N° 388 L’écologie, comme l’hygiène, cela s’apprend dès le berceau

La sobriété énergétique et le respect de la nature, comme les bonnes manières, cela doit s’apprendre très jeune. Sans discipline collective, aucune économie d’énergie n’est sérieusement envisageable.

 

En lisant ce qu’un habitant a écrit sur l’ardoise qu’il a placée devant la grille de son jardin, on doit tristement déplorer que l’urgence écologique et climatique, qui fait tant parler et tant écrire, fasse si peu agir.

Message écologique délivré par le locataire d’une maison avenue de l’agriculture à Montpellier 

Durant la campagne électorale du premier tour de l’élection présidentielle presque tous les candidats ont tenu à professer une grande foi écologiste. Alors que tous les politologues et tous instituts de sondages ont répété que l’écologie était une des préoccupations principales des jeunes, les résultats du premier tour semblent démentir cette assertion. En effet, les deux candidats, qui pensaient pouvoir revendiquer la plus grande légitimité dans ce domaine en raison de l’ancienneté de leur engagement ou en raison de leurs réalisations, n’ont recueilli que très peu de suffrages de leur part.

Les maires socialistes ne sont plus du tout à l’écoute de leurs électeurs, et réciproquement!

Le candidat d’EELV (Europe écologie les verts) avec 4,63% des voix ne franchit pas la barre des 5%, mais il approche quand même le record des Verts, les 5,25% recueillis par Noël MAMÈRE en 2002, tandis que la maire de Paris, qui a tant fait pour imposer aux parisiens sa vision verte de la vie en ville, obtient moins de 1,75%, soit le pire score obtenu par le PS depuis sa création, toutes élections confondues.
Selon le dicton, nul n’est prophète en son pays. À Paris, Anne HIDALGO l’a confirmé de façon particulièrement exemplaire. En effet, elle n’est arrivée à ne déplacer, sur son nom, que 4 432 voix dans la ville de plus 1,3 million d’électeurs, employant 53 000 employés, dont elle est la maire réélue il y a un an.

En ne votant pas pour la candidate présentée par le Parti socialiste, les électeurs, qui ont la fibre écologique, n’ont pas fait preuve d’ingratitude, ils ont tout simplement fait preuve de lucidité.

En 41 ans, depuis l’élection de François MITTERRAND le 10 mai 1981, la France a eu pour Premier ministre un membre du PS pendant près de 20 ans. Pour la plupart des Français le Parti socialiste a donc un long passé au pouvoir, mais malheureusement il y a laissé aussi un considérable passif.

On prête au général de GAULLE d’avoir affirmé : « Je n’aime pas les communistes parce qu’ils sont communistes. Je n’aime pas les socialistes parce qu’ils ne sont pas socialistes. »

Lorsque le premier président de la Ve République fit cette déclaration le PS n’était pas visé, puisqu’il n’existait pas encore, mais si le général revenait aujourd’hui, il pourrait assurément porter le même jugement, tant les socialistes du PS ont montré qu’ils n’avaient rien à envier à leurs ainés de la SFIO.

La pandémie a fait ressortir combien la mondialisation irénique encensée par les têtes pensantes du PS, dans les années 2000, était une pure folie sociale, sociétale et écologique. Le principal artisan de la large et catastrophique ouverture du marché européen aux produits chinois a un nom et une étiquette politique.

Commissaire européen pour le commerce de 1999 à 2004, directeur général de l’Organisation mondiale du commerce de 2005 à 2013, Pascal LAMY a occupé ces hautes positions en raison de son appartenance au PS. On notera, en grinçant des dents, que l’auteur d’un des plus grands désastres économiques et industriels que la France ait connu au XXe siècle, a été un de ceux qui a reçu le plus de distinction honorifique dans le monde.

Après le tournant de la rigueur en 1983, et plus encore après la création de SOS racisme en 1984, nombre d’ouvriers et d’employés, qui jusqu’alors votaient massivement à gauche, et souvent massivement socialiste, ont commencé à apporter leurs suffrages au parti de Jean-Marie LE PEN, en signe de protestation, pour faire connaître leur détresse économique et leur misère affective.

La gauche bien pensante les a immédiatement accusés de trahir leur camp, de trahir leur classe. Incapables d’entendre la souffrance des classes populaires, qui se sentaient de plus en plus incomprises, parce qu’à l’évidence de plus en plus trahies, les stratèges du PS ont résolu de rééduquer le peuple, en lui donnant des leçons d’antiracisme, des leçons de savoir vivre ensemble.

Depuis près de 20 ans, les parisiens ont eu le grand privilège d’avoir des cours de rééducation intensive supplémentaires et complémentaires, notamment en matière de lutte contre la pollution de l’air.

À l’heure où l’éducation nationale multiplie les évaluations, il est regrettable que les cours de savoir vivre républicain prodigués par des milliers de municipalités en France n’aient pas été sérieusement évalués.

Car il apparaît que, plus les Français ont été accusés collectivement d’être racistes, xénophobes, islamophobes, homophobes, moins ils ont hésité à apporter leurs suffrages aux « partis politiquement incorrects », se comportant comme les écoliers lorsqu’ils sont persuadés d’être victimes de reproches par trop injustes.

Le populisme n’est pas né tout seul

Le 13 février 1984, quatre mois avant les élections européennes, Jean-Marie LE PEN fut invité pour la première fois à l’Heure de vérité, une émission politique, présentée par François-Henri de VIRIEU, créée en mai 1982.

