N° 388 Les écologistes politiques croient-ils encore vraiment à l’écologie? 

La sobriété énergétique et le respect de la nature, comme les bonnes manières, cela doit s’apprendre très jeune. Sans discipline collective, aucune économie d’énergie fossile n’est sérieusement envisageable.

 

En lisant ce qu’un habitant a écrit sur l’ardoise qu’il a placée devant la grille de son jardin, on doit tristement déplorer que l’urgence écologique et climatique, qui fait tant parler et tant écrire, fasse si peu agir.

Message écologique délivré par le locataire d’une maison avenue de l’agriculture à Montpellier 

Durant la campagne électorale du premier tour de l’élection présidentielle presque tous les candidats ont tenu à professer une grande foi écologiste. Alors que tous les politologues et tous instituts de sondages ont répété que l’écologie était une des préoccupations principales des jeunes, les résultats du premier tour semblent démentir cette assertion. En effet, les deux candidats, qui pensaient pouvoir revendiquer la plus grande légitimité dans ce domaine en raison de l’ancienneté de leur engagement ou en raison de leurs réalisations, n’ont recueilli que très peu de suffrages de leur part.

Les maires socialistes ne sont plus du tout à l’écoute de leurs électeurs, et réciproquement!

Le candidat d’EELV (Europe écologie les verts) avec 4,63% des voix ne franchit pas la barre des 5%, mais il approche quand même le record des Verts, les 5,25% recueillis par Noël MAMÈRE en 2002, tandis que la maire de Paris, qui a tant fait pour imposer aux parisiens sa vision verte de la vie en ville, obtient moins de 1,75%, soit le pire score obtenu par le PS depuis sa création, toutes élections confondues.
Selon le dicton, nul n’est prophète en son pays. À Paris, Anne HIDALGO l’a confirmé de façon particulièrement exemplaire. En effet, elle n’est arrivée à ne déplacer, sur son nom, que 4 432 voix dans la ville de plus 1,3 million d’électeurs, employant 53 000 employés, dont elle est la maire réélue il y a un an.

En ne votant pas pour la candidate présentée par le Parti socialiste, les électeurs, qui ont la fibre écologique, n’ont pas fait preuve d’ingratitude, ils ont tout simplement fait preuve de lucidité.

En 41 ans, depuis l’élection de François MITTERRAND le 10 mai 1981, la France a eu pour Premier ministre un membre du PS pendant près de 20 ans. Pour la plupart des Français le Parti socialiste a donc un long passé au pouvoir, mais malheureusement il y a laissé aussi un considérable passif.

On prête au général de GAULLE d’avoir affirmé : « Je n’aime pas les communistes parce qu’ils sont communistes. Je n’aime pas les socialistes parce qu’ils ne sont pas socialistes. »

Lorsque le premier président de la Ve République fit cette déclaration le PS n’était pas visé, puisqu’il n’existait pas encore, mais si le général revenait aujourd’hui, il pourrait assurément porter le même jugement, tant les socialistes du PS ont montré qu’ils n’avaient rien à envier à leurs ainés de la SFIO.

La pandémie a fait ressortir combien la mondialisation irénique encensée par les têtes pensantes du PS, dans les années 2000, était une pure folie sociale, sociétale et écologique. Le principal artisan de la large et catastrophique ouverture du marché européen aux produits chinois a un nom et une étiquette politique.

Commissaire européen pour le commerce de 1999 à 2004, directeur général de l’Organisation mondiale du commerce de 2005 à 2013, Pascal LAMY a occupé ces hautes positions en raison de son appartenance au PS. On notera, en grinçant des dents, que l’auteur d’un des plus grands désastres économiques et industriels que la France ait connu au XXe siècle, a été un de ceux qui a reçu le plus de distinction honorifique dans le monde.

Après le tournant de la rigueur en 1983, et plus encore après la création de SOS racisme en 1984, nombre d’ouvriers et d’employés, qui jusqu’alors votaient massivement à gauche, et souvent massivement socialiste, ont commencé à apporter leurs suffrages au parti de Jean-Marie LE PEN, en signe de protestation, pour faire connaître leur détresse économique et leur misère affective.

La gauche bien pensante les a immédiatement accusés de trahir leur camp, de trahir leur classe. Incapables d’entendre la souffrance des classes populaires, qui se sentaient de plus en plus incomprises, parce qu’à l’évidence de plus en plus trahies, les stratèges du PS ont résolu de rééduquer le peuple, en lui donnant des leçons d’antiracisme, des leçons de savoir vivre ensemble.

Depuis près de 20 ans, les parisiens ont eu le grand privilège d’avoir des cours de rééducation intensive supplémentaires et complémentaires, notamment en matière de lutte contre la pollution de l’air.

À l’heure où l’éducation nationale multiplie les évaluations, il est regrettable que les cours de savoir vivre républicain prodigués par des milliers de municipalités en France n’aient pas été sérieusement évalués.

Car il apparaît que, plus les Français ont été accusés collectivement d’être racistes, xénophobes, islamophobes, homophobes, moins ils ont hésité à apporter leurs suffrages aux « partis politiquement incorrects », se comportant comme les écoliers lorsqu’ils sont persuadés d’être victimes de reproches par trop injustes.

Le populisme n’est pas né tout seul

Le 13 février 1984, quatre mois avant les élections européennes, Jean-Marie LE PEN fut invité pour la première fois à l’Heure de vérité, une émission politique, présentée par François-Henri de VIRIEU, créée en mai 1982.

Dés 1993, les dessous de cette invitation furent dévoilés par le journaliste Franz-Olivier GIESBERT. Il expliqua la stratégie délibérée de déstabilisation de la droite parlementaire (RPRUDF) conçue par le président MITTERRAND. Le journaliste rapporta que l’Élysée avait fait pression sur les chaînes de télévision pour qu’elles ouvrent davantage leurs antennes au chef du FN.

Résultats électoraux FN-RN (%)

Infographie et données Laurent de BOISSIEU pour France politique.fr

Résultats électoraux FN-RN (voix)

Infographie et données Laurent de BOISSIEU pour France politique.fr

L’évolution du vote FNRN depuis la création du FN en 1972, montre clairement que la croissance de l’extrême droite en France résulte essentiellement d’une construction médiatique, voulue et instrumentalisée par tous les pouvoirs en place depuis 40 ans ; (voir François MITTERRAND et le bon usage du FN et Instrumentalisation de l’extrême droite par la classe dominante).

Les gens de gauche en général et les socialistes en particulier, ont tout fait pour faire oublier que François MITTERRAND et l’extrême droite avaient souvent cheminés de concert. Certains ont même voulu faire croire qu’ils ne l’avaient appris qu’en 1994, à l’occasion de la parution d’Une jeunesse française, le livre de Pierre PÉAN.

François MITTERRAND, lui, n’avait rien oublié de ses engagements de jeunesse. Il savait, mieux que personne, où il fallait placer un coin pour fendre la droite en deux. Il savait que l’électorat catholique, qui votait encore très majoritairement à droite dans les années 80, ne craignait rien tant que de se fourvoyer une nouvelle fois avec l’extrême droite.

Grand stratège et fin tacticien, le premier président socialiste de la Ve République savait qu’un bon outil est un outil forgé pour l’usage précis qu’on veut en faire.

Lors des élections municipales de mars 1983, à Dreux, la liste conduite par Jean-Pierre STIRBOIS a permis au FN de franchir pour la première fois la barre des 10%, en recueillant 16,7% des suffrages exprimés.

De ce résultat singulier, François MITTERRAND compris immédiatement tout l’intérêt général qu’il pouvait tirer. En 1983, le bloc de droite restait très majoritaire, mais une possibilité de le fracturer se faisait jour pour les socialistes, sous réserve qu’ils arrivent à couvrir de honte le vote de certains électeurs, interdisant ainsi toute possibilité d’unité de la droite.

Heureusement les antifas veillent

En 1983, la diabolisation du vote FN n’avait pas encore eu lieu. Le 27 avril 2002, après l’élimination de Lionel JOSPIN,  le journal Libération ne manqua pas de le rappeler : Dreux, 1983: la droite s’allie au FN. Il faudra attendre 1985 pour que Jacques CHIRAC impose la consigne : « Aucune alliance avec l’extrême droite, même au niveau local.« 

Pour que le stratagème politique de François MITTERRAND puisse s’étendre à la France entière, il fallait que le FN réalise dans tout le pays une percée équivalente à celle de Dreux. Pour cela il fallait qu’il soit connu partout, d’où l’intervention de l’Élysée pour que Jean-Marie LE PEN apparaisse plus à la télévision.

Couvrir de honte une partie des électeurs de la droite, fut la tâche assignée à SOS-Racisme, association créé à dessein, avec la bienveillante sollicitude de l’Élysée, le 15 octobre 1984.

En 1983, de plus en plus déçu, l’électorat populaire, qui assurait jusqu’alors les victoires électorales de la gauche, commença a cesser de soutenir le gouvernement, et se mit à très mal voter. Pour retenir SON électorat, la gauche résolut alors d’agiter la peur du fascisme, dont Lionel JOSPIN reconnut qu’elle était purement tactique, car totalement infondée. En 2007 il déclara même : « Durant les années du mitterrandisme, tout antifascisme n’était que du théâtre, il n’y a jamais eu de menace fasciste».

