étudiants en deuxième année de 8 588 places en 1972, à 3 500 en 1993, 6 850 en 2006, et 8 205 en 2018, alors que la population française n’a cessé d’augmenter de 1972 à 2018, de 53 à 67 millions d’habitants ?
Les gouvernements français ont ainsi délibérément organisé la pénurie de médecins pendant plus de 40 ans. Ce manque de médecins formés dans les universités françaises a été en partie pallié par les étudiants français qui ont pu faire leurs études à l’étranger, en payant, notamment en Roumanie, et par les médecins étrangers qui ont été débauchés sans honte, dans des pays qui manquent encore plus cruellement de praticiens que la France.
Il est cocasse d’entendre les ligues antiracistes demander aux Français de remercier les médecins noirs qui consentent « généreusement » à venir soigner des blancs.
L’exemple du manque de médecins est certainement le plus insensé. Malheureusement la France, n’a pas les moyens, et ne se donne toujours pas non plus les moyens de former, et encore moins d’embaucher, les personnels dont elle va avoir un besoin crucial pour répondre aux exigences des métiers de demain, tandis qu’elle accueille dans ses collèges, dans ses lycées, et dans ses universités, des milliers d’élèves et d’étudiants incapables de suivre le moindre cursus d’enseignement, même ceux d’un niveau peu élevé.
La France n’est pas encore ruinée, mais cela peut venir extrêmement vite, si rien n’est fait pour orienter les forces et les finances du pays dans la bonne direction, si rien n’est fait pour mettre un terme à la dilapidation de la fortune que nous ont léguée nos ancêtres.
Car il y a malheureusement dilapidation effective. En 2025, on note ainsi qu’encore plusieurs fleurons de l’économie française ont changé de nationalité, sans que le gouvernement ait fait beaucoup d’efforts pour les garder dans le giron du pays. On note surtout que le vandalisme et les dépenses improductives ne cessent de croître, tandis que l’espoir de l’augmentation des recettes commerciales s’éloigne de plus en plus.
En 2020 on comptait un peu moins de 240 000 étudiants inscrits dans une des 369 écoles de commerce recensées en France, et environ 160 000 étudiants inscrits en cycle d’ingénieur.
Selon les chiffres du ministère de l’Enseignement supérieur, les effectifs des écoles de commerce en 2000 étaient de 63 400 inscrits, alors qu’en 2025 le nombre d’étudiants a atteint 258 300.
Les directeurs des écoles de commerce s’inquiètent, pour des raisons démographiques, d’une probable diminution du nombre de leurs étudiants dans les années à venir. Alors que ce qui devrait les inquiéter au plus haut point c’est qu’il y ait en France tant d’engouement pour les écoles de commerce et si peu pour les écoles d’ingénieurs.
Il est attristant que les dirigeants français semblent si peu troublés par ces chiffres, alors qu’ils donnent l’assurance du déclin, à court terme, de l’économie française. À quoi sert en effet de former tant de vendeurs dans un pays qui fabrique et produit si peu !
Aujourd’hui, alors qu’elle reste autosuffisante dans de moins en moins de domaines, la France accorde de plus en plus le droit d’asile sur son sol, et régularise de plus en plus d’immigrés sans-papiers.
En 15 ans, le nombre de bénéficiaires du droit d’asile en France a plus que triplé.
Les différents Ministres de l’Intérieur ne sont pas responsables de cette augmentation, ils ne font que respecter les décisions de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), l’établissement public administratif chargé d’assurer en France la stricte application des lois relatives aux droits des demandeurs d’asile.
Selon l’observatoire de l’immigration & de la démographie, dans l’état actuel de nos lois, on estime à 580 millions le nombre de personnes que la France ne peut en aucun cas refuser d’accueillir sur son sol, quand leur demande officielle a pu être régulièrement déposée. Les Français peuvent donc se préparer à devoir continuer à accueillir, pendant plusieurs années encore, un nombre considérable et croissant d’immigrés.
Il n’y a pas de lien direct de causalité entre immigration et délinquance, qui puisse être essentialisé, sous réserve que les immigrés autorisés à séjourner sur le territoire national soient en nombre limité, correspondant à des capacités d’accueil digne, en quantité et surtout en qualité.
Or ces conditions ne sont plus réunies en France depuis longtemps, si elles ne l’ont jamais été, et le seront de moins en moins, pour d’évidentes raisons budgétaires.