Dés 1993, les dessous de cette invitation furent dévoilés par le journaliste Franz-Olivier GIESBERT. Il expliqua la stratégie délibérée de déstabilisation de la droite parlementaire (RPRUDF) conçue par le président MITTERRAND. Le journaliste rapporta que l’Élysée avait fait pression sur les chaînes de télévision pour qu’elles ouvrent davantage leurs antennes au chef du FN.

Résultats électoraux FN-RN (%)

Infographie et données Laurent de BOISSIEU pour France politique.fr

Résultats électoraux FN-RN (voix)

Infographie et données Laurent de BOISSIEU pour France politique.fr

L’évolution du vote FNRN depuis la création du FN en 1972, montre clairement que la croissance de l’extrême droite en France résulte essentiellement d’une construction médiatique, voulue et instrumentalisée par tous les pouvoirs en place depuis 40 ans ; (voir François MITTERRAND et le bon usage du FN et Instrumentalisation de l’extrême droite par la classe dominante).

Les gens de gauche en général et les socialistes en particulier, ont tout fait pour faire oublier que François MITTERRAND et l’extrême droite avaient souvent cheminés de concert. Certains ont même voulu faire croire qu’ils ne l’avaient appris qu’en 1994, à l’occasion de la parution d’Une jeunesse française, le livre de Pierre PÉAN.

François MITTERRAND, lui, n’avait rien oublié de ses engagements de jeunesse. Il savait, mieux que personne, où il fallait placer un coin pour fendre la droite en deux. Il savait que l’électorat catholique, qui votait encore très majoritairement à droite dans les années 80, ne craignait rien tant que de se fourvoyer une nouvelle fois avec l’extrême droite.

Grand stratège et fin tacticien, le premier président socialiste de la Ve République savait qu’un bon outil est un outil forgé pour l’usage précis qu’on veut en faire.

Lors des élections municipales de mars 1983, à Dreux, la liste conduite par Jean-Pierre STIRBOIS a permis au FN de franchir pour la première fois la barre des 10%, en recueillant 16,7% des suffrages exprimés.

De ce résultat singulier, François MITTERRAND compris immédiatement tout l’intérêt général qu’il pouvait tirer. En 1983, le bloc de droite restait très majoritaire, mais une possibilité de le fracturer se faisait jour pour les socialistes, sous réserve qu’ils arrivent à couvrir de honte le vote de certains électeurs, interdisant ainsi toute possibilité d’unité de la droite.

Heureusement les antifas veillent

En 1983, la diabolisation du vote FN n’avait pas encore eu lieu. Le 27 avril 2002, après l’élimination de Lionel JOSPIN,  le journal Libération ne manqua pas de le rappeler : Dreux, 1983: la droite s’allie au FN. Il faudra attendre 1985 pour que Jacques CHIRAC impose la consigne : « Aucune alliance avec l’extrême droite, même au niveau local.« 

Pour que le stratagème politique de François MITTERRAND puisse s’étendre à la France entière, il fallait que le FN réalise dans tout le pays une percée équivalente à celle de Dreux. Pour cela il fallait qu’il soit connu partout, d’où l’intervention de l’Élysée pour que Jean-Marie LE PEN apparaisse plus à la télévision.

Couvrir de honte une partie des électeurs de la droite, fut la tâche assignée à SOS-Racisme, association créé à dessein, avec la bienveillante sollicitude de l’Élysée, le 15 octobre 1984.

En 1983, de plus en plus déçu, l’électorat populaire, qui assurait jusqu’alors les victoires électorales de la gauche, commença a cesser de soutenir le gouvernement, et se mit à très mal voter. Pour retenir SON électorat, la gauche résolut alors d’agiter la peur du fascisme, dont Lionel JOSPIN reconnut qu’elle était purement tactique, car totalement infondée. En 2007 il déclara même : « Durant les années du mitterrandisme, tout antifascisme n’était que du théâtre, il n’y a jamais eu de menace fasciste».

De 1984 à aujourd’hui l’instrumentalisation systémique de l’antiracisme, et de l’antifascisme, n’a plus cessée, avec les résultats que l’on sait.

Notons un grand paradoxe que relèvent de nombreux étudiants africains venus étudier en France, comment croire que les Français soient massivement racistes, alors que tant d’étrangers n’aspirent qu’à venir y vivre.

Quant au fascisme, autre paradoxe, celui qui existe effectivement en France, l’islamofascisme, qui a déjà fait des centaines de morts, est le seul fascisme que les antifascistes refusent obstinément de voir.

Pourtant, à les entendre et à les lire, ils ont l’œil affuté. Ils sont toujours en éveil, mais ils ont une vision sélective, le fascisme pour eux reste le privilège de l’homme blanc.

La vidéo ci-dessous est emblématique du combat caricatural qu’ils mènent contre des menaces aussi dérisoires qu’imaginaires, en se faisant le frisson de la mort.

Comment les « antifa » surveillent et s’informent sur les groupes d’extrême-droite toulousains ?

Le 10 octobre 2019, un reportage effectué par FR3 Occitanie, montre comment à Toulouse les antifas veillent sur la ville. Un vieux monsieur de 80 ans arrive en marchant lentement, Représente-t-il une sérieuse menace pour la République ?

L’antifascisme n’est le plus souvent qu’une posture qui donne à ceux qui la tienne un sentiment de toute puissance et d’impunité.