De 1984 à aujourd’hui l’instrumentalisation systémique de l’antiracisme, et de l’antifascisme, n’a plus cessée, avec les résultats que l’on sait.

Notons un grand paradoxe que relèvent de nombreux étudiants africains venus étudier en France, comment croire que les Français soient massivement racistes, alors que tant d’étrangers n’aspirent qu’à venir y vivre.

Quant au fascisme, autre paradoxe, celui qui existe effectivement en France, l’islamofascisme, qui a déjà fait des centaines de morts, est le seul fascisme que les antifascistes refusent obstinément de voir.

Pourtant, à les entendre et à les lire, ils ont l’œil affuté. Ils sont toujours en éveil, mais ils ont une vision sélective, le fascisme pour eux reste le privilège de l’homme blanc.

La vidéo ci-dessous est emblématique du combat caricatural qu’ils mènent contre des menaces aussi dérisoires qu’imaginaires, en se faisant le frisson de la mort.

Comment les « antifa » surveillent et s’informent sur les groupes d’extrême-droite toulousains ?

Le 10 octobre 2019, un reportage effectué par FR3 Occitanie, montre comment à Toulouse les antifas veillent sur la ville. Un vieux monsieur de 80 ans arrive en marchant lentement, Représente-t-il une sérieuse menace pour la République ?

L’antifascisme n’est le plus souvent qu’une posture qui donne à ceux qui la tienne un sentiment de toute puissance et d’impunité.

Au nom de l’antifascisme tout est permis. En utilisant les méthodes les plus violentes type Black Bloc, les antifas arrivent à imposer leurs vues mêmes quand ils sont ultra minoritaires.

La grande mansuétude dont font preuve les responsables politiques à l’égard des casseurs antifascistes interroge.

Il n’y a malheureusement que de basses considérations politiciennes qui puissent expliquer l’attitude des politiques.

De crainte d’éloigner les électeurs qui mythifient encore la révolution, avec ses violences subséquentes, les élus de gauche répugnent à condamner les actes de vandalisme, dès lors qu’ils sont faits au nom de l’antifascisme, cause on ne peut plus noble.

Et de peur de passer pour des défenseurs d’un ordre par trop moral et trop conservateur, les élus de droite tolèrent de façon totalement inconséquente la multiplication des plus grands désordres.

Face aux désordres et au vandalisme, des silences coupables

Aucun de ceux, qui descendait dans la rue le samedi 17 novembre 2018 revêtu d’un gilet de sécurité routière, n’imaginait que la manifestation à laquelle il participait était la première d’une très longue série.

Le mouvement des gilets jaunes a jouit longtemps d’une très importante popularité. Les nombreux sondages indiquaient un soutien massif de l’opinion (plus de 65 à 75 % les premiers mois), toutes classes sociales ou socioprofessionnelles confondues. Le soutien s’est maintenu dans la durée. Il faiblit progressivement, mais resta tout de même majoritaire plus de 6 mois, bien que les violences des manifestants se fussent beaucoup accentuées et se fussent généralisées.

À coté des manifestations lancées de samedi en samedi par des gilets-jaunes, une multitude d’autres manifestations se sont, elles aussi, terminées dans la plus grande des violences, avec ou sans black-blocs à la manœuvre.

Bien sûr, il ne faut pas oublier les émeutes de banlieues qui ont fait d’extraordinaires progrès dans le domaine pyrotechnique, notamment en matière de mortiers d’artifices, depuis 1970.

Rien d’étonnant donc à ce qu’en octobre 2020 un sondage, effectué par l’institut IPSOS, ait indiqué que 82% des Français aspiraient à être gouvernés par des « vrais chefs », capables de remettre de l’ordre dans le pays.

Sondage effectué par IPSOS le 15 octobre 2020

Par contre il est surprenant, et surtout particulièrement inquiétant, que le désordre ambiant semble pousser les Français à redevenir majoritairement favorables au rétablissement de la peine de mort (55% en 2020 et encore 50% en 2021).

Évolution de l’opinion en faveur de la peine de mort

Ce qui est le plus inquiétant encore, c’est le changement d’opinion extrêmement rapide des franges de la population jusque là très opposées à la peine de mort. Le sondage IPSOS indique que les partisans de La France Insoumise et les partisans du Parti communiste sont passés de 8% à 39%, de 2019 à 2020.

Sondage effectué par IPSOS le 15 octobre 2020

L’allongement de la liste des attentats islamistes en France depuis une dizaine d’années n’est sans doute pas étrangère à cette évolution. Mais les attentats de Charlie hebdo en janvier 2015 semblent paradoxalement ne pas avoir eu d’influence toute particulière sur l’opinion. L’étude publiée en décembre 2021 sur l’évolution du sentiment d’insécurité dans la société française, effectuée pour le ministère de l’intérieur, en fait la remarque : « La recrudescence des attentats à partir de 2015 n’a pas amplifié ce sentiment [d’insécurité], même si le terrorisme est devenu une préoccupation majeure des Français. »

Au delà du sentiment d’insécurité, les chiffres officiels concernant les faits de délinquance et les nombres d’homicides ont toujours été contestés, pour d’évidentes raisons politiciennes. Mais ils sont désormais discutés, non pas pour leur valeur intrinsèque, mais pour la façon dont ils sont analysés. Le professeur Alain BAUER, pense que pour approcher vraiment la réalité de la situation il faut faire appel à une notion nouvelle : l’« homicidité ». Pour le criminologue les homicides ont certes diminué mais les «homicidités» ont bondi de 90% en France depuis vingt ans, notamment en raison de la forte augmentation des vols à l’arraché.

Comme en matière de pouvoir d’achat, ou en matière d’immigration, la vision qu’ont les experts des problèmes de sécurité diverge, entre eux, et diverge de celle de la très grande majorité des Français.

En revanche, comme nous l’avons vu supra, un point fait largement consensus c’est la nécessité de remettre de l’ordre dans la « maison France ».

On apprenait au service militaire : « l’ordre et la discipline constituent la force principale de l’armée ». Malheureusement, depuis trop longtemps, souvent pour complaire à leur clientèle électorale, de trop nombreux responsables politiques ont voulu oublier cette sage maxime.

Le désordre a un coût, dans tous les domaines

Les premiers à oublier cette banale vérité d’expérience sont malheureusement ceux qui devraient constituer demain l’élite du pays : les jeunes à l’université. Depuis le Moyen âge, les étudiants se pensent exemptés du lot commun, et depuis 1968, ils se croient autorisés au vandalisme, dés lors qu’il est fait au nom de la révolution.

Le 13 avril, entre les deux tours de l’élection présidentielle, mécontents du résultat du premier tour, 400 étudiants ont investi et bloqué la Sorbonne. Pour immortaliser leur fait d’arme, ils n’ont pu s’empêcher de taguer les murs. À l’annonce de cette information, les politiques, faisant preuve d’une rare unanimité, ont évité de commenter l’événement, par trop banal.

Pourtant cet événement méritait d’être commenté avec une attention particulière en cette période électorale, et en cette période de changement climatique.

Des remarques et des questions s’imposent en effet. Comment 400 étudiants, représentant une infime minorité des étudiants, contestant de façon infantile le résultat des urnes, peuvent-ils prétendre sauver la République?

[Pour évaluer la représentativité du mouvement rappelons qu’en 2021 : on compte dans la France entière 1 696 000 étudiants inscrits, dont seuls 4% participent aux élections des instances les représentant. L’université de la Sorbonne-Panthéon compte actuellement 40 000 étudiants. Rappelons que le plus ancien syndicat étudiant, l’UNEF, ne revendique plus que 20 000 membres.]

Comment tant de journalistes peuvent-ils avoir relayé si complaisamment les propos ineptes des occupants de la Sorbonne? Pourquoi les ont-ils présentés comme l’avant-garde éclairée de l’antifascisme, alors qu’ils ne sont que des casseurs socialement et écologiquement inconséquents.

Le rectorat de Paris fut malheureusement quasiment le seul à condamner un mouvement qui a conduit à des « violences inacceptables et à des dégradations importantes (bris de verre, portes fracturées, carreaux cassés, mur abattu, destruction des dispositifs de sécurité incendie, destruction de matériel pédagogique, multiples graffiti y compris sur le patrimoine historique) ».

Une très couteuse dictature des toutes petites minorités

S’il est un lieu qui n’a jamais été menacé par une menace fasciste depuis la Libération c’est l’université. Par contre c’est devenu à l’évidence un lieu où la liberté d’expression et la liberté d’enseigner est de plus en plus en danger.

Paradoxalement, c’est aussi le lieu où le message pour la défense de l’environnement semble avoir le plus de mal à passer dans les faits, alors que les médias ne cessent de vanter la conscience écologique particulièrement affutée qu’aurait la jeunesse à l’écoute de Greta THUNBERG.

Dans nombre d’universités, dont l’une des plus anciennes, la Sorbonne, ont doit déplorer avec tristesse que des étudiants s’affranchissent des règles élémentaires qu’ils prétendent imposer à toute l’humanité, pour sauver la planète.

Le coût des dégâts que vient de subir la plus vieille université de Paris n’est pas encore établi avec précision, mais il peut être facilement estimé. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les mêmes dégradations occasionnent les mêmes frais pour les faire disparaître.