Les services de police, la justice, les services sociaux et médicaux, sont totalement débordés depuis plus d’une vingtaine d’années. Cette situation ne fait et ne peut que s’aggraver rapidement, tant le nombre d’immigrés excède de plus en plus la somme des moyens qu’il faudrait mettre à leur disposition pour gérer convenablement leur présence en France.
L’accueil de mineurs isolés qui ne parlent pas ou très mal le français, notamment s’ils sont originaires d’Afghanistan ou de Tchétchénie, pose très souvent aux services sociaux départementaux des problèmes culturels, sanitaires, et budgétaires, dont certains deviennent rapidement insurmontables.
La Légion étrangère réussit l’exploit, depuis bientôt deux siècles, d’accueillir en son sein des hommes venus de pays très divers, parfois en guerre entre eux, appartenant à des cultures et des religions totalement différentes. Pour obtenir de tels résultats, les officiers et les sous-officiers des centres de recrutements de la Légion n’ont pas de secret, mais du bon sens. Ils refusent l’engagement de tous ceux qui sont, à l’évidence, incapables de respecter les règles de bonne conduite auxquelles tout légionnaire doit accepter de se plier.
Lorsqu’en août 2015 la chancelière Angela MERKEL a ouvert toutes grandes les frontières de l’Allemagne aux réfugiés syriens, après avoir lancé « Wir schaffen das », que l’on peut traduire par « On va le faire » ou « On va y arriver », les associations humanitaires françaises ont salué son « grand courage » et sa générosité.
Les responsables politiques qui font de l’accueil aux étrangers un devoir inconditionnel, pour des raisons hautement morales, qui refusent d’entendre les doléances de ceux qui appellent à plus de lucidité et à plus de mesure, croient certainement ainsi compter parmi les opposants aux partis d’extrême droite les plus résolus, malheureusement ils font surtout preuve d’inconscience et d’inconséquence, économique et politique.
En France et en Allemagne, les élites européïstes protégées socialement et culturellement, gardent sans aucune gêne la prétention d’être les mieux qualifiés pour indiquer au petit peuple le chemin du bien, du bon, de l’honneur et de la vertu. Non seulement elles restent incapables de comprendre les réticences des gens pauvres à accueillir d’autres pauvres, dont ils savent qu’ils sont étrangers à leur culture et à leurs mœurs, comme si cela ne devait pas compter, mais elles les accusent d’être xénophobes, racistes, et sans cœur.
Avant la fin de la Seconde Guerre mondiale, dans tous les domaines, les Américains ont promptement opéré le recyclage des anciens nazis dont ils pensaient pouvoir avoir besoin, notamment ceux dotés de compétences exceptionnelles, en prévision du conflit qu’ils sentaient venir avec l’URSS.
En Allemagne en 1945, trouver des spécialistes et des experts qui se soient comportés de façon irréprochable pendant la période nazie était mission quasi impossible. Il est vain de reprocher aujourd’hui aux premiers dirigeants de la République fédérale d’Allemagne, de n’avoir pas réussi à écarter tous ceux qui avaient servi le IIIe Reich avec zèle. Que d’anciens nazis soient restés en place dans la nouvelle administration allemande était inévitable. Cela n’a donc ni surpris ni choqué les Français, qui venaient juste d’en finir avec le régime de Vichy.
Par contre, comment se fait-il que la première présidence de la Communauté Économique Européenne (CEE) ait été confiée en janvier 1958 à Walter HALLSTEIN, sans que cela fasse en France scandale ? Comment expliquer que le général de GAULLE n’ait rien fait pour le débarquer avant 1967 ?
En entendant Philippe de VILLIERS affirmer que Walter HALLSTEIN, le « père fondateur de l’Europe » était un ancien nazi, ou en lisant sur le blog de Mediapart l’article intitulé Origines nazies de l’UE ? Walter HALLSTEIN, un itinéraire européen, il ne faut surtout pas se laisser aller à la facilité de l’indignation a posteriori.
À la suite des « révélations » de Philippe de VILLIERS, France Culture a diffusé en mars 2019 une émission intitulée : L’Europe est-elle une création des États-Unis ?
En réécoutant cette émission après la réélection de Donald TRUMP, en notant l’attitude actuelle des États-Unis vis à vis de l’Europe, on a beaucoup de mal à croire encore à l’histoire officielle de la construction européenne.
Lorsque Walter HALLSTEIN est devenu président de la CEE, le Général de GAULLE n’était pas encore de retour aux affaires de l’État. Le président du Conseil était alors Félix GAILLARD, un ancien directeur de cabinet de Jean MONNET.