Au nom de l’antifascisme tout est permis. En utilisant les méthodes les plus violentes type Black Bloc, les antifas arrivent à imposer leurs vues mêmes quand ils sont ultra minoritaires.

La grande mansuétude dont font preuve les responsables politiques à l’égard des casseurs antifascistes interroge.

Il n’y a malheureusement que de basses considérations politiciennes qui puissent expliquer l’attitude des politiques.

De crainte d’éloigner les électeurs qui mythifient encore la révolution, avec ses violences subséquentes, les élus de gauche répugnent à condamner les actes de vandalisme, dès lors qu’ils sont faits au nom de l’antifascisme, cause on ne peut plus noble.

Et de peur de passer pour des défenseurs d’un ordre par trop moral et trop conservateur, les élus de droite tolèrent de façon totalement inconséquente la multiplication des plus grands désordres.

Face aux désordres et au vandalisme, des silences coupables

Aucun de ceux, qui descendait dans la rue le samedi 17 novembre 2018 revêtu d’un gilet de sécurité routière, n’imaginait que la manifestation à laquelle il participait était la première d’une très longue série.

Le mouvement des gilets jaunes a jouit longtemps d’une très importante popularité. Les nombreux sondages indiquaient un soutien massif de l’opinion (plus de 65 à 75 % les premiers mois), toutes classes sociales ou socioprofessionnelles confondues. Le soutien s’est maintenu dans la durée. Il faiblit progressivement, mais resta tout de même majoritaire plus de 6 mois, bien que les violences des manifestants se fussent beaucoup accentuées et se fussent généralisées.

À coté des manifestations lancées de samedi en samedi par des gilets-jaunes, une multitude d’autres manifestations se sont, elles aussi, terminées dans la plus grande des violences, avec ou sans black-blocs à la manœuvre.

Bien sûr, il ne faut pas oublier les émeutes de banlieues qui ont fait d’extraordinaires progrès dans le domaine pyrotechnique, notamment en matière de mortiers d’artifices, depuis 1970.

Rien d’étonnant donc à ce qu’en octobre 2020 un sondage, effectué par l’institut IPSOS, ait indiqué que 82% des Français aspiraient à être gouvernés par des « vrais chefs », capables de remettre de l’ordre dans le pays.

Sondage effectué par IPSOS le 15 octobre 2020

Par contre il est surprenant, et surtout particulièrement inquiétant, que le désordre ambiant semble pousser les Français à redevenir majoritairement favorables au rétablissement de la peine de mort (55% en 2020 et encore 50% en 2021).

Évolution de l’opinion en faveur de la peine de mort

Ce qui est le plus inquiétant encore, c’est le changement d’opinion extrêmement rapide des franges de la population jusque là très opposées à la peine de mort. Le sondage IPSOS indique que les partisans de La France Insoumise et les partisans du Parti communiste sont passés de 8% à 39%, de 2019 à 2020.

Sondage effectué par IPSOS le 15 octobre 2020

L’allongement de la liste des attentats islamistes en France depuis une dizaine d’années n’est sans doute pas étrangère à cette évolution. Mais les attentats de Charlie hebdo en janvier 2015 semblent paradoxalement ne pas avoir eu d’influence toute particulière sur l’opinion. L’étude publiée en décembre 2021 sur l’évolution du sentiment d’insécurité dans la société française, effectuée pour le ministère de l’intérieur, en fait la remarque : « La recrudescence des attentats à partir de 2015 n’a pas amplifié ce sentiment [d’insécurité], même si le terrorisme est devenu une préoccupation majeure des Français. »

Au delà du sentiment d’insécurité, les chiffres officiels concernant les faits de délinquance et les nombres d’homicides ont toujours été contestés, pour d’évidentes raisons politiciennes. Mais ils sont désormais discutés, non pas pour leur valeur intrinsèque, mais pour la façon dont ils sont analysés. Le professeur Alain BAUER, pense que pour approcher vraiment la réalité de la situation il faut faire appel à une notion nouvelle : l’« homicidité ». Pour le criminologue les homicides ont certes diminué mais les «homicidités» ont bondi de 90% en France depuis vingt ans, notamment en raison de la forte augmentation des vols à l’arraché.

Comme en matière de pouvoir d’achat, ou en matière d’immigration, la vision qu’ont les experts des problèmes de sécurité diverge, entre eux, et diverge de celle de la très grande majorité des Français.

En revanche, comme nous l’avons vu supra, un point fait largement consensus c’est la nécessité de remettre de l’ordre dans la « maison France ».

On apprenait au service militaire : « l’ordre et la discipline constituent la force principale de l’armée ». Malheureusement, depuis trop longtemps, souvent pour complaire à leur clientèle électorale, de trop nombreux responsables politiques ont voulu oublier cette sage maxime.

Le désordre a un coût, dans tous les domaines

Les premiers à oublier cette banale vérité d’expérience sont malheureusement ceux qui devraient constituer demain l’élite du pays : les jeunes à l’université. Depuis le Moyen âge, les étudiants se pensent exemptés du lot commun, et depuis 1968, ils se croient autorisés au vandalisme, dés lors qu’il est fait au nom de la révolution.

Le 13 avril, entre les deux tours de l’élection présidentielle, mécontents du résultat du premier tour, 400 étudiants ont investi et bloqué la Sorbonne. Pour immortaliser leur fait d’arme, ils n’ont pu s’empêcher de taguer les murs. À l’annonce de cette information, les politiques, faisant preuve d’une rare unanimité, ont évité de commenter l’événement, par trop banal.