L’occupation des universités s’étant malheureusement banalisée, l’estimation du coût des dégâts est de plus en plus rapide à faire. En Avril 2018, Ouest France évaluait à plus d’un million d’euros l’ensemble des dégradations constatées, dont 300 000 euros pour l’université Paul-Valéry de Montpellier, et 200 000 à 300 000 euros pour Paris-1 Tolbiac. Pour la Sorbonne en 2022, l’addition doit donc approcher les 200 000 euros.

Lorsqu’en juillet 2017 l’exécutif a annoncé une baisse de 5 euros, par mois et par foyer, des aides au logement (APL), baisse à laquelle les étudiants devaient aussi être soumis, les syndicats étudiants ont fortement protesté. Lorsque quelques centaines d’étudiants ont dilapidé l’équivalent de 40 000 fois 5 euros en quelques jours, les syndicats étudiants sont restés étrangement muets.

Que des syndicats ne veuillent pas condamner les méfaits de certains de leurs adhérents n’a rien de surprenant. Par contre, qu’aucun de ceux qui avaient appelé à la sobriété énergétique pendant toute leur campagne électorale ne réagissent à des méfaits aussi stupidement anti-écologiques laisse triste à pleurer.

Il est triste en effet que ceux qui se présentaient comme les plus aptes à diriger la France à l’heure du changement climatique se soient avérés, par leur silence, les plus écologiquement inconséquents.

Hommes et animaux : héritiers et légataires 

« L’héritage n’appartient qu’à l’homme. Nous sommes des héritiers », écrivait le philosophe Régis DEBRAY dans Transmettre (Odile jacob, 1997).

Et d’ajouter : « Si l’homme est l’animal qui a une histoire, la transmission non biologique, artificielle, de caractère acquis est l’autre nom de la culture humaine. » Une étude récente remet en question cette idée et attire l’attention sur l’existence d’une transmission de patrimoine matériel et culturel chez de nombreux animaux. Des héritages, et non seulement des hérédités, selon une opposition classique.

On imagine facilement qu’en apprenant que l’existence des cultures animales [était désormais] officiellement reconnue les animalistes ont bondi de joie, tant la prétention de l’homme à prétendre appartenir à une espèce supérieure unique leur est insupportable.

Que les animalistes se réjouissent que l’homme ne soit qu’un animal comme les autres, n’a rien de grave, par contre qu’ils en viennent à n’avoir plus conscience du fossé qui sépare l’homme des autres « espèces animales », même les plus évoluées, est très inquiétant pour l’avenir de l’humanité et de la planète.

Une petite histoire mêlant noix de coco, riz et singes permet de mesurer la largeur de ce fossé.

Une technique mise au point par des fermiers indiens non violents, lassés de voir leurs cultures détruites par des singes, illustre simplement et parfaitement la différence qui existe entre l’espèce humaine, et l’espèce animale considérée comme étant la plus proche.

« Il y a, dit-on en Inde, une façon très intelligente d’attraper les singes.  L’histoire raconte que les chasseurs font dans une noix de coco un trou dont la taille permet à un singe d’y passer juste la main. Puis ils forent deux trous plus petits à l’autre bout, y font passer un câble et fixent la noix de coco à la base d’un arbre. Ils glissent ensuite du riz dans la noix de coco et se cachent. Le singe descend, passe la main dans le trou et attrape le riz. Le trou est taillé pour y laisser entrer une main ouverte, mais pas pour en laisser sortir un poing fermé. Pour être libre, il suffit au singe de lâcher le riz. Mais il s’avère que la plupart des singes ne pense pas à rouvrir la main.»

Bien sûr, les tout petits d’hommes amenés à glisser la main dans le trou d’une noix de coco sont probablement aussi obstinés à ne pas lâcher prise que les singes, mais en vieillissant ils sont de moins nombreux à le faire, soit parce qu’ils comprennent seuls les raisons de leur infortune, soit parce qu’ils sont en âge de profiter de l’expérience et de la sagesse acquises par leurs ascendants.

Que les animaux soient, à l’égal des hommes, des héritiers, et donc des légataires, est certainement une très bonne nouvelle pour tous ceux qui adorent plus que tout leurs animaux, mais cela ne change en rien le regard lucide que l’on doit porter sur les affaires d’héritage.

« Au-delà de 12 millions, je prends tout. Si vous n’avez pas 12 millions d’héritage de prévu, vous ne risquez rien avec moi », a dit le 9 janvier Jean-Luc MÉLENCHON au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI. Selon lui, cette mesure visera « 0,01 % de la population ».

Dix jours après que le candidat des Insoumis aux élections présidentielles a fait connaître son programme, un sondage, effectué pour Bfmtv, indiqua que 81% des Français souhaitaient un allègement des droits de succession, quel que soit leur niveau de revenu.

Paradoxalement, les partisans d’une augmentation massive des droits de succession, furent souvent les plus satisfaits d’apprendre que les animaux étaient eux-aussi susceptibles d’«hériter», comme si leur mode d’héritage était seul digne d’intérêt, comme si la transmission de patrimoine matériel et culturel chez les  animaux était la seule méritant d’être scrupuleusement préservée, par respect du monde animal et de la biodiversité.

Héritage

C’est un sujet intime, touchant à la mort et à la famille, au lien particulier entre parents et enfants, à la transmission entre générations. L’héritage met en jeu une équation complexe, où l’aspiration légitime de chacun à protéger ses proches s’entrechoque avec l’espoir collectif [pour les humains] d’une société plus juste.

Mais c’est aussi un enjeu économique, social, scientifique, culturel, et existentiel majeur. Car l’héritage, contrairement à ce que trop de gens ont encore la faiblesse de penser, ne se réduit nullement à la transmission de biens matériels et financiers.

Bien avant que de savantes études sociologiques en fassent le constat, la tendance des humains à l’homogamie, c’est-à-dire à s’apparier avec des personnes issues du même milieu social, ayant le même niveau culturel et le même niveau de richesse, était bien connue.

Depuis des siècles, la littérature du monde entier fourmille d’histoires d’hommes et de femmes cherchant à épouser un beau parti et une belle personne, montrant que les humains cherchent à transmettre à leurs descendants le meilleur patrimoine matériel et génétique possible.

Les zoologues savent depuis que la zoologie existe, que les animaux et les humains choisissent leurs partenaires selon les mêmes critères. Les hirondelles, les cigognes, comme de très nombreux animaux, sont fidèles à leur site de reproduction et reviennent d’année en année nicher au même endroit.

Il est donc surprenant que, selon le journal Le Monde, l’importance du patrimoine dans le choix du conjoint n’ait été démontrée pour la première fois qu’en 2015.

Il est désormais bien établi qu’hériter n’est pas le propre de l’homme, de même les études les plus récentes tendent à prouver qu’il existe une forme de conscience animale.

L’humanité ne peut donc plus prétendre avoir l’apanage de l’héritage et de la conscience, pour autant l’espèce humaine serait folle de ne se croire qu’une espèce animale comme les autres.

Car, en admettant qu’il n’y ait plus de différence de nature entre l’homme et l’animal, il demeure entre eux une différence de niveau de conscience telle, que l’on peut sérieusement douter de la « grande proximité » de l’espèce humaine et de l’espèce animale.

Jusqu’à ce que le philosophe australien Peter Albert David SINGER , publie en 1975 La libération animale, les hommes avaient la faiblesse de penser que la dignité d’un être humain imposait de ne jamais le comparer un animal et encore moins à un objet.

L’abolition de la peine mort pour tous les crimes, dans tous les pays occidentaux, à la notable exception des États-Unis, devait marquer la reconnaissance de la sacralité de toute vie humaine.

Mais la pensée humaniste traditionnelle, héritée du judéo-christianisme, a cédé la place au relativisme, à l’utilitarisme et à l’individualisme. Dès lors, le caractère sacré de la vie humaine a cessé d’être un absolu.

Dès lors que l’homme et l’animal sont considérés comme de même nature, égaux en tout, la dignité d’un homme handicapé physique et plus encore d’un handicapé mental devient une valeur toute relative.

À propos de l’infanticide, le professeur SINGER, titulaire de la chaire d’éthique de l’université de Princeton (États-Unis), considère ainsi que le meurtre d’un nouveau-né n’est pas équivalent à celui d’une personne qui vit en pleine conscience.

Sa conception utilitariste le pousse aussi à défendre la nécessité de l’euthanasie non volontaire de nouveau-nés, enfants et personnes handicapés ou malades.

En 1945, parmi toutes les horreurs commises par le régime nazi, l’euthanasie massive de nombreux handicapés fut dénoncée comme l’un des crimes contre l’humanité les plus attentatoires à la dignité de l’homme.

Au XXIe siècle, au-delà des questions morales essentielles qu’il pose, l’avènement du relativisme nuit à la façon de penser. Il empêche de voir et mesurer la réalité. En entendant les animaux parler dans les dessins animés, des générations d’enfants les ont humanisés au point de leur prêter la capacité de construire des raisonnements.

En survalorisant les qualités et les mérites des animaux, les humains ont malheureusement tendance à dévaloriser les dons incomparables qu’ils ont reçus à la naissance (innés) et en héritage (acquis), comme pour s’excuser d’une sorte d’injustice faite au monde animal, et surtout pour s’affranchir des devoirs qu’ils savent que cela leur crée.

Bien que la société soit de plus en plus sécularisée, même ceux qui ne connaissent pas la parabole des talents ont intégré que ceux qui ont des dons particuliers ont l’obligation morale de les cultiver, de les faire grandir, et de les mettre au service de l’humanité.