En mai 1958, lorsque le Général est revenu au pouvoir, les problèmes urgents à résoudre étaient si nombreux et si vastes, qu’il ne voulait surtout pas prendre le risque de froisser les États-Unis, dont il savait mieux que personne leur projet pour l’Europe, et le pouvoir qu’ils avaient de l’imposer aux pays européens de l’OTAN.
Il savait très certainement que, comme la plupart des Allemands, HALLSTEIN avait un vrai passé nazi, mais il savait surtout qu’il était l’homme que les Américains avaient choisi pour être à la tête de la CEE.
Depuis la guerre en Ukraine, et plus encore depuis la réélection de Donald TRUMP, même les Européens les plus atlantistes ont fini par ne plus voir les Américains, tels qu’ils les rêvent depuis la Première Guerre mondiale, mais tels qu’ils sont.
Les Européens qui demeurent aveuglés par leur vieille histoire d’amour avec les États-Unis, essayent de se rassurer en pensant qu’après TRUMP tout reviendra comme avant. Ils n’ont pas compris que l’abandon de l’Ukraine par TRUMP n’est pas une foucade politique conjoncturelle passagère liée aux calculs électoraux du président américain, mais l’expression inéluctable de l’épuisement structurel des États-Unis qui ne disposent plus des ressources démographiques, industrielles et morales nécessaires pour maintenir les engagements géopolitiques périphériques, qu’ils avaient pris lorsqu’ils étaient au faîte de leur puissance.
La parution en janvier 2024 du livre d’Emmanuel TODD intitulé La défaite de l’Occident, donna l’occasion, à tous ceux qui ne lui avaient jamais pardonné d’avoir vu avant tout le monde que l’URSS était condamnée à disparaître, de cracher une nouvelle fois leur fiel, et de se ridiculiser à terme à nouveau.
Pour mesurer le niveau que peut atteindre l’inconscience et l’aveuglement chez les atlantistes, il faut relire aujourd’hui la note mise en ligne par la Fondation Jean JAURÈS en mars 2024, rédigée par un certain Olivier SCHMITT, intitulée méchamment Défaite de l’Occident ou défaite du marché des idées ?
L’historien, l’anthropologue, le démographe, et l’essayiste français, Emmanuel TODD, est très sévèrement étrillé dans cette note. Olivier SCHMITT, écrit en effet cruellement de lui qu’il « est complètement déconnecté de la moindre réalité empirique des pays dont il parle ».
Observons que cette note a été écrite, en 2024, alors que Joe BIDEN était toujours président, et alors que les Européens croyaient encore à la grande supériorité des forces cumulées des pays de l’OTAN.
Il est probable qu’Olivier SCHMITT n’oserait plus écrire aujourd’hui un texte aussi méprisant vis à vis d’Emmanuel TODD, tant ses dernières analyses semblent solides et pertinentes, confirmées par les faits, notamment celles mises en ligne sur le site Dynamiques Mondiales, créé sur youtube il y a moins d’un mois. On peut en juger sur une vidéo récente : TRUMP abandonne l’Ukraine et ZELENSKY fait une révélation qui sidère Washington.
Après que le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne, les Allemands ont tout pour imposer facilement leurs vues politiques, économiques, et énergétiques, aux 26 autres pays. Alors qu’il est clair que les intérêts de la France et de l’Allemagne sont de plus en plus divergents, les gouvernants français continuent à parler du couple franco-allemand.
Depuis 2014, le duo franco-allemand s’est surtout reformé pour faire de grosses erreurs, notamment le sabotage délibéré et avoué publiquement des accords de Minsk, et l’ouverture irréfléchie des frontières.
En Allemagne comme en France, les dirigeants en place prétendent absolument tout faire pour empêcher le « retour » au pouvoir de l’extrême droite. Depuis 40 ans les Français votent « de plus en plus mal ». En Allemagne depuis 15 ans les électeurs se sont mis à leur tour à imiter les Français. On note, que c’est à la suite des multiples agressions sexuelles qui se sont produites à Cologne lors du nouvel an 2016, et après le début de la guerre en Ukraine, que les votes pour l’AFD ont deux fois de suite doublé lors des élections fédérales : 4,7 %, en 2013, 12,6 % en 2017, 10,4 % en 2021, et 20,8 % en 2025.
Comme François BAYROU l’a rappelé en février 2002, « si on pense tous la même chose c’est qu’on ne pense plus rien ». D’où l’importance des débats et de la disputatio.
[Le 20 février 2026, 18 H00, P. C., Notre-Dame de la Rouvière] : Quelle belle histoire !



