Pourtant cet événement méritait d’être commenté avec une attention particulière en cette période électorale, et en cette période de changement climatique.

Des remarques et des questions s’imposent en effet. Comment 400 étudiants, représentant une infime minorité des étudiants, contestant de façon infantile le résultat des urnes, peuvent-ils prétendre sauver la République?

[Pour évaluer la représentativité du mouvement rappelons qu’en 2021 : on compte dans la France entière 1 696 000 étudiants inscrits, dont seuls 4% participent aux élections des instances les représentant. L’université de la Sorbonne-Panthéon compte actuellement 40 000 étudiants. Rappelons que le plus ancien syndicat étudiant, l’UNEF, ne revendique plus que 20 000 membres.]

Comment tant de journalistes peuvent-ils avoir relayé si complaisamment les propos ineptes des occupants de la Sorbonne? Pourquoi les ont-ils présentés comme l’avant-garde éclairée de l’antifascisme, alors qu’ils ne sont que des casseurs socialement et écologiquement inconséquents.

Le rectorat de Paris fut malheureusement quasiment le seul à condamner un mouvement qui a conduit à des « violences inacceptables et à des dégradations importantes (bris de verre, portes fracturées, carreaux cassés, mur abattu, destruction des dispositifs de sécurité incendie, destruction de matériel pédagogique, multiples graffiti y compris sur le patrimoine historique) ».

Une très couteuse dictature des toutes petites minorités

S’il est un lieu qui n’a jamais été menacé par une menace fasciste depuis la Libération c’est l’université. Par contre c’est devenu à l’évidence un lieu où la liberté d’expression et la liberté d’enseigner est de plus en plus en danger.

Paradoxalement, c’est aussi le lieu où le message pour la défense de l’environnement semble avoir le plus de mal à passer dans les faits, alors que les médias ne cessent de vanter la conscience écologique particulièrement affutée qu’aurait la jeunesse à l’écoute de Greta THUNBERG.

Dans nombre d’universités, dont l’une des plus anciennes, la Sorbonne, ont doit déplorer avec tristesse que des étudiants s’affranchissent des règles élémentaires qu’ils prétendent imposer à toute l’humanité, pour sauver la planète.

Le coût des dégâts que vient de subir la plus vieille université de Paris n’est pas encore établi avec précision, mais il peut être facilement estimé. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les mêmes dégradations occasionnent les mêmes frais pour les faire disparaître.

L’occupation des universités s’étant malheureusement banalisée, l’estimation du coût des dégâts est de plus en plus rapide à faire. En Avril 2018, Ouest France évaluait à plus d’un million d’euros l’ensemble des dégradations constatées, dont 300 000 euros pour l’université Paul-Valéry de Montpellier, et 200 000 à 300 000 euros pour Paris-1 Tolbiac. Pour la Sorbonne en 2022, l’addition doit donc approcher les 200 000 euros.

Lorsqu’en juillet 2017 l’exécutif a annoncé une baisse de 5 euros, par mois et par foyer, des aides au logement (APL), baisse à laquelle les étudiants devaient aussi être soumis, les syndicats étudiants ont fortement protesté. Lorsque quelques centaines d’étudiants ont dilapidé l’équivalent de 40 000 fois 5 euros en quelques jours, les syndicats étudiants sont restés étrangement muets.

Que des syndicats ne veuillent pas condamner les méfaits de certains de leurs adhérents n’a rien de surprenant. Par contre, qu’aucun de ceux qui avaient appelé à la sobriété énergétique pendant toute leur campagne électorale ne réagissent à des méfaits aussi stupidement anti-écologiques laisse triste à pleurer.

Il est triste en effet que ceux qui se présentaient comme les plus aptes à diriger la France à l’heure du changement climatique se soient avérés, par leur silence, les plus écologiquement inconséquents.

Hommes et animaux : héritiers et légataires 

« L’héritage n’appartient qu’à l’homme. Nous sommes des héritiers », écrivait le philosophe Régis DEBRAY dans Transmettre (Odile jacob, 1997).

Et d’ajouter : « Si l’homme est l’animal qui a une histoire, la transmission non biologique, artificielle, de caractère acquis est l’autre nom de la culture humaine. » Une étude récente remet en question cette idée et attire l’attention sur l’existence d’une transmission de patrimoine matériel et culturel chez de nombreux animaux. Des héritages, et non seulement des hérédités, selon une opposition classique.

On imagine facilement qu’en apprenant que l’existence des cultures animales [était désormais] officiellement reconnue les animalistes ont bondi de joie, tant la prétention de l’homme à prétendre appartenir à une espèce supérieure unique leur est insupportable.

Que les animalistes se réjouissent que l’homme ne soit qu’un animal comme les autres, n’a rien de grave, par contre qu’ils en viennent à n’avoir plus conscience du fossé qui sépare l’homme des autres « espèces animales », même les plus évoluées, est très inquiétant pour l’avenir de l’humanité et de la planète.

Une petite histoire mêlant noix de coco, riz et singes permet de mesurer la largeur de ce fossé.

Une technique mise au point par des fermiers indiens non violents, lassés de voir leurs cultures détruites par des singes, illustre simplement et parfaitement la différence qui existe entre l’espèce humaine, et l’espèce animale considérée comme étant la plus proche.