L’expérience montre que cette obligation morale recoupe, autant l’intérêt personnel bien compris de celui qui s’y soumet, que l’intérêt collectif.

Au début de la Ve République, pour répondre aux besoins pressants de l’économie, l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur ont dû augmenter considérablement et rapidement leurs effectifs.

De 1960 à 1975 le nombre de bacheliers a été multiplié par de 2,5. Le pourcentage de reçus est ainsi passé de 10 à 25% des jeunes en âge de passer le baccalauréat.

De 1960 à 1980 le nombre étudiants dans l’enseignement supérieur a été presque multiplié par 4.

À la suite de la massification de l’enseignement secondaire et après les évènements de mai 1968, le ministère de l’Éducation nationale tint à modifier profondément sa façon de concevoir sa mission, en mettant en œuvre la loi HABY.

Les mots utilisés en 1966 par Pierre BOURDIEU dans La reproduction, avaient fortement marqué les esprits : « La reproduction des inégalités sociales par l’école vient de la mise en œuvre d’un égalitarisme formel, à savoir que l’école traite comme « égaux en droits » des individus « inégaux en fait » c’est-à-dire inégalement préparés par leur culture familiale à assimiler un message pédagogique. »

Alors que sous la IIIe République l’enseignement secondaire avait pour priorité d’offrir à tous les enfants méritants, quelle que soit leur origine sociale, une formation d’excellence leur permettant de suivre un enseignement supérieur, à partir de 1975, la lutte contre les inégalités au collège est devenue progressivement la préoccupation principale du ministère de l’Éducation nationale.

Cette lutte contre les inégalités a malheureusement été conduite plus pour répondre à des exigences idéologiques que pour satisfaire des besoins pédagogiques.

Facteur d’équilibre important de la société, l’égalité permet à chacun de disposer des mêmes droits en échange des mêmes devoirs. Mais, bien qu’elle donne à chacun ses chances en fonction de ses mérites et de ses mérites seulement, elle génère aussi, comme tout bienfait, sa propre perversion, «l’égalitarisme».

L’égalitarisme est une perversion qui pénalise en premier, ceux qui recherchent l’égalité en tout, même lorsqu’elle n’est ni souhaitable, ni possible.

En 2007, alors que la Chine « communiste » comptait déjà 3 fois plus de milliardaires que la France, le philosophe Yvon QUINIOU, ancien membre du PCF, posait encore la question :  Le communisme est-il possible ?

En 2017, malgré la tournure prise par le communisme chinois, des idéologues marxistes continuaient à affirmer : Le communisme n’est pas une utopie.

L’histoire a malheureusement prouvé le contraire. La pensée communiste est utopique, en ce sens qu’elle veut s’affranchir du réel, mais elle est surtout aporétique. En voulant à toute fin façonner un homme nouveau pour faire aboutir leur révolution, les révolutionnaires ont tous reconnu implicitement que le communisme était une aporie.

Depuis 1789, les promesses d’avènement de « sociétés égalitaires » ont toutes été trahies. Non pas à cause de la mauvaise volonté des révolutionnaires, mais en raison simple de ce qu’est la nature humaine.

L’Histoire a montré que, lorsqu’elle était menée sans discernement et sans frein, la lutte contre les inégalités, conduisait à des catastrophes économiques et humanitaires. Avant que les économistes ne théorisent les méfaits des impositions excessives, « trop d’impôt tue l’impôt », les paysans ukrainiens ont appris, dans la douleur, que l’excès d’imposition est mortelle, au sens littéral du terme.

Prélèvements confiscatoires, accaparements massifs, suppressions du droit d’héritage, les mesures drastiques que les révolutionnaires ont appliquées avec l’espoir de faire advenir un monde plus juste se sont toutes montrées économiquement contre productives.

Héritiers

Jusqu’à l’effondrement du système soviétique, malgré l’échec de plus en plus patent de l’URSS, en matière économique, les dirigeants et les idéologues communistes ont vanté les bienfaits du collectivisme et continué à distiller leur détestation de la propriété privée.

En janvier 1962, on pouvait lire dans Le Monde que  l’académicien STROUMILINE affirmait doctement : Avec l’avènement du communisme en U.R.S.S. le sentiment de la propriété privée dépérira.

Trois jours après la chute du Mur de Berlin, le 12 novembre 1989, le secrétaire général du PCF, Georges MARCHAIS, « invité du  » Club de la presse d’Europe 1 », maintenait que le bilan des pays de l’Est était «globalement positif», selon l’expression qu’il avait employée en 1979.

Rien d’étonnant à ce que les dirigeants communistes et les membres de la nomenklatura aient trouvé le système politique, dont ils étaient les principaux bénéficiaires, globalement positif.

Par contre il est attristant que tant d’intellectuels occidentaux n’aient pas voulu voir ce qui crevait chaque année un peu plus les yeux. Faut-il qu’ils aient été aveuglés par leur haine des riches, pour refuser si longtemps de prendre en compte le réel

Prendre aux riches pour redonner aux pauvres est une idée aussi simple qu’ancienne, qui hantait probablement l‘imaginaire populaire, avant l’ère de Robin des Bois et avant que Pierre-Joseph PROUDHON ne déclare : La propriété, c’est le vol !

Cette idée simpliste a fait au cours de l’Histoire beaucoup de déçus et beaucoup de dégâts, matériels, économiques, sociaux et culturels.

La confiscation des biens du clergé, décrétée le 2 novembre 1789, constitue probablement l’une des décisions les plus irréfléchies de l’Assemblée nationale constituante. Il fallait en effet que les élus de la Révolution soient bien faibles d’esprit pour céder d’inestimables joyaux de l’architecture mondiale au seul prix de la pierre. Fort heureusement, la fureur destructrice fut limitée dans le temps et dans l’espace, et en deux siècles, de nombreux édifices ont pu retrouver toute leur splendeur. Ainsi, au XXIe siècle, l’exceptionnel patrimoine architectural que la France a conservé et restauré, fait que tous les Français sont parmi les plus riches héritiers.

Malheureusement les jeunes Français sont de moins en moins conscients d’être héritiers. Certains ont même la prétention d’affirmer : « moi je ne dois rien à personne», oubliant , ce disant, qu’ils ont reçu en héritage tous les mots qu’ils viennent de prononcer.

Être héritier offre des droits, mais crée aussi des devoirs : devoir de préserver, de faire fructifier et de transmettre. C’est sans doute pour ne pas avoir à accomplir leurs devoirs que tant d’héritiers indignes et ingrats refusent de reconnaître qu’ils le sont.

Tous les hommes, et les animaux aussi peut-être, sont héritiers, mais seuls les êtres humains peuvent avoir la pleine conscience de l’héritage et des dettes qu’ils reçoivent le jour de leur arrivée au monde.

C’est donc aux hommes, et aux hommes seuls, qu’il incombe de faire attention à la Terre. Prendre soin de la planète sur laquelle il vit n’est pas une option offerte à chaque être humain, c’est une obligation qui s’impose à chaque individu, pour la survie de son espèce, mais d’abord pour sa propre existence.   

Le premier rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a été rédigé en 1990. Depuis, tous les rapports postérieurs du GIEC ont confirmé que la température moyenne du globe augmentait de façon alarmante, que la quantité de dioxyde de carbone dans l’atmosphère était en hausse et que le dioxyde de carbone était le gaz à effet de serre influant le plus sur le réchauffement de la planète.

On sait déjà que le sixième rapport d’évaluation, dont la publication est prévue avant la fin de l’année 2022, sera tout aussi alarmiste que tous ceux qui l’ont précédé.

Mais paradoxalement, avec la guerre en Ukraine, alors que les données climatiques de plus en plus inquiétantes ne cessent de s’accumuler, la « détermination sans faille » des pays occidentaux pour lutter contre le réchauffement climatique semble avoir fortement fléchi, voire disparu chez certains d’entre eux. L’Allemagne, l’Autriche et les Pays-Bas viennent notamment d’annoncer la relance de la production d’électricité dans d’anciennes centrales thermiques à charbon.

Le discours de Greta THUNBERG prononcé à New-York le 24 septembre 2019 à l’occasion du sommet sur le climat de l’ONU, reçut un exceptionnel retentissement dans le monde entier. Dans tous les pays occidentaux de très nombreux jeunes reprirent les violentes mises en accusation de la jeune militante écologiste suédoise contre les pays les plus pollueurs et l’inaction de leurs leaders : how Dare You!

En France, les responsables des partis écologistes saluèrent évidemment l’engagement de la jeunesse pour la cause climatique, convaincus que l’heure du triomphe de leurs idées avait enfin sonné. Les résultats obtenus par EELV aux élections municipales en 2020, pouvaient laisser penser que l’écologie devenait une des préoccupations prioritaires des Français. Les écologistes de pure obédience ne furent pas les seuls à le penser, preuve en fut la façon dont presque tous les candidats aux élections régionales et aux départementales de 2021, insistèrent sur leur « profonde fibre écologique ».

En 2022, tous les programmes des candidats aux élections présidentielles, cherchèrent à répondre au mieux aux angoisses écologiques supposées des électeurs. Convaincus d’avoir la conscience écologique la mieux aiguisée, Yannick JADOT et Jean-Luc MÉLENCHON, affirmèrent de concert que seules les mesures radicales qu’ils préconisaient pouvaient apporter un début de solution aux graves problèmes climatiques à résoudre.