« Il y a, dit-on en Inde, une façon très intelligente d’attraper les singes.  L’histoire raconte que les chasseurs font dans une noix de coco un trou dont la taille permet à un singe d’y passer juste la main. Puis ils forent deux trous plus petits à l’autre bout, y font passer un câble et fixent la noix de coco à la base d’un arbre. Ils glissent ensuite du riz dans la noix de coco et se cachent. Le singe descend, passe la main dans le trou et attrape le riz. Le trou est taillé pour y laisser entrer une main ouverte, mais pas pour en laisser sortir un poing fermé. Pour être libre, il suffit au singe de lâcher le riz. Mais il s’avère que la plupart des singes ne pense pas à rouvrir la main.»

Bien sûr, les tout petits d’hommes amenés à glisser la main dans le trou d’une noix de coco sont probablement aussi obstinés à ne pas lâcher prise que les singes, mais en vieillissant ils sont de moins nombreux à le faire, soit parce qu’ils comprennent seuls les raisons de leur infortune, soit parce qu’ils sont en âge de profiter de l’expérience et de la sagesse acquises par leurs ascendants.

Que les animaux soient, à l’égal des hommes, des héritiers, et donc des légataires, est certainement une très bonne nouvelle pour tous ceux qui adorent plus que tout leurs animaux, mais cela ne change en rien le regard lucide que l’on doit porter sur les affaires d’héritage.

« Au-delà de 12 millions, je prends tout. Si vous n’avez pas 12 millions d’héritage de prévu, vous ne risquez rien avec moi », a dit le 9 janvier Jean-Luc MÉLENCHON au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI. Selon lui, cette mesure visera « 0,01 % de la population ».

Dix jours après que le candidat des Insoumis aux élections présidentielles a fait connaître son programme, un sondage, effectué pour Bfmtv, indiqua que 81% des Français souhaitaient un allègement des droits de succession, quel que soit leur niveau de revenu.

Paradoxalement, les partisans d’une augmentation massive des droits de succession, furent souvent les plus satisfaits d’apprendre que les animaux étaient eux-aussi susceptibles d’«hériter», comme si leur mode d’héritage était seul digne d’intérêt, comme si la transmission de patrimoine matériel et culturel chez les  animaux était la seule méritant d’être scrupuleusement préservée, par respect du monde animal et de la biodiversité.

Héritage

C’est un sujet intime, touchant à la mort et à la famille, au lien particulier entre parents et enfants, à la transmission entre générations. L’héritage met en jeu une équation complexe, où l’aspiration légitime de chacun à protéger ses proches s’entrechoque avec l’espoir collectif [pour les humains] d’une société plus juste.

Mais c’est aussi un enjeu économique, social, scientifique, culturel, et existentiel majeur. Car l’héritage, contrairement à ce que trop de gens ont encore la faiblesse de penser, ne se réduit nullement à la transmission de biens matériels et financiers.

Bien avant que de savantes études sociologiques en fassent le constat, la tendance des humains à l’homogamie, c’est-à-dire à s’apparier avec des personnes issues du même milieu social, ayant le même niveau culturel et le même niveau de richesse, était bien connue.

Depuis des siècles, la littérature du monde entier fourmille d’histoires d’hommes et de femmes cherchant à épouser un beau parti et une belle personne, montrant que les humains cherchent à transmettre à leurs descendants le meilleur patrimoine matériel et génétique possible.

Les zoologues savent depuis que la zoologie existe, que les animaux et les humains choisissent leurs partenaires selon les mêmes critères. Les hirondelles, les cigognes, comme de très nombreux animaux, sont fidèles à leur site de reproduction et reviennent d’année en année nicher au même endroit.

Il est donc surprenant que, selon le journal Le Monde, l’importance du patrimoine dans le choix du conjoint n’ait été démontrée pour la première fois qu’en 2015.

Il est désormais bien établi qu’hériter n’est pas le propre de l’homme, de même les études les plus récentes tendent à prouver qu’il existe une forme de conscience animale.

L’humanité ne peut donc plus prétendre avoir l’apanage de l’héritage et de la conscience, pour autant l’espèce humaine serait folle de ne se croire qu’une espèce animale comme les autres.

Car, en admettant qu’il n’y ait plus de différence de nature entre l’homme et l’animal, il demeure entre eux une différence de niveau de conscience telle, que l’on peut sérieusement douter de la « grande proximité » de l’espèce humaine et de l’espèce animale.

Jusqu’à ce que le philosophe australien Peter Albert David SINGER , publie en 1975 La libération animale, les hommes avaient la faiblesse de penser que la dignité d’un être humain imposait de ne jamais le comparer un animal et encore moins à un objet.

L’abolition de la peine mort pour tous les crimes, dans tous les pays occidentaux, à la notable exception des États-Unis, devait marquer la reconnaissance de la sacralité de toute vie humaine.

Mais la pensée humaniste traditionnelle, héritée du judéo-christianisme, a cédé la place au relativisme, à l’utilitarisme et à l’individualisme. Dès lors, le caractère sacré de la vie humaine a cessé d’être un absolu.

Dès lors que l’homme et l’animal sont considérés comme de même nature, égaux en tout, la dignité d’un homme handicapé physique et plus encore d’un handicapé mental devient une valeur toute relative.

À propos de l’infanticide, le professeur SINGER, titulaire de la chaire d’éthique de l’université de Princeton (États-Unis), considère ainsi que le meurtre d’un nouveau-né n’est pas équivalent à celui d’une personne qui vit en pleine conscience.

Sa conception utilitariste le pousse aussi à défendre la nécessité de l’euthanasie non volontaire de nouveau-nés, enfants et personnes handicapés ou malades.

En 1945, parmi toutes les horreurs commises par le régime nazi, l’euthanasie massive de nombreux handicapés fut dénoncée comme l’un des crimes contre l’humanité les plus attentatoires à la dignité de l’homme.

Au XXIe siècle, au-delà des questions morales essentielles qu’il pose, l’avènement du relativisme nuit à la façon de penser. Il empêche de voir et mesurer la réalité. En entendant les animaux parler dans les dessins animés, des générations d’enfants les ont humanisés au point de leur prêter la capacité de construire des raisonnements.

En survalorisant les qualités et les mérites des animaux, les humains ont malheureusement tendance à dévaloriser les dons incomparables qu’ils ont reçus à la naissance (innés) et en héritage (acquis), comme pour s’excuser d’une sorte d’injustice faite au monde animal, et surtout pour s’affranchir des devoirs qu’ils savent que cela leur crée.

Bien que la société soit de plus en plus sécularisée, même ceux qui ne connaissent pas la parabole des talents ont intégré que ceux qui ont des dons particuliers ont l’obligation morale de les cultiver, de les faire grandir, et de les mettre au service de l’humanité.

L’expérience montre que cette obligation morale recoupe, autant l’intérêt personnel bien compris de celui qui s’y soumet, que l’intérêt collectif.

Au début de la Ve République, pour répondre aux besoins pressants de l’économie, l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur ont dû augmenter considérablement et rapidement leurs effectifs.

De 1960 à 1975 le nombre de bacheliers a été multiplié par de 2,5. Le pourcentage de reçus est ainsi passé de 10 à 25% des jeunes en âge de passer le baccalauréat.

De 1960 à 1980 le nombre étudiants dans l’enseignement supérieur a été presque multiplié par 4.

À la suite de la massification de l’enseignement secondaire et après les évènements de mai 1968, le ministère de l’Éducation nationale tint à modifier profondément sa façon de concevoir sa mission, en mettant en œuvre la loi HABY.

Les mots utilisés en 1966 par Pierre BOURDIEU dans La reproduction, avaient fortement marqué les esprits : « La reproduction des inégalités sociales par l’école vient de la mise en œuvre d’un égalitarisme formel, à savoir que l’école traite comme « égaux en droits » des individus « inégaux en fait » c’est-à-dire inégalement préparés par leur culture familiale à assimiler un message pédagogique. »

Alors que sous la IIIe République l’enseignement secondaire avait pour priorité d’offrir à tous les enfants méritants, quelle que soit leur origine sociale, une formation d’excellence leur permettant de suivre un enseignement supérieur, à partir de 1975, la lutte contre les inégalités au collège est devenue progressivement la préoccupation principale du ministère de l’Éducation nationale.

Cette lutte contre les inégalités a malheureusement été conduite plus pour répondre à des exigences idéologiques que pour satisfaire des besoins pédagogiques.

Facteur d’équilibre important de la société, l’égalité permet à chacun de disposer des mêmes droits en échange des mêmes devoirs. Mais, bien qu’elle donne à chacun ses chances en fonction de ses mérites et de ses mérites seulement, elle génère aussi, comme tout bienfait, sa propre perversion, «l’égalitarisme».

L’égalitarisme est une perversion qui pénalise en premier, ceux qui recherchent l’égalité en tout, même lorsqu’elle n’est ni souhaitable, ni possible.

En 2007, alors que la Chine « communiste » comptait déjà 3 fois plus de milliardaires que la France, le philosophe Yvon QUINIOU, ancien membre du PCF, posait encore la question :  Le communisme est-il possible ?

En 2017, malgré la tournure prise par le communisme chinois, des idéologues marxistes continuaient à affirmer : Le communisme n’est pas une utopie.

L’histoire a malheureusement prouvé le contraire. La pensée communiste est utopique, en ce sens qu’elle veut s’affranchir du réel, mais elle est surtout aporétique. En voulant à toute fin façonner un homme nouveau pour faire aboutir leur révolution, les révolutionnaires ont tous reconnu implicitement que le communisme était une aporie.

Depuis 1789, les promesses d’avènement de « sociétés égalitaires » ont toutes été trahies. Non pas à cause de la mauvaise volonté des révolutionnaires, mais en raison simple de ce qu’est la nature humaine.

L’Histoire a montré que, lorsqu’elle était menée sans discernement et sans frein, la lutte contre les inégalités, conduisait à des catastrophes économiques et humanitaires. Avant que les économistes ne théorisent les méfaits des impositions excessives, « trop d’impôt tue l’impôt », les paysans ukrainiens ont appris, dans la douleur, que l’excès d’imposition est mortelle, au sens littéral du terme.

Prélèvements confiscatoires, accaparements massifs, suppressions du droit d’héritage, les mesures drastiques que les révolutionnaires ont appliquées avec l’espoir de faire advenir un monde plus juste se sont toutes montrées économiquement contre productives.

Héritiers

Jusqu’à l’effondrement du système soviétique, malgré l’échec de plus en plus patent de l’URSS, en matière économique, les dirigeants et les idéologues communistes ont vanté les bienfaits du collectivisme et continué à distiller leur détestation de la propriété privée.

En janvier 1962, on pouvait lire dans Le Monde que  l’académicien STROUMILINE affirmait doctement : Avec l’avènement du communisme en U.R.S.S. le sentiment de la propriété privée dépérira.