La radicalité de mesures envisagées ne suffit pas à garantir l’efficacité de leur application. Radicale ou non une mesure ne mérite d’être sérieusement envisagée que si elle est pratiquement envisageable. C’est-à-dire si sa mise en œuvre peut être réellement effective.

Or, en matière de lutte contre le réchauffement climatique et/ou de défense de l’environnement, nombre de mesures très contraignantes annoncées n’ont pu être appliquées, car inapplicables et incomprises, et nombre de mesures ont dû être abrogées rapidement, car s’avérant contre productives.

Réduction des émissions de gaz carbonique

Il est aujourd’hui difficile d’afficher publiquement des doutes sur la pertinence des conclusions des cinq premiers rapports du GIEC. Avant que le sixième rapport ne soit publié, ont sait déjà qu’il fera lui aussi largement consensus. Ou plus exactement, aussi rares resterons ceux qui oseront nier que l’augmentation des gaz à effet de serre, dont en premier le gaz carbonique, est la cause principale du réchauffement climatique, et que les hommes en sont les premiers responsables.

Dans les pays occidentaux, il est très risqué, socialement et académiquement, de contester scientifiquement les conclusions des rapports du GIEC. En France, les quelques personnalités qui ont fait état de leur scepticisme se sont vues immédiatement vouées aux gémonies. Il suffit de lire les fiches wikipédia des professeurs émérites François GERVAIS et Vincent CORTILLOT pour voir l’opprobre dont font l’objet ceux qui osent douter.

Depuis 2016, depuis la signature de l’accord de Paris par la quasi totalité des États du monde, dont la Chine et les États-Unis, les deux plus gros pollueurs, il est acquis que les recommandations du GIEC finiront par être approuvées (sinon suivies ?) par tous les pays de la planète.

Même si elles ne semblent pas toutes fondées, les injonctions du GIEC s’imposent donc désormais, politiquement et écologiquement, à tous les États.

Depuis la guerre en Ukraine, pour les pays européens, la réduction de la consommation d’énergie, notamment fossile, n’est plus une option mais est devenue une obligation.

La France n’a plus le choix aujourd’hui, elle doit impérativement faire d’immenses économies d’énergies pour des raisons écologiques et économiques. À les entendre, tous les responsables politiques français sont heureusement convaincus de cette impérieuse nécessité.

Pour sortir du nucléaire, pour effectuer la transition écologique qu’ils appellent de leurs vœux, les écologistes ont prôné pendant des années une stricte sobriété énergétique,

Le 14 septembre 2020, dès le lendemain de la demande de moratoire sur le déploiement de la 5G de 70 élus de gauche et écologistes, dont Jean-Luc MÉLENCHON et Yannick JADOT, le président MACRON exprima ses réserves sur un ton ironique : «J’entends beaucoup de voix qui s’élèvent pour nous expliquer qu’il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile ! Je ne crois pas que le modèle Amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine».

Il est probable qu’aujourd’hui le ton serait bien différent, tant les appels à la baisse de la consommation d’énergie sont les bienvenus, d’où qu’ils viennent.

Même si la France opte pour un mixte énergétique faisant une large place au nucléaire, tous les Français sont condamnés à modifier, de gré ou de force, leurs habitudes en matière énergétique.

Pour des raisons écologiques, économiques et sanitaires la lutte contre toutes les inconséquences, tous les gâchis, et tous les gaspillages, doit devenir urgemment sans faille.

Malheureusement il y a beaucoup trop de gens qui continuent à ne se sentir nullement concernés personnellement par les problèmes économiques, écologiques et environnementaux.

Pour la première fois de leur vie, à l’occasion du premier confinement, du 17 mars au 11 mai 2020, de nombreux Français ont pris conscience que sans la solidarité et la complémentarité de toute l’espèce humaine ils ne pouvaient ni vivre ni survivre, et enfin, et surtout, que leur mode d’existence dépendait étroitement de leurs comportements individuels et collectifs.

Face à la situation exceptionnelle due à la pandémie, face aux mesures exceptionnelles prises par le gouvernement, les Français en plein désarroi ont adopté, pour une fois, une grande discipline, une attitude tout à fait exceptionnelle pour eux.

Après les périodes particulièrement éprouvantes que les Français ont traversées, on pouvait penser que l’attitude qu’ils avaient adoptée, contraints et forcés, leur servirait désormais de modèle. On pouvait espérer qu’après avoir applaudi les aides-soignants, les livreurs, les éboueurs, etc…, tous les Français changeraient leur regard sur la société, et comprendraient qu’ils ne peuvent se contenter d’être de simples spectateurs passifs de leur existence, mais qu’ils doivent en devenir les principaux acteurs. Car les conditions dans lesquelles ils sont amenés à vivre sont très étroitement liées à leur mode de vie collectif et à leurs comportements personnels.

Les gardiens des grands ensembles immobiliers ont maintes fois pu constater que des équipements collectifs identiques, mis à la disposition du même nombre d’habitants dans deux cages d’escaliers semblables, restaient très longtemps fonctionnels ou étaient hors d’usage rapidement, selon que les locataires faisaient tout pour en prendre le plus grand soin ou selon qu’ils les laissaient vandaliser.

 Un fabuleux héritage dilapidé ?

Dans un article publié le 22 juin 2022 dans Le Figaro, le journaliste François de CLOSETS, né en 1933, n’est pas tendre avec la génération née au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : «Les boomers ont dilapidé l’héritage».

«… Dans les années 1970, la France est décrite par les Américains comme le dragon de l’Europe: une forte croissance, le plein-emploi, des finances solides, un prestige inégalé.

Aujourd’hui, la France affiche 100 milliards d’euros de déficit commercial et 150 milliards de déficit public. On se félicite d’être en dessous des 8% de chômeurs, mais la plupart des pays en Europe, sauf les pays méditerranéens, sont à 3 ou 4%. Les boomers ont dilapidé un héritage fabuleux et la France s’est révélée jusqu’à présent inguérissable.

À la fin des années 1960, les Français en avaient assez de la discipline républicaine imposée par le général de GAULLE. Ils ont adopté la liberté du «moi d’abord» et même, pardonnez-moi, du «rien à foutre». C’est ainsi qu’ils ont changé le régime sans changer la Constitution. L’individuel l’a emporté sur le collectif. La Ve République ne mettait plus les Français au service de la France, mais la France au service des Français.

Ce phénomène générationnel a affecté autant la droite que la gauche…

Cela a commencé avec le premier choc pétrolier en 1974. POMPIDOU, soucieux après Mai 68 de «ne pas emmerder les Français», décide que ce seront les entreprises qui paieront la hausse du prix du pétrole, au détriment de la croissance et des finances publiques. GISCARD et ses successeurs s’installent dans le déficit. Pendant la cohabitation, JOSPIN a été de connivence avec CHIRAC pour dépenser les surplus fiscaux, la «cagnotte», plutôt que rembourser la dette. Pendant la présidence SARKOZY, la Cour des comptes a constaté que, sur les 600 milliards d’euros de dettes supplémentaires, la moitié était imputable à la crise financière de 2008, le reste à une augmentation des frais de fonctionnement. Cet endettement a correspondu à une diminution de l’investissement public, à un sous-financement des services publics. … »

 Les Français en pleine dissonance cognitive ?

Les personnes qui se trouvent confrontées simultanément à des informations, des opinions, ou des attitudes qui sont incompatibles entre elles, ressentent un état de grave tension psychologique.

En 1957 le psychosociologue américain Leon FESTINGER a appelé cette tension particulière la dissonance cognitive.

Pour réduire la dissonance et pour se rapprocher de l’état inverse dit de « consonance positive », les individus n’ont souvent d’autre choix que d’évacuer le réel.

La façon la plus simple d’évacuer le réel, est de masquer la réalité des faits, mentir aux autres et se mentir à soi-même.

Les gouvernants, conscients que leur impuissance à agir est de plus en plus grande, ont dû devenir maîtres dans l’art de réduire les dissonances cognitives de leurs concitoyens, sous peine d’apparaître en pleine lumière, pour ce qu’ils sont, des rois nus, comme l’empereur du conte d’ANDERSEN.

Mais aujourd’hui, malgré tous leurs dons de prestidigitateurs, et malgré leur habileté à changer le sens des mots, « les mots qui changent de sens ouvrent des crises de l’âme : ils peuvent aussi ouvrir des crises de société », face à la crise mondiale provoquée par la guerre en Ukraine, les dirigeants de l’Union européenne n’arrivent plus à faire accroire à l’unicité et au bienfait de la politique qu’ils imposent à « leurs sujets » depuis 1992.

Le vendredi 24 juin 2016, lorsque les résultats du vote pour le Brexit devinrent officiels, la plupart des commentateurs de la vie politique européenne affichèrent une énorme stupéfaction. Comment le Britanniques avaient-ils été « assez stupides » pour vouloir abandonner une aventure promise à un si bel avenir ?

La veille du vote, le 22 juin, Daniel COHN-BENDIT face à Jean-Jacques BOURDIN, restait convaincu que le non l’emporterait, tout en expliquant longuement cependant tout ce qui ne fonctionnait pas dans l’Union européenne, et qu’il fallait changer d’urgence.