Trois jours après la chute du Mur de Berlin, le 12 novembre 1989, le secrétaire général du PCF, Georges MARCHAIS, « invité du  » Club de la presse d’Europe 1 », maintenait que le bilan des pays de l’Est était «globalement positif», selon l’expression qu’il avait employée en 1979.

Rien d’étonnant à ce que les dirigeants communistes et les membres de la nomenklatura aient trouvé le système politique, dont ils étaient les principaux bénéficiaires, globalement positif.

Par contre il est attristant que tant d’intellectuels occidentaux n’aient pas voulu voir ce qui crevait chaque année un peu plus les yeux. Faut-il qu’ils aient été aveuglés par leur haine des riches, pour refuser si longtemps de prendre en compte le réel

Prendre aux riches pour redonner aux pauvres est une idée aussi simple qu’ancienne, qui hantait probablement l‘imaginaire populaire, avant l’ère de Robin des Bois et avant que Pierre-Joseph PROUDHON ne déclare : La propriété, c’est le vol !

Cette idée simpliste a fait au cours de l’Histoire beaucoup de déçus et beaucoup de dégâts, matériels, économiques, sociaux et culturels.

La confiscation des biens du clergé, décrétée le 2 novembre 1789, constitue probablement l’une des décisions les plus irréfléchies de l’Assemblée nationale constituante. Il fallait en effet que les élus de la Révolution soient bien faibles d’esprit pour céder d’inestimables joyaux de l’architecture mondiale au seul prix de la pierre. Fort heureusement, la fureur destructrice fut limitée dans le temps et dans l’espace, et en deux siècles, de nombreux édifices ont pu retrouver toute leur splendeur. Ainsi, au XXIe siècle, l’exceptionnel patrimoine architectural que la France a conservé et restauré, fait que tous les Français sont parmi les plus riches héritiers.

Malheureusement les jeunes Français sont de moins en moins conscients d’être héritiers. Certains ont même la prétention d’affirmer : « moi je ne dois rien à personne», oubliant , ce disant, qu’ils ont reçu en héritage tous les mots qu’ils viennent de prononcer.

Être héritier offre des droits, mais crée aussi des devoirs : devoir de préserver, de faire fructifier et de transmettre. C’est sans doute pour ne pas avoir à accomplir leurs devoirs que tant d’héritiers indignes et ingrats refusent de reconnaître qu’ils le sont.

Tous les hommes, et les animaux aussi peut-être, sont héritiers, mais seuls les êtres humains peuvent avoir la pleine conscience de l’héritage et des dettes qu’ils reçoivent le jour de leur arrivée au monde.

C’est donc aux hommes, et aux hommes seuls, qu’il incombe de faire attention à la Terre. Prendre soin de la planète sur laquelle il vit n’ait pas une option offerte à chaque être humain, c’est une obligation qui s’impose à chaque individu, pour la survie de son espèce, mais d’abord pour sa propre existence.   

Le premier rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a été rédigé en 1990. Depuis, tous les rapports postérieurs du GIEC ont confirmé que la température moyenne du globe augmentait de façon alarmante, que la quantité de dioxyde de carbone dans l’atmosphère était en hausse et que le dioxyde de carbone était le gaz à effet de serre influant le plus sur le réchauffement de la planète.

On sait déjà que le sixième rapport d’évaluation, dont la publication est prévue avant la fin de l’année 2022, sera tout aussi alarmiste que tous ceux qui l’ont précédé.

Mais paradoxalement, avec la guerre en Ukraine, alors que les données climatiques de plus en plus inquiétantes ne cessent de s’accumuler, la « détermination sans faille » des pays occidentaux pour lutter contre le réchauffement climatique semble avoir fortement fléchi, voire disparu chez certains d’entre eux. L’Allemagne, l’Autriche et les Pays-Bas viennent notamment d’annoncer la relance de la production d’électricité dans d’anciennes centrales thermiques à charbon.

Le discours de Greta THUNBERG prononcé à New-York le 24 septembre 2019 à l’occasion du sommet sur le climat de l’ONU, reçut un exceptionnel retentissement dans le monde entier. Dans tous les pays occidentaux de très nombreux jeunes reprirent les violentes mises en accusation de la jeune militante écologiste suédoise contre les pays les plus pollueurs et l’inaction de leurs leaders : how Dare You!

En France, les responsables des partis écologistes saluèrent évidemment l’engagement de la jeunesse pour la cause climatique, convaincus que l’heure du triomphe de leurs idées avait enfin sonné. Les résultats obtenus par EELV aux élections municipales en 2020, pouvaient laisser penser que l’écologie devenait une des préoccupations prioritaires des Français. Les écologistes de pure obédience ne furent pas les seuls à le penser, preuve en fut la façon dont presque tous les candidats aux élections régionales et aux départementales de 2021, insistèrent sur leur « profonde fibre écologique ».

En 2022, tous les programmes des candidats aux élections présidentielles, cherchèrent à répondre au mieux aux angoisses écologiques supposées des électeurs. Convaincus d’avoir la conscience écologique la mieux aiguisée, Yannick JADOT et Jean-Luc MÉLENCHON, affirmèrent de concert que seules les mesures radicales qu’ils préconisaient pouvaient apporter un début de solution aux graves problèmes climatiques à résoudre.

La radicalité de mesures envisagées ne suffit pas à garantir l’efficacité de leur application. Radicale ou non une mesure ne mérité d’être sérieusement envisagée que si elle est pratiquement envisageable. C’est-à-dire si sa mise en œuvre peut être réellement effective.

Or, en matière de lutte contre le réchauffement climatique et/ou de défense de l’environnement, nombre de mesures très contraignantes annoncées n’ont pu être appliquées, car inapplicables et incomprises, et nombre de mesures ont dû être abrogées rapidement, car s’avérant contre productives.

Réduction des émissions de gaz carbonique

Il est aujourd’hui difficile d’afficher publiquement des doutes sur la pertinence des conclusions des cinq premiers rapports du GIEC. Avant que le sixième rapport ne soit publié, ont sait déjà qu’il fera lui aussi largement consensus. Ou plus exactement, aussi rares resterons ceux qui oseront nier que l’augmentation des gaz à effet de serre, dont en premier le gaz carbonique, est la cause principale du réchauffement climatique, et que les hommes en sont les premiers responsables.

Dans les pays occidentaux, il est très risqué, socialement et académiquement, de contester scientifiquement les conclusions des rapports du GIEC. En France, les quelques personnalités qui ont fait état de leur scepticisme se sont vues immédiatement vouées aux gémonies. Il suffit de lire les fiches wikipédia des professeurs émérites François GERVAIS et Vincent CORTILLOT pour voir l’opprobre dont font l’objet ceux qui osent douter.

Depuis 2016, depuis la signature de l’accord de Paris par la quasi totalité des États du monde, dont la Chine et les États-Unis, les deux plus gros pollueurs, il est acquis que les recommandations du GIEC finiront par être approuvées (sinon suivies ?) par tous les pays de la planète.

Même si elles ne semblent pas toutes fondées, les injonctions du GIEC s’imposent donc désormais, politiquement et écologiquement, à tous les États.

Depuis la guerre en Ukraine, pour les pays européens, la réduction de la consommation d’énergie, notamment fossile, n’est plus une option mais est devenue une obligation.

La France n’a plus le choix aujourd’hui, elle doit impérativement faire d’immenses économies d’énergies pour des raisons écologiques et économiques. À les entendre, tous les responsables politiques français sont heureusement convaincus de cette impérieuse nécessité.

Pour sortir du nucléaire, pour effectuer la transition écologique qu’ils appellent de leurs vœux, les écologistes ont prôné pendant des années une stricte sobriété énergétique,

Le 14 septembre 2020, dès le lendemain de la demande de moratoire sur le déploiement de la 5G de 70 élus de gauche et écologistes, dont Jean-Luc MÉLENCHON et Yannick JADOT, le président MACRON exprima ses réserves sur un ton ironique : «J’entends beaucoup de voix qui s’élèvent pour nous expliquer qu’il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile ! Je ne crois pas que le modèle Amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine».

Il est probable qu’aujourd’hui le ton serait bien différent, tant les appels à la baisse de la consommation d’énergie sont les bienvenus, d’où qu’ils viennent.

Même si la France opte pour un mixte énergétique faisant une large place au nucléaire, tous les Français sont condamnés à modifier, de gré ou de force, leurs habitudes en matière énergétique.

Pour des raisons écologiques, économiques et sanitaires la lutte contre toutes les inconséquences, tous les gâchis, et tous les gaspillages, doit devenir urgemment sans faille.

Malheureusement il y a beaucoup trop de gens qui continuent à ne se sentir nullement concernés personnellement par les problèmes économiques, écologiques et environnementaux.

Pour la première fois de leur vie, à l’occasion du premier confinement, du 17 mars au 11 mai 2020, de nombreux Français ont pris conscience que sans la solidarité et la complémentarité de toute l’espèce humaine ils ne pouvaient ni vivre ni survivre, et enfin, et surtout, que leur mode d’existence dépendait étroitement de leurs comportements individuels et collectifs.

Face à la situation exceptionnelle due à la pandémie, faces aux mesures exceptionnelles prises par le gouvernement, les Français en plein désarroi ont adopté, pour une fois, une grande discipline, une attitude tout à fait exceptionnelle pour eux.

Après les périodes particulièrement éprouvantes que les Français ont traversées, on pouvait penser que l’attitude qu’ils avaient adoptée, contraints et forcés, leur servirait désormais de modèle. On pouvait espérer qu’après avoir applaudi les aides-soignants, les livreurs, les éboueurs, etc…, tous les Français changeraient leur regard sur la société, et comprendraient qu’ils ne peuvent se contenter d’être de simples spectateurs passifs de leur existence mais qu’ils doivent en devenir les principaux acteurs. Car les conditions dans lesquelles ils sont amenés à vivre sont très étroitement liées à leur mode de vie collectif et à leurs comportements personnels.

Les gardiens des grands ensembles immobiliers ont maintes fois pu constater que des équipements collectifs identiques, mis à la disposition du même nombre d’habitants dans deux cages d’escaliers semblables, restaient très longtemps fonctionnels ou étaient hors d’usage rapidement, selon que les locataires faisaient tout pour en prendre le plus grand soin ou selon qu’ils les laissaient vandaliser.

L’inconséquence, mère des problèmes 

Un pays vandalisé, politiquement divisé, difficile à gouverner

Une France  coupée en quatre

Un pays où le désordre se veut roi

Une pays où la police se sent impuissante et honnie

Une police de plus en plus attaquée

Un vandalisme qui se généralise au « service » de la révolution

Leur ennemi à eux aussi c’est la finance

L’environnement  passera après la révolution

[Le 16 avril 2022, 17 H15, P. C., Notre-Dame de la Rouvière] : Pauvre Sorbonne !

[Le 16 avril 2022, 17 H15, P.TEST