Ce qui est le plus stupéfiant, c’est que les observateurs de la vie politique européenne aient pu être si surpris du résultat du référendum de 2016 au Royaume-Uni, alors que depuis 2005 toutes les consultations électorales indiquaient l’animosité croissante des européens contre la construction européenne telle qu’elle était menée, et alors que le contenu de la dépêche lancée le 5 mai 2016 par l’agence de l’AFP à Rome, le 5 mai 2016, annonçait à l’évidence, l’arrivée de jours sombres pour l’Union européenne.

Les fortes déclarations du président du Parlement européen, Martin SCHULZ, et celles du président de la Commission européenne, Donald TUSK, faites le 5 mai au cours du débat organisé en Italie sur l’avenir de l’Europe, à la veille du Brexit, avaient tout pour les alerter. Malheureusement la plupart des observateurs n’ont rien vu venir, parce qu’ils avaient déjà perdu la vue depuis de nombreuses années (lire : N° 161 Divorce : vérité du couple -Brexit : vérité de l’Union européenne).

En 2022, les Européens en général et les Français en particulier peuvent constater que les propos de Martin SCHULZ demeurent d’une brulante actualité : « L’Europe [reste] une promesse, mais une promesse qui n’a [toujours] pas été tenue ».

En 2000, au moment où l’euro fit son apparition, la part de l’industrie dans le PIB de l’Allemagne et dans celui de la France était du même ordre, proche de 22%. En 2021, la part de l’industrie dans le PIB de la France est passée sous la barre des 13%, tandis que celle de l’Allemagne est supérieure à 26%.

La plupart des européens pensent aujourd’hui que les promesses de l’Europe et de l’euro ont été trahies. Mais aujourd’hui, les gouvernants français faisant entièrement leur depuis plus de 40 ans ces promesses, les Français, eux en plus, sont convaincus d’avoir été trahis deux fois.

Le soir des résultats du premier tour des élections présidentielles, les commentateurs ont eu la bonté de ne pas faire remarquer que les deux partis de gouvernement qui se succèdent au pouvoir depuis plus de 50 ans étaient ceux qui avaient été les plus sévèrement sanctionnés dans les urnes, 3,44% des électeurs inscrits pour la candidate du parti LR (Les Républicains), Valérie PÉCRESSE, et 1,26% pour la candidate du PS (Parti Socialiste), Anne HIDALGO.

Emanuel MACRON, qui est assurément le président qui s’est efforcé d’imprimer la marque la plus europhile à son quinquennat a recueilli 20,07% des suffrages des électeurs inscrits et Yannick JADOT, le candidat du parti EELV, chaud partisan de la construction européenne, a recueilli 3,34%.

Ce qui signifie que la somme des votes obtenus par les quatre candidats des partis qui soutiennent sans réserve la politique de l’Union européenne depuis le traité de Maastricht, représente en 2022 moins de 30% des électeurs inscrits, précisément 28,12%, et seulement 25,72% des Français de plus de 18 ans.

En effet, pour une population française de 67,80 millions, on ne compte que 48,75 millions d’électeurs inscrits, alors que l’on estime le nombre de ceux qui sont en âge de voter à plus 53,30 millions. (Voir Résultat du 1er tour des élections présidentielles 2022.)

Toutes les enquêtes d’opinion montrent que les Français sont de plus en plus critiques sur la façon dont leur pays est gouverné. La politique menée depuis la mort du général de GAULLE, est présentée aux Français par leurs dirigeants comme la seule raisonnable, les Français entendent, eux, la seule autorisée par Bruxelles. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que près des trois-quarts des Français rejettent les partis qui veulent continuer à appliquer les directives européennes, alors qu’à leurs yeux elles sont de plus en plus calamiteuses.

Déduire de ces données, comme le font continûment les politologues de plateau euro-béats, que les Français sont de plus en plus europhobes est une grave erreur. Contrairement à ce qu’affirment les pères fouettards de l’Union européenne, les Français n’aspirent nullement à imiter les Anglais, ne rêvent pas de Frexit. Depuis NAPOLÉON, les Français garde une haute idée de l’Europe, sous réserve que l’Europe ne construise pas au seul détriment des intérêts vitaux de la France.

En 2022, aucun candidat appelant explicitement à quitter l’Union européenne n’a pu se présenter. En 2019, aux élections européennes, la liste Ensemble pour le Frexit, la seule affichant le mot Frexit n’a recueilli que moins de 0,6% des votes des électeurs inscrits.

Le vote de défiance des Français n’est que la marque évidente du malaise existentiel qui les ronge, du profond malaise dû à l’état croissant de dissonance cognitive dans lequel les gouvernements les obligent à vivre.

Comment la majorité des Français qui voient le mur arriver, pourraient-ils continuer à faire crédit à des responsables politiques qui semblent les seuls à ne pas voir le danger approcher ?

Comment la confiance des Français pourrait-elle ne pas être écornée, alors que les faits qui contredisent les déclarations de leurs dirigeants ne cessent de s’accumuler ?

Comment les Français pourraient-ils ne pas être inquiets de la situation en Ukraine, après les bilans militaires enregistrés en Afghanistan, en Lybie, en Syrie, et tout dernièrement au Mali ?

La crise ukrainienne est certainement la plus emblématique de la grande inconséquence, dans laquelle les pays de l’Union européenne ont vécu jusqu’au 24 février 2022 en matière de défense, en matière énergétique, en matière économique et monétaire.

Fascinés par les énormes fortunes que la mondialisation pouvait leur permettre d’accumuler rapidement, les Occidentaux ont fort négligemment voulu oublier les non moins énormes inconvénients que la délocalisation et la gestion des stocks en flux tendu présentaient inéluctablement en cas de tensions internationales.

De même que l’assurance ne semble chère qu’avant l’accident, le coût des stocks ne semble vraiment prohibitif qu’avant la pénurie, et les coûts de production ne semblent élevés qu’avant la dépendance.

La crise sanitaire due à la covid-19, et la crise liée à la guerre en Ukraine, viennent rappeler aux Occidentaux, et particulièrement aux Européens, que l’impréparation et l’imprévoyance, et pire, la mauvaise évaluation des besoins, pouvaient rapidement avoir un coût exorbitant et conduire à la catastrophe.

Il est urgent que les dirigeants des pays de l’Union européenne se rappellent enfin que : gouverner c’est prévoir !

 L’inconséquence, mère de tous les maux

Depuis que le calcul mental et la culture générale ont disparu de l’école, les élites françaises sont en passe de ne plus savoir, ni compter, ni mesurer, ni estimer, ni PRÉVOIRni DIRIGER.

Pour mettre fin à son déclassement, la France n’a d’autre choix que de viser et retrouver l’excellence.

Il devient absolument vital que la société française recouvre l’ordre nécessaire au savoir-vivre ensemble et la discipline indispensable au travail bien fait.

Pour se redresser la France n’a d’autre choix que de regarder vers les étoiles, libérer toutes ses énergies et reconstruire, ce qui a constitué pendant des siècles sa principale richesse, un système éducatif exigeant et performant, capable de former les élites dont elle a besoin, et capable d’apporter au peuple français cohésion et sentiment de commune appartenance.

Les Français doivent se ressaisir, faire preuve de discipline, remettre en route urgemment une école où l’on apprend à lire, écrire, et compter, à tous ceux qui le veulent, et à tous ceux qui le peuvent.

Le 14 juillet, au cours de son entretien dans le parc de l’Élysée avec deux femmes journalistes, Emmanuel MACRON, a tenu à insister sur les jours particulièrement difficiles que tous les Français devaient se préparer à vivre.

Pour le président de la République, la crise ukrainienne, qui aura bientôt 5 mois, est amenée à durer très longtemps. Il prévient que les Européens, de gré ou de force, devront apprendre à se passer le plus tôt possible du gaz russe, et faire preuve d’une exceptionnelle sobriété énergétique, pour des raisons tant écologiques qu’économiques.

Le 16 mars 2020, dans le discours solennel qu’il prononça, pour insister sur la gravité de la situation sanitaire et marquer les esprits, le président teint à déclarer :

« Nous sommes en guerre, en guerre sanitaire, certes : nous ne luttons ni contre une armée, ni contre une autre Nation. Mais l’ennemi est là, invisible, insaisissable, qui progresse. Et cela requiert notre mobilisation générale. […]. Nous sommes en guerre. Toute l’action du Gouvernement et du Parlement doit être désormais tournée vers le combat contre l’épidémie. De jour comme de nuit, rien ne doit nous en divertir. »

Au sujet de la guerre en Ukraine, dans l’allocution en direct de son bureau à l’Élysée le mercredi 2 mars 2020, le président MACRON a déclaré : « Nous ne sommes pas en guerre contre la Russie ».

Nul doute donc, qu’en répondant aux questions des journalistes le 14 juillet, le Président de la République a fait particulièrement attention à ne pas utiliser le mot guerre. Nul doute non plus qu’il a eu la tentation de reprendre les termes qu’il avait utilisés en mars 2020, tant ils auraient pu refléter à l’évidence, le fond de sa pensée, à quelques modifications près :

« Nous sommes en guerre, en guerre économique, certes : nous ne luttons ni contre une armée, ni contre une autre Nation. Mais l’ennemi est là, invisible, insaisissable, qui progresse. Et cela requiert notre mobilisation générale. […]. Nous sommes en guerre. Toute l’action du Gouvernement et du Parlement doit être désormais tournée vers le combat contre la pénurie et le gaspi. De jour comme de nuit, rien ne doit nous en divertir. »

Gouverner c’est prévoir, c’est analyser, c’est décider, c’est agir, c’est-à-dire vérifier que les décisions prises sont judicieuses, et si oui qu’elles sont effectivement exécutées.

Dans son intervention du 14 juillet, le président de la République n’a pas cherché à dramatiser la situation. Il s’est même voulu plutôt rassurant, en expliquant que les Français devraient certes faire de gros efforts d’économie d’énergie, mais que si tous savaient faire preuve de sobriété, la crise due à la guerre en Ukraine pourrait être affrontée sans dommage majeur.

Les Russes et les Occidentaux s’accusent réciproquement d’être les principaux, voire les seuls, responsables de la crise inflationniste qui affecte l’ensemble de l’économie mondiale.

Les Occidentaux considèrent les Russes comme LES coupables de la catastrophe économique qui se profile à l’horizon proche. Le président POUTINE tient les Occidentaux pour les premiers responsables de leurs problèmes d’inflations. Il en veut pour preuve que la poussée inflationniste avait commencé bien avant son invasion de l’Ukraine, dès 2021. Le président accuse les banques centrales occidentales d’avoir mené une politique monétaire inconséquente, qui a favorisé la spéculation et causé l’inflation.

Les économistes les moins alarmistes prévoient que la guerre en Ukraine, quelle que soit son issue, va affecter gravement et durablement l’économie de presque tous les pays du monde, provoquant inflation et récession mondialisée, les plus touchés étant évidemment les pays de l’Union européenne les plus dépendants du « bon vouloir » de la Russie.

Bien que la crise ukrainienne et la crise climatique ne soient ni de même nature, ni de même origine, elles appellent la même réponse faite de rigueur, de cohérence, et de sobriété.

Avant févier 2022, les écologistes politiques appelaient à une diminution drastique de la consommation d’énergie fossile. À cause de la crise ukrainienne leur appel a toutes les chances d’être désormais entendu au-delà de leurs plus folles espérances.

Malheureusement, la diminution de la consommation du gaz et du pétrole (notamment russes) va inéluctablement s’accompagner d’une forte augmentation de la consommation de charbon et conséquemment une très forte augmentation d’émission de gaz carbonique.

Malheureusement, bien que les rapports du GIEC se soient avérés de plus en plus alarmistes sur les méfaits écologiques du gaz carbonique, après Tchernobyl, et plus encore après Fukushima, les écologistes politiques, notamment allemands, ont réussi à imposer leur vision irénique d’un monde « Kernkraftwerk-rein » (propre de toute centrale nucléaire).

Malheureusement, la crise ukrainienne a révélé au grand jour la politique irresponsable menée depuis des années par des dirigeants plus empressés de complaire à la fibre écologique de leurs éventuels électeurs que de répondre aux exigences climatiques, économiques et géopolitiques des heures à venir.

Pour sortir de la nasse écologique dans laquelle ils se sont follement fourrés, les responsables politiques français qui ont prôné les politiques énergétiques les plus inconséquentes, se rêvent aujourd’hui en champion de la rigueur et de la sobriété.

 Rigueur et sobriété, loin de la coupe aux lèvres

Appeler à la rigueur et à la sobriété, le jour où on ne peut plus faire autrement c’est juste faire preuve d’un minimum de lucidité et d’un peu de sagesse.

La prise de conscience tardive des dirigeants politiques ne présage rien de bon sur leurs futures préconisations. En paraphrasant Albert EINSTEIN on peut penser qu’il ne faut pas compter sur ceux qui [n’ont pas vu venir] les problèmes pour les résoudre.

Mieux vaut tard que jamais ?

Les résultats des dernières élections législatives et le chahut qui règne depuis près d’un mois dans la nouvelle Assemblée, montrent que la classe politique française doit profondément changer, si elle veut conserver le minimum de légitimé lui permettant de prétendre gouverner le pays.

Le 26 juillet 2022, on pouvait lire que d’après le FMI, « une cessation complète des exportations de gaz russe réduirait « nettement » la croissance dans la zone euro en 2022 et 2023. Cela forcerait en effet les pays européens à mettre en place un rationnement de l’énergie, touchant les grands secteurs industriels », [et surement aussi nombre de particuliers].

Le FMI a usé prudemment du conditionnel, mais, qu’ils ne veuillent plus, ou ne puissent plus du tout importer du gaz russe, les Européens se savent condamnés à mettre en place un rationnement de l’énergie par mesure de précaution et/ou par obligation.

Les économistes savent depuis longtemps que la croissance est une affaire d’énergie, on sait aujourd’hui que lorsque la consommation d’énergie primaire augmente de 10 %, le PIB tend à croître de 67 % en moyenne, avec éventuellement un retard pouvant aller jusqu’à dix-huit mois. Le rationnement de l’énergie qu’envisagent les Européens aura donc forcément un impact sur le PIB de l’Union européenne, plus ou moins important selon la façon dont la sobriété énergétique recherchée sera gérée et obtenue.

Pour que la récession qu’annoncent tous les économistes soit la plus faible possible, il faut absolument que l’Europe, obligée de consommer beaucoup moins, apprenne à consommer beaucoup mieux.

Lors de leurs brefs retours périodiques au pays, originaires de l’un des départements les plus pauvres de France, les maçons creusois qui construisaient le Paris d’HAUSSMANN n’oubliaient jamais de rappeler à leurs enfants, que seul l’ordre et la discipline permettent d’échapper à la misère. Ils utilisaient la formule « l’ordre et la discipline mènent toujours à une petite aisance ». Héritiers des compagnons, et souvent compagnons eux-mêmes, ils prônaient « l’ordre, sans lequel il n’y a pas de présent ; l’économie, sans laquelle il n’y a point d’avenir » [L’Ouvrier de Paris (1842)].

La construction de la Tour Eiffel, à la fin du XIXe siècle, qui s’est effectuée en un temps record dans des conditions particulièrement difficiles et périlleuses, sans aucun mort, a montré combien le respect de la discipline au travail était vitale, au sens propre et au sens figuré des termes.

Un historien s’est penché sur ce que mangeaient et ce que buvaient les ouvriers pendant le chantier : À table avec les ouvriers de la Tour Eiffel. Le chercheur nous apprend que Gustave EIFFEL avait interdit la consommation de bière ou de vin à la cantine. Mais on apprend aussi, qu’au cœur de l’hiver, quand la température ressentie était très négative, la consommation de rhum et d’eau-de-vie était autorisée, faute de pouvoir effectivement la prohiber. C’est donc grâce à la discipline stricte qu’ils ont observée, plus qu’à une totale abstinence, que les charpentiers de la Tour Eiffel n’ont eu à déplorer la mort d’aucun de leurs compagnons de travail.

Depuis mars 2020, crise de la covid oblige, les Français ont redécouvert l’importance essentielle de la discipline collective et individuelle. Ils ont redécouvert que l’indiscipline d’un seul pouvait compromettre la bonne santé de tous.

Depuis mars 2022, crise ukrainienne oblige, les dirigeants Français ne cessent d’appeler avec insistance les Français à la sobriété dans leur consommation d’énergie et à l’effort dans leur travail. Ils voient bien en effet, avec regrets, que leurs concitoyens ne savent plus que le travail est un trésor, faute de l’avoir appris à l’école.

En 1960, la population rurale, c’est–à-dire vivant dans des communes de moins de 2 000 habitants, représentait encore plus de 40% de la population française, et près de la moitié des ménages vivant à la campagne tiraient leur revenus de l’agriculture.

Sous la IIIe la IVe Républiques le calendrier scolaire et les dates des grandes vacances (du 14 juillet au 1er octobre), répondaient à l’attente des paysans, qui avaient souvent besoin que leurs enfants les aident pour les moissons et/ou les vendanges.

Jusqu’à la rentrée scolaire de 1960, avancée pour la première fois au 16 septembre, l’immense majorité des écoliers français avaient ainsi pu vérifier personnellement que, pour récolter il faut semer, et que pour pouvoir semer il faut travailler la terre.

Pour les enfants de la campagne, le besoin vital de travailler pour vivre était de tout temps une évidence. Les petits citadins, qui passaient pour la plupart leurs vacances chez des cousins restés à la ferme, comprenaient eux-aussi rapidement que pour pouvoir manger il faut cultiver.

Selon l’Insee, depuis 1960, l’alimentation représente une part de plus en plus réduite dans les dépenses de consommation des ménages : en moyenne, moins de 15 % en 2021 contre 35 % en 1960, et la part des dépenses pré-engagées (frais de logement, assurances et services financiers, dépenses de télécommunications et télévision, frais de cantine scolaire) dans le revenu des ménages est passée de 12 % dans les années 1960 à 29 % en 2019, selon l’Insee.

Au cours du xxe siècle, le salaire moyen d’un ouvrier a été multiplié par quatre en monnaie constante. La durée annuelle de son travail a été divisée par deux.

Entre 1950 et 1970, le pouvoir d’achat du salaire moyen a doublé en France.

Pendant 2 000 ans, jusqu’au XXe siècle, le verset 10, chapitre 3, de la deuxième épître aux Thessaloniciens, « si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus« , fit largement consensus au point qu’il fut repris par LÉNINE pendant la révolution russe.

Cette phrase ne pouvait pas choquer tant que le travail effectué apparaissait nettement utile aux autres et gratifiant pour celle ou celui qui le faisait.

Dès lors que l’une de ces deux conditions ne sont plus remplies, se pose la question du sens du travail : Vivre pour travailler ou travailler pour vivre ?

Au XXIe siècle, dans les pays occidentaux, en raison de la mondialisation et des lois sociales, les mentalités et les comportements ont tant changé, qu’affirmer celui qui ne travaille pas ne mange pas ! est devenu impensable, car aujourd’hui on n’a plus le droit ni d’avoir froid ni d’avoir faim! 

Depuis la Ve République le calendrier scolaire n’est plus établi pour permettre aux agriculteurs de rentrer au mieux leurs récoltes, mais pour convenir en priorité aux vacanciers et aux agences touristiques.

De 1960 à 2018, le nombre de fermes n’a cessé de décroître, tandis que le nombre de touristes internationaux a été multiplié par cinquante.

Au XXIe siècle, la majorité des Français qui font encore l’effort de travailler dur ne le font heureusement pas pour arriver à manger, mais pour pouvoir plus consommer et voyager.

Alors que de plus en plus d’emplois indispensables à la vie de la cité sont difficilement pourvus, voire pas pourvus du tout, dans les pays occidentaux, en France notamment, des adultes en âge et en capacité de travailler, arrivent à vivre en travaillant très peu, voire en ne travaillant pas du tout, et certains s’en vantent.

Cette situation est bien sûr économiquement et socialement intenable, mais elle est surtout écologiquement totalement insoutenable. En effet, le manque de main d’œuvre pour effectuer des tâches écologiquement durables, notamment manuelles, se traduit inévitablement par une augmentation de la consommation d’énergie, le plus souvent d’origine fossile.

Le 4 juillet 2022, le quotidien Libération donnait une liste de six mesures pour réduire dès maintenant la consommation d’énergie.

Ces mesures utiles pour limiter l’augmentation de la consommation d’énergie, sont notoirement insuffisantes, à elles seules, pour espérer enrayer significativement le réchauffement climatique d’origine anthropique.

Pour arriver à réduire notablement les émissions de gaz à effets de serre, il faut que les pays qui sont les plus consommateurs d’énergie deviennent ceux qui luttent le plus efficacement contre le gaspillage et les dépenses inutiles.

La lutte contre le réchauffement climatique nécessite la cohérence écologique des politiques économiques suivies, et de toute urgence de très lourds investissements

De la liberté de la presse à la pensée unique

Après chaque crise, tous les experts qui monopolisent le son et l’image dans les médias, tous les spécialistes autoproclamés qui n’avaient rien pressenti avant l’arrivée d’un évènement dramatique, se retranchent derrière la même excuse simpliste : l’imprévisibilité de ce qui s’est produit.

Ils avancent, avec l’assurance que leur donne leur prétention « scientifique », que s’ils n’avaient rien vu venir, c’est parce que rien ne leur permettait d’envisager la survenue du pire. Ils prétendent même avec aplomb que l’on ne peut pas leur reprocher leur erreur d’appréciation puisqu’aucun spécialiste sérieux n’avait contesté leur analyse de la situation, qui faisait consensus, voire l’unanimité, avant qu’elle ne soit contredite par les faits.

Le concept de consensus scientifique est-il vraiment scientifique? Il n’y a pas besoin d’être un grand scientifique pour répondre non à cette question, confer la déclaration que fit François BAYROU le 1er mars 2002 à Paris alors qu’il présentait sa candidature à l’élection présidentielle face à celle de Jacques CHIRAC : « si nous pensons tous la même chose c’est que nous ne pensons plus rien ».

Bien que souvent citée depuis 20 ans, cette phrase a malheureusement été bien mal entendue par le monde de l’information. Depuis la multiplication des chaînes d’information en continu, les journalistes qui s’efforcent de rechercher, la vérité des faits, quoi qu’il en coûte, se font de plus en plus rares. Au point que, comme le fait André BERCOFF, on peut se demander : Existe-il encore une PRESSE LIBRE ?

Après la chute du Mur de Berlin, non seulement la liberté de la presse ne s’est pas répandue sur toute la planète, comme on pouvait l’imaginer, mais dans les pays occidentaux, où elle avait pris forme, elle a progressivement massivement régressé.

Alors que la création de multiples chaînes d’information en continu et la mondialisation des réseaux internet auraient dû permettre aux diversités d’opinion de s’exprimer largement, la concentration des médias a permis aux hommes de pouvoirs et d’influence d’imposer leurs seules vues économiques, sociales, et politiques, conduisant à l’émergence d’une sorte de pensée unique.

En novembre 2020, le lanceur-d’alerte Frédéric LEMAIRE écrivait sur le site ACRIMED dans un article intitulé : Info en continu, journalisme à la chaîne : « Pointées du doigt comme modèles de la «  mal-information  », les chaînes d’information en continu concentrent les critiques : information spectacle, remplissage, prééminence du commentaire sur le reportage ou l’analyse de fond… L’information en continu apparaît cependant non comme une dérive, mais comme le miroir grossissant des travers du système médiatique actuel. »

Depuis les années 80, les médias publics se sont assignés comme mission prioritaire la lutte contre le mal (en particulier le racisme et le fascisme) et la définition du bien. Depuis leur création, les médias privés s’efforcent de faire le maximum d’audience pour le minimum de frais. Dans la presse écrite les journalistes les moins payés recopient les dépêches de l’AFP, et les journalistes les mieux payés commentent l’actualité, en relayant l’opinion des diverses personnalités qu’ils ont rencontrées.  

Pour des raisons financières, des raisons d’audience, les rédactions de la presse écrite et audiovisuelle exigent de leurs journalistes qu’ils collent à l’actualité et répondent quasiment en direct aux questions que pose l’actualité. Aucun journaliste fut-il le plus cultivé et le plus talentueux ne peut produire instantanément une analyse sérieuse, surtout s’il ne sort pas de son bureau.

Pour ne pas rester muets, les journalistes des chaines d’information en continu font appel à des conseillers qu’ils présentent comme experts. Le fait que les journalistes n’aient plus ni le temps, ni les moyens, de se faire une opinion personnelle, les conduit à laisser dire à leurs invités les contre-vérités les plus grossières.  

Dans la catégorie économistes de plateaux télé, Alain MINC le 5 janvier 2008 et Daniel COHEN le 7 juin 2008, quelques mois avant qu’éclate la crise des subprimes et l’affaire Bernard MADOFF, ont certainement fait les déclarations les plus stupéfiantes que puissent faire des économistes qui se prétendent sérieux.

Le moins que l’on puisse attendre d’un économiste, qui a micro ouvert sur toutes les radios et sur tous les plateaux de télévision, c’est qu’il connaisse les escroqueries financières les mieux documentées. En matière de cavalerie, le système de la Pyramide de PONZI est certainement l’un des plus simples et des plus connus. Comment nos deux experts ont-ils pu ne pas comprendre que MADOFF, et les initiateurs des subprimes, étaient de vils escrocs, et non des génies de la finance, comme le clamaient les journalistes des journaux spécialisés ?  

Ceux qui lancent une Pyramide de PONZI et ceux qui y participent parmi les premiers ne sont ni tous crédules, ni tous ignorants de la façon dont cela ne peut que se terminer, mais tous espèrent gagner gros avant que l’escroquerie ne soit légalement interdite.

De 1992 à 1994 la chaine financière Caritas a réussi à convaincre 4 millions de Roumains qu’ils pouvaient devenir millionnaires en rentrant dans une « pyramide ». En juin 1995, le journal Libération relatait la fin du miracle à la chaîne pour le patron de Caritas, un certain Ioan STOICA, présenté par les rédacteurs de l’article comme un simple petit comptable.  

Il faut n’avoir pas suivi l’escroquerie du début à la fin pour croire qu’une telle opération, relayée par de nombreux journaux, dans toute la Roumanie, a pu être lancée et développée par un homme seul.

Les professeurs de mathématiques qui ont apporté leur caution et participé financièrement à cette manœuvre parmi les tous premiers, ne pouvaient pas ne pas savoir que cela allait mal se terminer. Mais ils savaient aussi que si la pyramide durait suffisamment longtemps, ils pourraient justifier l’origine de sommes qu’ils pouvaient espérer importantes.  

C’est pourquoi plusieurs correspondants d’ICEO en Roumanie, étaient et restent convaincus que cette pyramide a été lancée par d’anciens apparatchik et/ ou membres de la Securitate pour blanchir les sommes importantes qu’ils avaient réussies à cacher à la mort de CEAUCESCU.

MADOFF et les créateurs des subprimes n’ont pu réussir leurs coups qu’avec la complicité de nombreux comparses financiers et grâce à l’aide involontaire (ou volontaire ?) de nombreux idiots utiles, trop heureux de saluer et de cautionner « l’extraordinaire inventivité des banquiers ».  

Un pays vandalisé, politiquement divisé, difficile à gouverner

Une France  coupée en quatre

Un pays où le désordre se veut roi

Une pays où la police se sent impuissante et honnie

Une police de plus en plus attaquée

Un vandalisme qui se généralise au « service » de la révolution

Leur ennemi à eux aussi c’est la finance

L’environnement  passera après la révolution

[Le 16 avril 2022, 17 H15, P. C., Notre-Dame de la Rouvière] : Pauvre Sorbonne !

[Le 16 avril 2022, 17 H15, P.TEST